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 [Nouvelle] La Croisée en Flammes

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AuteurMessage
Herezy
Marine Devastator
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Messages : 28
Date d'inscription : 17/11/2012

MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Mer 20 Mar 2013 - 16:04

Salut la compagnie, voici la suite ! (on est de retour avec nos amis les Tau vadrouillant paisiblement sur Belvaronn)
24/03/2013 : Je vous conseil vivement de relire l'EDIT fait sur le chapitre IX et X, avant de lire le chapitre XIV - DILEMME.
(j'ai bossé et bosse encore sur les gardes d'élites de Miral et j'aimerai bien avoir vos avis dessus)

Enjoy !



XIV – DILEMME





Leur groupe progressait depuis plus d’une heure dans le labyrinthe qu’était la capitale-continentale de Belvaronn et ils n’avaient rencontré que quelques poches de résistances de faibles intensités. La navette du Shas’Ui Qinra avait réussi à se déployer sur zone il y a vingt minutes de ça. Les deux groupes s’étaient réunis suite à des échanges radios.
Les escouades de Von’Ra et de Kalan avaient subies des pertes conséquentes. Au total quatre guerriers de feu le payèrent de leur vie et les renforts ainsi que les munitions apportés par Qinra fut grandement appréciés.
Kalan respectait son frère d’arme, lors de leurs retrouvailles tout deux furent rassurés d’apercevoir l’autre vivant. Qinra était plus âgé que Kalan, mais celui-ci avait toujours été plus tête brulé que lui. Idéaliste et plein de rêves, il voulait toujours contenter et honorer le désir de leurs guides, les Ethérés.
Cela, c’était avant… Se souvint Kalan.
Pendant un temps, après leur accession au titre de Shas’Ui, ils avaient été séparés et Qinra se retrouva en plein cœur d’un conflit d’une violence peu commune, tandis que Kalan protégeait l’arrière garde, écarté du brasier infernal. Seul son frère et un de ses soldats sortirent vivant de ce massacre, l’armure en lambeaux, décasqués et blessés à de toutes parts…
Depuis ce jour, Kalan sentit que les événements passés sans lui sur le front principal avaient profondément affecté son ami, le rendant plus amer et rancunier. Une part de sa vitalité disparu avec cette guerre, Kalan en était persuadé.
Il n’avait eu que peu de retours des terribles affrontements dans premières lignes, seulement quelques rapports et rumeurs filtrèrent dans les cantines des casernes, lui permettant d’imaginer un vague instant l’horreur que ça avait pu être.
Jamais son frère ne lui avait confié sa douleur, jamais il n’avait parlé du carnage de Gorroka VII, jamais il n’avait osé aborder ce sujet, préférant attendre que son ami y vienne de lui-même. Ce jour il l’attendait encore…

Le calme apparent de la ville insufflait une crainte aux Shas, les forçant à rester méfiant des ombres sournoises se tapissant dans les ruines de l’ancienne citée. Quelque chose clochait mais Kalan n’arrivait à l’expliquer. Alors qu’ils s’enfonçaient toujours plus profondément en territoire hostile, la ville fantôme ne leur offrait aucune trace de Shas’O Miral…
- Peut-être ont-ils été capturés ? Hésita le Shas’La Uzan.
Qinra secoua la tête.
- C’est mal connaitre le Commandeur.
- Il préfèrerait tuer un ennemi de plus que de se rendre. Lâcha Von’Ra.
Le groupe s’arrêta au centre d’une avenue dégagée, déserte ou seul le vent et la pluie venaient s’engouffrer. À l’horizon, Kalan entrapercevait une grande arche, ouvrant sur plusieurs ruelles, elles aussi dépourvues de toute vie.
- Alors ou est-il ? Demanda Kalan qui retirait son casque tandis que le groupe fit une halte. Nous sommes toujours sans réponses malgré toutes nos tentatives de communications et cette ville semble s’être vidée de toute présence hostile. Il n’y a plus un seul humain jusqu’aux murs extérieurs ! Même nos poursuivants ont rebroussé chemin ! S’exclama-t-il.
- C’est ça ! Le coupa Von’Ra, réalisant enfin comment retrouver le reste du groupe.
Ces rebelles que nous pensions avoir semés. Ils n’ont pas changé de direction sans raison ! Il faut faire demi-tour et suivre nos proies. C’est elles qui nous mèneront au Commandeur.
- Qu’en est-il du vénérable Ethéré ? S’inquiéta Kalan. Ne devrions-nous pas plutôt concentrer nos efforts sur notre objectif principal ? « Ramenez l’Ethéré Aun’Ralshi quel qu’en soit le prix à payer. » Articula froidement Kalan. Voilà notre principal objectif.
- Ne me rappel pas la mission Kalan. L’interrompit sèchement Von’Ra.
- Pardonnez-moi Shas’El. S’excusa-t-il. Cela n’en n’était pas mon intention.
- Je le sais. Répondit calmement le guerrier, sa fureur apaisée.
Von’Ra tournait sur lui même, tracassé.
Deux possibilités s’offraient à lui. Chacune avec ces gloires et ses risques.
Qinra se rapprocha des deux officiers, son casque à la main.
- Shas’Ui, j’ai besoin de vos lumières pour résoudre ce dilemme. Commença Von’Ra, à voix basse. Parlez avec votre cœur, il me faut une réponse honnête. Les incita-t-il.
- Je pense qu’il serait judicieux de regrouper nos forces avec celle du Commandeur. Argumenta Qinra. Une fois ensemble, notre puissance de feu devrait suffire à faciliter l’extraction du Aun.
- Non Qinra, je pense que tu as tort. L’interrompit Kalan.
Le Shas’Ui tourna sa tête, surpris par l’intervention de son frère.
- Développe Kalan. Intima le Shas’El.
Kalan acquiesça et continua son raisonnement.
- Le Shas’O joue son rôle à la perfection. Apparemment, il a attiré à lui la majeure partie des forces ennemies présentes sur zone. Sa diversion peut nous permettre d’atteindre et d’évacuer le conseiller Aun’Ralshi sans risques.
- Apparemment ? Repris Qinra d’un ton incrédule. Que sais-tu des agissements de nos ennemis ?!
- Je dis ce que je vois mon frère, les faits sont là. Insista Kalan.
Qinra repoussa l’argument d’un geste de main.
- Ce ne sont que des suppositions. Pesta-t-il.
- Il suffit, les coupa Von’Ra. Il y a du vrai dans chacune de vos paroles mes frères, mais c’est à moi de prendre une décision.
Les trois guerriers échangèrent des regards sans parler, cherchant à se convaincre mutuellement de la tâche à suivre.
Von’Ra savait que s’il laissait seul Miral contre tout ces ennemis, celui-ci finirait tôt ou tard par tomber sous leur nombre. Il était de notoriété public que Miral et lui ne s’appréciaient pas, mais récupérer le titre de Grand Commandeur de la sorte le répugnait. Mourir dans l’honneur, voilà une raison qui surpassait tout ses différents avec Miral. Un jour viendrait où il prendrait le commandement qu’exigeait leur grande et noble entreprise, mais ce jour de gloire ne serait en aucun cas entaché par la honte d’un subterfuge aussi vil. Si le Commandeur mourait ici, alors des rumeurs finiraient par circuler sur sa décision prise à ce moment. Qinra, fervent défenseur de Miral ne tarderait pas à critiquer ouvertement son choix, et d’autres en feraient autant. Il comprenait leur réaction. Dans la même situation, aurait-il agit comme eux ? Très probablement…
Il soupira sous son heaume.
- Bien. Commença-t-il. Regroupez-vous, mon choix est fait.
Tous les guerriers fixèrent leur chef sans un bruit, attendant la décision du Shas’El.
- Le Commandeur ne s’attirera pas toute la gloire en marchant seul sur nos ennemis. Commença Von’Ra à voix haute. Nous partons le rejoindre, et ensemble, nous déferons ceux qui se dressent devant nous.
La proclamation du Shas’El déclencha une acclamation générale. Les armes se levèrent sous les ovations des guerriers.
- En avant mes frères, le noble Ethéré attend la venue de ces fils et c’est unis qu’il nous trouvera !
Les deux officiers hochèrent de la tête. Von’Ra vit Qinra décrocher un léger sourire, visiblement satisfait de la décision. Quant à Kalan, il y distingua une pointe de doute qui ne dura qu’une microseconde avant de s’effacer.
Ma décision est prise, faisons en sorte que ça soit la bonne. Pensa-t-il.
Les deux guerriers retournèrent à la tête de leurs escouades, enfilant simultanément leur casque en marchant.
- Qinra, attend, j’ai une question à te poser.
Le vétéran s’arrêta, étonné de la requête.
- Je vous écoute Shas’El.
- Parle-moi de ta navette. Je pense que nous allons en avoir besoin…




Un autre cadavre s’écroula au sol, tranché en deux, ses yeux embrassant le néant.
Un mur de feu déferlait sur eux. D’un grognement bestial Miral embrocha un officier portant l’uniforme de la Serre Blanche. Les années passées sur le champ de bataille n’avaient pas eu raison de sa soif de sang et cette chasse ne seraient certainement pas sa dernière. Sur sa gauche, Malkesh répandait la mort tout autour de lui, son arme alien déchirant les chairs sans peine. Rester près de la machine de mort revenait à signer sa condamnation le temps d’une brève inspiration. L’armure Crisis vibrait à chaque coup porté par ses puissants bras, subtilisant la vie des soldats trop lents pour éviter le fléau.
Pendant un temps Palastau les avait appuyés depuis les toits, profitant de sa vue plongeante pour dénicher les armes lourdes enterrées dans les cratères. Il avait finit par les rejoindre, ces armes n’étant pas optimisées pour les longues distances.
Miral, Palastau et Malkesh tenaient tant bien que mal une position de fortune, offrant à Kori une ligne tir dégagée pour ses doubles canons à impulsions qui prélevaient des vies par dizaines, là ou les hommes sortaient des tranchées à la charge.
Le sifflement du gaz sous pression, s’échappant du lance flammes se fit entendre, suivit par des hurlements de rebelles brulés vifs.
- Palastau ! Haleta Malkesh entre deux coups d’épée. Il va vraiment falloir que tu réapprennes à compter ! J’en ai déjà tué le double du nombre que tu nous avais annoncé !
Celui-ci ne prêta pas gare aux remarques du guerrier et continua d’envelopper ses ennemis d’un manteau de feu.
- Pareil pour moi. Intervint Kori. Mes armes surchauffent. À ce rythme, elles ne tiendront plus très longtemps. Annonça-t-il de son ton indéfectiblement sérieux.
- Arranges-toi pour que ça ne soit pas le cas. Exigea le Commandeur.
Le Shas’Vre ne répondit pas mais Miral sentit la cadence de tir du guerrier baisser significativement.
- Raaah, d’autres blindés arrivent par l’ouest ! Cria Malkesh.
Palastau jura.
- Je m’en occupe Shas’O. Il me reste encore du carburant dans mon jet pack.
- Compris Palastau. Fais vite.
- Comme toujours Maitre.
Palastau se dégagea de l’angle où ses frères, encerclés, lutaient pour chaque centimètre de terre. Il atterrit sur une terrasse, préparant son fuseur à faire feu.
La bataille devenait une véritable boucherie sans pour autant tourner à leur avantage. Toujours plus de soldat se déversaient dans la place. Il devenait clair que ces minables s’étaient passés le mot, suppliant pour que des renforts viennent sauver leur misérables vies.
- Si je croise à nouveau ce bâtard qui dirige ces Gue’La de la Serre d’Aigle Blanche, par tous les Sept je jure que je lui arracherai la tête de mes mains ! Rugit Miral.
- Un acte charitable dont j’en serai un fervent spectateur. Lui assura Malkesh d’un ton léger.
- Le moment est mal venu pour les blagues douteuses Malkesh. Siffla Kori.
- Oh, ne t’inquiète pas mon frère. Contentes toi de tirer sur ces désagréables cloportes qui courent vers nous et tout ira pour le mieux.
Miral vit un premier blindé entrer sur la place, son canon principal en rotation, les mettant enjoue. L’instant d’après, un flash bleuté transperça la coque du char qui fut catapulté au centre de la place par l’explosion de ses munitions. La carcasse de métal s’écrasa, tuant instantanément une vingtaine de soldats.
- Toujours dans la finesse Palastau. Le railla Malkesh.

Au moment où Palastau voulut répondre, l’obus tiré par second blindé s’écrasa sur son torse.
La scène sembla se dérouler au ralenti, la Crisis tituba quelques secondes devant les yeux impuissants de ses frères. Miral resta muet, incapable de parler, Kori lui, hurla de haine.
Son armure sévèrement endommagée, Palastau mit genou à terre, grognant de souffrance. Sa Crisis en flammes se désintégrait dans une lente agonie.
Miral reçut une communication entrante de la part du guerrier, mais aucun mot ne vint. Seul des grésillements furent transmis. Le vox se coupa et Miral vit Palastau se redresser fièrement, sans peur, affrontant la mort.
Dans un ultime défit, il leva son fuseur, cibla le char et tira sa dernière salve d’une juste colère. Son tir s’encastra dans le plastobéton de la route, manquant complètement le blindé.
En réponse, l’arme principale du tank ajusta sa visée et rendit le coup de grâce.
Palastau n’était plus…, l’armure éventrée de par en par.
La carcasse sans vie chancela quelques secondes, refusant de s’incliner face à l’ennemi, avant de finalement tomber de la terrasse tuant par la même occasion deux porteurs d’armes lourdes retranchés dans un nid de guêpes.
- Bordel ! Jura Malkesh d’une voix gutturale ayant perdu toute intonation humoristique.
- Reste concentré et tiens la ligne. Ordonna Miral en reprenant ses esprits. Kori, accélère la cadence. Si notre fin approche, je veux voir tes armes en flammes ! Tue le plus possibles de ces chiens. Qu’ils crèvent tous avec nous si ça leur fait tant plaisir.
Une pluie bleutée vint ravager les rangs des soldats n’ayant que pour seule protection les corps de leurs semblables tombés.
Miral lutait comme un forcené. Ces ennemis utilisaient leurs nombres à leur avantage, frappant à coup de crosses et d’épées sur sa noble armure dès qu’il avait le dos tourné. Le piaillement des armes automatiques de Kori sifflaient sans discontinuer.
Au milieu de la masse grouillante, Malkesh n’était, lui aussi, pas au mieux de sa forme. Même si ses talents en mêlée étaient indiscutables, sous les assauts ininterrompus des soldats, son armure subissait des dommages critiques. Derrière eux, Kori hurlaient de rage, ses doubles canons tournant au rouge vif, à plein régime.
Miral sentit le crâne du rebelle craquer sous la poigne implacable de sa main de métal. La tête de l’humain explosa telle une vulgaire pastèque trop mûre. Miral contempla la scène qui se déroulait tout autour de lui au ralentit.
Ainsi finalement, sa vie finirait ici, sur ce monde impérial. L’indomptable Commandeur, Héro de Gorroka VII, leader de la dix-huitième flotte coloniale, ne mourrait pas face à un terrible ennemi le surpassant dans tous les domaines.
Non. Il allait disparaitre dans une insignifiante ruelle impériale, entouré de ses frères, contre des vagues infinies de rebelles, lui vouant une haine sans borne. Des rebelles… De simples rebelles allaient avoir raison de lui. Cette pensée le révolta, comme si son échec face à un tel adversaire ferait tache sur sa magistrale carrière militaire.
Le destin est bien capricieux. Il avait connut des situations pires en tout points dans de nombreuses autres batailles, et pourtant celle-ci serait sa dernière…
- Mes frères. Commença-t-il. Ce fut un honneur de me tenir à vos cotés. Il éventra de sa lame un autre vermisseau d’un coup sec, l’envoyant valdinguer sur une nouvelle vague d’assaillants avant de continuer son discours. Faisons en sorte de mourir comme les braves d’antan. Et si notre fin approche montrons à ces chiens comment nous l’empoignons ! Ragea t-t-il.
Pour le BIEN SUPRÊME !! Pour T’AU  !!
Ses frères d’armes reprirent son cri de guerre dans une rage bestiale.

L’autocanon accroché au bras droit de Kori explosa, en surchauffe depuis trop longtemps. Le souffle le projeta sur son flanc gauche, s’écrasant dans un tas de cadavres. Au sol, son armure sévèrement endommagée devint incapable de bouger. Impuissant, Kori vit un officier borgne grimper sur sa carcasse fumante. L’homme hurla de triomphe, levant son épée-tronçonneuse vers les cieux.
- Dieu-Empereur ! En Ton nom, cette terre sera purgée de la contamination Xénos par le feu et le sang !
De son bras gauche, le borgne saisit un explosif accroché à sa ceinture, le plaqua sur le torse du guerrier d’élite et bondit en arrière.
-Crève pourriture.
Kori, dans son tombeau de métal vit le sourire mauvais de l’homme avant d’être avalé par la déflagration…








XV – TRAHISONS





« L’ignorance alimente la haine »
Por’Lu. Diplomate de la Caste de l’Eau.

Por’Lu se demanda si sa peur lui jouait des tours, mais les couloirs du palais semblaient bien plus clame qu’a l’accoutumé. À cette heure de la journée, ces allées étaient habituellement remplies de dignitaires, de marchands et d’autres nobles invités au frais de la cour. Il ne prêta pas attention aux regards en coin jetés par certaines personnes encore présentes et accéléra le pas. Une porte s’ouvrit brusquement sur sa droite et autre groupe de garde en armure intégrale sortit de la salle à marche forcée en l’ignorant complètement. Il arriva enfin devant les bureaux du gouverneur, mit sa main dans sa poche et saisit le papier. Alors qu’il tenta d’entrer, la secrétaire l’interpela.

- Je suis désolée, le gouverneur est absent. Vous ne pouvez entrer dans son bureau.
Interloqué, Por’Lu ne sut quoi répondre et resta immobile devant les portes. Pourquoi diable le gouverneur n’était pas comme convenu au lieu de leur rendez-vous ? Était-ce déjà trop tard ? Avait-il été trop lent ? Les traitres que Tretios redoutait avaient-ils déjà mis en œuvre leur plan ? Por’Lu était perdu, il ne savait quoi faire. Il remua ses mains dans ses poches et sentit le contact de la feuille volante. D’un clin d’œil, il se retourna vers la secrétaire.
- Absent vous dites ?
- C’est exact. Confirma la secrétaire en mâchouillant un de ces vieux stylos dépassés. Si vous le souhaitez je pourrai lui transmettre un message. Ajouta-t-elle.
Ses doigts effleurèrent à nouveau le papier et il sourit à cette idée qu’il trouva d’une nature plutôt comique.
- Non, je vous remercie madame, ne vous embêtez pas. Répondit-il d’un ton aimable. Savez-vous ou est-il allé ?
- Euh… Hésita un instant la secrétaire. Et bien… C’est que… il ne me l’a pas dit officiellement, mais disons que, enfin… j’ai malencontreusement entendu où il se rendait. Finit-elle par avouer, gênée.
Por’Lu laissa un sourire amical courir le long de son visage. Et l’inquiétude de la jeune femme disparue.
- Et pourriez-vous, par un malencontreux hasard m’informer sur sa destination ?
La secrétaire hocha de la tête à plusieurs reprises sans dire un mot en pointant du doigt l’emblème de la maison Avernas accroché sur le pan de mur en face d’elle.
Il s’inclina respectueusement et lâcha un sourire de gratitude à la jeune femme.
- Madame, votre aide m’a été d’une grande importance. Je vous en serai éternellement reconnaissant.
Avant de se retourner, il la vit, assise dans son fauteuil froncer les sourcils, ne comprenant pas le sens de sa phrase.
Et dire que tout allait se jouer grâce à l’oreille trainante d’une simple secrétaire… Le destin est parfois d’une espièglerie sans limite. Pensa-t-il en se dirigeant vers les appartements de la maisonnée Avernas.





Tretios et Garn avaient marché d’un bon pas, et arrivèrent plus rapidement que prévus devant la porte des Avernas. Tout n’était peut-être pas perdu finalement. Il frappa à deux reprises avant qu’un valet vienne les accueillir. L’homme blêmit à la vue du gouverneur et déglutit avec difficulté.
- Je viens voir ta maitresse, Iride Avernas. Dit le gouverneur d’un ton sérieux. Présente-moi à elle.
Le valet ne bougea pas. Il s’éclaircit la gorge avant de répondre.
- Je suis désolé monseigneur. Elle est indisponible pour le moment.
- Indisponible ?! Répéta-t-il étonné. Aurais-tu oublié qui je suis ?
- Bien sûr que non monseigneur, S’excusa l’homme. Ma maitresse dort, je vais la réveiller de ce pas. Je vous en prie, entrez.
Tretios et Garn s’engouffrèrent dans le salon à la décoration rustique. Sur les murs recouverts d’une épaisseur de bois sombre, trônaient fièrement toutes sortes d’animaux empaillés. Tretios réalisa qu’il n’avait jamais rencontré Iride dans ces quartiers.
Quelques instants plus tard, le valet revint dans le salon.
- Ma maitresse vous attend dans sa chambre. Commença-t-il en désignant de son bras gauche les doubles-portes à l’opposée de la pièce.
Le gouverneur hocha la tête et tourna le dos au valet pour entrer dans la chambre, suivit de Garn. Tretios posa sa main sur la poignée et s’interrompit juste avant de l’ouvrir.
- Une minute, Dit Tretios en se retournant. Comment savez-vous qu’elle est disposée à nous recevoir alors que vous n’êtes même pas entré dans sa ch…

- RAAAAHhhh !!! GGlllrrrrggggg…

Tretios écarquilla les yeux lorsqu’il vit le valet à un mètre de lui, le bras droit levé, une épée à la main, immobile soulevé du sol, entrain de gesticuler nerveusement, prit de spasmes et crachant du sang mêlés à des gargouillis répugnants.
Garn le maintenait en l’air de son bras gauche, tandis que sa main droite tenait une dague plongée jusqu'à la garde dans la gorge du traitre. Des jets de sangs jaillissaient par à-coup de sa trachée ouverte.

- Non de… Balbutia Tretios. Par l’Empereur pourquoi ce fou, a-t-il agit de la sorte…
Encore choqué, il força son cœur à se calmer et détourna le regard du valet agonisant pour le plonger dans les yeux de Garn.
- Mon ami, je te dois la vie. Le remercia-t-il. Je pense que tu peux le poser maintenant, il ne me fera plus grand-chose.
Garn lâcha le traitre qui s’écroula au sol dans une position improbable.
- Sois sur tes gardes. Murmura Tretios tout en dégainant son pistolet de son holster.
D’un coup sec, il ouvrit les doubles portes, pointant son arme dans la pièce inoccupée.
- Bordel, il n’y a rien ici. Jura le gouverneur. Tu penses qu’Iride oserait me trahir ? Elle aussi ? Si c’est le cas alors je pense que nous avons un sacré problème…
- Maitre. L’interrompit Garn qui se trouvait dans la salle de bain. Vous devriez venir voir ça. Ajouta-t-il en rengainant son arme.
Tretios entra dans la pièce, ses bottes glissant dans ce qu’il pensa d’abord être une flaque d’eau avant d’apercevoir le corps nu d’Iride Avernas égorgée dans la baignoire, le bras gauche pendant sur l’extérieur, un filet de sang ruisselant jusqu’au sol.
Tretios resta figé, paralysé à la vue du massacre perpétré devant lui.
- Maitre, vous-allez bien ? Questionna Garn inquiet.
Il ne répondit pas. Il en était incapable.


- … Maitre ? …
Pas de réponses.
- … Maitre ?! Répéta Garn en agrippant Tretios par l’épaule.
Le gouverneur sortit de sa torpeur.
- Garn ? Demanda-t-il, visiblement déboussolé.
- Il faut partir d’ici. Vous ne devez pas rester dans cet endroit.
Tretios ne cilla pas.
- Maitre ! Quelqu’un entre. Venez, entrez ici. Chuchota Garn en le poussant dans une imposante armoire.
Tout deux se cachèrent et Garn referma la porte du meuble. La seconde suivante, trois gardes pénétrèrent dans l’appartement de Feu Iride Avernas.

- Putain, regardez ça sergent. Lâcha l’un des gardes. Ce connard de Tales c’est fait trancher la gorge comme un porc.
- La ferme abruti. Réfléchi un peu, il ne c’est pas fait ça tout seul. Fouille-moi le salon et si tu trouves quelque chose, appelle-moi. Sinon, attend-nous dehors.
- Oui sergent, à vos ordres sergent.
- Bien, j’préfère ça. Bon et toi ça donne quoi ? Elle est morte ? Demanda-t-il à l’autre garde partit vers la chambre à coucher.
- Morte de chez morte sergent. Au moins, Tales a correctement fait son boulot avant de crever.
- Ces gardes sont des traitres. Murmura Tretios, complètement hébété.
- Ne parlez pas Maitre.
Le soldat qui sortait de la salle de bain se figea à hauteur du lit et inspecta la chambre du regard.
- Qu’est-ce qui y’a ? Tu joues à la statue ? Le railla le sergent.
Le soldat ne répondit pas, et leva son fusil en direction de l’armoire.
Chaque pas le rapprochait toujours plus près d’eux.
Quatre pas… Trois pas… Deux pas…
Tretios se crispa et ferma les yeux. C’en était finit, ils allaient être découvert.
- Sergent, j’ai trouvé quelque chose qui va vous intéresser ! Appela le garde à l’extérieur de l’appartement.




De l’autre coté de l’immense couloir Por’Lu distingua enfin la porte d’entrée des appartements de la maison Avernas. Cette aile du palais offrait une vue magnifique sur toute la partie nord de la ville. Les fenêtres d’un art Haut-gothique, haute de plusieurs mètres laissaient filtrer la lumière grisonnante de l’extérieure.
Cette pluie ne cessera donc jamais pensa-t-il.
Il reporta son attention sur l’entrée de la Maison Avernas lorsqu’un homme en arme en sortit.
Por’Lu reconnut immédiatement que cet humain n’était pas un membre des Avernas mais un garde du palais Impérial.
Que pouvait bien faire un garde du palais dans un appartement normalement réservé aux chefs des maisonnées ?
Cet espace privé était interdit à tout le personnel. Même la garde ne pouvait y entrer sans raison valide. Por’Lu fut encore plus perturbé lorsque l’homme resta en faction devant la porte.
Le soldat gardait quelque chose…
Tiraillé par la peur, il inspira profondément et s’avança vers le militaire.
Lorsque celui-ci remarqua sa présence, Por’Lu sentit son pouls s’enflammer.
- Vous là. Ne bougez plus. Ordonna le garde d'un ton sec. Cette zone est privée.
- Je vous prie de bien vouloir m’excuser monsieur. Je suis à la recherche du gouverneur.
- Ah ouais ? Ça tombe bien nous aussi ! Gloussa-t-il d’un air méprisant. Sergent, j’ai trouvé quelque chose qui va vous intéresser !
Derrière l’homme, la porte s’ouvrit et deux autres soldats les rejoignirent. Avant que le SAS ne se referme, Por’Lu entraperçut un cadavre affalé au sol au fond de la pièce.
- Ah mais qui voilà… Commença le sergent, l’air satisfait. Par quel hasard êtes-vous ici, Tau ?
- Je…
- Il cherche le gouverneur sergent. Le coupa l’homme.
- Le gouverneur ? Tient donc, et pourquoi le gouverneur serait-il ici ?
En une microseconde, il analysa toutes les informations qu’il avait en sa possession. Des gardes plus que suspects devant un appartement privé, un cadavre au bout de la pièce, une hostilité flagrante de la part des soldats… Tout lui indiquait que ces hommes ne l’aideraient pas, bien au contraire… Por’Lu réalisa que la réponse qu’il apporterait scellerai son destin. Sans qu’il ne s’en aperçoive, son expérience et sa maitrise parfaite de la diplomatie reprit le contrôle de son esprit.
- Ne sommes-nous pas devant la maison des PRD ? J’ai rendez-vous avec le gouverneur devant la maison du Poulpe Rouge de Darnost. Mentit-il.
La haine est souvent guidée par l’ignorance et ces humains qui le méprisaient s’empresseraient de croire à sa soit disant stupidité. Jouer l’idiot semblait être la meilleure solution pour sortir vivant de ce traquenard.
Un silence pesant s’installa et Por’Lu utilisa toutes sa force mentale restante pour soutenir le regard du sergent. Si son mensonge était découvert maintenant, tout serait perdu…
Le temps semblait s’être arrêté, mais il ne cilla pas, il ne pouvait se le permettre.

- Vous-y connaissez vraiment quedal vous les xenos… Finit par lâcher le sergent.
Por’Lu sourit, son plan fonctionnait.
- Je m’en excuse monsieur. Tous les jours je m’instruis sur votre race dont l’hégémonie est sans égale.
Les gardes ne comprirent pas le sens de sa phrase et acquiescèrent fièrement, pensant qu’il leur prêtait une quelconque qualité qu’ils avaient gardée caché bien involontairement au plus profond d’eux même…
- Bien c’est bon, vous pouvez y aller.
- Monsieur, ce fut un plaisir de vous rencontrer. Lâcha-t-il en s’écartant des hommes de sa plus belle démarche.
- Attendez un instant. Le coupa le sergent. Un de mes hommes va vous accompagner à la maison du Poulpe Rouge de Darnost. En ces temps qui courent, la situation n’est plus très sure.
- C’est bien gentil à vous, mais sachez que je serais retrouver mon chemin.
- Ce n’est pas une proposition. Insista le sergent. Drauns, tu vas avec notre ami chez les PRD.
- Oui sergent ! À vos ordres sergent ! Suivez-moi Tau, c’est par là.
Por’Lu se résigna et partit en direction de la maisonnée PRD accompagné de son nouveau fardeau…


- Ils sont partis ?
- Je ne sais pas Maitre. Restez caché dans l’armoire je vais aller voir.
- Voyons Garn, tu me prends pour qui ?! Je n’ai peut-être pas tes talents, mais je ne resterai terré dans mon trou comme un lâche.
Garn haussa les épaules. Les deux hommes sortirent du meuble à pas de loup et se dirigèrent vers la porte de sortie.
- Ils sont de l’autre coté. Chuchota Garn.
- Oui je les entends… Trois pour deux, même avec l’effet de surprise, ça risque d’être difficile. Bon, comment on procède ?
- Occupez-vous de celui de droite, je m’occupe des deux autres.
- Compris. Tu es prêt ?
Garn resserra sa poigne sur sa dague et hocha de la tête. Les deux hommes échangèrent un long regard, conscient que l’erreur n’était pas permise.
Le sas s’ouvrit dans un sifflement sec. Le soldat de droite se retourna, étonné. Garn égorgea de dos le sergent d’une main experte, tandis que la cervelle du garde face à Tretios explosa d’un coup de bolt, se répandant dans l’allée. Les deux corps s'effondrèrent simultanément, privée de toute vie.
- On les a eu Garn ! On les a eu !
- Il en manque un Maitre…
- De quoi ?
- Comptez les cadavres. Il n’y en a que deux à terre.
- Tu en as laissé un partir ?! C’est impossible !
- Non Maitre, il n’y avait personne d’autre. Ils n’étaient que deux…
- Bon, peut importe, inutile de perdre plus de temps avec ça. Aide-moi à cacher ces cadavres à l’intérieur et partons d’ici.
- Pour aller où ?
- Même si le Tau ne nous a pas apporté ce que je lui ai demandé, il nous faudra quelqu’un capable de déchiffrer l’ouvrage une fois qu’il sera en notre possession et maintenant que Iride est refroidie, nous n’avons plus vraiment le choix pour ce qui est des candidats.
- Ne devrions-nous pas plutôt chercher le Tau et son manuscrit ?
- Et par quel miracle le trouverions-nous ? Dis-moi où chercher Garn, et nous irons retrouver le Tau de ce pas.
Pendant un instant, Garn fronça les sourcils l’air songeur. Puis, il fini par hausser ses épaules, l’air désabusé.
- Bien Maitre, va pour votre Traducteur.





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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Mer 20 Mar 2013 - 17:20

Les gardes sont très vivant, et ont chacun leurs propre personnalité.
Je comprends que pour pouvoir nous les présenter il faut qu'ils parlent mais c’en est presque bizarre de blaguer quand vient une marée comme ça non?

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Jeu 21 Mar 2013 - 0:57

Citation :
mais c’en est presque bizarre de blaguer quand vient une marée comme ça non?

Il n'y a que Malkesh qui a une personnalité plutôt ouverte et décalée. Et lorsqu'il blague c'est pendant qu'ils tuent à la chaîne.
La situation est loin d'être critique à l'engagement.
Même si il se fait reprendre par Miral assez souvent.

Ensuite, il ne plaisante plus du tout quand Palastau tombe et que la situation dégénère avec l'arrivée des blindés.
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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Mar 9 Avr 2013 - 16:18

EDIT 09/04/13 : Suite à aux conseils rapportés, j'ai ajouté certains passages (tel que la description du Big boss et autres...)
Le tout dernier chapitre a également été grandement allongé par une suite du point de vue de Tretios et de Por'Lu


Bonjour à tous, comme promis, je vous offre un nouveau chapitre en préface narrant la plus grande bataille de Shas'O Miral.

C'est un premier jet avec quelques erreurs. Mais je pense qu'il est tout de même assez potable pour que vous puissiez en profiter !

(Le chapitre a été ajouté en préface en première page)


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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Mar 9 Avr 2013 - 17:43

C'est plutôt pas mal, peut être décrire un peu plus la perte du village?

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Jeu 11 Avr 2013 - 23:26

Salut Smile
Citation :
C'est plutôt pas mal, peut être décrire un peu plus la perte du village?
Et bien, le problème étant que je suis dans une préface et que je ne peux pas me permettre de la rendre trop longue.
ça n'est pas l'histoire principale. Elle nous sert seulement à bien saisir le comportement de Miral.

Sinon voici une question que j'aimerai poser suite aux remarques que j'ai eu de certains lecteurs :


ATTENTION CETTE QUESTION EST UN SPOIL DE LA PREFACE :
Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Ven 12 Avr 2013 - 17:41

Non ce n'était pas spécialement prévisible pour quelqu'un ne connaissant pas la suite. Mais pour moi vu que je ne le connaissais pas je m'attendais plus ou moins à sa disparition ^^.

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Lun 15 Avr 2013 - 1:47

Citation :
Non ce n'était pas spécialement prévisible pour quelqu'un ne connaissant pas la suite.
Ok, good good good.
J'ai tout même fais des modifications mineurs dans le but de plus "surprendre"

Citation :
Mais pour moi vu que je ne le connaissais pas je m'attendais plus ou moins à sa disparition
Ouep, c'est le problème de la chronologie de l'écriture Very Happy

Bon, sinon je continue à bosser sur la préface, (sans pour autant l'allonger)
Je trouve que la présence des verbes auxiliaires "être" et "avoir" sont trop présents.

Et j'ai également bossé sur l'image du secteur. (Qui devrait être plus agréable Smile )

Voili voilou, c'est tout Smile

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Mar 11 Juin 2013 - 10:54

Bonjour à tous,
Voici la suite des aventures de Miral Smile
Enjoy !

XVI – L’INDOMPTABLE


Miral perdit l’équilibre sous le souffle de l’onde de choc. D’un mouvement expert, il se stabilisa, évitant de se retrouver au sol.
Il se retourna d’une rotation habile et trancha horizontalement un groupe de rebelles trop confiants, ayant eu l’audace de l’attaquer de dos.
Derrière lui, Kori gisait au sol, immobile et rongé par les flammes.
- Malkesh ! Kori est à terre !
- j’ai vu Miral. Et notre heure ne devrait pas tarder pour nous aussi. Répondit l’interpelé en supprimant trois soldats d’un tir de fuseur à courte portée.
Ils étaient complètement débordés, les rebelles encerclaient leurs position et chaque seconde qui s’écoulait refermait l’étau mortel. Sans possibilités de repli, les deux Shas se retrouvèrent pris au piège dans l’angle de la place, cédant chèrement pas après pas les derniers mètres restants.

Un long cri perçant déchira le tumulte de la bataille.
Le second blindé qui finissait sa manœuvre d’évitement de la première épave verrouilla les deux Crisis avant d’exploser sous une pluie de missiles.
Un autre terrible rugissement transperça les chairs.
Soudain, Miral vit surgir une forme humanoïde à l’un des toits surplombant la place.
Sur le rebord de la terrasse, un monstre au corps forgé pour la guerre hurlait sa fureur guerrière à en glacer le sang.
Le bec grand ouvert, un pied en appui sur le muret, le monstre à crête rouge poussa un ultime cri de guerre et dégaina ses lames vers les cieux. Cette fois-ci, sa voix fut soutenue par des dizaines d’autres hurlements semblables.
D’un bond inhumain, il se jeta dans le carnage se déroulant plus bas.
À leur tour, plus d’une trentaine de ces bestioles aux formes similaires bondirent depuis tous les toits alentours, près à déchirer les chairs.

- Des kroots ! Maitre des kroots arrivent en renfort !
Un grognement triomphal sortit des hauts parleurs de Miral.
- Finissons-en, une bonne fois pour toute.
Miral se fraya un chemin au travers des rebelles paniqués et rejoignit Malkesh qui défendait la carcasse de Kori.
L’arrivée des kroots fut inespérée pour Miral, et cela importait peu de savoir comment ses sauveurs s’étaient retrouvés ici. Pour le moment, il fallait qu’ils éliminent toute la vermine humaine.
Les rebelles ne restèrent pas impuissants face aux nouveaux arrivants, et Miral fut impressionné par la vitesse de réaction des soldats, qui se regroupèrent rapidement et formèrent une ligne défensive solide. Visiblement, un commandant expérimenté dirigeait l’assaut principal. Miral comprit que s’il voulait briser les humains, il fallait couper la tête du serpent.
- Malkesh, scan-moi la zone. Remonte toutes leurs communications jusqu'à la zone la plus brouillée. Il faut trouver leurs chefs.
- Reçu.
Au centre de la place, la boucherie redoublait d’intensité. Les kroots continuèrent leur moisson de vies humaines à une vitesse terrifiante. Commandé par leur Mentor à crête rouge, ils propagèrent la mort dans les rangs encore désorganisés autour de la statue.

- Ils ne sont pas venus seuls ! Regardez ! Unités alliées sur les toits !
Un feu nourrit venant des toits ouest vinrent faucher les derniers rebelles séparant les deux Crisis du Mentor Kroot.
Miral fut surprit de voir des humains postés sur les terrasses tirer sans une once d’hésitation sur leurs semblables.

Le dernier rebelle isolé près des crisis tomba au sol, déchiqueté par les bolters lourds.
- Finissons-en mon frère ! Gronda Miral, avançant vers la statue. D’autres groupes armés portant l’emblème du Tau’Va déboulèrent par la ruelle ouest, soutenue par un char LemanRuss repeint grossièrement aux couleurs de T’au.
Depuis les toits , des unités de reconnaissance XV25 appuyèrent la contre offensive du Mentor kroot, cernant l’ennemi de toutes parts grâce à leurs réacteurs dorsaux.
A la vue des armures d’un noir reluisant, Miral sentit la fierté gonfler son cœur. Voir à l’œuvre le fleuron de la technologie militaire Tau était d’une beauté sans égale. Miral repensa à sa conversation qu’il avait eu plusieurs mois auparavant sur la passerelle du vaisseau mère avec le vieil Amiral.
« La meilleure des légendes ne me ferait rien. Mais la plus glorieuse des batailles…, j’ai toujours eu un faible pour elle. »
Le carnage continua dans la tranchée de fortune des rebelles. Les kroots s’engouffrèrent tel des prédateurs en chasse, massacrant tout ce qui se trouvait sur leur passage, sans jamais ralentir.

Le sol trembla sous un grondement sourd et continu. Une navette Tau apparut à très basse altitude. Une fois en position stationnaire, elle atterrit sur le toit regroupant le gros des bolters lourds alliés.
Une silhouette blanche descendit de la soute, suivit par un groupe de guerriers de feu, toutes armes prêtes à faire feu.
- Von’Ra… Souffla Miral.
- Il a réussit à nous retrouver ! Ah ! Ce jeunot sait réussir ses entrées, il faut bien lui accorder ça.

Une fois au centre de la place, Miral s’approcha du Mentor Kroot ayant encore le souffle court.
Ses doubles dagues dégoulinaient du sang frais de sa récente moisson.
- Commandeur. L’appela le guerrier d’une voix sifflante.
- Mentor, louée soit arrivée. Votre sauvetage ne sera pas oublié de si tôt, vous pouvez me croire. D’où venez-vous et comment vous-avez-nous trouvé ?
- Commandeur, nous répondrons à ces questions plus tard. Le Shas’El insiste pour vous parler de toute urgence. Nous avons reçu une communication de priorité maximale en provenance du palais.
- Du palais ? Expliquez-vous.
- Je ne peux vous en dire plus, car c’est tout ce que le Shas’El m’a transmit. J’obéis aux ordres, rien de plus, Commandeur. Le Shas’El Von’Ra vous attend à la navette, il requiert votre présence de toute urgence.
- Bien. Dans ce cas, j’irai voir ce que Von’Ra a de si important à me dire. Quant à vous, suivez ces coordonnées, vous y trouverez leur quartier général. Tuez les tous, jusqu’au dernier et le plus vite possible. Le secteur grouille de ces traitres, une fois l’effet de surprise passé, ils reprendront l’avantage, alors soyez rapide.
- A vos ordres Commandeur. Nous frapperons tel le vent, invisible et puissant. Le Mentor attrapa la tablette tendu par Malkesh et se retourna vers le front de la bataille, faisant signe à deux officiers XV25.

Miral se dirigea vers la carcasse de Kori où les dernières flammèches se consumaient. Il mit genou à terre et ouvrit précautionneusement l’exo-armure. Il se saisit délicatement du corps fragile de son frère gravement blessé et se rendit à la zone d’atterrissage de la navette.

Von’Ra vit l’imposante armure Crisis du commandeur s’approcher, l’état du chef-d’œuvre de technologie militaire Tau qu’était l’armure de Miral laisser appréhender la violence des combats que celui-ci venait de subir... Derrière-lui, seule une autre crisis à la démarche boiteuse le suivait.
- C’est un corps ! Lâcha Qinra, époustouflé.
Von’Ra se concentra à nouveau sur Miral et remarqua qu’il transportait quelque chose, où plutôt quelqu’un.
- Equipe médicale ! Hurla-t-il à l’instant même où il réalisa avec horreur ce que le Commandeur tenait dans ses bras.
Miral marchait d’un pas lourd et pesant entre les groupes d’humains remplis d’admiration qui s’écartaient au passage de ce héro représentant toute la gloire de Tau’Va.
Deux Tau et un drone médical se précipitèrent vers le Commandeur muet à la mine sombre et fermée sous son armure. Sans dire un mot, et n’ayant que pour seul compagnon la peine et le chagrin, il posa délicatement son frère d’arme au sol, laissant les médecins prendre en charge le corps meurtri de Kori.
Miral ne bougea pas, immobile il assistait impuissant aux tentatives des médecins de sauver son frère. Sa souffrance et sa haine grandirent, et plus il laissait ses yeux posés sur les restes de son ami, plus celles-ci s’en nourrissaient. Et lorsque Von’Ra vint à ses cotés et posa sa main sur son armure, Miral fit volt face prêt à déchainer toute sa rage incontrôlée sur le Shas’El avant de s’arrêter in extrémis, réalisant l’horreur de son acte.
- Commandeur, je comprends votre peine. L’apaisa Von’Ra en baissant doucement le bras de l’armure de Miral.
Il fit signe aux soigneurs d’emmener Kori dans la navette, loin des yeux du Commandeur.
- J’ai à vous parler. La situation au Palais a changé depuis notre départ. Alors que nous étions dans la navette en direction de votre dernière position connue, nous avons intercepté un fragment de message préoccupant.
Miral resta de marbre alors qu’une deuxième navette amorçait une procédure d’approche.
Réalisant qu’il ne répondrait pas, Von’Ra continua son compte-rendu.
- D’après ce que nous avons pu déchiffrer de la transmission et de nos rapports remontant de toute la planète, les traitres ont lancé une opération d’envergure.
- Ça, Shas’El, je l’avais remarqué ! Cracha Miral, enragé.
- Ce que je voulais dire, Reprit calmement Von’Ra, c’est qu’il semblerait que même le palais soit touché par ses événements. La flotte a même reçu un message d’alerte codée depuis les appartements diplomatiques de la Caste de l’Eau.
- Et quel était la contenance du message ?
- « Les traitres sont dans le palais. »
- C’est tout ? Pesta Miral.
- Je pense que cela est déjà plus que suffisant Commandeur. La flotte prépare actuellement les manœuvres de déploiement planétaire. Ce que nous craignions tant sur ce monde est finalement arrivé. La guerre est inévitable…
- Comme toujours Shas’El, comme toujours… Murmura Miral la mine sombre.
Quels sont nos nouveaux ordres ? Et quand est-il de notre principale mission ? Qui va aller chercher le noble Ethéré prisonnier des fanatiques ?
- Nous n’avons actuellement aucune preuve de sa survie, et encore moins de l’endroit où il pourrait être retenu captif. Cependant, j’ai jugé bon de déléguer le commandement des forces présentes sur zone au Mentor Kroot. Ses compétences ne sont pas discutables et ses troupes continueront la progression vers les quartiers Tau comme il en était initialement prévu. Croyez-moi, il s’en sortira.
- Bien, si vous le dites, qu’il en soit ainsi, le Kroot s’occupera de la situation sur ce front. Et donc ? Quand est-il de notre nouvel objectif ?
Von’Ra inspira brièvement et reprit entre ses mains le descriptif de mission.
- Le noble Ethéré nous envoi sécuriser le palais et trouver le gouverneur ainsi que neutraliser les principaux frondeurs.
Sur ces mots, Miral redressa la tête.
- Parfait, que l’on parte maintenant, j’égorgerai ce bâtard de mes mains.
- Que voulez-dire Shas’O ?
- Je veux dire que je connais le traitre et que je serai la dernière chose qu’il verra avant de lâcher son dernier souffle. Partons maintenant.
- À vos ordres Commandeur. Guerriers, regroupement et décollage.
Tous les Shas ainsi que quelques humains entrèrent dans les deux navettes avant que les S.A.S ne se referment.

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Lun 23 Sep 2013 - 1:17

Bonjour tout le monde !

Je viens vous informer que je suis actuellement entrain de bosser sur les chapitres de ma nouvelle (déjà créé mais pas posté)
Je souhaite réellement les peaufiner le plus possible, et je ne posterai que lorsque je serai satisfait de la quantité écrite.

Et pour me faire pardonner de cette attente, je vous offre une toute nouvelle image du secteur en première page.


Voilou !

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Lun 23 Sep 2013 - 17:52

Je suis bien content que tu puisses continuer ta nouvelle!
J'attends la suite Wink

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Lun 30 Sep 2013 - 10:37

De même, j'attends avec impatience la suite !

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Mer 23 Oct 2013 - 0:38

Bonjour tout le monde, ou plutôt bonsoir....

Après une belle attente je vous l'accorde, voici une suite à ma nouvelle. Ce chapitre est la suite des aventures de Por'Lu et du gouverneur dans le palais Impérial.
J'ai décidé de ne poster qu'un seul chapitre, car je veux changer quelques petites choses sur le reste que j'ai en stock.
Il y a également eu quelques légers ajouts de descriptions et de dialogues dans le chapitre précédent (Chapitre XVI - L'indomptable)
Ajouts plus importants relatifs à l'histoire en fin du chapitre XV - Trahison

Voici la suite :




XVII – REVELATIONS



Malgré tous ses efforts, Por’Lu n’arrivait à se défaire de son nouveau fardeau. Le garde le collait toujours d’aussi près. Sans que rien ne puisse l’écarter de sa tâche, la montagne de muscle grognait par intermittence lorsque son ennui devenait trop pesant et qu’il sentait monter en lui un besoin vital de l’exprimer à autrui.
- Il va falloir jouer serrer, Murmura-t-il pour lui-même.
- Quoi ? Grogna la brute, bien trop près de son oreille droite à son goût.
- Nous voilà arriver ! Répéta-t-il de façon surjouée.
Les étendards brodés de la maisonnée PRD flottaient au plafond. Le Poulpe Rouge au centre des bannières semblaient suivre du regard son avancée hésitante. Mal à l’aise, il passa sa main sur son crâne et pressa le pas.
Même si l’architecture environnante restait théoriquement identique au reste du palais, les décorations accrochées aux flancs des murs dénotaient des intérieurs impériaux traditionnels, généralement terriblement froids, pompeux et impersonnels.
La pluie battante s’écrasait toujours avec cette même violence due aux vents présents à de telles altitudes. Etrangement, la tempête restait terriblement silencieuse sous l’épaisseur protectrice des verres du palais. Une fois écrasées, les goutes ruisselaient en zigzag sur toute la longueur des baies vitrées, capturant au passage une couleur rouge clair provenant des projecteurs des œuvres exposées aux bords des fenêtres.
Au fur et à mesure qu’il avançait vers les appartements privés de son futur sauveur, libérateur de ce chien de garde bien trop curieux, il releva une prédominance de la couleur rouge sur toutes les reliques et tableaux exposés. Des tissus de soies, des œuvres artisanales et autres matériaux raffinés prouvaient le savoir faire de ce peuple, et malgré l’oppression décrite par le Seigneur Claudarion lors de l’arrivée de l’Impérium pour rétablir la « justice » et « l’ordre », la culture du Poulpe de Darnost subsistait face au rouleau compresseur Impérial.

- Vous attendez quoi là au juste hein ?! Vous n’savez pas appuyer sur un bouton ou vous admirez la porte ?
Por’Lu s’arracha à sa rêverie et réalisa qu’ils se trouvaient devant la chambre du Seigneur Claudarion. Sans prendre la peine de répondre au gorille mécontent qui s’impatientait derrière lui, il inspira lentement et sa poitrine se gonfla au son de cette sonnette, scelleuse de destinée.
Le S .A.S s’ouvrit et Por’Lu reconnu les yeux d’or de l’homme se dressant devant lui.
Celui-ci portait toujours ses habits en cuir fin confectionnés de façon artisanale dans les terres du sud à la couleur identique à celle de sa peau, les faisant ainsi se confondre pour un œil inexpérimenté.
Le fait que le seigneur Claudarion lui-même l’accueil le soulagea un bref instant.

-Et bien mon ami, que me vaut le plaisir de votre visite ? S’étonna Claudarion, la mine surprise.
- Le bonheur me ravit également Monseigneur. Il c’est écoulé plus d’une éternité depuis notre dernière discussion.
Claudarion leva un sourcil, interloqué, avant de combler un silence naissant.
- Vous m’honorez, mon ami, mais la flatterie est vaine en ces lieues.
- Soit, j’en prends bonne note. Répondit-il en marquant une courte pause, perturbé par l’échec de sa première tentative.
Por’Lu déglutit avec difficulté sans que son interlocuteur ne semble le remarquer. Ou du moins si celui-ci en avait perçu le moindre signe, l’homme n’en laissa rien paraitre.
Auriez-vous oublié la raison de ma visite ? Mentit-il.
Claudarion fronça les sourcils et secoua la tête d’un air désapprobateur.
D’instinct, il lui coupa la parole avant même qu’un mot ne sorte de la bouche de l’homme.
- Ne vous souvenez-vous pas de notre dernière discussion dans le musé ? Le questionna-t-il.
- Voyons mon ami, vous m’offensez.
- Tel n’en n’était pas mon souhait Monseigneur. J’ai justement réfléchis à vos paroles, et sachez que j’y ai décelé une vérité absolue qui m’était restée cachée depuis de nombreuses années.
Por’Lu vit l’homme se redresser et lever un sourcil, sa curiosité visiblement piquée à vif.
- Tiens donc mon ami, vous réveillez mon insatiable intérêt… Je suis tout ouïe. Oh pardonnez- moi ! Voilà que j’en perds ma politesse ! Je suis décidément incorrigible, je vous en prie, entrez donc vous et votre… compagnon ?
- Oh, veuillez m’excuser, j’ai oublié de vous présenter le garde que l’on m’a aimablement affecté pour ma sécurité.
- Je vois. Lâcha Claudarion d’un ton grave en se frottant le menton. Voyez-vous, ces mesures si fâcheuses semblent être devenues courantes ces jours-ci. Nous vivons en des temps si dangereux.

Intérieurement, Por’Lu commença à paniquer. La situation lui échappait. Si Claudarion sympathisait avec son geôlier, tout serait perdu. Son cerveau entra en ébullition, il devait absolument trouver une phrase assez claire pour que son interlocuteur en saisisse le sens réel sans éveiller le doute chez la brute. En toute une vie de devoir et d’excellence dans les politiques les plus variées, voilà qu’à cet instant précis, rien ne lui venait. Aucune phrase, aucun mot, rien. Seul le néant trônait dans son esprit.
Incapable d’exprimer son impuissance et son désespoir, il resta figé, immobile sous le regard des milliers d’yeux de poulpes, sentant chaque seconde peser comme des heures.
Par le plus grand des miracles, se fut Claudarion lui-même qui le tira de son piège sans issues.

- Mais sachez mon ami, qu’il n’y a aucun dangers chez moi, je vous donne ma parole d’homme du sud que vous ne craigniez rien ici. Aucun mal ne vous y sera fait, et par conséquent votre protecteur peut surveiller l’entrée s’il le souhaite. Je doute fortement que nos discussions le passionnent.
Claudarion se tourna face au soldat de façon théâtrale et plongea ses yeux d’or au plus profond de la montagne de muscle. Celui-ci grogna et alla s’adosser au mur extérieur.
Les deux amis entrèrent dans le salon, laissant l’homme grommeler quelques jurons en bidouillant son fusil. Derrière lui, la porte se referma dans un sifflement sec.
Il était enfin libre !

- Vous voilà à nouveau libre de parler selon votre guise mon ami. Dit Claudarion en s’installant dans le canapé au centre de la pièce.
- Monseigneur, votre aide fut pour moi inestimable. Je vous serai éternellement reconnaissant.
- Allons allons, ne vous-ai-je pas déjà dis que la flatterie n’était pas de rigueur ici. Et maintenant racontez-moi comment vous-vous êtes retrouvé avec votre bête de foire.
- C’est une longue histoire, et je crains de ne pas avoir assez de temps pour que tout soit clair.
- Mon ami, je vous promets d’être aussi attentif que les conditions le permettent.

Por’Lu soupira. Il attrapa une boisson fraiche, s’assit dans l’un des fauteuils vide et débuta son récit.





Le gouverneur Tretios resta tapi dans l’ombre le temps que la relève de la garde s’écarte de son chemin. Il devenait trop dangereux de faire confiance à une personne extérieure à son entourage proche. Et il réalisa alors avec horreur la petitesse de ce fameux « entourage proche » pas grand monde en réalité… Sa fonction de gouverneur l’avait pas à pas éloigné des autres maisonnées qui étaient autrefois alliés, amis, ou même simplement de bonnes connaissances. Sans qu’il ne puisse réellement s’en rendre compte, maintenant, il était bel et bien seul. Seul dans son palais à éviter ses sujets.
Voilà une chose qu’il avait été loin de s’imaginer. Se cacher, pour ne pas être reconnu dans son propre palais… Mais dans quel monde vivait-il…
Garn lui tapota l’épaule pour lui faire comprendre que la voie était à nouveau libre. Un instant plus tard, Tretios déposa son regard sur son « entourage proche ». Cet homme à ses cotés était le dernier rempart face à l’extrême solitude. Un bien si précieux et pourtant tant négligé pendant toutes ces années.
Tretios attrapa le bras de son compagnon et celui-ci, sans même s’arrêter, jeta un regard par-dessus son épaule.

- Garn, si je survis, les choses changeront, je t’en donne ma parole, les choses changeront… Répéta-t-il les yeux plissés, remplient d’une détermination revigorée.
Il n’eu pour réponse qu’un hochement de tête approbateur. Il est vrai que Garn n’était pas connu pour son sens de la communication et de l’échange. Un défaut aisément atténué par une loyauté sans faille et un sang froid résistant à toutes épreuves.
- Nous ne sommes plus très loin Maître. Restez bien derrière moi, et tout ira bi…
Garn plaqua sa main sur le torse de Tretios, le faisant pousser un léger gémissement de surprise.
- Un problème ? Demanda Tretios en reprenant rapidement ses esprits.
- Je pense que nous avons retrouvé notre ami.
- Comment ça ? Expliques-toi donc !
- Le troisième homme, il se trouve juste devant la porte de votre traducteur.
- Devant la porte de Claudarion ? Tu te moques de moi, qu’est-ce que ce gorille vient foutre ici ?
- Aucune idée Maître, mais cela est trop gros pour n’être qu’une simple coïncidence.
Tretios approuva silencieusement de la tête.
- Et que fait-il ?
… Pas de réponse …
- Garn ?? Que fait-il ?
- Et bien, euh … je dirais qu’il … garde la porte d’entrée.
- C’est une blague, c’est purement impossible !
- Moins fort Maître. L’intima Garn.
Le gouverneur leva la main en signe d’excuse et examina la situation.
- Cela voudrait dire que Claudarion serait de mèche avec les traitres ? Demanda-t-il à haute voix plus pour lui-même que pour son compagnon.
Sans grande surprise, celui-ci se contenta de lui répondre par un énième haussement d’épaule flegmatique.
- Bon, quel est le plan ? Une idée ?
Cette fois-ci, Garn prit à nouveau son air songeur et resta silencieux.
Tretios s’impatienta et ouvrit la bouche, mais c’est la voix de Garn qui fut plus rapide à produire des sons.
- Je, … Je pense qu’il faut que vous restiez ici, le garde vous reconnaitrait au premier coup d’œil. Laissez-moi m’approcher de lui, je pense pouvoir déjouer son attention. Ensuite, vous pourrez me rejoindre.
Le gouverneur resta bouche bée quelques secondes.
- Euh, ça semble être un bon plan Garn. Très bien, à toi de jouer.






Claudarion reprit une lampée du délicieux liquide fumant de sa tasse.
- Ce que vous me racontez semble être tiré par les cheveux mon ami.
- Et à mon grand malheur tout cela c’est bien passé.
- Et vous savez quoi ? Le pire dans tout cela, c’est que je vous crois ! Une histoire aussi invraisemblable ne peut être que vraie, surtout en ces temps si troubles. Et je parle par expérience…
Por’Lu soupira de soulagement. Enfin, après tant d’efforts, il n’était plus seul.
- Dites-moi, ce papier incompréhensible, vous l’avez sur vous ?
- A mon grand malheur, j’ai bien peur que oui. Ce n’est qu’une simple feuille, mais par tous les Sept, je m’écroule sous le poids des responsabilités qu’elle impose.
Claudarion sourit, apparemment amusé de la plaisanterie.
- Alors, permettez-moi de partager votre fardeau mon ami. Puis-je la voir ?
Il souhaita répondre lorsqu’un bruit sourd provenant de l’extérieur interrompit la conversation.
Sans un mot, ils échangèrent un regard inquiet. L’instant suivant, la porte s’ouvrit révélant deux silhouettes en contrejour.
Claudarion ne se démonta pas, et se leva en demandant d’une voix aussi intimidante que la situation lui permettait.
- Qui êtes-vous, et que venez-vous faire dans ma demeure ? Por’Lu remarqua étonnement que son ami ne surjouait pas. La posture féline, l’œil menaçant, scrutant les nouveaux venus pénétrer chez lui, Claudarion attendait une réponse qui se faisait désirer.
- Je vous somme de me répondre.
- Taisez-vous. C’est nous qui allons poser les questions et vous allez y répondre bien gentiment.
Cette voix… Elle lui était familière…
Finalement assez avancé dans l’appartement, Por’Lu reconnut le gouverneur Tretios l’arme au poing.
- Gou… Gouverneur ?
Se surprenant lui-même, Por’Lu se leva de son siège et fit face au gouverneur qui tenait toujours fermement son arme enjoue.
- Que tous les Ethérés vous bénissent ! Je vous cherchais depuis si longtemps ! J’ai ce que vous m’avez demandé ! J’ai la première page du livre !
Tretios leva un sourcil visiblement interloqué et baissa son arme.
- Bordel, mais qu’est-ce que vous foutez là ? J’y comprends plus rien là. Ajouta-t-il en direction de son compagnon qui se contenta d’hausser les épaules. Vous pouvez m’expliquer à quoi tout cela rime ?
Por’Lu lâcha un léger ricanement.
- Vous êtes en retard gouverneur, je viens de finir de raconter toute mon histoire au Seigneur Claudarion.
Apparemment, personne à part lui ne trouva l’ironie de la situation suffisamment drôle pour daigner lâcher un sourire…

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Mer 23 Oct 2013 - 15:40

On reste un peu sur sa faim avec ça Wink, c'est pas assez! (Et oui je suis exigeant x) )

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Mer 23 Oct 2013 - 16:01

Citation :
On reste un peu sur sa faim avec ça
Oui oui, je sais bien Very Happy
J'appelle ce chapitre "le creux de la vague", rien ne s'y passe, et ça été assez dur de le mettre en oeuvre étant donné qu'il ne fallait pas qu'il soit trop ennuyant mais il est indispensable pour la suite de l'histoire, du coup obligé d'y passer^^.
(C'était l'une de raisons qui ont fait que c'était aussi long) Maudit creux de vague !

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