ADEPTUS ASTARTES

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 L'Ange Gabriel

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Auberon
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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Mer 1 Fév 2012 - 11:20

-MFT- a écrit:
qui lui était d’une aide inappréciable lorsqu’il fallait opérer dans la discrétion. Chose qu’un monstre comme le Thunderhawk ne pouvait évidemment pas permettre…

Tu veux dire d'une aide appréciable plutôt, non?

-MFT- a écrit:
-Bah, nous sommes les Dark Angels… qui peut se prévaloir des ténèbres face à nous ? fit remarquer avec une pointe d’humour le capitaine.

J'adore...

-MFT- a écrit:
Dans cette espèce de torpeur, assommé par le choc sonore qui avait certainement mutilé ses tympans, il vit une grande forme verte sortir d’une gigantesque forme verte, et déverser un torrent de balles tout en poussant un cri affreusement rauque et métallique. Une troisième forme verte s’écrasa dans le mûr du bâtiment B et de nouveaux fantômes, de taille humaine ceux-ci, mais de couleur verte également, en émergèrent fugacement. Des éclairs et des flammes rapides trouaient la poussière soulevée par les combats, labouraient les murs et fauchaient les adversaires qui, l’instant d’avant, s’apprêtaient à déferler sur le soldat Garneray.

Cela fait beaucoup de fois le mot "forme verte". Je trouve que cette répétition alourdie beaucoup ce passage et empêche le bon déroulement de l'action qui se passe.

-MFT- a écrit:
réchappés à la crémation.

réchappés ou échappés? J'opterai pour le second.


-MFT- a écrit:
Frère Bethor, le vétéran qui commandait son escouade de commandement, fit son rapport à travers le canal d’escouade. Bethor était l’un des membres les plus respecté du Chapitre depuis qu’il avait récupéré l’étendard de la Compagnie, submergé par une marée de genestealers sur Durganion XIII. Il revenait à peine des rangs de la Deathwatch au sein de laquelle il s’était couvert d’honneurs, rappelés en hâte pour aider la Troisième compagnie à récupérer de ses lourdes pertes subies lors de la campagne de Piscina. Gabriel sentait toute l’immense fierté et le prestige qu’il y avait à servir à ses côtés, pour lui comme pour ses hommes.

J'adore ce passage. Il donne de la vie à ton récit, introduit du fluff, en apporte d'autre. C'est ce genre de détail qui fait que ton récit est une réussite. En plus du reste bien sur mais des petits détails font parfois de grandes choses.

-MFT- a écrit:
-Très bien, excellent travail, Troisième Compagnie. Faites faire le relevé des pertes pendant que je prend contact avec le Damoclès.

J'utiliserai le mot "décompte" des pertes qui est plus utilisé dans ce genre de propos. Mais relevé convient aussi.

Bon, j'aime toujours autant ton histoire. C'est bien ficelé, ça avance bien. La scène d'action donne l'impression d'y être, on sent l'intensité du combat. Bref, ça me plait beaucoup.

Aub.

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Lion Iron Smith
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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Mer 1 Fév 2012 - 14:03

Citation :
Cela fait beaucoup de fois le mot "forme verte". Je trouve que cette répétition alourdie beaucoup ce passage et empêche le bon déroulement de l'action qui se passe.
+1 : c'est pas le passage le plus réussi !

Citation :
J'adore ce passage. Il donne de la vie à ton récit, introduit du fluff, en apporte d'autre. C'est ce genre de détail qui fait que ton récit est une réussite. En plus du reste bien sur mais des petits détails font parfois de grandes choses.
+1 : Un Thunderhawk, un Damoclès, frère Bethor... Toute la compagnie est mise en scène. C'est très vivant.

Citation :
Bon, j'aime toujours autant ton histoire. C'est bien ficelé, ça avance bien. La scène d'action donne l'impression d'y être, on sent l'intensité du combat. Bref, ça me plait beaucoup.
+1 : Waou quel combat pour l'astroport, jolie scène d'action !

Le récit monte en puissance. On attend la suiiiiiite. Very Happy


Dernière édition par Lion Iron Smith le Mer 1 Fév 2012 - 21:07, édité 1 fois
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Technaugure
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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Mer 1 Fév 2012 - 17:16

Citation :
Chose qu’un monstre comme le Thunderhawk ne pouvait évidemment pas permettre…
Le lecteur lambda ne sait pas forcément ce qu'est un Thunderhawk, tu pourrait l'esquisser un tout petit peu plus qu'avec "monstre" ("monstre de métal", "de céramique", "monstrueux aéronef"...).

Citation :
Une troisième forme verte s’écrasa dans le mûr du bâtiment B et de nouveaux fantômes, de taille humaine ceux-ci, mais de couleur verte également, en émergèrent fugacement.
Pour la première fois, formulation lourde et laborieuse (désolé ^^).
Les Drop Pod arrivant des cieux ne sont AMHA pas de vagues formes vertes. Un module arrivant doit AMHA plus ressembler à une immense masse de métal/sombre en quasi-fusion/chauffée au rouge/incandescente (frottements de l'air) qu'une grande forme verte. D'ailleurs le vert ne doit être visible qu'après un bon nettoyage.
Pour les astartes : des humanoïdes de grandes tailles, aux gestes incroyablement rapides malgré leur lourde armure, etc... Le FDP voit pour la première ces sur-hommes, ces demi-dieux et comme ton texte le montre, il lui faut du temps pour faire coincider ce qu'il voit avec les récits quasi-légendaires auxquels il ne croyait peut-être même pas sur les Space Marines...

En fait ce passage est très intéressant car il permet de décrire ce que sont les Space Marines au regard d'un simple humain lambda : avec leur taille de plus de 2 mètres (plus l'armure), leur armure de céramite, leur casque, ils doivent AMHA plus faire penser à des "mini dreadnoughts", des "robots", "des géants".
Je viens de penser aux robes : l'idée des phantomes est excellente : phantomes/grands/rapides...

A toi de trouver, tu es l'auteur...

Citation :
il vit une grande forme verte sortir d’une gigantesque forme verte, et déverser un torrent de balles tout en poussant un cri affreusement rauque et métallique.
Pas sûr qu'il puisse bien distingué les couleurs, surtout que le vert DA est presque noir.
En revanche, encore une fois, tu pourrais en profiter pour décrire succintement un dreadnought tel que le voit pour la 1° fois un humain lambda : robot/vaguement humanoïde/haut comme trois hommes/plusieurs tonnes...

Tout ceci pour ne pas parler de formes sortant de formes, etc...


Sinon j'adore le reste comme les autres, particulièrement les petits détails qui donnent vie à l'ensemble...

Le récit de la bataille est très bien mené, on a l'impression d'y être. Il faut cependant retravailler un peu l'arrivée des drop pod qui induisent une distanciation entre le lecteur et l'histoire, à cause de la lourdeur des "formes de couleur verte"...

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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Mer 1 Fév 2012 - 23:22

Merci à tous pour vos remarques constructives. Je n'étais pas absolument heureux de ce passage précis moi non plus, et j'ai fini par me convaincre que ça m'allait bien et j'en suis venu à bien l'aimer : un garde sonné qui voit tout comme dans un songe ne distingue que les formes et couleurs après tout (même s'il est vrai que le vert DA ne se distingue que peu du noir). L'idée même de la lourdeur était là pour insister et tenter de rendre ce côté "sonné" et stupéfié. Mais je suis d'accord ce n'est pas très réussi.

Je retravaillerais donc le passage sur mon document propre.

Pour info, une fois que celui-ci sera achevé (d'ici fin 2012 je pense) j'en ferais un tirage à compte d'auteur, pas cher, de manière à ce que ceux qui ont aimé puissent le lire comme j'aimerais qu'il soit présenté et sans se fatiguer les yeux sur l'écran. Je précise qu'il ne s'agit pas de profiter de vos sous mais au contraire de vous fournir une expérience plus agréable Wink. A vue de nez je pense que le prix ne devrait pas dépasser 2€. Enfin, on y est pas encore...

-MFT-

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Le fusil laser est au Garde Impérial ce que le préservatif est à l'amour : il ne sert jamais qu'une fois.
Le fusil laser est la meilleure arme de l'univers : il n'est jamais rechargé. La preuve, personne ne l'a jamais fait !
Le fusil laser est la seule arme de l'univers qui soit une arme jetable. C'est plus pratique pour courir.
Le fusil laser est, de tout l'arsenal de la Garde Impériale, l'arme qui a le meilleur taux de rendement. Avec lui, tout le monde se rend.
Un jour Chuck Norris a tué quelqu'un avec un fusil laser (il frappait avec la crosse).


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Lion Iron Smith
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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Jeu 2 Fév 2012 - 1:53

Alors réserve moi dors-et-déjà un exemplaire des pérégrination de Frère Gabriel ! cheers

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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Jeu 2 Fév 2012 - 14:53

Dernier point (si je dois acheter une version papier un de ces quatre ^^) n'est-il pas dérangeant que le novice et le Cne de la 3° Cie portent le même nom ?

Si, comme je le pense, nous avons 2 récits à deux époques différentes du même Gabriel, on oublie tout de suite ma réflexion.
Mais si ce n'est pas le cas, avoir 2 personnages qui portent le même est un facteur de confusion...

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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Jeu 2 Fév 2012 - 15:54

Eh bien la suite t'apportera peut être des réponses Wink

-MFT-

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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Ven 3 Fév 2012 - 19:53

Intronisation, chapitre 5 : l'Initiation

Voilà plusieurs heures que Gabriel psalmodiait à genoux devant l’autel de l’Empereur Rédempteur, installé dans une petite alcôve de la Chapelle d’Honneur du Roc. L’édifice souterrain, taillé dans la masse du gigantesque astéroïde, étalait pourtant une splendeur rare. Bien que d’une taille somme toute modeste, comparée aux grandes salles que le Roc abritait dans ses profondeurs, la richesse de son décor en faisait un édifice magnifique. Les ciselures d’argent, les dorures, les frises sculptées, couraient le long des murs et des colonnes ou des voûtes, des mosaïques composées de fragments millimétriques de jade, de lapis-lazuli, de porphyre, d’ivoire, d’argent, de rubis, de topaze, d’argent et d’or, ornaient le sol et les absides. Des autels, des statues de marbre, s’élevaient dans des niches ou dans le chœur de la Chapelle. Mais par-dessus le luxe de ce décor grandiose, il y avait plus impressionnant encore. Entre les arcs gothiques qui délimitaient les trois travées pendaient les bannières de bataille du Chapitre. Toutes les bannières des compagnies flottaient le long de la travée centrale, et des étendards bien plus anciens, de véritables reliques, étaient suspendus autour du chœur. De l’autre côté du chœur, une dernière abside abritait le long de ses murs les trois étendards sacrés des Dark Angels, la Bannière du Courage, la Bannière du Châtiment et la Bannière de Dévastation. Elles entouraient un autel placé devant une statue du Lion en armes. Seul était absent l’Etendard du Chapitre, qui lui trônait au-dessus de la place d’honneur du Grand Maître Suprême, dans le Hall des Guerriers.

C’était Naaman, son instructeur, qui, sans un mot, était venu chercher le novice dans sa cellule et l’avait amené dans cette alcôve. Il l’avait laissé seul, l’invitant à se recueillir, à prier et à méditer sur lui-même, sur son Devoir et sur l’univers tout entier. Devant lui, sur l’autel, avait été posé le Liber Honorificorum, qu’il avait vu pour la première et unique fois lors de son arrivée au sein du Chapitre. Ce livre recensait tous les noms des Frères qui étaient tombés au combat, afin que par delà la mort, ils restent immortels et traversent les siècles. Gabriel avait appris que la mort n’était pas une fin en soit, car quiconque tombe peut servir encore l’Empereur par bien des façons. Que ce soit grâce aux glandes progénoïdes, sous la forme d’un gigantesque Dreadnought, ou bien sous celle de son nom, une fois inscrit sur ce registre sacré, un Astartes ne mourrait jamais vraiment. Il appartenait à ses Frères de se remémorer et de célébrer son nom pour qu’il traverse les siècles des siècles.

A jeun –il n’avait rien avalé depuis la veille-, il s’était laissé entraîné dans sa méditation, et la faim qui tenaillait son ventre, il ne la ressentait plus. Il savait que cela faisait des heures qu’il était ici, mais il n’avait aucune idée du compte exact. Un pas résonna sur le dallage de marbre de la chapelle. Ce fût à peine si Gabriel l’entendit, absorbé qu’il était dans ses pensées. Une main lui tomba sur l’épaule.

-A présent que ton temps de recueillement est achevé, Gabriel, suis-moi.

Gabriel se releva avec lenteur, puis se retourna et dévisagea Naaman d’un regard fatigué, mais dans lequel brillait encore une lueur de curiosité. Naaman sortit de l’alcôve, referma la double-grille sur les talons de Gabriel, puis le guida vers l’abside principale, dans laquelle pendaient les étendards sacrés. Il contourna l’autel, suivit de son novice, et ouvrit une petite porte que la taille de la table d'offrandes masquait au regard provenant du chœur.

-Avant de poursuivre plus avant, il te faut revêtir ceci.

Le vétéran tendit à Gabriel une tunique d’un blanc immaculé, qu’il avait amené avec lui. Le novice retira sa bure brune, se saisit de la tunique confectionnée dans du lin d’une finesse remarquable, et la passa.

-Entrons à présent, novice.

La porte était basse, mais elle donnait accès à un couloir plus bas encore. Gabriel et Naaman durent se plier en deux pour entrer. Ils parcoururent ainsi une distance assez grande, et le chemin semblait descendre coudes après coudes jusqu’au centre du Roc. Après une bonne vingtaine de minutes de descente, Gabriel et son guide se trouvèrent devant une haute porte d’ébène, qu’ornait dans un ivoire poli l’épée ailée des Dark Angels. Naaman se retourna vers lui.

-C’est à ce seuil que débute ton initiation, un chemin qui te mènera ou bien à la phratrie des Frères de Bataille, ou bien aux bras de la Mort. Je serais ton guide et ton initiateur, ne parle pas, ne questionne pas, mais comprend et apprend si tu veux vivre. Ton avenir sera entre tes mains sitôt que tu auras franchi cette porte. Il est temps, Novice Gabriel, que tu pénètres la Confrérie des Dark Angels.

Et d’un puissant geste, il écarta les battants.

Un nouveau couloir s’ouvrait devant eux. Ils l’empruntèrent et débouchèrent rapidement de l’obscurité totale dans laquelle ils se trouvaient à une salle éclairée par des flambeaux. Sur les parois, des peintures murales dépeignaient des adversaires que Gabriel avait pour la plupart déjà combattu. Les torches projetaient leurs clartés et leurs ombres sur les fresques et leur donnaient vie en s’accrochant à leurs reliefs au gré des ondulations des flammes. Au centre de la salle, deux statues en armes figuraient Lion El’Johnson et son Père luttant côte à côte. A leurs pieds, un autel avait été élevé avec les crânes de toutes sortes de Xenos abattus par les Dark Angels au cours de leurs campagnes.

-Te voici dans la Salle du Xenos. Si l’Univers n’a été créé que pour fournir à l’Humanité un espace à conquérir et sur lequel régner, il existe pourtant à l’intérieur de ce pré carré le Xenos. Le Xenos peut avoir diverses formes et nombre d’aspects. Il peut avoir de nombreuses ressemblances avec l’Humain comme il peut n’en avoir aucune, il peut être doté d’une conscience développée comme il peut être une simple bête dénuée de toute espèce d’âme. Mais le Xenos est le Xenos car il sera toujours différent de l’Homme, et qu’il s’opposera constamment quoi qu’il fasse à la volonté de l’Humanité, à Sa Volonté. Le Xenos est une menace constante pour l’Homme, et il n’y aura pas de répit jusqu’à ce que sa race ait été anéantie à jamais. De sorte qu’il faut abhorrer le Xenos tant que celui-ci est en vie, et n’accepter jamais aucune compromission avec ces ennemis de l’Humanité. L’Astartes fut créé par l’Empereur pour délivrer l’Homme de la tutelle du Xenos, nous ne renierons jamais sa volonté.

Naaman marqua un temps d’arrêt.

-Lorsque les Dark Angels furent créés, ils furent les Frères-Aînés, les Prétoriens, et les premiers ils entamèrent la lutte au côté de leur Géniteur contre l’Extraterrestre. Toujours zélés dans l’accomplissement de cette tâche, ils libérèrent des centaines de mondes de leurs jougs, et même si à présent l’Empereur n’est plus parmi nous, dix mille ans d’histoire, de guerre et combats n’ont pas réussi à rompre le serment de ne jamais composer avec le Xenos. Au cours de ces dix mille ans de luttes, la défense de l’Humanité ne faillit pas mais elle exigea des sacrifices toujours plus grands et un tribut toujours plus lourd. Le Liber Honorificorum compile le nom de chacun des Frères tombés au combat, le Librarium renferme dans ses Saints Ouvrages la liste des hauts-faits accomplis par chaque Dark Angel au cours de son service. La liste des actes de bravoures et des actions d’éclat de chacun des Astartes du Chapitre couvre des parchemins entiers, et longue encore sera la liste de ceux qui viendront s’y ajouter.

Il marqua un nouveau temps d’arrêt.

-Cette guerre est affaire d’armes, de lames, d’obus, de bolts, de chars et de navires, de sang. Tout au long de ton service, il te faudra souffrir, peiner, il te faudra te sacrifier pour que règne l’Empereur et que survive l’Humanité. Es-tu prêt à faire ce sacrifice ?

-Oui, je jure devant l’Empereur que je suis prêt.

-Alors fais-le, dit Naaman en lui tendant un couteau.

Gabriel se saisit du couteau, et sans que le vétéran n’eut besoin de lui dire quoi que se fut, il s’entailla la paume droite au-dessus de l’autel de crâne avant de tendre la main devant le couple de statues, et de prononcer :

-Je fais sacrifice de mon sang, ô glorieux Empereur de l’Humanité, et je jure devant toi qu’une fois entré à ton service je ne reculerai pas si je devais le réitérer. Puisse mon sang couvrir le champ de bataille à mesure que j’accomplirais mon service et puisse-t-il se mélanger, chose infâme, avec celui de mon ennemi si je venais à faillir. O glorieux Empereur de l’Humanité, accepte le sacrifice que je t’offre.

-Bien. Suis-moi.

Gabriel suivit son guide sous une porte basse puis à travers un autre couloir, qui décrivit bientôt un coude à droite. Après quelques minutes de difficile progression, en raison de la faible hauteur du corridor, ils arrivèrent dans une seconde caverne, bien plus sombre que la première. Quelques torches brillaient d’un feu très pâle, illuminant mal les parois. Malgré tout, on pouvait distinguer des peintures représentant des formes abjectes, des humains à qui il avait poussé des membres tordus, informes, des protubérances hideuses, et qui arborait des visages grimaçants de douleur. La faible lueur les rendait plus atroces encore. Au centre de la caverne, un nouvel amoncellement de crânes se dressait au pied d’une autre statue de l’Empereur, d’une taille qui devait bien avoisiner les deux mètres cinquante. Elle dépassait Gabriel des épaules et de toute sa tête. Ses mais, tendues en avant, semblait le bénir de ses paumes tournées vers le sol.

Gabriel s’avança et inspecta les crânes. C’étaient des crânes humains, mais tous présentaient des déformations inexplicables, tantôt une bosse, tantôt un allongement de la boîte crânienne…

-Tu te trouves à présent dans la Caverne du Mutant. Le Mutant représente la dégénérescence de l’Humanité, l’anti-thèse parfaite de ce que l’Homme doit être. L’Empereur dans Sa sagesse a su montrer que la mutation est le Fléau de l’Humanité, car elle se répand, insidieuse, dans la multitude humaine, elle peut toucher n’importe qui, du plus humble citoyen impérial jusqu’au prêtre de l’Ecclésiarchie. Ceux qui en sont affectés ne méritent aucune pitié, car ils sont un chancre dans l’Humanité, un cancer qui le ronge de l’intérieur, et qui n’en aura aucune pour l’Imperium. La mutation est bien souvent un don du Chaos, mais pas toujours. Pourtant, le châtiment d’une telle corruption ne varie pas, il n’y a et il n’y aura jamais ni remord dans notre quête de la pureté, ni rémission pour leurs pêchés.

Naaman fit une courte pause, afin de laisser ses paroles pénétrer l’esprit de son novice.

-De tous les Chapitres de la Première Fondation, les Dark Angels possèdent le patrimoine génétique le plus pur. Jamais il n’a été question de mutations parmi nos Frères, et jamais il n’y en aura. Mais il faut se défier, car la mutation est pernicieuse, et peut infecter jusqu’aux Chapitres de l’Astartes. Des Loups de Fenris, jusqu’à la mystérieuse Fondation Perdue, en passant par la pâleur de la Raven Guard ou par le délire cybernétique des Iron Hands, tous démontrent une altération des gènes qu’ils reçurent du corps même de notre Père, et nous ne pouvons compter que sur nous-même.

Il laissa à nouveau un temps mort dans son discours, car il voulait que Gabriel saisisse bien l’importance d’une telle affirmation.

-Cette guerre ne peut se mener que par le fer et le feu. Nous devons trancher ce chancre immonde, l’inciser, puis le purifier par le feu pour être sûr qu’il ne pourra plus contaminer le genre humain. Mais l’acier pas plus que la flamme ne sont une arme utile sans le rempart que forme vertu et pureté. Car cette guerre dépasse le strict aspect matériel. Cette guerre est une guerre du corps contre la corruption, de la vertu et de la pureté de notre chair contre la dégénérescence hideuse de la mutation. Elle exige de nous un entretien constant, une surveillance de tous les instants, afin de former le plus sûr des boucliers, qui jamais ne cèdera face aux coups du Mutant. Te crois-tu assez pur et vertueux pour apporter leur châtiment à ces abominations ?

-Oui !

-Alors déshabille-toi, avance-toi sous les mains de l’Empereur et laisse-le juger de toi.

Gabriel ôta sa tunique, fit deux pas et vint se placer sous les paumes de la statue. Soudain, les yeux du colosse de pierre s’illuminèrent et deux jets d’une lumière iridescente en jaillir. Le fanal éblouissant vint se poser sur le novice, l’inspecta lentement de haut en bas, puis de bas en haut, s’accrochant à chaque parcelle de son corps, comme s’il cherchait à déceler la moindre chose qui n’eut pas sa place sur un Dark Angel. Au bout de quelques minutes d’examens, la lumière disparue et une voix d’outre-tombe, venue de l’intérieur de la statue, prononça d’une forte voix de basse :

-Je suis satisfait.

Gabriel chancela. L’examen malgré son apparente facilité l’avait laissé exsangue. Il dut mettre un genou au sol, et s’appuya sur ses deux mains afin de reprendre ses esprits. Après un court instant, ses sens se calmèrent et il reprit pleinement conscience du monde qui l’entourait. Cherchant de la main à tâtons sa tunique, il se releva et la repassa. Une fois rhabillé, il fixa Naaman, avec un regard qui exprimait qu’il était prêt à continuer. Celui de Naaman était aussi fermé et impassible que s’il avait été de marbre.

-Continuons, dit-il simplement.

Il ouvrit une mince trappe et entreprit de se glisser à l’intérieur. Il se laissa tomber, et disparu dans les ténèbres du puits. Sans hésiter, Gabriel l’y suivit. Il atterrit sur un sol rocailleux sans mal, mais chercha sans trouver le vétéran. Sentant un courant d’air frais lui parvenir à hauteur de genou, il s’approcha de la source et découvrit une ouverture dans le pan de roche qui lui faisait face. Compte tenu de l’exiguïté du lieu, c’était vraisemblablement par là que son guide était parti. A son tour, il s’allongea, et rampa le long du boyau. Le sol inégal le blessait et déchirait sa tunique en maints endroits, et ce ne fût qu’au prix d’une pénible reptation qu’il parvint enfin à une troisième salle.

La salle elle-même n’était guère élevée, pour ne pas dire basse de plafond. Elle se trouvait également être de faibles dimensions et de forme carrée. Sur le côté qui lui faisait face, devant une autre porte d’ébène portant elle aussi l’héradilque du Chapitre en ivoire poli, se tenait une forme encapuchonnée sous une large bure noire. On ne pouvait rien distinguer, à part qu’elle présentait une forme humaine. Sur les trois autres murs, crucifiés sur des poutres disposées en X, trois hommes ruisselant de sang pendaient à leurs clous, des rictus effroyables déformant leurs visages. Sur leurs crânes avait été tatoué la mention « Excommunicate : Extremis Diabolus » et un écriteau accroché à leurs cous portait l’inscription : « Hereticus Magnus ». Sur l’un d’eux, une scarification de l’abdomen figurait l’étoile à huit branches du Chaos. Au centre de la pièce, deux épées imitant en tous points celle des Dark Angels avait été fichées dans le sol.

Naaman sortit d’un recoin de la pièce, qui n’était éclairée que par un flambeau disposé derrière chaque croix, donnant à la salle un aspect infernal.

-Tu as fini par arriver dans la Crypte de l’Hérétique. Pour l’Imperium, il n’y a pas pire menace qui soit. Elle dépasse de loin celle conjuguée du Xenos et du Mutant. Car si le Xenos est une menace extérieure, si le Mutant nous dévore de l’intérieur, tous ont des caractéristiques qui les identifient, des traits qui les distinguent. Rien ne distingue l’Hérétique de l’Orthodoxe. L’Hérétique est la pire des tumeurs qui sclérosent l’Humanité. Son message pervers se diffuse à travers les masses et corrompt les esprits, et personne n’est à l’abri. Seule la foi la plus solide peut assurer un bouclier efficace face à cette menace. L’Hérétique profite de la moindre faille de l’armure du croyant pour s’y engouffrer et provoque ainsi la chute du plus fidèle et du plus pieux serviteur de l’Empereur. Défie-toi toujours de l’Hérétique, mais ne le craint pas, car la foi pure de l’Astartes est sa Némésis.

Comme à l’accoutumée, Naaman fit une pause.

-Cette guerre, à la différence des deux autres, a pour champ de bataille l’esprit. Seul l’esprit ferme, qui a su comprendre au plus juste et qui a fait sien les Saintes Doctrines de l’Empereur notre Père saura combattre sur ce terrain. Dans cette lutte à mort, il n’y a que la Foi qui est une arme efficace. L’hérétique bien souvent voudra te détourner par le syllogisme et le paradoxe de la Vérité du Dogme Impérial. Dans ces conditions, seule l’adhésion la plus pure et la plus profonde à la Foi, seule la compréhension exacte du Dogme sauront te sauver du piège que te tend l’Hérétique. L’Hérétique est légion et aussi longtemps que l’Homme sera, notre garde vigilante ne retombera jamais.

Une dernière pause.

-Mais le véritable combat contre l’Hérésie ne se joue pas entre deux Hommes, mais en chacun de nous. L’Hérétique existe parce qu’au plus profond de lui, il a été semé dans l’Homme les graines de l’Hérésie, et que ces graines ne demandent qu’à germer. De sorte que l’Hérésie peut faire chuter n’importe qui, jusqu’au Frère de l’Astartes. La puissance, l’orgueil, la curiosité, tous nos sentiments et nos sensations comportent leurs parts d’ombres. La limite entre bien et mal est ténue, et se passe bien souvent sans que l’on en ai conscience. C’est pourquoi la lutte est si acharnée. C’est un combat de tous les instants, que l’on ne peut mener que l’en se questionnant, qu’en cherchant des réponses, qu’en interrogeant les actes de l’Empereur et du Primarque, leurs déclarations et leurs volontés. Seule une parfaite connaissance de soi-même peut permettre d’avancer et de protéger l’Humanité de l’Hérésie. Il y a de cela dix millénaires, les gigantesques Legio Astartes partirent à l’assaut de la galaxie afin de libérer l’Humanité. Mais à force d’avancer, le doute, l’orgueil, la soif de puissance détournèrent la moitié des Légions de la Volonté de l’Empereur. Ils entreprirent d’exterminer leurs Frères et d’assassiner leur Père, sous la direction de son fils préféré, Horus. Après un combat apocalyptique, Horus eut l’orgueil dans sa folie de défier l’Empereur. Mais le Sauveur de l’Humanité l'abattit au prix du sacrifice de son corps, et se résolu à diriger l’Humanité par l’intermédiaire du Haut-Conseil. La part d’ombre qui nous hante tous avait pris le dessus sur celle de vertu de la moitié des Frères de Bataille, et a anéantit tout ce qu’ils représentaient, au point de renier le serment qu’ils avaient juré à leur Père. Te crois-tu capable de résister à cette part d’ombre ?

-Oui, je le crois.

-Alors prouve-le.

Naaman s’effaça, et aussitôt, l’être encapuchonné se saisit d’une des épées. D’un large mouvement, il fit décrire à la lame un arc de cercle qui eu tranché la tête de Gabriel si ce dernier ne s’était pas jeter à terre dans un roulé-boulé. D’un coup de pied, il détourna un second coup, puis il se jeta en avant et arracha la seconde arme du sol au passage. L’épée de son adversaire alla frapper le sol précisément à l’endroit où il s’était trouvé l’instant précédent. A présent qu’il possédait lui aussi une épée, le combat allait être bien plus rude pour l’ennemi, pensa-t-il. Il para un nouveau coup, passa sa lame sous celle de son adversaire et chercha à lui trancher les doigts, mais un mouvement de la garde dévia sa contre-attaque. L’autre chercha à enrouler son arme autour de celle de Gabriel afin de la lui faire sauter des mains, mais ce dernier suivit son mouvement et rompit le contact. Les duellistes s’écartèrent, seule leurs pointes restèrent au contact l’une de l’autre.

Gabriel observa son ennemi. Sous sa bure d’un noir de jais, il ne pouvait rien distinguer. Pas même ses mains… l’autre attaqua d’un revers. La lame fendit l’air et siffla quelques centimètres au-dessus de la tête de Gabriel qui avait plongé. Avant que l’autre ne portasse une nouvelle attaque, il se releva d’un bond tout en tournoyant magistralement, et la lame traça deux estafilades dans la bure qui recouvrait les bras. Il n’entendit même pas un cri de douleur. Il para une nouvelle fois, une autre, et encore une autre. Les lames s’entrechoquèrent, faisant jaillir des étincelles en tous sens. La passe fut longue mais stérile, chaque combattant stoppant les coups de l’autre avec brio.

Peu à peu, Gabriel se mit à ne plus faire qu’un avec son arme, à faire partie du combat comme s’il en ressentait les essences, saisissant chaque mouvement, chaque attaque, chaque parade, comme les fluides, les effluves d’un même mouvement. Il retrouvait les sensations que lui procuraient les duels à l’épée, et il sut que son adversaire était fini. Il anticipait toutes ses attaques, s’effaçant, parant, contre-attaquant au moment opportun, laissant l’adversaire s’essouffler en ne rencontrant que le vent dans ses offensives. Enfin, l’occasion de porter le coup décisif se présenta. Gabriel su quelle attaque allait porter l’ennemi avant même que ce dernier ne le sache, et comprit tout le parti qu’il pouvait en tirer. Il fit mine de parer le coup de taille de droite à gauche que voulut lui porter son opposant, mais passa avec la vitesse de l’éclair sous la garde de ce dernier, enroula l’épée en un battement de paupière et la fit sauter des mains de son ennemi. Surpris, ce dernier mit un temps à réagir que Gabriel exploita. Il le frappa d’un violent coup de pied dans la poitrine, et l’envoya rouler à terre. Il sauta sur lui, l’épée haute, avec l’intention d’en finir quand un cri éclata dans la salle.

-Stop !

Au commandement de Naaman, l’arme de Gabriel resta suspendue dans les airs, comme accrochée par un fil invisible.

-Cela suffit, Novice Gabriel.

Il lui fit signe de laisser se dégager son adversaire, qui se releva, inclina la tête devant lui et alla se ranger sur le côté, la tête toujours baissée. Naaman, lui, se planta devant la porte d’ébène.

-Tu as passé successivement les trois stades de ton Initiation, tu es devenu apte à devenir un véritable Frère de Bataille, un Initié. C’est aujourd’hui, Frère Gabriel, que tu intègres le Chapitre des Dark Angels. Bienvenu dans la Confrérie des Impardonnés, Frère.

Et d’un geste puissant, il écarta à la volée les deux battants de la porte. Un concert d’applaudissement et de félicitations éclata à l’instant même dans ce que Gabriel reconnu comme le Hall des Guerriers. Tous les Frères qui n’étaient pas en mission s’étaient rassemblés pour fêter son admission et acclamer le nouveau membre de leur fratrie.

Naaman se pencha vers lui afin que, malgré l’ouïe développée des Space Marines, Gabriel puisse comprendre ce qu’il avait à lui dire.

-Je suis fier de toi.

-MFT-

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Le fusil laser est la seule arme de l'univers qui soit une arme jetable. C'est plus pratique pour courir.
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Dernière édition par -MFT- le Ven 3 Fév 2012 - 21:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Ven 3 Fév 2012 - 20:52

Citation :
Il ouvrit une mince trappe et entreprit de se glisser à l’intérieur. Il se laissa tomber, et disparu dans les ténèbres du puits. Sans hésiter, Gabriel l’y suivit. Il atterrit sur un sol rocailleux sans mal, mais chercha sans trouver le vétéran. Sentant un courant d’air frais lui parvenir à hauteur de genou, il s’approcha de la source et découvrit une ouverture dans le pan de roche qui lui faisait face. Compte tenu de l’exiguïté du lieu, c’était vraisemblablement par là que son guide était parti.

Il atterrit sans mal sur un sol rocailleux

Citation :
phratrie
fratrie, non ?


A part cela, c'est génial. Je n'ai jamais lu de bouquins de la black library, alors je ne sais pas s'il existe de tels récits d'intronisation...
Mais je trouve le tien vraiment "réaliste".

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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Ven 3 Fév 2012 - 21:00

Ah oui bien vu pour fratrie, "phratrie" c'est l'hellèniste qui sommeille en moi qui parle Smile

-MFT-

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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Ven 3 Fév 2012 - 22:16

Quelques répétitions, surtout sur le début mais la suite est génial. De loin un des meilleurs passages que j'ai pu lire dans ce que tu nous as présenté.

Bravo.

Aub.

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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Ven 10 Fév 2012 - 12:12

Une semaine sans chapitre !

Arghh ! Je vais faire une crise de manque !

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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Sam 11 Fév 2012 - 10:43

La Traque, Chapitre 5 : Conseil de guerre

Les grandes portes de la salle stratégique d’Ana-Purna III s’ouvrirent à la volée dans un bruit de tonnerre.

-Qui a permis que… hurla le gouverneur impérial Abraham Jacobinus.

Les restes de ses paroles restèrent coincées dans sa gorge en un borborygme indistinct. Devant lui se tenaient des Frères de Bataille de l’Adeptus Astartes.

-Qui a permis que l’on nous ouvre les portes ? Moi ! fit l’un d’entre eux.

Celui qui venait de parler était un Space Marine à l’allure encore jeune, au visage élégant mais déjà parcouru de cicatrices. Ses cheveux brins étaient coupés en une brosse très courte, et ses yeux bleus pétillaient d’un quelque chose qui mêlait l’intelligence, l’ironie et la sagesse à la fois. Son armure, très ouvragée, était ornée de quantités d’artefacts et de décorations. Son héraldique personnelle alternait l’os, le rouge et le vert, et des versets choisis d’œuvres de son Chapitre. Sur une épaulière, l’épée rouge aux ailes blanches qui étaient les armes des Dark Angels perçait de part en part un crâne d’or. L’ensemble était gravé sur l’épaulière droite. Sur la gauche, un crâne blanc reposait sur un triangle rouge, et en travers du front du crâne courait le nom de l’officier : Gabriel.

Le gouverneur et ses subordonnés mirent un genou à terre et baissèrent la tête en signe de respect devant une telle incarnation de la volonté de l’Empereur en personne.

-Relevez-vous, ordonna le second des deux premiers personnages.

Jacobinus osa risquer un regard vers ce dernier. Aussi grand que Gabriel, mais nettement plus vieux, son visage semblait être rapiécé tant les cicatrices le striaient. Engoncé dans une armure d’un noir de jais, cette dernière ne dépassait que très peu de l’épaisse robe de bure caractéristique des hauts personnages du Chapitre des Dark Angels. Au contraire de l’officier qui ne portait qu’un simple tabar et quelques pièces d’étoffes le long du bord inférieur des épaulières, la bure du Chapelain –il le reconnu au casque qu’il portait sous le bras- semblait si lourde qu’un homme n’aurait guère pu la porter très longtemps. De même, les cinq autres personnages arboraient de telles étoffes, mais leurs armures, quoique de belle facture, n’égalaient pas la magnificence des deux autres. Des vétérans, sans doute la suite des deux personnages.

-Mes Seigneurs, veuillez excuser ma… mon accès de colère, jamais je n’aurais imaginé que… enfin, les nouvelles sont mauvaises et sans votre intervention…

-Sans notre intervention, elles auraient été à un tel point catastrophiques que vous ne parleriez sans doute plus à l’heure qu’il est, complèta Gabriel à l’ironie toujours mordante.

-Oui, oui, en effet, en effet, loué soit l’Empereur pour votre apparition. J’ai limogé mon précédent général en chef, le super-général Poebius, pour son incapacité à endiguer le flot des troupes adverses, et pour n’avoir pu empêcher ces trahisons massives. J’ai nommé le général Hiberium à la place. C’est un bon soldat, et peut être parviendrons-nous à reprendre en main la situation grâce…

-Grâce à notre aide, la situation fera mieux qu’être simplement reprise en main, termina à nouveau Gabriel. Où est Poebius à l’heure actuelle ?

-Mon Seigneur, il attend dans sa cellule des sous-sols de ce palais son sort, qui ne saurait dépendre d’autre chose que de votre bon-vouloir.

-Bien, très bien, gouverneur Jacobinus. Pour l’heure, il est grand temps d’entrer dans les considérations stratégiques. Réunissez sur-le-champ vos conseillers militaires, nous devons mettre au point au plus tôt une contre-attaque.

-Seigneur, j’étudiais précisément la question : voici les hommes qui forment le Conseil d’Etat-Major Général. Le précédent chef d’Etat-major a été lui aussi limogé et a rejoint Poebius. Tous ceux que vous avez devant vous sont des hommes de confiance.

Jacobinus présenta brièvement ses auxiliaires. Lui-même était relativement peu âgé pour un si haut fonctionnaire, et sa figure énergique inspirait la confiance. On sentait qu’un certain charisme émanait de sa personne, comme s’il pouvait influer sur les autres par le seul fait de sa présence. Il avait sans doute été dépassé par la rapidité et la gravité de tous ces évènements mais on ne pouvait pas lui en tenir la plus extrême des rigueurs. Une fois la situation redressée, il serait l’homme de la situation.

-Gouverneur Jacobinus, fit Severian, il y a des traîtres infiltrés jusque dans votre gouvernement.

-Mon Seigneur, mes services de sécurité sont déjà à leur poursuite. Comme je vous l’ai dit, j’a fait arrêté moi-même mes deux principaux généraux que je soupçonne fortement d’avoir parti lié avec les rebelles. De même j’ai ici une liste d’éléments peu sûrs que je peux vous soumettre. La plupart sont des cadres de l’armée ou de l’Etat, et j’ai bien l’intention de les faire emprisonner afin de purger cette planète de la racaille qui l’infeste.

-Excellente résolution. Je ne peux que vous encourager dans cette voie.

Il jeta un œil à la liste et y vit des fonctions qui s’étalaient de l’Etat major du régiment jusqu’au Lieutenant, en passant par de grands fonctionnaires ou des juges.

-Comment se fait-il que de telles mesures n’aient pas été prises auparavant, si vous disposiez d’une telle liste ? fit remarquer Gabriel.

-Mon Seigneur, les preuves manquaient encore de leurs activités subversives et les premiers rapports sont assez récents. Si vous regardiez le paraphe du présent document, vous verrez qu’il ne date que d’hier. J’ai demandé à la Très Sainte Inquisition de mandater un émissaire, mais on m’a appris il y a deux heures le massacre du chœur des astropathes. J’ai bien peur que la communication n’ai pu être établie.

-Elle l’a été, ne vous en faites pas, fit Severian.

-Aaah ! Très bien… très bien… en ce cas… je crois qu’alors nous pouvons ouvrir le Conseil ?

La situation telle qu’elle se présentait exigeait une contre-attaque. Les réserves dont disposaient les loyalistes étaient encore suffisamment importantes dans la capitale même pour qu’une simple contre-offensive puisse balayer la rébellion. Celle-ci avait tout misé sur la surprise, les défections et la rapidité de sa progression pour l’emporter. Une fois cette dernière enrayée, les rebelles ne pouvaient guère espérer vaincre. En revanche, si celle-ci venait à échouer –chose peu probable comptes tenus de la disproportion des effectifs- il serait sans doute plus difficile de rétablir pour de bon la situation. Les renforts loyalistes étaient encore loin, mettraient du temps à arriver en raison des sabotages et des embuscades rebelles, et pouvaient même avoir été infiltrés sans qu’on en sache rien. De plus, la quasi totalité des communications étaient coupées. Un échec, et le gouvernement planétaire restait à la merci des traîtres.

Après plus de deux heures d’entretien, le plan était arrêté. Hardi, audacieux, il représentait bien le génie tactique d’un Grand Maître des Dark Angels. L’attaque était prévue pour le lendemain 4h. Il était 20h.

-Bien à présent nous allons descendre visiter vos prisonniers, conclu Gabriel. Donnez-nous un homme qui nous guidera aux cachots.

-A vos ordres, mon Seigneur. Ravnick, appela-t-il en se retournant, vous conduirez leurs Seigneuries jusqu’aux prisons. Bloc H, niveau Delta. Exécution.

L’officier se leva, se prosterna devant les deux Astartes, et les amena à travers un dédale de couloirs souterrains jusqu’au bloc H, niveau Delta. Cela leur prit un bon quart d’heure. Leur périple dans ce labyrinthe prit fin lorsqu’ils atteignirent le poste de garde. Là, Ravnick alla parler aux deux gardiens, talonné en cela par les deux géants, qui avaient laissé leur escorte dans le grand hall d’entrée.

-Nous venons visiter les détenus Poebius et Molagan. Ouvrez-nous leurs cellules.

-Les détenus ? Mais on a passé les chercher il n’y a pas dix minutes !

-Quoi ? Mais pour les emmener où ?

-Mais, à la chambre d’exécution mon Général ! L’ordre était arrivé avec la signature du gouverneur lui-même !

-Il n’y a pas une minute à perdre, fit-il en se retournant à toute vitesse, venez mes Seigneurs ajouta-t-il en s’élançant.

La course se termina au bout de cinq mortelles minutes devant les portes de la salle d’exécution. Hélas elles n’avait pas suffit à sauver les généraux destitués et leurs cadavres étaient à peine reconnaissable. Car il n’y avait plus rien à faire pour eux. La peine de mort que l’on réservait aux traîtres était horrible mais ne manquait jamais : les condamnés étaient écrasés entre deux presses hydrauliques.

Devant la bouillie affreuse de ce gâchis, les visages des deux Marines se durcirent, et c’est un Severian frémissant de colère contenue qui lâcha à l’adresse du bourreau :

- Où-est-l’ordre ?

Tremblant comme une feuille, l’homme lui tendit avec crainte un parchemin, signé du sceau du gouverneur lui-même.

-Remontez-nous là haut et prestement, ou c’est vous qui finirez dans cet état, et par ma propre main, siffla Gabriel à Ravnick.

Gabriel et Severian étaient des Astartes, et leur volonté ne souffrait pas qu’on s’opposa à elle. C’est toujours aussi furieux qu’ils pénétrèrent dans la salle du conseil. Gabriel saisit le cou de Jacobinus dans sa main droite, et dans la gauche lui présenta l’ordre. L’autre, au trois quart suffoqué, ne comprit d’abord pas. Puis voyant son sceau, il écarquilla les yeux et prononça avec les pires difficultés :

-C’est-un-faux… laissez-moi… vous…expliquer.

Gabriel le relâcha. L’autre s’écrasa au sol, se massa le cou puis déclara :

-Je vais vous expliquer.

-Je te donne une minute, gouverneur Jacobinus.

-Ceci est mon sceau militaire, et le garde des sceaux militaires est précisément le super-général, autrement dit Poebius. Il aura fait copier le sceau et transmit la réplique à un complice. Celui-ci, risquant d’être compromis, l’a fait supprimé. Je ne vois guère que le Magister des cellules pour avoir put permettre cela.

-Faites-lui subir le même traitement, décréta Severian.

-Quoi, mais…mais c’est…

-Vous oseriez remettre en cause mon ordre ?

-N…non mon Seigneur.

-Je veux, avant mon départ dans une demi-heure, avoir vu sa carcasse broyée à mes pieds. Et pour être bien sûr qu’il s’agit du bon, j’irai le prendre moi-même avec une escouade de vos hommes.

La mort dans l’âme, Jacobinus s’exécuta.

Une demie heure plus tard, les Astartes remontaient dans leur rhino et regagnaient l’astroport.

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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Jeu 16 Fév 2012 - 13:13

Loin de moi l'idée de réclamer mais... je veux la suite !!!!

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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Jeu 16 Fév 2012 - 14:39

J'ai beaucoup de travail ces temps-ci, j'entre dans la phase révision intensive des écrits de mon concours. Cela va donc me prendre plus de temps.

Il faudra prendre votre mal en patience Wink

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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Jeu 16 Fév 2012 - 14:51

Et bien, Frère, nous travaillerons cette vertu...
Cool

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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Jeu 16 Fév 2012 - 20:05

Toujours aussi bon.

On attend vraiment la suite.

Bref, j'adore.

Aub.

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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Lun 20 Fév 2012 - 8:47

Intronisation, ch 6 : Quadrant 14, Secteur 4 : le pont de Gerzéel

941M41,Groupe d’Armée Est, Quadrant 14, Secteur 4.
 
La 5ème Unité tactique de la 3ème Compagnie sera chargée de défendre le pont de Gerzéel, situé sur l’axe Vlaana-Ioulnik, afin de contenir la progression peau-verte sur ce même axe. L’objectif Xenos est manifestement de prendre l’usine A27-D, fabriquant les munitions qui alimentent les quadrants 10 à 17. L’importance d’un tel site va sans dire, votre mission est donc primordiale pour la stabilité du Groupe d’Armée Est.  Compte tenu de l’enjeu, un détachement skiritaï de l’Adeptus Mechanicus ainsi qu’un peloton du 89ème Arcadien vous seront affectés en renforts.
 
L’ennemi devrait disposer de tanks impériaux récupérés après le désastre de Kourskovic. Toutefois, il manque encore de munitions calibrées en nombre suffisant pour garantir une utilisation optimum de son butin. Le nombre d’orks est estimé à une centaine environ par la section Renseignement du 89ème Arcadien. Il n’y a pour l’instant pas d’autres renforts disponibles. Toutefois, appelez sur le canal 14 en cas d’extrême urgence.
 
Que l’Empereur vous garde. Pour le Lion !

 
Les instructions reçues la nuit précédente défilaient à nouveau dans l’esprit de Gabriel, maintenu en veille malgré son sommeil grâce au nodule cataleptique. Les ordres émanaient de Maître Belial lui-même, Grand Maître de la Troisième compagnie des Dark Angels. Gabriel respectait beaucoup son nouveau commandant, mais il doutait un peu de la qualité des renforts reçus, en particulier du Quatre-vingt-neuvième Arcadien dont les soldats –à l’exception notable du lieutenant Scaevola et de ses gardes particuliers- n’avaient pas l’air de foudres de guerre.
 
Le réveil fut brutal. Une pétarade de moteurs déchira l’air et alla en grossissant, alors qu’un nuage de poussière s’approchait du pont. Toute la défense entra en effervescence jusqu’à ce qu’un commandement impérieux du Frère Eilon ramène le calme.
 
-Je ne veux aucun tir, aucun mouvement, avant que je n’en donne l’ordre, rugit-il. Puis il courut jusqu’à la tranchée la plus proche.
 
Rapidement, le nuage de poussière se rapprocha du pont. On distinguait mal au travers, mais les Astartes, aux yeux habitués à ce genre de situation et à la vue améliorée repérèrent dans le brouillard de débris quelques formes bien orkoïdes par leurs constructions.
 
-Frère Raphael, je veux un missile au but dans l’engin de tête lorsqu’il sera au trois quart du pont, si jamais il leur venait l’idée de le traverser. Tu changeras de position aussitôt ton missile parti. Je veux des actions nettes, et un déplacement rapide après chaque tir. Compris ?
 
-Oui Frère Eilon, répondit l’intéressé.
 
-Gabriel, tu couvriras Frère Raphael. Evites de te montrer autant que tu le pourras. Le reste de l’escouade attend mon signal pour attaquer.
 
-Bien, Frère Eilon, acquiescèrent-ils.
 
Déjà le track de tête s’engageait sur le pont. D’un profil assez bas, il dissimulait les deux tiers de sa structure derrière les parapets de pierre du pont. Seul l’ork qui était chargé de l’arme supérieure était vraiment exposé. La cible était donc particulièrement difficile à abattre, mais Raphael avec dextérité ajusta la cible mouvante dans le viseur de son arme. Mais à l’instant où il allait passer le point de non-retour, un rayon d’énergie bleue jaillit de la position impériale et transperça le parapet gauche, sans dommage pour le véhicule. Eilon poussa un juron sonore tandis que le missile de Raphael manquait à son tour sa cible à cause de l’écart du pilote ork.
 
-Scaevola, vous êtes un imbécile ! Ne donnez l’ordre de feu qu’à votre canon laser, à présent qu’il s’est révélé.
 
Un second missile partit et fit exploser le semi-chenillé en éclats, tandis que les rapides véhicules Xenos tournaient bride et filaient à toute allure dans la direction opposée. Un nouveau tir de laser décapita un peau-verte mais ne causa pas plus de dommages.
 
Dès qu’ils furent hors de vue, Eilon surgit de son trou et courut à grandes enjambées jusqu’aux retranchements arcadiens. L’air furieux peint sur son visage ne laissait rien présager de bon à ses occupants.
 
-Lieutenant Scaevola, au rapport !
 
L’air peu rassuré, l’officier se présenta. L’Astartes le regarda droit dans les yeux, et articula :
 
-Faites aligner votre unité et sortir le responsable du rang.
 
L’autre obéit et alla chercher manu militari le tireur indiscipliné qui s’était caché au dernier rang. Il tremblait de tout corps et une odeur répugnante se fit sentir lorsqu’il croisa le regard remplit de rage du surhomme. Ce dernier le saisit de sa main gauche par le cou, et le souleva comme s’il n’avait pas pesé plus lourd qu’une plume. Un liquide jaune virevolta hors de sa jambe de pantalon tandis que ses membres battaient l’air. Le pauvre garde agrippa de ses deux mains le gantelet qui l’étranglait, essayant vainement de se libérer.
 
-Cet incapable a désobéi à mes ordres et a lamentablement fait échouer mon plan. Il s’est de plus montré complètement incompétent dans le maniement de son arme. Une loque telle que celle-ci ne mérite pas de servir dans l’armée impériale, ni même de vivre –il serra un peu plus fort son poing, le teint de l’homme vira au violacé-. Mais malheureusement, il est des circonstances où même le dernier des ratés peut être utile à l’Empereur. Tu as de la chance que notre effectif soit squelettique, déchet humain –l’homme suffoquait-, tu échappes à la mort pour cette fois.
 
Il ouvrit le poing et le garde chuta lourdement à terre. Il reprit avec la pire des difficultés sa respiration.
 
-Reprends ton arme, je ne tolèrerais pas un autre échec. Tâche de te montrer vraiment digne de mourir pour l’Empereur. Rompez les rangs et reprenez la garde, l’ennemi ne tardera plus maintenant, ajouta-t-il.
 
*
**

Malgré les nouvelles de nombreux combats qui provenaient des secteurs voisins, et les rapports faisant mention de la progression d’orks dans le secteur 4, les défenseurs du pont de Gerzéel n’entrèrent pas en contact avec l’ennemi de la journée. Bien que le Sergent Eilon ait ordonné de maintenir une garde vigilante, aucun signe laissant supposer l’arrivée d’un agresseur immédiat ne fut relevé, et c’est sous un ciel rougi par la lueur des incendies alentours plutôt que par le second soleil de la planète que les sentinelles prirent leurs tours de garde.
 
A l’abri d’une tranchée construite par les gardes impériaux du Quatre-vingt-neuvième Arcadien, Gabriel prit lui aussi son tour bien que les Space Marines ne dormissent jamais vraiment.

Gabriel profita de ce moment pour inspecter du regard les positions fortifiées. Un dense réseau de tranchées, petit mais complexe, déployait ses boyaux entre positions de tirs, de départ et de relève, enserrant la route stratégique qui enjambait via le fameux pont un large cours d’eau. Le mot cours d’eau était d’ailleurs un bien grand mot… l’eau était à ce point polluée que seuls les Marines pouvaient s’y désaltérer. Ces derniers temps, les effluves brunâtres des industries et des égouts avoisinants avaient laissé place à de lourdes plaques de pétroles, de mazout, voir des cadavres humains et xenos, qui dérivaient le long du courant.
 
A l’intérieur des boyaux se terraient une trentaine de gardes impériaux, qui n’étaient guère expérimentés, menés par un lieutenant qui l’était nettement plus, mais avait bien du mal à tirer le meilleur de ses subordonnés. Il était accompagné d’un terrifiant commissaire, taciturne et glacial. Les deux personnages ne semblaient pas issus de la même planète et l’Arcadien parlant assez mal le Haut gothique impérial, leurs discussions utilisaient une drôle de combinaison de gestes et de rudiments de langue impériale. Manifestement, le commissaire ne devait pas être bien vieux au sein du régiment…
 
Plus intéressant étaient les serviteurs cybernétiques de l’Adeptus Mechanicus, que menait le techno-adepte Abeus Cleptus. Ses cyborgs, plus machines qu’humains, possédaient à eux seuls une panoplie d’armes aussi variées que dévastatrice, à faire pâlir d’envie n’importe quel Imperial Fist ou Salamander. Ils assureraient tous les types de tâches que l’on pouvait leur attribuer au mieux, avait déclaré leur maître. Ce dernier, qui possédait plus de dendrites et de câbles implantés dans son corps que tous ses jouets réunis, ne jurait que par la puissance de ses armes.
 
Personnellement, Gabriel ne les estimait pas à la hauteur de la tâche qui leur était confiée. Entre le prêtre de Mars à peine plus humain que ses sbires qui pêchait un peu par excès de confiance, et les Gardes Impériaux qui jouaient à l’alternance avec l’extrême inverse, les choses ne se présentaient pas le mieux du monde, pensa Gabriel.
 
Un léger bruit, indistinct mais pourtant audible, le tira de ses pensées. Il fixa du regard la zone d’où il lui semblait que le son, qui maintenant évoquait celui d’un moteur, lui provenait. Là-bas, tout là-bas, il lui semblait voir des colonnes de poussière. Comprenant qu’enfin, l’ennemi se montrait, il donna l’alerte. Il était trois heures du matin.
 
Au bout d’une demi-heure, pendant laquelle la frénésie s’était emparée du camp fortifié avant de retomber et de le céder à la nervosité, on put commencer à dénombrer l’étendue des forces de l’adversaire. Une vingtaine de transports, quelques gros blindés, beaucoup de petits véhicules rapides… par conséquent au moins plus de deux-cent-cinquante orks. Les pauvres Gardes, inexpérimentés, ne comprirent pas ce que leurs aînés saisirent : ils avaient peu  de chances de s’en sortir…la disproportion était à ce point importante qu’Eilon laissa échapper –par bonheur sur le canal d’escouade – un simple « Empereur tout-puissant ».
 
Comme la veille, Eilon ordonna de ne laisser tirer personne tant que les premières unités adverses n’auraient pas franchies les trois quarts de l’obstacle. Mais à sa surprise ainsi qu’à celles de tous les autres, les premiers véhicules ne ralentirent même pas à l’entrée du pont, tant et si bien que la première salve impériale n’infligea guère de dommages. Seul le missile de Frère Raphael parvint à atteindre un truck et l’envoyer culbuter contre le parapet de l’ouvrage. La forte lame fixée à l’avant traversa comme du beurre le muret de pierre et l’engin alla s’écraser dans la berge, dans une énorme explosion. Mais déjà, les premiers boyz, qui avaient franchi à l’aide de leurs engins surpuissants l’embuscade tendue, sautaient à terre et se ruaient sur les boyaux impériaux, afin de faire sortir ceux de leurs occupants…
 
Un torrent de flammes les accueillit et en grilla tout bonnement une bonne vingtaine, bien qu’aussitôt de nouveaux arrivants, passant outre le barrage de tirs qui pourtant noyait le pont sous un véritable déluge de projectiles, se lançaient à l’assaut. Des engins légers, dont bon nombre explosaient avant de passer le mortel obstacle, ouvrirent le feu sur les défenseurs, bloquant de nombreux gardes sous un tir nourri plutôt qu’assuré. Les boyz tombaient comme des mouches mais ceux qui survivaient tombaient à bras raccourcis sur les humains. Tentant vainement de s’opposer à la baïonnette, les gardes étaient massacrés, pour ne pas dire littéralement mis en pièce par la sauvagerie des orks. L’intervention héroïque du lieutenant Scaevola et ses hommes permit de ralentir la tuerie, qui déjà lui avait haché la moitié de son peloton. Mais tandis que l’officier se lançait dans ce féroce corps-à-corps, un lourd chariot de guerre fit tonner son obusier avant de s’élancer sur le tablier du pont, bousculant tout sur son passage, précipitant cinquante mètres plus bas les carcasses des véhicules détruits. L’obus alla s’écraser en pleine mêlée, pulvérisant une dizaine de combattants des deux bords. Un tir de canon laser atteignit le système de rechargement de l’arme et la tourelle supérieure explosa dans une détonation assourdissante. Secoué, les boyz eurent un peu de peine à sortir de la soute et un missile à fragmentation habilement tiré par Raphael alla causer un grand carnage, projetant des schrapnells un peu partout à l’intérieur.
 
Dans un tel désordre, le Frère-Sergent Eilon, comprit que si son flanc gauche lâchait sous la pression des xenos, avoir abattu déjà près d’une centaine de peaux-vertes ne serviraient à rien, et il enjoignit à son escouade de combat de le suivre hors de leur tranchée. Gabriel, qui couvrait toujours Raphael, le vit se mettre à courir dans la direction du carnage, son épée énergétique décrivant des moulinets devant lui, et laissant une pluie d’étincelle comme une traîne dans son sillage. A présent, c’étaient deux autres mastodontes de ferraille, de tôles et de poutrelles hétéroclites, qui s’avançaient sur le pont. Alors qu’il avait déjà parcouru la moitié du chemin, le premier assemblage de morceaux divers et variés vint décrire un dérapage à côté de lui, et dans un rugissement bestial, des xenos d’une taille bien supérieure surgirent de tous les points de sortie de l’engin. Des nobz ! Le combat, déjà très inégal, allait devenir vraiment impossible. Pourtant, Frère Raphael d’un tir chanceux atteint la chenille du deuxième chariot de guerre et, la pulvérisant, provoqua le dérapage incontrôlé du char déchenillé. Basculant hors du tablier, il alla s’écraser dans la rivière en contre-bas et une explosion magistrale le pulvérisa en morceaux de tôles.
 
Malgré leur bravoure, Eilon et ses hommes ne faisaient pas le poids face aux adversaires auxquels ils étaient confrontés. Frappant en tous sens pour se dégager, Eilon et ses Frères avaient déjà mis hors de combat trois opposants, mais petit à petit les Marines tombaient à leurs tours sous la force bestiale des orks. Bientôt, il ne resta plus que le Sergent-vétéran. D’un large revers il trancha un bras porteur d’une dangereuse griffe énergétique. D’un coup droit, il perfora un abdomen, d’une attaque de taille portée de droite à gauche, il coupa une jambe. Entouré des cadavres de ses Frères comme de ses victimes, le Sergent, qu’une demie-douzaine de blessures affectait, vit se détacher du groupe un nobz plus costaud que les autres. Ce dernier le toisa, et articula avec difficulté :
 
-Eh toi, l’z’hom en boit’, vien-z-y donc t’mesuré à moi. T’ai ben battu, t’m’a tué plin nobz, et maint’nan t’a gagné l’droi d’te euhm’zuré à moi.
 
-Meurs, raclure Xenos, répondit simplement Eilon, et joignant le geste à la parole il lâcha une courte rafale dans l’estomac du géant vert.
 
Les deux premiers bolts ricochèrent sur de grossières plaques de blindage mais la seconde ouvrit une large plaie dans le ventre du champion peau-verte. Ce dernier, fou de douleur, sauta, la griffe grande ouverte, sur sa proie. Eilon s’esquiva adroitement et voulu abattre sa lame sur la nuque de l’ork dans la foulée, mais celui-ci para le coup en agrippant le poignet du Marine, et le tordit dans un craquement sinistre. Malgré la violence de la douleur qui lui remonta instantanément jusqu’à l’épaule, ce dernier ne lâcha pas un cri. En revanche, une lourde gifle lui arracha son casque, et un redoutable coup de pied sous la pièce pectoral de son armure l’envoya au sol, sonné.
 
Dans son état à mi chemin entre réalité et inconscience, il se sentit soulevé de terre, coincé dans une terrible serre de métal.
 
-R’gardez tous, tas ed minab’, ske j’fais d’vot’ chef en boît’ ! Les pluss for’, s’toujours les vré verts, pas lé zespèces d’avortons ki s’peignent t-en vert pour nous ressemblé à nous les vré z-orks ! R’gardez ske j’en fais, de st’espèce  d’erzatz !
 
Et dans un ricanement machiavélique et un horrible craquement, il broya son prisonnier dans les airs, à la vue de chaque défenseur.
 
Devant ce spectacle effroyable, les Arcadiens perdirent complètement pied. Les derniers survivants fuyèrent hors des retranchements. Le commissaire s’interposa de toute sa stature et hurla à la face des hommes en panique :
 
-Revenez, tas de déchets !
 
Il logea un bolt dans le crâne d’un des fuyards, qui éclata dans une gerbe de purée de cervelle. Mais même la menace d’un tel châtiment ne remit pas les Arcadiens dans le bon chemin. Au contraire, ces derniers sautèrent sur leur némésis et, désarmant l'homme, l’égorgèrent… La mort du dernier représentant de l’autorité sur le flanc gauche –Scaevola et ses hommes avaient péri depuis bien longtemps- mit en déroute les derniers défenseurs de ce côté là de la route. Le techno-adepte avait été écrasé par un obus presque dès le début et ses serviteurs, qui s’étaient tus, faisaient à présent le bonheur des pillards et mékanos orks.
 
De l’autre côté du champ de bataille, Raphael, Gabriel, et les trois autres survivants de l’escouade Eilon, se battaient comme des lions. Tenant les orks en respect depuis les tranchées par un feu contrôlé et bien ajusté, ils étaient parvenus à enrayer trois assauts orks sur leurs positions. Mais à présent qu’Eilon et les autres n’étaient plus là, qu’il n’y avait plus de flanc gauche ni de centre, les choses risquaient de connaître un brusque changement.
 
Devant leur état, Raphael n’eut guère le choix que de lancer un SOS sur la fréquence de détresse, tandis que ses frères entonnaient les hymnes à la mort, tout en rechargeant alternativement leurs armes. Un dernier missile partit, après quoi Raphael annonça qu’il était à court de munitions. Il vint se joindre à la fusillade armé d’un simple pistolet-bolter…
 
Ralliant ses boyz, le boss ork regarda d’un œil mauvais alternativement ses insubordonnés et les derniers Marines qui tenaient héroïquement une position intenable. Il hurla :
 
-Ke lé ceuss ki aime Wazza Mag Uruk Kasstoo montent là hau avé moi !! Pour not’ boss qu’on aime !! WAAAGH !!
 
Et dans un hurlement bestial, repris par une bonne centaine de voix rauques, les peaux-vertes s’élancèrent à l’assaut de la colline fortifiée.
 
Gabriel, abrité dans sa tranché, déchargeait méthodiquement son bolter sur les assaillants. Chaque tir faisait mouche, mais la constitution orkoïde était si robuste que tous ses tirs n’étaient pas mortels. Mètres après mètres, les attaquants gagnaient du terrain. Lorsqu’il jugea les orks trop proches pour obtenir une précision du tir suffisante, Gabriel sortit son pistolet bolter à son tour, et s’armant de son couteau de combat, qui l’accompagnait sur tous les théâtres d’opération depuis son noviciat, il attendit la marée verte. Il glissa un dernier regard à l’épée du Sergent, qui gisait là-bas, au sol, hors de portée…
 
Et soudain ce fut le corps à corps. Dans la mêlée sanglante, les tirs de pistolet fusaient dans toutes les directions, les adversaires  s’entre-choquaient et disparaissaient au gré de leurs fortunes. A bout portant, Gabriel éventra un ork d'une rafale de bolts, puis esquiva l’attaque d’un second avant de lui plonger sa lame de combat dans la nuque. Au loin, il aperçut Frère Azdakan se faire décapiter par le boss ork, un véritable fléau… au bout de quelques minutes il ne restait plus que Raphael et lui encore en état de se battre. Plongeant sous un revers de kikoup, Gabriel atterrit droit aux pieds du leader ! Celui-ci le souleva par un pied, mais plutôt que de le lui cisailler, il jeta l’Astartes loin derrière lui, afin de pouvoir se battre avec lui hors de la mêlée. Passant en trombe au-dessus du carnage, Gabriel ne put qu’apercevoir Raphael se faire submerger par les peaux-vertes avant d’aller s’écraser au sol un peu plus loin. Il devait bien en rester une soixantaine…
 
Avec une démarche lourde et pataude, l’énorme ork s’approcha de Gabriel et le regarda avec mépris. Il lui lança :
 
-Chuis Ragnuk la den roug’, le premié Leut’nan d’mon boss Wazza Mag Uruk Kastoo. E qui t’é, toi, n’avorton ?
 
-Je suis ta mort, sale Xenos, répondit Gabriel en se remettant debout.
 
-Pfff… z’ête lour’ à vou répété tou l’temps, les z’homs en boît’ ! déclara le Leut’nan et d’un revers de sa pince, il projeta à nouveau Gabriel une dizaine de mètres plus loin…
 
C’état précisément la distance qui l’avait séparé de l’épée de Frère Eilon. A présent, elle se trouvait à portée de main. Sans hésiter un seul instant, Gabriel s’en saisit et, ayant changé de main son vieux couteau de combat, se releva, l’arme énergétique crépitante brandie devant lui en signe de défi.
 
-Cé ça, ser ten donc de c’t’ouv’boît’ ! Vien m’affronté !
 
Autour des deux protagonistes, un cercle se forma. Les boyz survivants, assurés de voir un beau massacre, se rassemblaient et se tassaient afin de n’en rien louper. Gabriel chercha à les ignorer en faisant effectuer quelques moulinets à sa lame. Son orgueil hurlait face à ce rôle ignominieux de duelliste, de bête de foire, de combattant déjà mort que le boss ork lui faisait endosser. Mais le gladiateur que l’on croyait déjà abattu comptait bien inverser les costumes… Préférant se concentrer sur le combat qu’il devait livrer pour son honneur, il plongea en lui-même afin de recréer cette symbiose avec son arme, qui avait fait sa réputation et qu’il appréciait tant.
 
Sans le moindre avertissement, l’ork se jeta sur sa proie qui lui échappa vivement non sans laisser une entaille dans sa musculature noueuse et verte. Le xenos grogna et porta une nouvelle attaque, qu’à nouveau Gabriel esquiva avec facilité. Le Dark Angel était tel une anguille, passant sous ses coups, profitant des moindres failles dans la défense de son adversaire, du moindre retard dans ses passes, pour lui infliger de nouvelles blessures. Même si le combat se déroulait à un rythme soutenu, il semblait durer en longueur aux deux combattants. L’ork ne parvenait pas à porter un seul coup mais ceux de Gabriel n’avaient pas la force suffisante pour être mortel ou vraiment dangereux, car la rapidité de ses contre-attaques ne lui permettait pas de prendre l’élan suffisant pour ce faire. Après un long échange, l’ork rata un crochet de sa pince et, fatigué, ne revint pas à temps en garde. Gabriel saisit l’opportunité et abattit une volé de coups, tous plus appuyés les uns que les autres, d’une fulgurance qu'il n'avait jamais connu. Bien loin de s'en étonner, si l'adrénaline qui circulait en grosse dose à travers son corps lui en avait laissé la possibilité, il laissa sa férocité exacerbée se transformer en une tornade de coups redoublés. Sous la riposte, le colosse recula d’un pas, puis deux, puis trois qui s’accélèrent. L’initiative était passée à son adversaire. Frappant de tous côtés, Gabriel multipliait les blessures, espérant surcharger le système nerveux de l’ork sous les signaux de douleur, et lui faire perdre quelques instants ses esprits, ce qui lui donnerait la chance de pouvoir enfin porter une attaque fatale. Et enfin il y parvint. L’ork eut un bref moment d’absence, et Gabriel, ramenant ses bras en arrière, plongea sa lame avec une force dans laquelle il mit toute sa rage, sa colère et sa haine, à travers l’abdomen du géant.
 
Le peau-verte émit un hurlement de douleur alors que les arcs électriques lui calcinaient les intestins, et que l’épée s’enfonçait toujours plus loin en lui. Elle était déjà enfoncée à plus de la moitié lorsque d’une brusque torsion, ses muscles surpuissants parvinrent à casser la lame. Il tituba, et Gabriel lui sauta à la gorge, toujours armé du tronçon d’épée qui lui était resté entre les mains. Les deux ennemis basculèrent et tombèrent sur le sol. L’air se condensa soudain autour du groupe, et la température chuta en une fraction de seconde, pendant laquelle, sans se préoccuper de cela, Gabriel leva les bras au dessus de la tête du Boss, les deux mains solidement serrées autour de la poignée de l’arme, dont l’arrête continuait d’être parcourue d’arcs électriques et qui pointait vers le visage du xénos. Stupéfaits par la défaite de leur Boss, les orks ne bougèrent pas. Cela leur fut fatal.
 
Au moment même ou Gabriel transperçait le visage du monstre dans une gerbe de sang, deux escouades de la Deathwing se matérialisèrent à proximité et des langues de feu fusèrent autour de lui. Les lances-flammes lourds des Terminators entraient en action dans un maelström de destruction, transformant en torches un nombre considérable de peaux-vertes. Les grésillements de la chair fondue se mêlèrent à ceux des armes à énergie que portaient les vétérans, et ils massacrèrent rapidement les boyz, qui, sûrs de leur victoire, s’étaient rassemblés pour assister à la mise à mort. La surprise de l’attaque fut totale et les orks furent annihilés avant même d’avoir réellement compris ce qu’il se passait.
 
Gabriel se releva et regarda autour de lui le paysage dévasté. Les carcasses fumantes des trucks orks, d’où s’échappaient de lourdes spires d’une fumée noirâtre et âcre, les restes humains ou xénos qui jonchaient le sol, les cratères, les ruines et les larges sillons des tranchées impériales, tout cela était un spectacle qui n’exprimait que mort et désolation. L’endoctrinement qu’il avait subit l’empêcha d’avoir un haut-le-cœur jusqu’à ce qu’il aperçoive ce qu’il restait des neuf  Frères de son escouade. Malgré tout son entraînement, malgré son conditionnement, il ne pouvait plus guère se réjouir d’une telle destruction après avoir contemplé les cadavres équarris de ses compagnons d’armes. Une colère indescriptible remonta depuis les tréfonds de son corps, une rage incroyable le prit au tripes, et, tout en  serrant compulsivement le manche de ce qui avait été une épée énergétique, il fit le serment de se venger et de venger ses Frères ainsi massacrés par les peaux-vertes.
 
Tout à son égarement, Gabriel ne semblait plus remarquer ce qui l’entourait encore. Dans la brume de son regard, il vit une forme massive et claire se porter vers lui, sans pour autant qu’il parvienne à la distinguer tout à fait. Une voix résonna dans son casque avec un grésillement, alors que le terminator lui adressait la parole par le canal personnel.
 
-Je suis Frère Nathanael,de la Quatrième escouade de la Première Compagnie. Est-ce que tout va bien, Frère ?
 
-Je suis Frère Gabriel, Troisième Escouade de la Troisième Compagnie. Blessures superficielles en cours de traitement par mon armure.
 
-Bien. Tous tes Frères sont morts, Gabriel, il n’y a plus rien à faire. L’Empereur peut être fier de vous, ils ne seront pas morts en vain. Tu dois à présent regagner le bord du Winged Vengeance afin de t’y faire examiner plus amplement par un Apothicaire et attendre les ordres te concernant. Ton unité ayant été anéantie, nous n’avons pas encore de quoi la reformer. Il te faudra donc t’armer de patience jusqu’à ce que Maître Belial ait pris une décision. Met ce délai à profit pour te recueillir au près du Chapelain Abraxas. C’est une dure épreuve que la tienne, et il t’aidera à la surmonter.
 
-Bien Frère Nathanael. Je ferais selon vos ordres.
 
-Attends-toi également à une distinction. Ce que vous avez fait aujourd’hui est digne des éloges du Chapitre. Nathanael, terminé.

Gabriel salua le vétéran, et tourna son regard. Il chercha son couteau de combat, son vieil ami, son dernier point de repères. Il l'avait perdu lors du duel, obligé de saisir son épée à deux mains pour résister aux assauts du Boss ork. Il le cherchait avec frénésie, comme si cette lame de combat était la seule chose qui puisse le maintenir en vie, ou éviter de le rendre fou. Malgré une décennie de psycho-conditionnement et d'entraînement ainsi que plusieurs engagements, Gabriel, profondément choqué par les évènements, se sentait au plus mal. Il avait besoin de se raccrocher à quelque chose de connu. Son vieux couteau de combat. Où était son vieux couteau de combat ?

Il sentit une main lourde se poser le plus amicalement possible sur son épaule. Il se retourna et se raidit instinctivement lorsqu'il vit Nathanael.

-Repos, repos, Frère Gabriel. Je crois que tu cherchais ceci n'est-ce pas ?

Il lui tendit le couteau qu'il cherchait.

Gabriel bredouilla un « merci Frère » presque inaudible. Nathanael, dans un sifflement d'air comprimé, ôta son casque et libéra à l'air libre un visage ridé par deux cents ans de combats et de violence. Un sourire franc et sincère plissa ses lèvres tandis que ses yeux offraient leur compassion.

-Ne sois pas confus, Gabriel. Tu affrontes la dernière épreuve de ta transformation en un Fils de Lion El'Jonson. Nous sommes tous passés par là. Courage, Frère.

-MFT-

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Un jour Chuck Norris a tué quelqu'un avec un fusil laser (il frappait avec la crosse).


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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Lun 20 Fév 2012 - 11:14

Toujours un style et un rythme excellents.

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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Lun 20 Fév 2012 - 12:11

Vraiment un texte de qualité. Rien à redire.

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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Lun 20 Fév 2012 - 12:12

Haaaaaaaaaaa encore merci et bravo MFT, l'histoire de Frère Gabriel est vraiment passionnante et comment dire... trop classe, tout simplement !



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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Mer 14 Mar 2012 - 14:21

Merci à vous tous pour vos commentaires. Comme promis, bien qu'avec du retard, voici un nouvel épisode !

La Traque, Chapitre 6 : Contre-attaque

Les deux Astartes passaient devant les rangs des troupes ana-purnienne en formation serrée, au garde-à-vous. Bon nombre d’entre eux étaient blessés, éclopés, des survivants du carnage de la première heure. Gabriel savait que paradoxalement c’était sur de tels hommes que l'on pouvait le plus compter. Leur ardeur au combat se trouverait dans l’action démultipliée par leur désir de revanche et de justice face aux traîtres qui les avaient tant malmené. Malgré les bandages, malgré les cicatrices mal refermées, ils étaient prêts. Severian et lui s’approchèrent de l’Etat-major du Régiment qui allait bientôt passer à l’attaque. Eux aussi semblaient avoir souffert, mais ils affichaient sur leurs visages la rage de vaincre qui emporterait la décision dans les prochaines heures. Gabriel se planta devant un général trois-étoiles, un homme déjà âgé au visage rond, l'air flasque. Mais sous cette apparente nonchalance on pouvait sentir l'énergie qui habitait l'homme, on pouvait distinguer des signes qui ne trompaient pas dans sa posture rigide, dans ses yeux, dans toute sa manière d'être.
 
-Votre rapport, Général ? commanda Gabriel.

-Nos rangs ont été reformés mais je n’ai guère plus que le tiers de mon unité sous mes ordres. Le quart de mes compagnies se sont rebellées et a tout bonnement exterminé ce qui manque au régiment.

-Etes-vous sûrs de vos hommes à présent ?

-Monseigneur, selon moi, s’ils ne se sont pas rebellés lorsqu’ils en avaient l’occasion, c’est qu’ils n’en avaient pas l’intention. Je place la plus entière confiance en mes subordonnés. Nous sommes et resterons à jamais loyaux à l'Empereur. J’espère, une fois ce conflit achevé, faire figurer cela en bonne place sur la bannière du Douzième RDP. C’est un titre de gloire pour ces hommes que d’avoir su rester du bon côté dans les heures les plus dures. D’autant que j’ai appris que bon nombre n’auraient pas fait pareil.

-Que voulez-vous dire, Général ?

-Eh bien… fit le gros homme un peu mal à l’aise, eh bien... comment dirais-je ? J’ai été mis au courant de grandes purges d’officiers dans les états-majors, jusqu’à l’échelle du peloton. L’ampleur m’a déconcerté, je n’aurais jamais cru être à ce point entouré de traîtres et de félons. Oui, vraiment, je suis extrêmement surpris. Qui plus est, ces purges concernent non seulement des unités de la capitale même, mais aussi et en très grands nombre des unités de l’extérieur. Cela m’effraie de penser que des régiments aussi prestigieux que la Première légion blindée avaient été infiltrés !

-Ne vous inquiétez pas quant à votre tête, Général, sourit Gabriel. Elle restera sur vos épaules tant que vous saurez où est votre devoir, et vers qui doit aller votre dévotion. Sur ces bonnes paroles, faites prendre à votre régiment ses positions d’attaque. Assaut dans une heure et quatorze minutes. Le Winged Vengeance fera feu sur les positions ennemies dans une heure précisément : vous avez intérêt à bien protéger vos hommes. Ses objectifs ne sont qu’à soixante-dix mètres de vos positions.
 
-Oui, mon Seigneur. Il sera fait ainsi que vous le désirez.
 
Gabriel et Severian regardèrent les colonnes s’ébranler et entamer leurs marches vers leurs positions de départ. Le soleil d'Ana-Purna III se levait à peine. Malgré l'allure martiale que les soldats cherchaient à dégager, ceux qui soutenaient leurs compagnons d'infortune éclopés venaient rompre cette image.
 
-Avez-vous relevé quelque chose d’intéressant dans ces propos ? questionna sur le canal privé Severian.
 
-Qu’il ne s’attendait pas à des purges d’une telle ampleur, et qu’il était préoccupé. Les régiments les plus touchés semblent être les plus prestigieux : son malaise indique même que ces régiments étaient au-dessus de tout soupçon.
 
-J’en étais arrivé au même point. Qu’en concluez-vous ?
 
-Deux hypothèses s’offrent à nous : ou bien l’enquête a été réellement menée, et ces purges visent de réels agents adverses, ou bien quelqu’un de haut placé cible consciencieusement ceux qu’il souhaite éliminer, en prétendant nous faire croire à une infiltration très étendue. La loyauté de ce brave général est inattaquable, aussi les deux hypothèses sont tout à fait valables. Cela ne fait que confirmer mes soupçons, j’ai déjà demandé à la Ravenwing de lancer des reconnaissances à travers toute la planète, vers les sites que je leur ai désigné. J’espère qu’elles seront fructueuses. Si nous parvenons à trouver le QG adverse nous y verrons bien plus clair.
 
-De même je ne préconise un engagement de la Troisième compagnie qu’avec précaution. S’il y a une taupe, il ne faut pas tomber dans le piège qu’elle nous tend.
 
-Au contraire, la taupe sait que les rebelles n’ont pas les moyens de nous résister et elle fera faire le vide autour de nous. A nous de nous donner à fond pour lui donner le change. De toutes façons rien ne dit qu’elle appartient au Conseil d’Etat-major Général.
 
-Votre analyse est juste, Frère Gabriel. Comme toujours…
 
*
**
 
 
Le tout nouvellement promu sergent Garneray pénétra dans les ruines d’un immeuble, qui marquait le coin de la rue par où allait déboucher son régiment dans quelques instants. Il ne s’attarda pas sur les néons arrachés, les murs éboulés ou criblés de balles, le désordre le plus complet qui régnait dans l’immeuble. L’ascenseur gisait écrasé au fond de sa cage, et l’escalier lui-même était encombré d’épars et de débris divers.
 
Subrepticement, il glissa un œil par ce qu’il restait d’une fenêtre. La rue semblait dégagée.
 
-Hanoven, appela-t-il, tu me mets ton bolter lourd ici et tu couvriras l’angle du bâtiment en face. Si des tirs partent vers le carrefour, ils ne pourront gicler que de là. Tu fais feu sur tout ce qui bouge, compris ?
 
Progressivement il dispersa ses hommes à travers le bâtiment, et prit lui-même place à plat-ventre sur la terrasse, accompagné par le sniper de l’escouade. Il lui donna quelques recommandations puis redescendit aux étages inférieurs.
 
Au loin les bombardements orbitaux s’achevaient. Ils avaient commencé par frapper peu en avant de leurs positions, puis avaient progressé avec eux à mesure qu’ils avançaient au travers des ruines de la capitale. Tous les civils avaient été évacués vers l’intérieur du périmètre, mais la plupart étaient très éprouvés par le traumatisme d’avoir été attaqué par leurs propres troupes. Ils n’avaient guère pu être enrôlés dans les rangs afin de les regarnir.
 
Un bruit indistinct de moteurs se fit entendre, puis gagna progressivement en puissance et en précision. Le reste du régiment arrivait. Les blindés établirent un périmètre autour du carrefour, tandis que des escouades d’infanterie continuaient leurs progressions ou bien investissaient les immeubles adjacents. Du haut de leurs positions, les hommes de Garneray couvraient toute la scène. Elle ne présentait pas d’accrocs, tout allait pour le mieux. Le bombardement orbital avait ravagé les positions alentours, et rien ne devait avoir survécu à sa violence. Rassuré, Garneray reprit ses jumelles et scruta le bas de la rue. Tout continuait d’aller, toutes les façades étaient sécurisées jusqu’au prochain carrefour. Lorsque le coup de feu claqua et que la tête du soldat Hanoven éclata comme une pastèque, ce fut l’ensemble de l’escouade qui resta ébahie. Un second membre s’effondra, le torse perforé par un projectile.
 
-Tireur isolé ! hurla Garneray. A terre, tous !
 
Dans la rue en contre-bas, tous les soldats firent de même.
 
L’instant d’après, « ils » étaient là.
 
De toutes les fenêtres, des tirs fusaient vers la rue. Les façades crépitaient des départs de coups, et toutes les ruines s’illuminèrent de traceuses et d’explosion, dans un formidable spectacle pyrotechnique. Garneray et le Douxième RDP réagirent et, entre les immeubles opposés, c’était un véritable déluge de feu à bout portant. La scène était réellement dantesque. D’aussi haut que pouvait porter le regard dans cette poussière, chaque étage brillait de milles feux. Les combattants étaient à ce point proches qu’ils se lançaient des grenades d’une fenêtre à l’autre. Le désordre était indescriptible.
 
Au sol, des éléments blindés semblaient refermer un piège en déboulant sur les flancs. D’autres tanks prirent à revers les colonnes engagées plus en arrière sur le chemin du Douxième. La pointe avancée jusqu’au carrefour suivant fut annihilée en un rien de temps, et les chars ennemis commencèrent à remonter le long de l’axe principal. Une détonation sourde et l’un d’eux explosa en un geyser de flammes: il restait encore des défenseurs et ils ne cèderaient pas. Ces derniers, épaulés par un Vanquisher, opposaient une résistance acharnée. Ils se repliaient et fortifiaient aussitôt leurs positions, semblant être décidés à n’en pas bouger.
 
Garneray rattrapa une grenade qui lui arrivait de l’étage d’en face, et la renvoya aussitôt. Elle éclata avant même d’avoir atteint l’ouverture, projetant des shrapnels partout.
 
« Il était moins une »
 
De son fusil laser, il lacéra un des adversaires qui s’apprêtait à en lancer une autre. Celui-ci bascula à la renverse sur le sol, et la grenade explosa presque aussitôt, soufflant les murs qui s’effondrèrent sur les troupes en contrebas. Il aperçut la gueule d’un lance-missile apparaître derrière l’une des fenêtres, hors de son champ de tir.
 
-Rudolf ! hurla-t-il. Ton lance-grenade, dans cette fenêtre !
 
Trop tard ! Un missile partit mais il ricocha par bonheur sur le blindage du chasseur de tanks qu’il cherchait à détruire. Rudolf ne leur laissa pas le temps de tenter leur chance une seconde fois. Avec un bruit sourd, il expédia une grenade en plein dans le mille et les deux servants furent volatilisés dans l’explosion. Un bruit de chenilles capta l’attention de Garneray. Au bas de l’immeuble, deux terribles Demolisher s’avançaient, menaçant. L’un deux, dans un tonnerre digne de l’Apocalypse, ouvrit le feu et son obus déchira une chimère comme un pétard une enveloppe de papier. Conscient du danger, Garneray cria à Rudolf de rappliquer avec son engin.
 
Le chasseur de char loyaliste avait lui aussi bien compris ce danger. Lentement, sa tourelle pivota, mais bien trop lentement, car le second Demolisher lui expédia un obus qui s’écrasa quelques décimètres en avant. Le Chasseur répliqua et pulvérisa d'un tir bien ajusté l’un des agresseurs en l’atteignant à la jonction de la coque et de la tourelle. Un énorme champignon de fumée s’éleva aussitôt puis une série de déflagration achevèrent d’éventrer la bête. La tourelle du Chasseur continua sa rotation vers le deuxième duelliste, mais ce dernier fut plus rapide et cette fois-ci, son obus fit mouche. Il perça un trou béant dans le blindage du mastodonte et l’explosion projeta des éclats mortels qui massacrèrent les malheureux membres d’équipage et les soldats éparpillés dans les dix mètres à la ronde. L'explosion fut si terrible qu'elle sapa le rez-de-chaussée d'un immeuble déjà bien mal en point. Dans un grondement atroce, assourdissant, les dix autres étages s'effondrèrent dans les cris des soldats, ensevelissant toute le quartier et quatre peloton amis comme ennemis dans la poussière et les gravas. La perte du tueur de chars fut fatal au moral des défenseurs. Sentant qu’ils ne pouvaient tenir à présent face à l’assaillant, ils décrochèrent en essayant de garder le maximum de discipline dans leur repli.
 
De là où il était, Garneray avait vu toute la scène et savait qu’il n’avait plus guère de chances de s’en sortir. Il se releva, toussa pour expurger la poussière qu'il avalait avaler puis, après avoir noué un foulard autour de sa bouche, il empoigna l’arme de Rudolf, qui gisait à terre à côté de son malchanceux possesseur, la tête percée par un éclat. Il vérifia que la grenade engagée était bien anti-char, arma, visa le bloc moteur du Demolisher et tira. La grenade jaillit et alla s’écraser sur la grille d’aération. Par malheur elle rebondit et éclata sans causer de dommages. Avec horreur, il vit la tourelle se mettre en mouvement, et le canon pointer sa gueule vers lui, Garneray ! Ses yeux s’écarquillèrent et il prit la fuite, mais trop tard : l'obus fila à sa rencontre à une vitesse fulgurante. Dans le quart de seconde qui suivit la détonation, Garneray et tout l’étage avec lui fut transformé en chaleur et en lumière. Ainsi finit la rapide carrière du sergent Garneray.
 
*
**
 
Partout, les loyalistes refluaient sous les moyens déployés par les traîtres. C’étaient comme si tous les axes de progression leurs étaient connus, comme si chaque couloir de retraite était couvert par leur feu. Des chars surgissaient des rues, et des fantassins du néant. Parfois, on les voyaient se ruer des caves à l’assaut des étages, parfois c’étaient des terrasses qu’ils déboulaient après avoir sauté depuis le toit d’un immeuble voisin. La panique gagna les loyalistes et si certains îlots de résistance se constituaient pour lutter jusqu’à la mort afin de permettre le retrait des autres, bien des hommes abandonnaient leurs positions et couraient au hasard des ruelles, tâchant tant bien que mal d’éviter le feu de l’ennemi qui arrivait de partout. La pagaille s’empara définitivement des rues et des immeubles, personne ne savait plus qui commandait ni même où se trouvait son unité, et fréquemment les soldats eux-mêmes ne parvenaient plus à saisir où ils étaient.
 
La contre-offensive dont la victoire était assurée tournait au désastre. Partout des cris, des appels au secours, des explosions, de la fumée. De vagues fantômes traversaient les limbes de poussière, la fumée noire et grasse que déversaient des torrents de feu. La bataille tournait au chaos.
 
Paradoxalement, les Dark Angels, eux, ne rencontrèrent guère de résistance à leur progression, mais c'était ainsi qu'au fond Gabriel l'avait prévu. Il s'attendait à une nouvelle trahison car il suspectait que toutes les taupes du Conseil n'avait pas été éliminée, et c'est pourquoi il avait lancé la Ravenwing sur certains points clés. Et si depuis quelques minutes, les rapports affluaient depuis l’arrière indiquant la tournure dramatique prise par les évènements, il l'avait anticipé depuis une bonne demie-heure que la Compagnie avait ralentie sa marche en avant. Ayant fait faire halte à sa colonne, il pénétra dans le Damoclès et consulta l’hologramme des opérations. Les informations étaient lacunaires mais elles donnaient un semblant d’idée de ce qu’il se passait.
 
-Manifestement, tous nos mouvements sont connus de l’adversaire, réfléchit-il. Ils coupent nos colonnes et tombent dans le dos de nos positions depuis des caches préparées d’avance pour l’occasion. Il y a fort à parier que nous même avons déjà dans le dos un fort bouchon que nous ne pourrons faire sauter qu’avec beaucoup de peine. Ils ont certainement dut prévoir ma réaction qui serait de faire mouvement pour porter assistance aux éléments engagés. En agissant vite je peux encore les surprendre dans leur préparation car je ne suis pas aussi loin qu'ils l'espéraient. Voyons la carte… (il cliqua sur une rune qui lui donna un agrandissement du secteur). Bien, nous ferons mouvement par ici, indiqua-t-il aux deux Dark Angels qui étaient assis devant les pupitres de commande. Ces deux bâtiments sont stratégiques et sont déjà certainement occupés. Cependant une attaque depuis les toits devrait les prendre au dépourvu si elle est couplée à une attaque dans le bâtiment même. Je gardais la Deathwing en réserve jusqu’à présent, je crois qu’il est grand temps pour elle d’intervenir. Gamélion, transmettez les coordonnées de ces deux bâtiments aux téléporteurs du Winged Vengeance, et dites leur d’attendre mon signal. Passez moi sur le circuit général.
 
Il prit le microphone de la console et annonça à tous ses hommes :
 
-Frères ! Nos plans ont étés trahis et les FDP sont actuellement en train de se faire exterminer. Nous ne pouvons tolérer cela. Nous allons faire mouvement aux points qui s’affichent actuellement sur vos ordinateurs de bord. Nous risquons de nous heurter à une forte résistance. L’Empereur et le Lion attendent de vous que vous serviez avec honneur. Pour l’Empereur, pas de répit, pas de rémission !
 
Il se tourna vers Gamélion :
 
-Faites mettre en marche.
 
Après quelque minutes de progression, craignant de ne tomber dans quelque embuscade, il parvint sans encombre à hauteur de l’embranchement dangereux. Il fit stopper hors de vue, et ordonna à l’escouade Devastator Aurelianus de se déployer dans le bâtiment qu'il leur désigna. En silence, elle investit l'immeuble et mit ses armes lourdes en position.
 
Harnaché de ses réacteurs dorsaux, Gabriel se prépara à sauter par dessus le toit de l’immeuble qui dissimulait ses chars aux façades probablement tenues par l’ennemi. Il vérifia du regard l’état de l’escouade Saariel, et donna le signal du départ. La dizaine de Marines s’éleva dans les airs. Aussitôt le Grand Maître ordonna aux Terminators de se téléporter. L’ascension dura moins d’une minute. Il se posa sur le premier toit, et après une courte pause, repartit de plus belle vers la terrasse adverse. Il n’avait pas plus tôt entamé son second saut qu’une rafale troua comme une écumoire le mur du bâtiment d’en face. Des bolts de canon d’assaut… l’attaque avait commencé. Son escouade et lui se posèrent sur le toit de ce dernier et des tirs épars surgirent de l'immeuble qui leur faisait maintenant face. Il ordonna par radio un tir de suppression à la Devastator avant qu’ils ne sautent sur la terrasse de ce dernier. Avec précision, des explosions de taille diverse constellèrent la façade adverse. Alors, il emmena Saariel et ses hommes dans le saut décisif.
 
-Sécurisation du secteur, Frère.
 
La voix de Frère Séleucos résonna dans son communicateur. Son vieux frère d’armes commandait une des deux escouades de la Deathwing qui ravageait en ce moment même les étages du bâtiment dont il s’écartait à présent.
 
-Très bien, continuez ainsi.
 
Trois chapelets de bolts lourds traversèrent le ciel. L’un  d’eux atteignit Frère Mathias qui fut stoppé net, chuta mais parvint à se rétablir in extremis et se mit difficilement à couvert au sol. Un Leman Russ venait d’apparaître à l’angle du bâtiment.
 
« Empereur Tout-puissant, pensa Gabriel, les choses se compliquent. Mes lances-missiles ne peuvent rien contre lui tant qu’il est de face, et dans cette rue, il est inatteignable par notre Prédator. Et je n’ai pas l’intention de risquer mes rhinos à découvert face à ce monstre. »
 
L’atterrissage l’obligea à laisser là ses réflexions. Tout au plus eût-il le temps de prescrire le halte-au-feu à la Devastator et de lui donner l’ordre de dégager de l’immeuble, car immanquablement elle allait attirer le feu de l’obusier du tank. Il empoigna la corniche du toit, et d’un coup bascula dans le vide. Il décrivit une large courbe dans les airs, accroché au toit uniquement par son bras gauche et fit irruption à l’étage inférieur par le trou béant qui tenait lieu de fenêtre. Il se reçut dans un roulé boulé magistral et aussitôt, se relevant, il faucha deux renégats d’un large revers d’Absolution. Terrorisés par les Marines qui faisaient irruption par les fenêtre ou l’escalier, les traîtres n’opposèrent pas grande résistance et furent exterminés. Tandis que la moitié de l’escouade continuait sa progression à travers la cage, Gabriel sauta en l’air et de tout son poids et défonça le plancher ébranlé. Il passa à travers ce dernier et se retrouva un étage en dessous, se recevant dans un choc sourd, ramassé sur lui-même. Il se détendit pour se ruer sur l’ennemi qui déjà tentait d’abandonner la place en fuyant à travers les pièces. Un de ses bolts fit exploser un garde dans le dos. Il trancha la tête d’un autre. Il vit avec un sourire quelques adversaires désespérés qui préfèrent se jeter par les fenêtre du sixième étage plutôt que de subir le courroux des Fils du Lion. Soudain, le mur en arrière de lui vola en éclat et le souffle projeta Gabriel à terre.
 
«Ce maudit Russ préfère nous démolir tous plutôt que d’éviter de massacrer ses protecteurs. Je vais lui montrer qu’il a eu tort… »
 
Considérant avec justesse que ses hommes arriveraient bien à nettoyer l’immeuble sans lui, il rengaina Absolution et saisit son bolter/fuseur, qu’il portait en bandoulière. Puis, s’étant approché d’une fenêtre, il bondit hors de l’immeuble et passa par dessus le char. Un membre de l’équipage l’aperçut sans doute car le char commença à pivoter sur place, mais trop lentement. Les décombres de la rue l’empêchaient de manœuvrer à sa guise. Gabriel bascula le mode de tir sur l'arme à fusion, et appuya sur la détente. Une boule de feu d'une chaleur effroyable jaillit du canon du fuseur et alla s’écraser sur le bloc moteur de l’engin, qu’elle sembla perforer aussi facilement que du carton. Le Grand Maître se jeta à couvert. Un instant plus tard le char explosait avec un telle force que la tourelle fut éjectée et s’écrasa une dizaine de mètres plus loin. Un fantastique champignon noir s’éleva de la carcasse ravagée par un incendie. Le carrefour était sécurisé.
 
La colonne repartit de plus belle à toute allure. Les Terminators furent rapatriés et redéployés au fur et à mesure que la situation l’exigeait. La progression prit à revers l’adversaire, cueillant à découvert un ennemi qui gagnait les positions censées bloquer ses hommes au précédent carrefour. Bientôt ils atteignirent la zone des combats, et, surgissant dans le dos des blindés, dégagèrent les infortunés gardes coincés dans leurs retranchements de fortune. Brisant l’étau par des assauts bien calculés et bien chronométrés, ils forcèrent l’assaillant à abandonner la partie.
 
Jugeant qu’il ne connaissait pas l’étendue des forces qu’il restait à l’ennemi –il pouvait fort bien disposé d’un grand nombre de points fortifiés, de points de ravitaillement, qui auraient empêché toute poursuite- il préféra protéger le repli des survivants. Son action n’avait pas duré plus de quarante minutes, et l’attaque guère plus d’une heure vingt. Il ramenait sur ses positions de départ des unités FDP amputées des trois-quarts.
 
La situation était catastrophique. Les effectifs étaient descendus à un niveau squelettique et aucun renfort ne pouvait être attendu avant au moins deux semaines. Il allait falloir forcer tous les blessés et les civils, jusqu’aux vieillards, pour ramener les effectifs à un niveau à peine suffisant pour assurer la défense du palais et de ses environs. Evidemment il fallait compter avec les pertes de l’ennemi, mais la balance de l’effectif penchait malgré tout en leur défaveur. Et le comble, c’est qu’ils ne pouvaient encore savoir qui était la taupe infiltrée dans le Conseil d’Etat-major Général. Elle allait se méfier maintenant que son coup était fait. Il fallait la prendre et la neutraliser, aussi il importait de ne rien laisser paraître de ce que l’on soupçonnait sur elle. Et il était hors de question d'arrêter l'Etat-major tout entier, les Dark Angels ne pouvaient pas mener cette guerre sans lui...
 
Une nouvelle, toutefois, le satisfaisait au plus au point : la Ravenwing avait localisé le quartier général adverse.
 
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Le fusil laser est la seule arme de l'univers qui soit une arme jetable. C'est plus pratique pour courir.
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Un jour Chuck Norris a tué quelqu'un avec un fusil laser (il frappait avec la crosse).


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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Mer 14 Mar 2012 - 16:05

Cela valait le coup d'attendre...

Excellent comme d'habitude.


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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Ven 30 Mar 2012 - 15:31

Hehehe il va falloir patienter encore un peu.

J'ai mes écrits lundi, j'ai donc autre chose en tête pour l'instant, désolé Wink

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MessageSujet: Re: L'Ange Gabriel   Dim 15 Avr 2012 - 8:00

Intronisation, chapitre 8 : Changement de cap

Comme un lion en cage, le Dark Angel enrageait, pestait, allait et venait autour de la salle d’entraînement du Winged Vengeance. Gabriel avait déjà démantibulé trois mannequins, et sa soif de combat ne s’était pas étanchée pour autant. Le feu de la vengeance, qui le consumait de l’intérieur, n’était pas près de s’éteindre. Croyant pouvoir trouver un apaisement, ou du moins un pis-aller dans le fait de se défouler sur des pantins articulés, il n’avait pourtant guère réussit à calmer ce déchaînement d’instincts meurtriers. Il en voulait aux Orks. Ceux-ci allaient devoir payer la mort des neuf Astartes sur le pont de Gerzéel. Mais en attendant qu’une unité soit reformée, il était obligé de tourner en rond sur ce croiseur d’attaque.

Incapable de s’assoir il parcourait la pièce en long, en large et en travers, il en arpentait le sol. Lui qui avait fait des pieds et des mains pour sortir au plus vite de l’apothicarium, bravant la mise en garde du Frère Gideon, il était à présent bien avancé ! Devoir patienter, enfermé dans sa cellule de repos ou entre les quatre murs d’acier de la salle d’entraînement, était en fin de comptes plus douloureux encore que les blessures qu’il avait reçues lors de son combat contre les peaux-vertes.

Perdu dans ses pensées de haine et d’exécration, il n’entendit même pas le chapelain Abraxas faire son entrée. Abraxas était un vétéran de nombreuses campagnes, déjà deux clous d’ancienneté avaient été fichés dans son front. Affecté depuis plus de trente ans à la Troisième Compagnie de Combat, il connaissait bien les hommes et leurs maux. Gabriel, zélé déjà dès son noviciat au service de l’Empereur, lui avait paru aussitôt comme une personnalité qui marquerait les années à venir. S’il ne mourrait pas avant… C’était déjà une vraie chance qu’il ait survécu au massacre de toute son escouade, mais au cours de son précédent entretien avec lui à la sortie des ponts-hôpitaux, il avait vu à quel point cet épisode avait marqué le jeune Frère, et quelles tempêtes agitaient son âme. Même l’annonce que son nom serait inscrit avec celui de son escouade dans le livre des hauts-faits du Chapitre n’avait pas eu tous les effets escomptés. Cette fois-ci il était porteur de deux nouvelles. Mais l’une était bonne quand l’autre était plutôt mauvaise et il ignorait encore comment allait réagir son subordonné à l’ensemble de l’annonce. Son tempérament était assez exceptionnel, et il se demandait s’il n’aurait pas à faire usage de toute son autorité pour faire entendre raison au jeune Frère. Il décida d’aborder le problème de front.

-Gabriel, je suis porteur d’un double message de la part du Grand Maître Belial.

Surpris par une voix qui surgissait dans l’ouragan qui ravageait ses pensées, Gabriel sursauta et se retourna vivement. Il reconnut le Chapelain Abraxas aussitôt et le salua comme il se devait.

-Gabriel, reprit l’Astartes, Maître Belial vient de décider ton transfert à la 7ème Escouade de la 3ème Compagnie. Tu t’y mettras sous les ordres du Frère Espertas, ta nouvelle affectation étant effective sur l’heure.

En un instant, le visage du Marine fut transfiguré, passant de l’affliction et de la haine à la gaieté la plus grande.

-C’est un honneur ! Intégrer une unité d’assaut dès ma seconde mission ! Que l’Empereur soit loué et Maître Belial remercié pour son geste ! Eilon et mes Frères vont pouvoir être vengés !

-Du calme, jeune frère. Maître Belial a certes remarqué les talents dont tu as fait preuve à l’épée, et en particulier tout récemment, et effectivement il a pu te juger digne de rejoindre la 7ème Escouade. Mais sache bien que c’est surtout parce que les escouades d’assaut paient toujours un lourd tribut dans nos guerres contre les Orks, et parce qu’enfin nous ne disposons pas d’assez de novices à introniser Frères dans l’expédition. Tu peux certes rendre grâce à notre Père pour t’avoir élu dans le feu des combats, mais prend garde à ne pas montrer autant d’émotions. Ne recherche pas l’Honneur pour l’Honneur mais pour le service de l’Empereur.

-Oui, Frère Chapelain. Je ne l’oublierai plus. Mais vous disiez être porteurs d’une seconde nouvelle ?

-En effet, jeune Frère. Tu pourras venger la mort de ton escouade, mais pas tout de suite. Nous allons abandonner cette expédition car une tâche plus importante nous requière ailleurs.

- Quoi ? s’exclama Gabriel.

Le timbre de sa voix trahissait une colère retrouvée et décuplée par cette terrible annonce. L’expression de son visage vira aussi soudainement que quelques minutes plus tôt en une grimace de rage. Eilon, Raphael, tous ces valeureux guerriers devraient attendre d’être vengés alors que leurs corps démantibulés gisaient à la morgue dans des caissons ? Alors que leurs âmes hurlaient sur les restes du pont de Gerzéel à la vengeance ? Si les Dark Angels partaient, cela ne signifiait-il pas une mort certaine pour cette petite planète du nom de Stéphania pour laquelle tant de vies humaines ou Astartes avaient déjà été perdues ?

-Mais c’est impensable ! S’insurgea-t-il. Que va devenir cette planète sans nous ? Que vont devenir ses habitants ? Vous savez aussi bien que moi qu’ils n’ont pas d’autre chance que nous d’être sauvés, en particulier par ces incapables d’Arkadiens !

-Les ordres sont les ordres et tu n’as pas à les discuter ! répliqua sèchement Abraxas.

-Et Eilon ? Et tous mes Frères ? Leur sacrifice aura-t-il été inutile ? A quoi bon être mort de cette façon pour tenir un objectif qui n’aura été vital que trois jours durant ? Comprenez-vous quelle est la monstruosité de cet ordre ?

Un vigoureux direct le cueillit en pleine mâchoire et l’envoya s’écraser au sol deux mètres plus loin. Se massant douloureusement le maxillaire, il se redressa, appuyé sur un coude. De toute sa stature, le Chapelain le toisait, son regard dur comme la pierre, ses yeux noirs comme l’obsidienne, le dévisageant entièrement, scrutant son âme. Gabriel sentit une colère sourde, froide, émaner de l’Astartes qui, les poings serrés, semblait se contenir pour ne pas le frapper à nouveau.

-Tais-toi jeune Frère, siffla-t-il. Comment oses-tu dire cela ? Comment oses-tu me parler de la sorte ? La colère aveugle-t-elle ton esprit au point de te faire perdre la raison ? Tu feras pénitence de quatre fois vingt coups de fouet dans ta cellule pour t’éclaircir les idées et te rappeler à la fois ta place et ton devoir.

-Oui, Frère Chapelain, mâchonna Gabriel, autant à cause de la douleur physique que de la douleur morale qui toutes deux l’empêchait de desserrer les dents.

-Relève-toi, nous partons dans deux heures et il n’y a pas lieu de discuter quoi que ce soit. Ce sont les impératifs du service et nous servons l’Empereur quelque soit la mission. Puisse le fouet favoriser ta méditation là-dessus.

Tournant les talons, Abraxas s’éloigna mais une interpellation de Gabriel le retint d’aller plus loin.

-Frère Chapelain, j’aurais besoin de… de vous poser une question.

Partagé entre un sentiment de colère envers ce subordonné qui avait osé se montrer insolent à son égard, chose qui le portait plutôt à le rabrouer, et celui d’un devoir envers lui, il préféra lui faire face et lui demander de quoi il retournait. Après tout, le premier des devoirs du Chapelain n’était-il pas d’être à l’écoute de ses Frères ? Quel bien piètre exemple donnerait-il là…

-Je t’écoute.

-Frère Abraxas, je… je ne comprends pas. Le Chapitre nous exhorte toujours plus à nous dépasser et à ne jamais céder un pouce de terrain, à tenir envers et contre tout et à faire sacrifice de nos vies à l’Empereur pour que survive l’Humanité et la gloire de notre Père. Mais quel sens peut prendre le sacrifice de la 3ème escouade si nous abandonnons cette planète aux peaux-vertes ? Non seulement ne pas lâcher le pont ne nous aura apporté aucun bénéfice mais en plus nous laisserions au Xénos un fragment du domaine de l’Empereur ? Je ne comprends plus.

-Tu as posé une question pertinente mon garçon, lâcha Abraxas, sa colère retombant aussitôt. Il est rare que d’aussi jeunes que toi me la pose. N’est-il pas vrai que durant ton initiation, tu as reconnu que le service de l’Empereur avait bien des sens ?

-Si et c’est précisément parce que je ne sais plus où le voir dans ces évènements que je pose cette question.

-Alors comprend que ce qui t’échappe n’échappe pas à d’autres. Fais toujours confiance en tes chefs et exécute leurs ordres. Tes camarades sont morts parce que ce pont devait être tenu ; qu’importe que nous partions ou que nous restions. Maître Belial a jugé qu’il devait en être ainsi. Leur devoir envers lui et l’Imperium était de le tenir, quel qu’en soit le prix. Et ils l’ont fait. S’ils ont gagné leurs places dans le Liber Honorificorum, c’est qu’ils l’ont mérité. Leur sacrifice a eu ce sens : ils ont accompli pieusement ce qu’on leur a demandé et ont donné leur vie pour l’Humanité. Quelle importance si cet objectif n’était plus vital trois jours plus tard ! Ils ont donné leurs vies pour protéger le genre humain et en cela ils ont servit magnifiquement l’Empereur. Aie confiance en tes supérieurs et exécute leurs ordres, tu serviras l’Empereur. Ma réponse te convient-elle ?

-Oui, Frère Chapelain.

La colère avait cédé la place à un certain degré d’amertume mais surtout à de la résignation. Abraxas le sentit.

-Dis-toi que tant qu’un xénos restera en vie, le combat ne prendra pas fin et que l’occasion de venger tes Frères se présentera à toi des milliers de fois. Sers-toi de ta haine pour purger, pour œuvrer pour le bien de l’Humanité. Vois chaque combat comme une occasion de venger tes Frères et tu atteindras les summums qu’un Astartes puisse atteindre. Tu atteindras la plénitude dans ton service envers l’Empereur et ton Chapitre, tu seras source d’exemple pour les novices et tous tes frères. Mais ne laisse jamais la haine te guider, sers t’en pour annihiler l’ennemi mais ne la laisse pas t’annihiler toi. La haine est une arme puissante mais il faut savoir l’utiliser et la manier, sans quoi elle te dominera et te subjuguera. Elle obscurcira ton jugement comme elle l’a fait tout à l’heure. Continue à suivre les offices et à être zélé dans les services religieux. Passe du temps avec nous autres Chapelains. Fais-nous part de tes questions et de tes doutes. Nous seuls pourrons t’enseigner le moyen de détruire par la haine les adversaires de l’Humanité.

-Oui Frère Chapelain.

-Bien.

Abraxas fixa son regard droit dans celui de Gabriel. Il reflétait l’intelligence et montrait que ses paroles essaimaient déjà dans la terre féconde de son esprit. Il n’y lut plus de colère, ni aucune trace de rage meurtrière. Il sut alors son devoir accompli. Il voulut s’autoriser un sourire mais s’en garda. Pour lui, le rire ne convenait pas à la fonction de Chapelain et seule la joie des combats n’était pas à proscrire. Pourtant, derrière cette stricte rhétorique, il ne pouvait empêcher un léger sentiment de contentement se faire jour au fond de lui.

-Et n’oublie pas de faire ton rapport au Frère-Sergent Espertas une fois achevée ta pénitence, jeune Frère.

-MFT-

_________________
Le fusil laser est au Garde Impérial ce que le préservatif est à l'amour : il ne sert jamais qu'une fois.
Le fusil laser est la meilleure arme de l'univers : il n'est jamais rechargé. La preuve, personne ne l'a jamais fait !
Le fusil laser est la seule arme de l'univers qui soit une arme jetable. C'est plus pratique pour courir.
Le fusil laser est, de tout l'arsenal de la Garde Impériale, l'arme qui a le meilleur taux de rendement. Avec lui, tout le monde se rend.
Un jour Chuck Norris a tué quelqu'un avec un fusil laser (il frappait avec la crosse).


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