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 [Nouvelle] La Croisée en Flammes

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12-15 Plutôt pas mal, on accroche bien !
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15-17 Superbe la nouvelle ! Vite une suite !
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17+ Yo mec, je suis un lèche botte :D
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AuteurMessage
Herezy
Marine Devastator
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Messages : 28
Date d'inscription : 17/11/2012

MessageSujet: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Mer 12 Déc 2012 - 16:23

Bonjour tout le monde !
Je viens ici pour vous conter une histoire s'étant passé dans le Secteur Daryniss.



Quelques mots de l'auteur :  (moi même  Very Happy  )
J'ai commencé ma nouvelle en voulant aider des joueurs de Rôle Play.
Étonnement,j'ai pris énormément de plaisir. J'ai donc voulu pousser plus loin mon expérience.
Et voila comment ma belle nouvelle est née !
Je m'excuse d'avance pour les fautes et quelques mauvaises tournures de phrases. (Même si j'en ai corrigé la plus grande partie, il en reste encore beaucoup que je m'atèle à les supprimer quotidiennement.)

Ce qui m'a vraiment plu dans cette nouvelle c'est la difficulté liée au comportement des Tau.
Je m'explique, j'ai lus plusieurs nouvelles sur les Tau, et à de nombreuses reprises les auteurs les faisaient se comporter comme de simples humains de la garde impériale.  No
Or, ceux-ci sont bien plus réservés, n'exposant leurs sentiments qu'en de rares occasions. Ils ne sont pas pour autant froids et vides d’intérêts tel un mur blanc sans taches. Non, leur comportement est tout simplement plus subtil à appréhender.
Étrangement, ils se rapprochent plus des Space Marines, et c'est pourquoi je me suis beaucoup inspiré de bouquins faisant inter-agir les guerriers d'élites de l'Empereur de l'Humanité.
Si l'on veut être réellement pointilleux, leur comportement se trouve entre le garde impérial lambda et le Space Marine.


Pour ceux qui ne connaissent en rien l'univers de Warhammer 40.000, cette nouvelle risque de vous paraitre confuse et vous risquez de passer à coté de certains termes, factions et des anecdotes qu'offre ma nouvelle. Pour cela, je m'en excuse.

Cependant, votre avis n'est pas pour autant inutile, bien au contraire ! Les personnes ignorants ce fantastique univers auront un oeil différent sur mes textes, et par conséquent, pourront me questionner sur des points flous dont les fans n'auraient pas eu besoin d'éclaircissement.  

Si vous n'avez pas assez de temps pour donner votre avis, vous pouvez toujours noter grâce au sondage !  Very Happy

Bon, assez parlé !Je vous souhaite à tous une agréable lecture.
Maintenant place à la nouvelle !

Illustration en image du secteur :





Voici l'introduction :


PREMIER CYCLE



PREFACE




…Quelques années auparavant…

« Ici, nous ne combattons pas seulement les orks. Non, ici, la planète elle-même nous affronte. Tout ce qui se trouve sur ce monde nous est hostile mais cela mes frères, n’a pas d’importance... Car tout, finira par bruler. Telle est la volonté du Bien Suprême. »
Shas’O Miral. Commandeur des forces alliées de Gorroka VII.

La nuit tombait sur les jungles infinies de Gorroka VII. Les stratégies d’assauts Mont’Ka initialement envisagées se révélèrent inefficaces face à la masse insondable d’orks sauvages. Après deux semaines de combats sanglants, et la mort du premier Shas’O commandant l’opération, de nouvelles tactiques audacieuses furent mises en œuvres grâce au Commandeur Shas’O Miral, leadeur à la renommée grandissante, qui dirigeait maintenant toutes les forces alliées à la surface.
Sa première décision fut de bombarder avec des engins incendiaires la surface de la planète. Dénaturant le terrain et créant artificiellement des clairières, Miral permit à ses forces d’installer un premier avant-poste de campagne capable de se protéger grâce à une petite ligne de défense. En moins d’un mois, cette même ligne s’étendit de Pôle en Pôle sur plusieurs centaines de kilomètres.
Toutes les terres à l’Est des fortifications furent terraformées en d’immenses prairies, tandis qu’à l’Ouest, la jungle primaire continuait de vomir son flot permanent de peaux-vertes.

Les soldats de la ligne de défense planétaire, érigée contre la menace ork, scrutaient la flore envahissante, à la recherche d’activités hostiles. Déjà six jours et cinq nuits que les peaux-vertes se déversaient des forêts. Six jours durant lesquels ils repoussèrent quotidiennement la colère de la marée verte.

Miral observait depuis son piédestal la jungle dense devenue insondable avec l’obscurité grandissante. Une légère brise fraiche soufflait sur son torse blindé. La vue que lui offrait le promontoire regonflait son cœur de fierté. Partout où sa vision se perdait, il y contemplait la puissance incontestable de l’Empire.
Ses guerriers, ses blindés, les forces auxiliaires, tous se positionnaient selon ses ordres. Seule La machine de guerre, entourée de six hammerhead, trônait, tel un dieu de la guerre face à son peuple.
Immobile, impassible, ses canons de la taille d’une crisis ronronnaient paisiblement, les moteurs tournant au ralenti...
Une chose restait certaine. La Riptide ne tomberait pas.

- Je sens leur puanteur d’ici. Ils arrivent…
L’imposante armure Crisis du Shas’O activa ses armes et descendit d’un pas lourd rejoindre les soldats en première ligne. Il traversa le campement où tous s’afféraient à préparer les défenses de l’ultime bataille.
Sous la lune émergeante d’un calme annonciateur de malheurs, neuf groupes de chasse attendaient patiemment l’approche de la tempête qui allait s’abattre sur eux.

- Ouvrez un canal général pour toutes les forces en présence. Ordonna le Commandeur.
Mes frères, cette nuit s’annonce comme la plus grande bataille que vous connaitrez. Cette nuit, nous allons montrer à ces sauvages la valeur de notre Empire.
Par notre courage, ils nous craindront, par notre honneur, ils nous respecteront, et par notre force, ils mourront. Combattez comme jamais, et demain à l’aube, sous un levé de soleil rouge sang, nous contemplerons notre victoire. Guerriers, combattez pour l’Empire, combattez pour T’au !
Une ovation massive de plusieurs milliers de guerriers vint accueillir ses encouragements.
Miral coupa la communication, et se retourna face a sa garde personnelle.
Quatre machines de guerre, prête à répandre la juste colère du Bien Suprême l’observaient, pleines d’admirations et débordantes de fureurs. Palastau, Delman, Kori et son frère de sang ; Menro’Fior, tous ne rêvaient que d’une chose ; prouvez leur valeur face aux sauvages insultant l’Empire.
- Mes frères. S’adressa-t-il à voix basse. Que cette chasse soit glorieuse !
Sa garde lui répondit par un unique cri de guerre.

- Contact ! Hurla une voix dans son oreillette.
- Ne tirez pas ! Attendez mon ordre…
Toutes les armes s’activèrent, à l’unisson. Seule la Riptide dénota du concert, grondant d’un bruit sourd.
- Maintenant !
Un déluge de tir bleuté s’abattit sur les silhouettes s’extirpant de la jungle épaisse.
WAAAAAAAGGGHHHHHHH !!!

Un rail de lumière déchira l’air et vint détruire un véhicule grossier, construit avec des matériaux de récupération. Le Hammerhead déversait sans discontinuer toute la puissance de feu que la Caste de la Terre lui avait offert. Miral se retourna vers le front principal, son canon à plasma subtilisant la vie à chaque tir.
Une pluie de missile frappa la masse grouillante une trentaine de mètres devant la ligne de défense, créant un trou béant, vidé de peaux-vertes. En moins d’une demi seconde, les forces arrivant de la jungle l’investirent à nouveau.
À perte de vue, sur toute la ligne de front, Miral apercevait ses guerriers combattre avec une fureur sans bornes.
Depuis l’arrière garde, un vrombissement s’intensifia.
Une nuée innombrable de drones le survola. Les machines de guerre allèrent répandre la mort dans lignes ennemies sans s’inquiéter de leur sort. Par centaines, elles s’enfoncèrent dans la marée ork, crachant la mort et esquivant habilement d’un balancement les coups de hache des peaux-vertes enragés par les machines volantes hors de portée.
La précision ici n’était pas utile. La densité de monstres était telle que même un enfant aurait fait mouche.
Les éclaireurs n’avaient pas mentis. La force principale du chef de guerre ork nommé « Grotad’planch » jaillissait sans interruption des enfers.

Sa garde et lui-même repoussaient tant bien que mal les barbares belliqueux. Tous les orks trop téméraires qui tentaient d’escalader la palissade finissaient en charpie, massacrés par l’un des guerriers d’élite de Miral.
Plus loin derrière eux, la présence de l’exo armure monumentale insufflait une vigueur renouvelée aux Tau se trouvant à proximité. Ceux-ci redoublaient d’efforts pour tenir en échec l’envahisseur sauvage.
Les Shas’La tenaient leurs positions fermement et délivraient la puissance de feu de leurs armes à impulsions, supprimant des orks par centaines.
Plus ils terrassaient de peaux-vertes, plus il devenait facile pour les nouveaux arrivants d’accéder aux guerriers de feu dispatchés sur la palissade, ceux-ci se servant des corps de leur semblables comme escalier naturel.
Malgré leur puissance de feu incomparable, des brèches apparurent dans la ligne de défense beaucoup trop étendu pour être correctement défendu. Certains points stratégiques finirent par céder sous les assauts interminables des barbares sanguinaires, suivit par les premiers cris de paniques de Shas’La embourbés au corps à corps contre les mastodontes de chair.

- QG, au rapport ! Quel est la situation ?! Hurla Miral dans le tumulte de la bataille.
- Commandeur, plusieurs équipes de tir sont tombées. Nous avons des brèches sur plus de quarante zones ! La ligne de défense n’est plus tenable ! Nos forces se font encercler ! Il faut nous replier !
- NON ! C’est encore trop tôt ! Trop peu d’entre eux sont tomb…
Miral assomma un ork en vol qui le chargeait de face.
- C’est trop tôt QG ! Vous m’entendez ? Il faut encore tenir ! Répéta-t-il dans son vox.
… Aucune réponse…
- QG ?!
- Trop tard commandeur. Le noble Ethéré vient de confirmer l’ordre de repli vers le bastion.
- Par tous les Septs !
Miral ragea et coupa la communication.
Tout autour de lui, les Shas’La se retrouvaient à leurs grands malheurs englués dans des combats en mêlée leur étant fatals. Le repli désorganisé exigé par l’Ethéré risquait de compromettre toute la mission.

- Equipes auxiliaires ! Intervention immédiate !
- À vos ordres Shas’O. Siffla une voix non-Tau.
Un piaillement aigue retentit depuis l’arrière garde, reprit sur le front par des milliers d’autres hurlements.
Miral risqua un coup d’œil sur sa droite, et sur toute la distance de vue que lui offraient ses yeux, il aperçût la charge massive de milliers de kroots, fonçant tête baissée contre les peaux-vertes. Les deux masses se percutèrent d’un choc à l’impact titanesque.
Alors qu’il continuait d’admirer le courage de ses guerriers alliés à l’Empire, à trois cent mètres en face de lui, Miral vit un pan de la palissade, ainsi que tous les guerriers de feu s’y trouvant disparaitre sous une explosion phénoménale, emportant une quinzaine de mètres de mur. Depuis les flammes, Miral distingua une silhouette gigantesque traverser le brasier.
La démarche pesante dans une armure monstrueuse, le colosse recouvert de plaques de métal fondu collées sur sa peau représentait l’archétype même de la brutalité. Des piques acérées s’érigeaient dans toutes les directions, interdisant à tout ennemi de l’approcher.
Véritable forteresse de chair, le monstre propageait une peur bestiale indescriptible.
Divers ornements trônaient sur une planche accrochée dans son dos tel un étendard. Des casques de Space Marines, des crânes, des dents, mais aussi le heaume du premier Shas’O se retrouvaient exposés fièrement, trimballés comme de vulgaires trophées de guerre.
Une fois dans l’enceinte, aux yeux de tous, le big boss brandit son marteau vers les cieux et rugit de rage.
Derrière l’ork colossal, une bestiole d’une taille incommensurable déboula par l’ouverture fraichement créée. Le monstre à quatre pattes hurla un beuglement rauque et guttural et Miral sentit un frisson lui traverser l’échine. Un son grave ultrasonique informa le Commandeur que la Super-exo armure chargeait ses armes en réponse à la nouvelle menace.

- Une brèche ! Une brèche sur notre droite ! Hurla Palastau.
Un projectile s’encastra dans son armure et Miral jura de colère en voyant surgir la marée verte.
- Mes frères, repli vers les ruines vite !
- À vos ordres Maitre. Confirma unanimement l’escouade d’honneur.
En bon ordre, les crisis repoussèrent les peaux-vertes considérés comme trop près du commandeur.
Un devilfish les contourna, fonçant à toute allure vers un groupe de guerriers de feu encerclés par des orks enragés.
Miral vit les huit soldats survivant s’engouffrer dans la carlingue de leur sauveur.
Le transport de troupe fit demi-tour, ces moteurs à pleine puissance vers la zone de repli.
Miral activa à nouveau son vox sur le réseau global.
- À toutes les forces en première ligne, repliez vous vers le village. Abandonnez la palissade !
Dans son dos, les géants s’expliquaient.
Aussi tentant que cela pouvait être, Miral ne perdit pas une seconde à observer l’affrontement ultime et se contenta d’entendre le dieu de la guerre expulser toute la fureur de ses armes sur le Squiggoth…

Le bastion Tau surplombait les ruines d’un village détruit par les âges. La race alien depuis longtemps éteinte avait laissé derrière elle des bâtiments en pierre, recouverts d’une végétation proliférante.
Comme prévu, les Tau se regroupaient à toute hâte tout autour du QG.
Plus les ruelles remontaient vers le bastion, plus elles se rétrécissaient, se transformant en véritable gouleau d’étranglement qui offraient des angles de tir parfaits pour les défenseurs Tau.
Miral prit position dans l’allée principale où plus d’une centaine de guerriers de feu adoptaient leurs nouvelles positions.
Quatre Hammerhead accompagnés de deux Skyray soutenaient les équipes au sol.
- Où sont les autres unités ? Demanda Miral au Shas’Ui à la tête d’un regroupement de plusieurs escouades crisis.
- Pas ici commandeur, c’est tout ce que je peux vous dire… Répondit l’interpelé, le souffle court.
- Et vous êtes ?
-Shas’Ui Malkesh. J’ai regroupé un petit nombre de crisis encore en vie avant de venir préparer les défenses sur cette zone commandeur.
- Bon travail soldat, continuez le redéploiement.
Miral se retourna face à ses frères.
- Nous sommes trop peu. Chuchota Delman. Nous ne tiendrons pas…
- Il va pourtant le falloir mes frères.

- Ennemis en approche, par l’ouest et le nord ! Annonça l’équipe de cibleurs camouflée dans la tour en ruine à l’entrée de la citée.
- Compris. Acquiesça le Shas’O. Nous ne pouvons plus attendre. QG, ici Miral, déployez la chasse, maintenant.
- Mais commandeur, toutes nos équipes ne se sont pas encore repliées ! Les kroots combattent encore !
- C’est un ordre Shas. Obéissez !
- À vos ordres commandeur… Equipes de barracuda en route.
La flottille de volants aligna sa trajectoire en parallèle aux restes de la ligne de défense. Tous les engins explosifs et inflammatoires déposés volontairement par le personnel avant l’engagement entrainèrent une réaction en chaine incommensurable. La déflagration, visible depuis l’espace se répandit telle une trainée d’or, illuminant dans la nuit obscure toute une partie de la planète. Des milliers de peaux-vertes se retrouvèrent carbonisés, enveloppés d’un manteau de feu large de plusieurs kilomètres.
Depuis les ruines, Miral sentit la chaleur du brasier se déroulant plus loin dans la plaine lécher son torse blindé.
- Contact visuel confirmé.
Miral opina de la tête.
- Guerriers, faisons en sorte que nos frères ne soient pas morts en vain ! Tuez-les tous ! Jusqu’au dernier !
Sur ces mots, les hammerhead déchargèrent leurs flots d’énergies sur la masse grouillante s’engouffrant dans l’allée. De toutes parts, les Tau crachaient un déluge de mort sur les sauvages. Sans être perturbé le moins du monde, les orks arrivèrent enfin au contact, massacrant les guerriers isolés et posant des explosifs de fortune sur les blindés Tau.
En moins d’un quart d’heure, l’allée principale fut perdue et les rares survivants se replièrent devant les portes du Bastion.
À nouveau, les Tau abandonnèrent l’entrée en une poignée de minutes.
Ils se replièrent dans la cour, dernier refuge possible pour les soldats en état d’épuisement avancé.

- Il faut tenir ! Gronda Miral aux quelques guerriers encore capable de se battre.
- Jusqu'à la mort Maitre. Répondit Palastau, essoufflé.
- Jusqu’à la mort reprirent Kori et Menro’Fior.
Comme beaucoup d’autres, Delman n’avait malheureusement pas survécu à la défense des ruines.
Sept guerriers de feu ainsi que trois crisis avaient également réussit à sortir de cet enfer. Miral reconnut l’armure du Shas’Ui qui avait organisé les défenses. Sa crisis était dans un état déplorable, mais malgré tout, elle brillait d’une intense lueur qui se dégageait d’une étrange lame qu’il tenait fermement dans sa main blindée.

- Shas’O ! L’interpela une voix depuis un balcon de la tour.
- Oui Aun ?
- Qu’attendez-vous ? Par le Bien Suprême, vous devez repousser ces monstres du bastion ! Cette base nous est vitale. Le poste de commandement ne doit pas tomber. Le succès de l’opération dépend de vous Shas’O.
Un nouveau coup de bélier vint frapper les doubles portes du bastion, et Miral se contenta d’hocher la tête en guise de réponse.
- Au prochain, le blindage va céder, c’est certain. Grommela Kori, la mine sombre.
- Alors accueillons-les de la manière la plus chaleureuse possible. Ajouta Palastau, activant son lance flammes fixé sur son bras.
Comme pour confirmer ses dires, les portes volèrent en éclat sous la violence du choc.
Une hache grossière s’encastra dans le torse d’un Shas’La, qui s’écroula dans un grognement d’agonie teintée d’une pointe d’étonnement.
Dans une rage renouvelée, les Tau répandirent leurs courroux sur les créatures blasphématoires. Les orks qui pénétraient dans la cour étaient différents des monstres sauvages qu’ils avaient massacrés par centaines. Ceux-là, portaient des armures lourdes ouvragées et plus imposantes, amplifiant leur taille déjà conséquente.

Un beuglement sauvage déchira le vacarme de l’affrontement.
Les mastodontes en armures se stoppèrent, frustrés de ne pas pouvoir laisser cour à leur colère sur leurs victimes pris au piège.
Les Tau profitèrent de cette brève accalmie pour recharger leurs armes, et trouver de meilleurs couverts.
Le sol trembla sous des bruits de pas réguliers. Un ork titanesque apparut à l’encablure des doubles portes.
Miral reconnu la créature qui avait enfoncée quelques heures plus tôt la ligne de défense avec une bête titanesque d’un autre âge.

- Bandes d’avortons ! Vous zalez arrêter de fuir oui ?! Moi et mes boys on en a marre de kourrir derrière vous ! On veut d’la BASTON et j’vais tous vous Kraser ! Où k’il est vot’ chef ?! K’on en finisse !

- Maitre. Voxa discrètement Kori sur le canal de l’escouade. Notre dernière chance s’offre à nous. Si leur chef tombe, ces barbares s’entre-tueront pour prendre sa place.
- Alors nous savons ce qu’il nous reste à faire. Conclu Miral.
- Vous zalez répondre oui ?! Bande d’avortons, j’ai pas k’sa à faire !
-Shas’O ! Hurla l’éthéré. Tuez cet infâme animal !
- KOAA ? Silence avorton !
Le Big Boss leva le bras en direction du balcon et harponna le jeune Ethéré en plein torse. D’un coup sec, il le fit basculer par-dessus la rambarde. Le conseiller chuta sans bruit, le regard hagard, ses deux mains agrippant le grappin qui le transperçait de par en par. De son bras gauche, Grotad’planch empala le jeune noble sur son épée tronçonneuse en activation avant que sa carcasse ne s’écrase au sol. Le son répugnant de l’arme broyant les os de sa pauvre victime fit lâcher de nouveaux gloussements aux peaux-vertes.
- Belle prise chef ! Beugla l’un des lieutenants d’un rire guttural.

Même si Miral trouvait ce jeune Aun incompétent et inexpérimenté, son horrible sort le révolta.
- Approche un peu misérable sauvage. Je vais mettre un terme à ta méprisable existence.
- WAAAAGGHHH !!

Le Big Boss ork se jeta sur le groupe de Crisis regroupé au centre de la cour, suivit par ses lieutenants impatients de reprendre leurs affaires là où ils les avaient laissées.
Chaque monstre chargea une Crisis.
Palastau enveloppa sa cible d’un torrent de feu et l’extermina d’un coup de fuseur à courte portée.
Le Shas’Ui Malkesh trancha en deux trois lieutenants ork d’un coup sec horizontal de sa lame alien.
Kori cracha une pluie de tir sans discontinuer sur celui qui avait été assez fou pour l’attaquer.
Un Shas’Ui en Crisis annihila un autre monstre d’un tir de fuseur avant de se faire ouvrir en deux par derrière.
Miral Supprima un premier ork en trois coups de plasma avant de se retrouver face au géant de chair. D’un geste adroit, sa lame se dégagea de sa fente et il para in extremis le coup de massue du big boss. De son bras libre, il ouvrit le feu à courte porté en plein torse du monstre.
Grotad’planch hurla de rage, crachant des filets de bave sur l’armure de Miral. Le mastodonte agrippa Miral et le souleva du sol dans un cri plein de colère.
- Tu vas krever !
- C’est ce qu’on va voir.
Miral se débâtit et de sa jambe droite, il heurta de toutes ses forces la mâchoire du titan. Le monstre lâcha sa massue, sonné. Miral en profita et sortit de la terrible étreinte du big boss. Il retomba au sol, prêt à venger l’affront commis. L’Ork fut plus rapide que lui et l’envoya valser d’un coup de crâne.
Le peau-verte ramassa son arme et vint se placer au dessus de Miral.
- Voilà ! J’tais dompté vermisseau ! PERSONNE ne résiste aux Zorks !

Menro’Fior fondit, ses réacteurs à pleine puissance sur le big boss. Celui-ci n’eut à peine le temps de lever les yeux pour apercevoir l’armure blindé venir le percuter dans un fracas monumental.
Grotad’planch s’écrasa une dizaine de mètres plus loin sur un générateur à plasma.
Menro’Fior aida son frère de sang à se relever.
- Que ferais-tu sans moi mon frère ?
- Je me le demande chaque jour. Rétorqua Miral encore sonné.
- Bien, finissons-en.

Menro’Fior laissa son frère reprendre ses esprits et s’avança vers l’ork qui beuglait de haine.
- Tu as assez causé de tort sur ce monde, saleté de sauvage.
Le Shas’Vre tira un unique coup de fuseur dans le réacteur à plasma juste derrière l’ork.
La puissance de l’explosion illumina la cour et Menro’Fior chuta au sol, déstabilisé par le souffle.
Le big boss s’envola jusqu’à l’angle opposé des fortifications, balayé comme un vulgaire moucheron. Dans un fracas de métal, le mastodonte s’étala de toute sa masse sur la terre ensanglantée.
Ils avaient vaincu. Le monstre n’était plus.

Ce fut au tour de Miral de se trouver au pied de son frère.
- Que ferais-tu sans moi mon frère ? Répéta amicalement Miral.
- Tellement de choses… Tellement de choses…
- Joli tir. Le félicita-t-il. Je pense qu’il ne nous gênera plus maintenant.
- Cet ordure nous a causé assez de problèmes, il fallait en finir une bonne fois toute.
Sous son casque Miral sourit de fierté. Son frère serait un grand Shas’O. Et avec la mort du monstre la promotion tant attendu se montrerait surement.

Derrière les deux crisis, le colosse se relevait péniblement sous des gémissements de rage. Son bras droit était complètement arraché, mais le monstre n’en n’avait cure. Un regard noir de haine brulait dans les yeux du titan, une fureur inarrêtable forçait la bête à combattre malgré ses blessures mortelles.
- Par tous les Sept. Souffla Miral.
D’une vitesse surhumaine l’ork chargea en pleine face le Commandeur qui valdingua au sol.
Grotad’planch se retourna vers Menro’Fior qui venait de se relever. De sa carrure monumentale, il fixa le Tau, plein de fureur et lui décrocha un revers de son bras restant mais Menro’Fior esquiva par reflexe.
Le mastodonte beugla, littéralement prit de folie et frappa un second coup de son épée tronçonneuse disproportionnée fixée sur son bras encore valide.
Menro’Fior para l’attaque de sa main qui se découpa instantanément.
Le monstre enchaina frénétiquement coups par coups, poussant le Shas’Vre dos au Bastion.
Pris au piège, Menro’Fior se retrouva bloqué, incapable de bouger. L’Ork beugla de rage et envoya un coup de genou dans le torse du Shas, le plaquant contre le mur. Miral vit l’immense épée barbare s’enfoncer dans le blindage de l’armure de son frère, accompagné d’un hurlement d’agoni.
- Menro, NON!!
Miral s’emporta, possédé par une rage bestiale et se jeta sur Grotad’planch.
L'horreur verte continuait de ricaner de plaisir, laissant tourner son arme dans l’armure sans vie du Tau. Miral atterrit un mètre derrière lui, et d’un unique coup d’estoc, il transperça lentement de sa lame l’arrière du crâne de la créature. La pointe ressortit entre les deux yeux de la bête qui commençait à réaliser le sort qui lui était réservé.
- Personne ne me dompte vermine !
Miral se détourna du cadavre de la bête et attrapa le casque du Shas’O fixé sur l’étendard.
- Ce casque mon frère, tu le méritais…









« L’insidieuse influence de ces créatures ne doit pas être sous estimée. Même s’il n’est pas de mon ressort de conseiller des actions, je prie les lecteurs de ce document confidentiel de poursuivre avec vigueur la persécution de ces xénos hérétiques partout où ils les trouveront. »
Zachary Santiago. Genetor Secundus. Adeptus Mechanicus. Transmission codée. Destination : Mars.

« Les anciens récits de l’humanité nous ont prouvés, qu’autrefois, la race humaine, débarrassée de ses dieux et de l’obscurantisme, connut une Ere glorieuse et civilisée.
Se basant sur la raison et la technologie, leur idéologie les portèrent jusqu’aux confins de cette galaxie.
Ces temps oubliés nous prouvent la fragilité de notre cause et qu’il ne nous faut en aucun cas relâcher notre garde. »

Aun’Fe, ou « Le Très Sage ». Haut Conseiller de la dix-huitième flotte coloniale.  

D’Alkaria était une planète vierge, isolée de tout contact. Tournant autour d’une petite étoile blanche, son climat tempéré s’étendait sur plus de quatre-vingt pour-cent de sa surface.
Disposant d’une richesse environnementale renversante, la faune et la flore regorgeaient d’une nature primitive intacte, aux couleurs et formes encore épargnées par le passage de la civilisation.
Le jeune peuple indigène sous-civilisé accueillit avec enthousiasme « la magie des êtres du dessus » et en contre partie, de petites villes Tau naquirent sur la surface de la planète.
Intrigué par les ouï-dire, de nombreux riches ou curieux en provenance de toutes les régions voisines vinrent découvrir les beautés qu’offraient ce monde inchangé depuis sa création.
Très rapidement, les marchands exploitèrent ce filon et une puissante industrie du tourisme vit le jour.
Officiellement, D’Alkaria devint un monde de détente et de rapprochement auprès de la nature.
Cependant, l’installation des Tau dans ce secteur galactique venait d’un projet bien plus sérieux et réfléchit. A l’origine, cette planète fut colonisée afin de disposer d’une zone de lancement pour de nouvelles missions d'expansions. Et cet objectif n’était en rien oublié par la caste dirigeante…

Les astres étoilés parsemaient le ciel tel des petites lucioles isolées.
La vue depuis l’immense observatoire du spatiaux-port de la colonie rendait le spectacle unique.
Les puissants projecteurs d'une couleur blanc électrique se noyaient dans le ciel illuminé par les trois lunes en orbite. Celles-ci créaient des ombres multiples, changeantes et en perpétuels mouvements, demandant un temps d'adaptation au personnel s'activant dans la cour extérieure du principale complexe.
La luminosité des lunes réverbérait sur les murs lisses de gris métal des plus grosses structures de la colonie.
Plus haut, une silhouette à l'une des baies-vitrées du bâtiment principal se distinguait, immobile au milieu de ce fourmillement d'activités des plateformes en contrebas.

Partout ou sa vision se perdait, il n’y rencontrait que l’espace et toutes ses beautés si éphémères à l’échelle galactique. Elle lui apportait réconfort et soulagement sans qu'il ne puisse se l’expliquer.
L’illustre sage se tenait face à une vitre, impassible, dans l’une des salles du haut conseil.
Derrière lui, un regroupement de nobles dans leurs plus beaux habits discutaient et échangeaient leurs opinions.
- En êtes-vous vraiment certain ? Questionna l’une des silhouettes dans la pénombre derrière lui.
- C’est un risque à prendre.
- La lumière du Bien Suprême nous guide, nous ne pouvons nous tromper. Répondit l'un d'entre eux avec une plus grande ferveur.
- Votre choix m’étonne, rétorqua un autre assis plus loin dans un fauteuil. Ne devrions-nous pas choisir un membre plus stable ? Sa réputation le précède et il serait fort regrettable que nos projets soient compromis par un individu incontrôlable.
- Incontrôlable? Reprit l'un des membres d'un ton mauvais. Ne vous sentez vous donc pas à la hauteur de le tenir en laisse Aun’Jfa ?
- La question n’est pas là, apaisa le premier interlocuteur. Ce projet est d’une importance cruciale. De lourds moyens ont été mis en œuvre pour qu’il puisse être mené à bien. Rien ne doit être laissé au hasard.
- Alors pourquoi lui ?
Un bref silence fut marqué par cette question gênante et les objections repartirent de plus bel...
La discussion continua encore pendant plusieurs minutes. Tous parlèrent et il les écoutait.
Chacun donnait son avis, le Bien Suprême prônait la mise en avant du collectif face à l’individualisme.
« Nos esprits sont des petites lueurs perdues dans l’immensité obscure, mais réunis, par le Bien Suprême, elles brillent d’une intensité si forte ! »
Pour le moment il se contentait de garder en tête les objections les plus fréquentes. Pour que tous acceptent son point de vue, Aun’Fe devait construire un discours argumenté et d’une telle ferveur qu’aucun ne puisse douter.
- Mes amis, finit-il par lâcher. Et tout le conseil s’interrompit. Il attendit que tout son auditoire lui prête pleinement attention avant de continuer sur un ton calme et serein.
- La tâche qui nous incombe est ardue, je vous l’accorde. Mais, ne nous laissons pas aveugler par des préoccupations futiles. Il se retourna face au conseil et tous l’écoutèrent attentivement.
- Comme ces astres derrière moi, notre projet s’accomplira sur une échelle de temps bien plus longue qu’il ne l’est pensable. Dans les âges, nos projets se répercuteront. Nos actes forgent l’Histoire. Agissons de façon à ce que nos descendants se souviennent de nos efforts faits au nom du Bien Suprême. Ceci mes amis, n’est que le commencement d’une nouvelle Ere. Nos fils et nos filles bâtiront sur nos fondations l’Empire unifié et juste que nous méritons tous. L’obscurantisme et la superstition sont un fléau qui ravage cette galaxie. L'Impérium mourant de l'Humanité s'écroule de toutes parts, ses fondations corrompues par la traîtrise et le mensonge. Faisons en sorte mes frères, de ne pas répéter cette erreur si chèrement payée. La galaxie mérite plus, vous le savez tout autant que moi. Éclairons par la science et la raison ces mondes meurtris sous le joug de cette dictature irraisonnée.
La voix du sage traversait les chairs, pénétrant au plus profond de chaque âme présente dans la salle. Il laissait volontairement ses phrases peser dans un silence de cathédrale pour que tous en comprennent l’enjeu.
- Par conséquent, notre vision doit s'adapter sur le long terme qu’exige ce projet.
Ici, nous décidons de la construction d’un pan entier de notre civilisation.
Ici se joue le futur de la troisième phase d’expansion. Le sage fit une nouvelle pause et fixa droit dans les yeux, l’un après l’autre tous les conseillers réunis.
N'oubliez pas que l'union de notre race prévaut sur tout. Écartez un général compétent pour un commandement douteux et vous alimenterez la gangrène de la division.
Dans ses paroles, le haut conseiller dégagea une véritable aura qui propageait dans toute la salle la détermination de ses convictions.
- Ce mal, nous l'avons connu mes frères. Ce mal, peut facilement causer notre perte.
Ce mal, nous devons le combattre, en permanence, et sur tous les fronts. Tel est notre devoir. Le devoir de tous les Éthérés.
A l’énonciation d’une des plus sombres périodes qu’est connue la race, tous se refermèrent sur eux même. Comme si, malgré les millénaires passés, tous continuaient de ressentir la souffrance de l’ancienne Ere.
Après une légère pause, il se détourna lentement vers la console au centre de la table et pointa sur la carte stellaire leur prochaine destination. L’assemblée resta impassible, encore perturbée par le sermon de leur frère Éthéré.
- La dix-huitième flotte entamera la colonisation du secteur de la Croisé de la Corne.
Nos marchands y sont déjà présents, le secteur dispose de zones faciles à coloniser et les populations humaines présentes font face aux doutes. Il est de notre devoir de les éclairer.
Le commandeur Miral sera attribué à cette mission, mais nous ne le laisserons pas seul. Un groupe exceptionnel de six d’entre nous embarquera à bord.
- Miral ?! S’étonna un conseiller.
- Un problème chers Aun’Riu ? Ne le pensez-vous pas capable d’accomplir cette mission, ou douteriez vous de mon jugement ?
- Veuillez me pardonner Grand Conseiller. S'excusa le sage. Jamais je n’oserai remettre en question votre jugement. La surprise ne m'a qu’effleurée, mais soyez certain que j’appuie votre décision. Tout comme le reste de mes confrères ici présent.
Le Haut Conseil approuva unanimement les paroles de Aun’Riu.
- Parfait, il en sera fait ainsi. Le vieux conseiller se dirigea d’un pas lent et souple vers l’encadrement de la porte. Le Bien Suprême est l’unique voie. Lâcha- t’il.
- Pour le Bien Suprême ! Reprirent tous les Éthérés dans son dos.





La Croisée de la Corne englobait un vaste secteur d’une dizaine de planètes.
Comme pour habitude, l’Imperium régnait d’une main de fer sur ses domaines.
Daryniss, monde océanique et capitale Impériale du secteur regroupait d’innombrables chantiers navals en orbite basse.
La Planète Bork, également sous domination Impériale, apportait les ressources vitales dans tout le secteur. Les quelques éclaireurs annonçaient cependant une résistance ork tenace voir même croissante.
Le monde ruche d’Ellysion, ou dit « le réservoir sans fond de vies humaines » connaissait de véritables troubles et rébellions, fréquemment éradiqués par des purges impériales qui laissaient derrières elles les nouvelles graines des futures révoltes.
Dustran, une planète majoritairement ensevelit sous la glace subissait l’influence du climat.
Par conséquent, elle restait sous peuplée et non développée. N’offrant que peu de ressources à l’Imperium, seulement quelques bases mineures y furent installées.
A l’opposé de Dustran, Novaria, planète en perpétuelle ébullition, regorgeait de fleuves et mers de laves. Ce monde inhospitalier n’abritait aucune vie.
Le monde-Eden Eldoria était le sanctuaire des riches, des érudits et des privilégiés. La planète avait banni toute industrie polluante et ne regroupait que des petites villes aux luxueuses villas.
La planète la plus avancée économiquement et la plus prospère était Belvaronn. Un monde plus ouvert et plus libre que les autres, qui par conséquent, surfait très dangereusement avec l’hérésie. Les échanges commerciaux très fréquents avec des non-humains l’avaient fait s’extirper de la pauvreté et du désordre interne. En tant que premier partenaire, les Tau bénéficiaient d’avants postes mineurs qui servaient officiellement à défendre les routes commerciales.
Véritable monde forteresse, les Forges de Pranton V, colonisé par le Méchanicum il y a de cela plusieurs milliers d’années, étaient l’usine de la Croisé. Défendu d’une main de fer par l’Imperium et l’Adeptus Mechanicus, la planète disposait de solides défenses, hautement dissuasives, ceci dans l’éventualité d’attaques surprises cherchant à couper le ravitaillement.












I – ARRIVEE



++++ Avant poste militaire Impérial de l'astéroïde Yemetor ++++

+++ Frontière orientale du secteur Daryniss+++

Le Lieutenant Marx Brand entra dans la salle de commandement, fraichement promu à son grand malheur sur ce pittoresque caillou. Il sirotait son caf d'une date de péremption plus que douteuse. Marx était un homme large de carrure, à l'uniforme impeccable et doté d'un charisme naturel fort.
Les lumières de la pièce étaient tamisées, assombrissant le métal froid et brunit de cette base sans vie. Pour des raisons de sécurité, il n’y avait que très peu de vitre donnant sur l’extérieur, cela laissant croitre le sentiment d’oppression pesant dans toute la base.
Il évita un serviteur du Dieu-Machine, pressé marchant à toute allure sans faire attention à ceux qui l’entourait. Marx le regarda tracer son chemin à travers le personnel du pont surchargé sans pour autant ne percuter personne, comme si une aura poussait inconsciemment tous les gens de son passage... Finalement, Marx le perdit de vue et reprit son chemin.

- Au rapport sergent, toujours aucune activité quelle qu'elle soit ? Demanda-t-il.
Le sergent Laron Mcfaeuïl était un homme grand et légèrement maniéré. Une barbe noir propre et entretenu lui couvrait une bonne partie du visage, ce qui lui donnait un air sévère sans pour autant n’apeurer personne.
- Négatif mon lieutenant, tout est en norme. Il n’y a que les rôts de Dybriss qui sont perturbants ici.
- Oh ça va oui ! Riposta l’homme affalé sur sa chaise, les jambes croisées. J’ai juste un peu d’mal à digérer ce…truc là. Alors fais pas le coincé tu veux ? J’te jure… Quel chochotte celui la. Chu sur qu'tu te f'rais dessus si t’avais un vert en face de toi. Ah !
- Si tu ne mangeais pas toutes les saloperies qui passent sous ta main aussi…

L'homme qui venait de riposter vigoureusement était le Sergent Dybriss Sandov. Un ex-voyou des bas quartiers de Dakrionn, qui dans sa jeunesse s'était engagé (plus ou moins volontairement) dans l'armée afin d'éviter d'être exécuté pour un délit qu'il s'était bien gardé de raconter. Il avait depuis, prit trente ans dans la vue et avait réussit à devenir sergent responsable des communications.
Brand lâcha un sourire à Dybriss Sandov, lui non plus n'était pas fan de la formalité trop appuyé qu'exigeait Laron Mcfaeuil. Cela faisait 6 mois qu'il se trouvait sur cette base dénuée de toute fonction et pourtant Mcfaeuil restait toujours sérieux.

- Et bien considérons cela comme une bonne nouvelle, moins il y aura d'activité, mieux je me porte. Lâcha Marx Brand d'un ton faussement ironique.
Voyant ses deux sergents opiner de la tête, Marx se concentra à nouveau sur son caf, le regardant comme s'il s'attendait à ce qu'il lui explique le miracle de la vie. Les puissants moteurs recyclant l’air de la base ronronnaient, créant de faibles ondulations dans sa tasse.

- Bordel ! Non d'une tête d'engrenage rouillé, s'exclama Dybriss, arrachant Marx de ses pensées. Venez voir ça mon lieutenant, on dirait que vous avez appelez des petits copains avec votre sermon.
D'un air agité, Dybriss pointait frénétiquement son pix du doigt. Intrigué, le lieutenant posa son caf avec précaution et s'abaissa derrière le sergent pour mieux voir ce qui l'apeurait tant. En réalisant ce que Dybriss venait de détecter le visage de Marx s'assombrit radicalement.

- Contactez le QG à Daryniss de toute urgence, informez le qu'une flotte non identifiée arrive depuis les bords orientaux de notre secteur et se dirige en direction de la lune d'Asclepto. Activez la procédure d'alerte de la base, je veux que les Furies soient prêtent à intercepter ces forces hostiles.
- Mais mon lieutenant. Interpella Dybriss, vous avez vu la taille de cette flotte ? Nos dix Furies courent au suicide !
- Vous préférez que l'on attende de se faire descendre ? Riposta Marx. Faites ce que je vous dis sergent. Le ton du lieutenant avait radicalement changé, la fermeté et la discipline revenant instinctivement.
- Mon lieutenant ! s'écria Laron dont la voix avait monté d’une octave.
Nos communications sont brouillées, tout contact avec le QG est impossible et la flotte hostile se rapproche de notre position.

- Euh chef ? Commença Dybriss d’une voix grave. Je crois que ces salauds sont entrain de charger leurs armes.
Le tableau de commande se mit à tilter régulièrement, une lueur verte accompagnant le son.
- Qu’est-ce qui sonne comme ça depuis tout à l’heure ? Demanda Marx agacé.
- Nous recevons un message automatique qui se répète en boucle de leur part, … du langage de sale Xenos. Annonça Dybriss qui sur ces derniers mots laissa paraître toute sa haine envers eux.
- Coupez moi ça. Cracha le lieutenant.
- Ces fumiers ont ouvert le feu ! Hurla Laron sur leur droite visiblement paniqué.
Marx Brand lâcha un juron.
- Cette saloperie va me manquer, murmura t'il, baissant la tête pour regarder affectueusement son caf.
Puis il se retourna vers ses sergents.
- Activez nos boucliers tout de sui...

Sur ces derniers mots l'astéroïde explosa.

Une lumière scintillante teintait des débris.
Une tablette pix affichait une phrase.
Le cogitateur de la base venait de traduire le message automatique des Xenos :
Pour le Bien Suprême. Pour le Bien Suprême. Pour le Bien Suprême....










II – BOMBARDEMENT



Le commandeur Shas'O Miral se tenait droit de toute sa hauteur sur le post d'observation du vaisseau amiral. Contemplant avec plaisir la destruction de la petite base Impériale située sur la lune d'Asclepto, un léger rictus apparut sur son visage. Le bombardement durait depuis une bonne heure mais Shas'O Miral avait exigé qu'il ne reste plus un seul bâtiment ou fragment de mur intact.
Il portait l'habit cérémoniel de combat des Hauts Officiers de la Caste du Feu. C'était un vieux guerrier accompli, impétueux et agressif, combattant dans une Exo Armure Crisis améliorée.
Il avait triomphé à de nombreuses batailles considérées comme héroïques pour certains et suicidaires pour d'autres. En une dizaine d'années il avait remporté victoire sur victoire arrachant des planètes Impériales mal protégées. Mais sa plus grande fierté restait Gorroka VII une planète à la flore dévastatrice et entièrement infesté d'orks. Il y avait perdu moins de huit cent guerriers feu et environ deux mille Kroots pour des centaines de milliers d'orks sauvages. Avec cette victoire, le prestige et les titres honorifiques pleuvèrent.

- J’ai fais cesser le bombardement. L’informa un Tau venant se placer à hauteur d’épaule.
Miral détacha son regard de la lune meurtrie et vit Kor’O’Tau’n Anuk, Amiral en chef de la flotte coloniale le fixer dans les yeux. Réputé pour son expérience et sa franchise, le vieil amiral n’était pas de ceux que l’on pouvait facilement intimider. La morphologie plus élancée des Kor rendait Anuk plus grand mais également bien plus fragile que Miral.
- Pourquoi avez-vous fait cela Kor’O Anuk ? S’enquit-il.
- Cette base est depuis longtemps en flammes Shas’O Miral. Continuer les tirs ne serait que pure gaspillage de munition.
Le Haut Commandeur soupira brièvement et accepta l’explication d’un hochement de tête.
- Bien… Je vais préparer une équipe pour sécuriser les lieux. Dit-il, faisant un geste de la main vers l’un de ses gardes.
- Je vous connais Miral. Continua le Kor. Votre impatience se lit sur vous comme dans un livre ouvert.
- Vous savez bien que les voyages spatiaux ne sont pas particulièrement mon passe-temps favoris.
- En effet… Reconnut le Haut Amiral la mine songeuse. Le calme s’installa un bref instant sur la passerelle, seulement perturbé par le faible ronronnement des machines.
- Miral, Reprit le Kor’O, vous rendez-vous compte que nous créons l’Histoire ? Ici, en ce moment même, les futurs contes et légendes parleront des Héros de la dix-huitième flotte coloniale. Ne trouvez-vous pas cela enivrant ?
- La meilleur des légendes ne me ferait rien. Répondit Miral. Mais la plus glorieuse des batailles…, j’ai toujours eu un faible pour elle.




Il fut l'un des très jeunes novices du terrible Commandeur Brightsword, partisan des idéaux de Farsight, le seul Tau ayant fait sécession de l’Empire. Depuis, Brightsword avait été radié par les Ethérés pour ces méthodes barbares.
Sa victoire la plus sanglante fut Nimbosa, une planète prise aux mains d'un Impérium chancelant. Il n'y avait eu aucun survivant, même les civils y furent massacrés. Ce qui provoqua un véritable tollé dans la caste dirigeante.
La flotte Impériale venue en renfort et dirigée par un petit groupe d’Impérial Fist s'écrasa sur les solides défenses terrestres de Brightsword récemment construite sur les ruines de l’ancienne citée Impériale.
Et, à nouveau il pourchassa les Impériaux en déroute, les massacrant sans pitié. Le Massacre de la Gorge de Koloth venait d'avoir lieu. Suivit de peu par sa radiation de la Caste du Feu.

Depuis ces temps anciens, Miral n'appréciait guère les Ethérés, même s'il se gardait bien de leur faire savoir. Expulser un commandeur aussi brillant que Brightsword ressemblait à un coup de poignard politique. Sous les suppliques de son Maitre, il n’eu pas la stupidité de s’opposer au choix des Ethérés et accepta la gorge serrée leur verdict.
Il n'était pas dupe pour autant, et savait bien pourquoi un conseil de six Aun’ avait prit place dans la flotte coloniale. L'excuse de l'importante taille de la flotte était ridicule et habituellement un Ethéré suffisait.
Mais Miral savait qu'il n'avait rien à y redire. C'était Leur volonté et personne ne se mettrait sur leur chemin. Même pas lui…
Maintenant ces planètes étaient ses nouvelles proies et il se réjouissait à l'idée qu'il y avait dans ce secteur un monde similaire à Gorroka VII. Cette fois ci son exploit serait encore plus grand...

Pour le moment il devait s'établir sur cette lune vidée de sa bio-masse il y a bien longtemps de ça par une race extragalactique.
Pendant le très long voyage les chercheurs de la Caste de la Terre finirent par à mettre en œuvre un semblant de vie artificielle sous un dôme dans une zone restreinte. Son équipe d'assaut était déjà en chemin pour sécuriser la position afin de lancer la colonisation.
Les Graines du Bien Suprême étaient plantées…







III – DEBARQUEMENT



L'Orca se posa au sol dans un sifflement de piston suraigüe. A son bord se trouvait dix Shas'La à l'armure flambant neuve, portant presque tous des fusils à impulsions standard, ainsi que trois éclaireurs dans des tenues plus légères. Deux Shas'Ui vétérans dirigeaient l'escouade, reconnaissable grâce à leurs carabines à impulsion et à leurs armures plus endommagées, ils portaient également un casque et une épaulière de couleur blanche signe distinctif de leur grade.
Ces deux guerriers, survivants de nombreuses batailles, déployèrent rapidement leur escouade pour sécuriser la zone d'atterrissage de l'orca. Même si il ne devait plus rester grand chose après le bombardement du Haut Commandeur, le sérieux et la vigilance ne devaient pas être pour autant relâchés.
Un drone sortit à toute allure de l'orca, s'arrêta un instant près d'un des Shas'Ui, puis repartit vivement en direction des débris fumants de la base Impériale. Les moteurs de l'orca grondèrent, la porte de la soute se referma sous un cliquetis pressurisé, puis il s'envola, disparaissant peu à peu vers le Custodian.
Sur ce, l'escouade se mit en route et partit vers les restes de l'ancienne autorité lunaire.
Indépendamment de l’escouade, les trois éclaireurs tau partirent dans l’autre sens afin d’explorer le reste de la surface lunaire.

Arrivé aux portes de la base, le drone revint à leur rencontre, faisant son rapport aux Shas'Ui. Ceux ci acquiescèrent et sans un mot l'escouade se dispersa arme enjoue prêt à tirer. Progressant dans un silence total, seul le son du drone vrombissant, vadrouillant un peu partout, à l'affut d'une cible perçait dans cette angoisse pesante.
La base était dans un état déplorable. Les puissants canons des croiseurs n’avaient vraiment pas fait dans le détail. Aucun édifice n’était resté intact à la pluie de colère déversée depuis l’espace.

- Mouvement non identifié sur la gauche, sous les débris, possibilité d'une cible hostile, transfert de position géo-tactique en cour, lâcha un Tau d'un seul trait.
Comme un seul homme, les douze guerriers fixèrent de leurs armes le même amas de ferraille. Soudain le tas s'écroula. Gardant leur sang froid, aucun d'entre eux n’ouvrit le feu.
Une silhouette humanoïde apparut chancelante et gémissante d'une voix grésillant.
- On ne bouge pas humain, dit l'un des Tau vétéran dans un Haut Gothique sifflant.
La chose ne leva pas deux, mais six bras en l'air. Il posa genoux à terre et attendit tremblant de peur face aux Xenos qui l'entouraient. Etonné de voir ce semblant d'humain s'agiter sous son capuchon en extérieur sans pour autant manquer d'air, le Shas'Ui s'approcha.
- Qu'est-ce que tu es ? Tu arrives à respirer sans qu'il y ait d'atmosphère ?! Qu'est-ce que tu es ? Insista le tau.
Le semblant d'humain ne répondit pas et se renferma encore plus sur lui même.
- Shas'Ui Kalan, contactez la flotte, demandez à l'orca de venir, nous avons un prisonnier à interroger. Le drone n'a détecté qu'un seul signe de vie sur la zone et je pense que c'est cette chose. Moi et la moitié de l'escouade allons tout de même continuer à fouiller les ruines au cas où d'autres comme lui se cacheraient.
Une fois ses ordres donnés le Shas'Ui partit avec la moitié de l'escouade continuer les fouilles. Le vétéran Kalan activa son transmetteur et obéit aux ordres.

Malgré la compensation de son casque, la lune était désespérément sombre et cela n’aidait en rien le Shas’Ui Qinra à identifier son environnement alentour.
Les officiers de la caste de l’Air assuraient que toutes menaces avaient été supprimées et que la colonisation pouvait débuter, mais Qinra n’était pas de cet avis. Ils s’étaient déjà trompés une fois pour ce survivant, il pouvait très bien y avoir encore l’une de ces créatures dehors…

L’absence d’atmosphère et la faible gravité rendait leurs mouvements légèrement plus lents.
Qinra se sentait diminué et n’ayant pas ses pleines capacités, une angoisse pesante apparut progressivement.

- J’ai repéré un bâtiment encore relativement stable qui pourrait accueillir des forces hostiles, annonça l’un des guerriers de feu.

- Bien, l’extérieur de la base lunaire est sécurisé, regroupement devant le bâtiment en question, nous allons fouiller l’intérieur, ordonna Qinra sur son transmetteur.

Qinra en tête, les cinq fantassins entrèrent par un trou béant provoqué par le bombardement orbital. Cette fois-ci, l’obscurité fut totale, seuls les points lumineux d’un rouge sang teintaient de leur unique interface oculaire qu’offrait leur casque.
Les guerriers avançaient à tâtons, ralentis par les débris jonchant tout le sol.
A mesure qu’ils avançaient Qinra perdit la notion du temps. Finalement, la taille de ce bâtiment était bien plus importante que prévue pensa-t-il.
Après plusieurs heures de recherche dans ce que Qinra supposait être des salles de laboratoires souterraines, le Shas’Ui souhaita ordonner l’ordre de repli quand le guerrier derrière lui trébucha sur un tas de ferraille dans un vacarme insultant le silence installé depuis le début des recherches.
Réprimandant son soldat, Qinra chercha à le relever de la main tapotant à l’aveugle.
Il sentit la prise se resserrer puis commença à tirer pour le dégager quand soudain le soldat lâcha prise et poussa un terrible cri de souffrance.
Un bras métallique sortait de sa poitrine, gesticulant violement dans tous les sens.
Les cris du mutilé cessèrent et le bras tueur envoya sa prise s’écraser sur le mur au fond du couloir.
Sortant du tas de débris, une autre de ces créatures humanoïde précédemment interpellée hurla une prière de bénédiction à son Empereur mécanique, avant de fouetter l’air avec ses terribles bras.
L’un des « serpents de métal » percuta violement un autre soldat et l’envoya valser contre une paroi l’assommant sur le coup.
A son tour, Qinra fut pris à partie par l’humain fou qui s’acharna sur lui tout en continuant de débiter des prières et injures incompréhensibles. Il esquiva le premier coup, para le second, mais eu moins de chance pour le troisième qui le frappa au niveau des jambes. Qinra tomba lourdement au sol, fit une roulade in extrémis pour éviter le terrible coup de massue métallique.
Au prochain j’y passe se dit-t-il, lorsqu’un puissant flash bleuté transperça net l’humain au niveau de la taille, détruisant par la même occasion ses terribles bras.
Surpris d’être encore en vie, Qinra se retourna pour apercevoir le canon fumant du Shas’La encore en enjoue.
- Vos ordres Shas’Ui ? Que dois-je faire de lui ? demanda le guerrier.
- Ne le tuez pas. Il nous faut des priso… commença Qinra quand l’humain enragé sorti une dague et les chargea en vociférant des insultes.
Un deuxième flash bleuté apparut et cette fois la tête de l’humain explosa.
- Il va être plus dur de l’interroger maintenant, lança un autre Shas’La.
Qinra soupira sous son casque. Le commandeur devra se contenter d’une seule prise pensa t-il.
- Bon, on en a assez vu, repli à la zone d’exfiltration, faites un rapport au commandement.

La lune est sécurisée.


De retour sur le vaisseau en orbite basse, Kalan sortit de l'orca suivit de près par ses cinq guerriers traînant l'humain extrêmement lourd pour sa taille. Le Commandeur Shas'O Miral attendait devant la porte du hangar, les mains dans le dos, il regardait ses guerriers venir à lui.
- Alors Shas’Ui, qu'avez vous ramené sur mon vaisseau ? Une belle prise que vous avez là, votre chasse c'est révélée fructueuse dit Miral à haute voix l'air satisfait.
La posture de Miral était magistrale, le charisme qu’il dégageait était indiscutable. Kalan comprit pourquoi le Grand Commandeur Miral avait été désigné par les Très Sages.
Il se mit au garde à vous, respect traditionnel dut aux officiers de hauts rangs, puis commença à parler.
- Nous l'avons trouvé dans les ruines de la base, sous des décombres. Mais le plus intéressant est qu'il a survécu aux bombardements sans souffrir du manque d’oxygène sur cette lune dépourvu d’atmosphère. Je pense que les membres de la Caste de la Terre seront intéressés de voir ce prisonnier.
Miral fit une mine interloquée avant de répondre.
- Oui, oui, bien sûr, la Caste de la Terre pourra voir ce prisonnier, et je vous remercie de leur part pour cet intérêt soudain que vous leur portez, mais d’abord j'interrogerais l'humain personnellement. Et ça ne sera qu'après que vos amis chercheurs pourront s'amuser avec.
Kalan ordonna à ses guerriers de lâcher l'homme, fit un salut militaire au Grand Commandeur Miral, puis sortit du hangar en direction de l'armurerie.
Shas'O Miral regarda sa proie au sol et s'apprêta à lui parler quand son officier de communication l'informa que le reste de l'escouade avait sécurisé la zone bombardée.
L'Installation du bastion Tau pouvait enfin commencer.
- Prévenez les dirigeants du SHAN'AL que l'installation du bastion peut débuter.






(A suivre : IV - INSTALLATION)
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Dernière édition par Herezy le Lun 23 Sep 2013 - 1:09, édité 14 fois
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Herezy
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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Mer 12 Déc 2012 - 16:25

Et maintenant voici la suite !

IV – INSTALATION



Après de longs mois d'efforts acharnés les courageux travailleurs de la Caste de la Terre finirent par avoir raison de la dangereuse lune d'Asclepto et de sa terre morte. La forteresse débordait d'intuitivité, ses architectes l'ayant construite dans la forme d'un iceberg. A sa surface, une bonne partie de la forteresse était déjà opérationnelle, et ses défenses extérieures sol-espace pouvaient déjà couper en deux des vaisseaux des plus imposants qui auraient eut l'audace d'être un peu trop curieux pour venir s'approcher de la lune. Pour ce qui était du sous-sol, leur entreprise était loin d'être terminée.
Le volume de la forteresse sous la surface représentait les deux tiers de la construction globale. Même si la citadelle extérieure suffisait largement à repousser un assaut conséquent, le reste enfoui sous terre avait été plus facile à alimenter en ressource naturelle. L'eau et l'air résistait mieux à l'intérieur de la lune, l'évaporation étant bien inférieur comparé à l'hostilité de dehors. C'est pourquoi les quartiers d'habitations y furent installés pour que tous puissent y vivre décemment. Les chercheurs se félicitèrent quand ils remarquèrent les premiers signes de vie d'une flore renaissant péniblement. Ironiquement l'unique arbre qui poussait en sous sol était mieux gardé que certaines parties sensible de la forteresse.

Pendant ce temps là, en plein conseil de guerre, le Commandeur avait reçu l'ordre des Ethérés d'escorter un groupe de scientifique en direction de la planète Novaria. Les Tau avaient été surpris de voir les Hommes utiliser le magma des planètes volcaniques de diverses façons dans d'immenses raffineries. Depuis ce jour, les scientifiques de la Caste de la Terre rivalisaient d'ingéniosité pour utiliser le magma, toujours bien évidement, dans le but de trouver de nouvelles technologies révolutionnaires au nom du Bien Suprême.
Le dernier projet fou tout droit sortit de leurs têtes consistait à utiliser la puissance magmatique comme énergie alimentant un bouclier terrestre. Concrètement, tirer sur le bouclier reviendrait à puiser une infime petite partie de vie de la planète. Le bouclier ne céderait pas avant que la planète ne soit totalement vidée de sa vitalité. Stratégie qui faisait froid dans le dos mais d'une efficacité implacable.

Le Haut Commandeur attendit que l’illustre Ethéré finisse son discours de présentation et qu’il lui laisse la parole. À son tour, Miral s’éclaircit la gorge, remercia le Très Sage et débuta le briefing.
- La planète Novaria présente sous vos yeux, Dit-il en pointant l’hologramme qui projetait l’image au centre de la pièce, n’est pas un monde standard. C’est un territoire hostile qui ne pardonnera pas l’erreur. Les scientifiques de la Caste de la Terre dirigé par le noble Fio’Kal, auront pour objectif de récolter un maximum d’éléments présents sur la zone.
D’après nos derniers rapports, ce monde est inoccupé, nous ne devrions rencontrer aucune résistance, mais je ne prendrai aucun risque. Affirma-t-il de sa voix puissante, imposant le respect.
- Le Shas’El Von’Ra sera le responsable militaire de la Caste du Feu sur place. Je lui laisserai la responsabilité de choisir quelles équipes il souhaite déployer sur le terrain.
Miral salua l’assemblée et fit un pas en arrière.
Ce fut au tour des Hauts Amiraux de prendre la parole.
- Pour cette mission, un seul de nos appareils sera réquisitionné. Le Shadow’Riu est le plus apte à transporter au plus vite nos forces. Cependant, comme vient de le répéter le noble Ethéré, afin d’éviter tout contact direct avec les humains, le Shadow’Riu restera à bonne distance de la planète. Nos éclaireurs nous ont en effet confirmé qu’un flot permanent de cuirassés Impériaux quadrillaient l’espace proche de la planète. La fin du trajet sera donc effectuée par Orca. Nos pilotes vous déposeront sur l’Ile de Rhokoron, c’est le continent le plus étendu de ce monde désolé. Pour finir, j'ajouterai que l’atterrissage risque de connaître quelques turbulences mineures, mais rien de bien préoccupant pour mes pilotes, soyez en certain. Les rassura-t-il.
Le Haut Amiral les salua et reprit place parmi ses frères de la Caste de l’Air.
- Parfais. Conclu le Très Sage. Chacun connait désormais sa tâche. Ça sera tout, je vous remercie de votre attention. Que le Bien Suprême vous guide mes amis.

Miral attendit que tous quittèrent la salle avant d’interpeler Von’Ra.
- Shas’El, venez me voir un instant, j’ai à vous parler.
- Commandeur ? Que puis-je pour vous ? S’enquit le guerrier.
Miral prit Von’Ra par l’épaule, et parla à voix basse.
- Votre mission est plus cruciale que vous ne pouvez l’imaginer Von’Ra. Même si les Ethérés ne l’ont pas mentionné, cette planète n’a pas été choisi par hasard. Son potentiel énergétique pourrait permettre à nos forces de lancer une véritable colonisation massive sur tout ce secteur. Si les têtes pensantes de Fio’Kal trouvent un moyen de stabiliser ce magma, ces mondes se plieront sous nos exigences ou connaitront rapidement notre fureur. N’échouez pas Shas’El, est-ce bien clair ? Je compte sur vous.
- Les Ethérés ne l’ont pas mentionné car ceci, n’est pas notre objectif Commandeur. Riposta Von’Ra. Vous extrapolez les dires des scientifiques. Cette énergie n’a pour but que l’alimentation d’un bouclier défensif et en aucun cas, il ne sera utilisé pour des armes de destructions massives.
- Surveillez vos paroles Shas’El, vous oubliez à qui vous vous adresser.
- je n’oublie rien Commandeur. Se défendit Von’Ra. Si le Haut Conseil entend sortir de votre bouche les mots « armes de destructions massives » je serai curieux de voir quel serait leur réaction. Pas vous ?
Miral grogna et s’écarta de Von’Ra.
- Il suffit ! Ma patience a des limites. Disposez ! Ordonna-t-il.

Les trois escouades choisies par Von’Ra pour la mission d'escorte prirent chacun un orca.
Séparé en trois, le nombre de scientifiques éparpillés dans chaque navette offrait de plus grandes chances de réussite, avaient-ils dit.
La première escouade était dirigé par le Shas'El Von'Ra, composé de guerriers vétérans ce groupe aurait la responsabilité de commander l'opération. Tandis que la deuxième et la troisième escouade devraient sécuriser le secteur alentour aux recherches.
Von'Ra était un jeune et fougueux guerrier, il suivait les principes des Ethérés à la lettre, pour lui remettre en cause un Ethéré revenait à de la trahison pure et simple. Il avait gagné son titre de Noble Chevalier en poursuivant un vaisseau pillard écrasé sur une colonie impériale. Après deux semaines de chasse, Von'Ra était revenu dans la capitale planétaire avec la dépouille du seigneur noir des Eldars, accueillit par une foule d’humain en liesse, le gouverneur Impérial accepta avec enthousiasme la protection offerte par les Tau. En hommage à leurs sauveurs le gouverneur nomma trois des cinq lunes par le nom des guerriers Tau mort lors de la poursuite.
Contrairement au Commandeur Shas’O Miral, Von’Ra respectait les autres races. Qu’elles soient alliées ou non à l’Empire peu lui importait. Tant que leur honneur ne leur faisait pas défaut sur le champ de bataille cela lui convenait. Les méthodes du Grand Commandeur Miral était certes efficace mais grandement contestable et Von’Ra ne s’était pas empêché de lui faire remarquer.
Votre comportement est une insulte au Bien Suprême ! Avait-il protesté en constatant l’exécution sommaire de tous les prisonniers de la flotte avant le départ pour leur nouvelle mission de colonisation du secteur.
Depuis ce jour, un froid s’était installé entre les deux plus hauts officiers de la flotte et seuls les Ethérés les gardaient uni.


Les trois orca décolèrent du hangar principal du vaisseau, leurs moteurs crachant les résidus de combustible d’un bleu-ciel éclatant. Les engins s’arrachèrent du Custodian et partirent en direction de la planète volcanique Novaria.
Le voyage allait être long. Pensa Kalan.
Les croiseurs lourds de la flotte se devaient de rester loin des terribles bâtiments de guerre de l’Impérium qui patrouillaient dans tout le secteur. S’il y avait bien un domaine ou l’Impérium dominait, il était clair que c’était les batailles spatiales.
Enfin arrivé en orbite, les trois navettes décélérèrent pour pénétrer dans l'atmosphère. Les turbulences géothermiques lors de leur entrée rendirent bon nombre de scientifique malade.
Dans la deuxième navette, le Shas'Ui Kalan sourit en voyant certains Tau pâlir.
Son frère d'arme Qinra prit sa carabine puis s'adressa à Kalan.
- Ces secousses me rappellent notre premier débarquement, quand nous étions sous le feu nourri des Impériaux, on n’était pas passé loin du crash.
Kalan ne comprit pas immédiatement et voulu répondre qu'il se trompait avant de finalement cerner l'espièglerie de son frère d'arme. Se prenant au jeu il rétorqua d'une voix bien plus forte pour que tous entendent.
- En effet, cette fois-ci nous avions bien failli être réduits en bouillie. Ces orca ne sont pas fiables lorsqu'ils sont trop secoués pendant l'entrée dans l'atmosphère, dit-il, histoire d’en rajouter une couche.
Tous les scientifiques de la navette le regardèrent d'un air inquiet. Certains tentèrent de débusquer de l'ironie sur son visage, mais Kalan portait son casque de combat et son petit sourire narquois resta bien caché.
Ne pouvant savoir s'il disait vrai tous eurent une puissante montée de stress, ce qui le fit sourire de plus belle. Reprit par la réalité, son transmetteur s'activa et le Shas'El Von'Ra communiqua ses ordres tactiques.
D'après le briefing, la planète était inhabitée, beaucoup trop hostile pour qu’une vie quotidienne puisse prospérer à sa surface. Cependant les Impériaux semblaient garder le secteur et un ballai de vaisseau de guerre protégeait la zone, l’interdisant à tout bâtiment non autorisé. Chose totalement inutile étant donné que les radars et autres scan fonctionnaient très mal à cause des turbulences causées par la planète.

L'Île de Rhokoron se montrait à présent clairement. Grossissant à vue d'œil, elle restait tout de même ridiculement petite au milieu de cet océan de magma en ébullition. En son sommet trônait une imposante montagne, l'Aven du Diable comme l'avait nommé Von'Ra lors du briefing.
Les navettes posèrent pieds au sol et vomirent leur cargaison de soldats.
La chaleur était insupportable, et le bruit cataclysmique. Le sol tremblait sous leurs pieds, les guerriers chancelaient par moment lors de grondements de plus forte intensité.
Dire qu'il allait rester ici pendant de longues semaines... Kalan réalisa que la paisibilité du vaisseau lui manquerait vite sur ce monde infernal.

Pendant ce temps, sur le vaisseau amiral. Au fond d'un couloir plus sombre que les autres se trouvait une pièce surveillée par deux gardes armés. Des plaintes et des cris de souffrance raisonnaient. Le quartier carcéral du vaisseau, là ou tous les rejetons rencontrés ayant refusé l'illumination du Bien Suprême attendaient leur mort certaine.
Il n'était pas dans l'habitude du Commandeur Miral de faire des prisonniers. Les quelques survivants qu'il avait épargné détenaient pour la plupart des informations de valeurs, et une fois leurs secrets dévoilés, Miral les exécutaient froidement sans aucun scrupule. Les Ethérés fermaient les yeux sur ses méthodes peu recommandables. Même s'il avait plusieurs fois été rappelé à l'ordre, Miral continuait d'appliquer ses interrogatoires "musclés" sur ses prisonniers, comme il aimait les appeler.
- Alors, tu n'as toujours pas de langue ? demanda Miral d'un ton froid et sec avant de réactiver le pistolet Arc-Electric dans le cou de l'humain.
Un gargouillis immonde sortit de la gorge de l’homme.
- Il est rare que mes proies me résiste Gue’La. Tous finissent par craquer peut importe le temps. Tu te fais souffrir pour rien.
L’humain bredouilla des paroles inaudible et Miral s’abaissa à sa hauteur.
-Que dis-tu ? L’interrogea t-il. Plus fort !
Le corps du prisonnier se mit à nouveau à trembler lorsque le pistolet Arc-Electric cracha de nouvelles décharges.
Le technoprêtre murmura à nouveau. Sa gorge n’était plus qu’un tas de circuits et sa voix complètement déformée laissait paraitre l’état de dégradation mentale du prisonnier.
- … Omnimessie, fais que mon âme un jour, sous la Machine de Science, près de toi se repose…
- Encore tes prières inutiles ! Gronda Miral. Je vais te faire comprendre ton insolence pauvre misérable ! Miral frappa à nouveau l'homme au visage.
Quel est ton nom et que faisais-tu dans cette base ?! Enchaina-t-il.
- … Omnimessie, fais que mon âme un jour, sous la Machine de Science, près de toi se repose…
- Tu l’auras cherché, stupide monstre de la nature. Miral reprit son pistolet Arc-Electric et appuya de nouveau.
Le techno-prêtre hurla de plus belle, ses cris raisonnant dans les couloirs carcéraux suivis par le rire mauvais du Commandeur.

Fio'Ku se leva de son lit, s'étira de tout son haut et bailla longuement. Il prit sa blouse de recherche et sortit de sa chambre d'une attitude nonchalante en se frottant les yeux encore humide à cause du sommeil.
- Ses lumières sont vraiment trop fortes, grommela t-il en se dirigeant vers le Labo.
Quatre gardes armés protégeaient l'entrée principale du laboratoire de recherche, Fio'Ku pointa son badge sur le scan de la porte. Un cliquetis affirmatif se fit entendre et les gardes s'espacèrent pour le laisser passer. Il les remercia de la tête puis entra dans l'immense chef-d’œuvre des courageux constructeurs de la Caste de la Terre. Le laboratoire principal de recherche était majestueusement grand, aux bords arrondis et aux courbes agréables ce bâtiment pouvait fièrement rivaliser avec les beautés architecturales du monde Fal'Shia. Les murs de métal blanc auto-éclairé noyaient la perspective, et les yeux y perdaient tous repaires. L'intérieur de ce monument était étrangement calme, les chercheurs travaillaient hardiment et vaquaient à leurs occupations mais un silence impérial trônait dans toute la structure. Fio'Ku se dirigea vers sa zone de recherche quand un attroupement anormal autour du dôme de verre l'attira à son tour.
- Incroyable, lâcha t-il d'un ton bouleversé lorsque qu'il vit le miracle de ses propres yeux.
- Vous avez vu ça ? ! S’égosilla son voisin, c'est au dessus de toute nos espérances ! Nous avons fait des progrès considérables, félicitations à tous chers collègues !
Au milieu de la salle en verre hermétiquement close se trouvaient deux petits arbustes qui poussaient innocemment entourés de têtes pleines d'excitations. L'approbation de la foule fut générale, et des applaudissements vinrent remercier les félicitations du chercheur en chef.
La satisfaction générale s'estompa net lorsque derrière eux une porte s'ouvrit et trois imposants guerriers portant les couleurs de la garde d'honneur du Commandeur entrèrent. L'un des guerriers s'avança et annonça haut et fort.
- Le Grand Commandeur de la Caste du Feu vous offre un petit cadeau en signe de remerciement pour cette puissante forteresse. Le guerrier sans casque fit signe aux deux autres de jeter un corps au sol et continua. Il espère que vous apprécierez sa généreuse contribution à la science.
Les trois guerriers firent demi-tour et sortirent du laboratoire par la porte privée qu'ils avaient utilisé. Tout d’abord, Fio'Ku, pensa que le corps gisait sans vie. Mais lorsque celui ci bougea, tous les scientifiques eurent le souffle coupé.
Ils se précipitèrent vers la chose recroquevillée au sol. Le prisonnier était dans un état déplorable, ces chaires noircies et brulées à de nombreux endroits répandaient une puanteur indécente. Ils le tournèrent sur le ventre et remarquèrent que l'humain disposaient de plusieurs bras bioniques intégrés dans son dos, là ou sa colonne vertébrale devaient se trouver.
- Cette… chose a été mutilée de partout ! S’estomaqua l’un des chercheurs, incrédule.
- Quelle est cette horreur ? Questionna un autre.
Pendant une dizaine de secondes un silence précaire s’installa.
- J’ai déjà vu ces… « Humains » auparavant. Ils font partie d’un culte technologique très fermé et fanatisé à outrance. Si je me souviens bien, ils se font appeler « Adeptus Menichus » et leur maitre est « l’Ovnimessy » Répondit fièrement et d’un ton hautin le scientifique.
- Adeptus Mechanicus. Le coupa l’un de ses confrères.
- Je vous demande pardon ?
- Adeptus Mechanicus. Répéta-t-il. Vous vous êtes mépris sur le nom de leur culte. Ils vénèrent le « Dieu-Machine » connu sous le nom de «Omnimessie»
- Bien. Trancha le chercheur en chef. Fio’Talrisanna, qui apparemment connait très bien ce domaine dirigera les recherches. J’ai besoin d’un groupe de volontaires pour l’appuyer.
Fio'Ku leva sa main instinctivement, sa soif de connaissance le poussant à examiner l’adepte pour y découvrir de nouvelles technologies potentielles, toujours bien sûr, au nom du Bien Suprême.
Une fois le groupe formé, ils commencèrent à l'étudier...





V - MORT, ETERNELLEMENT MORT




Le camp fut établit près des mers de laves, son terrain relativement plat avait été choisit comme étant plus sûr que les dangereuses pentes de la montagne Rhokoron.
Un Shas'La de la troisième escouade avait disparu lors de sa première mission de sécurisation. Les scientifiques optèrent pour une chute mortelle dans la lave, mais les guerriers de la Caste du Feu n'étaient pas de cet avis.
A cause de cet incident, un climat tendu s'installa sur tout le camp. Cela faisait une semaine que les scientifiques travaillaient hardiment. Tout d'abord ils avaient étudié tout ce qu'ils trouvaient dans les environs du camp, ainsi qu'aux bords des ruisseaux de laves. Mais maintenant il fallait toujours aller plus loin et Von'Ra se trouvait dans l'obligation d'élargir le périmètre de sécurité pour chaque nouvelles sorties.
Von'Ra se rapprocha de trois scientifiques choisis pour la mission qui étaient entrain de se charger à outrance.
- Tout ce matériel est-il réellement utile ? interrogea Von'Ra. Vous ne devriez pas prendre autant d'équipement, cela va ralentir notre progression.
- Ne vous en faites pas Shas'El, nous sommes des scientifiques réputés et aucun d'entre nous digne de ce nom ne partirait sans le nécessaire pour étudier la planète, lança le Fio d’un ton hautin.
- Nous partons pour plus longtemps que prévu vénérable Shas’El ? Coupa le Shas'Ui Kalan qui entrait sous la tente.
Le Shas'El le salua de la tête et Kalan lui renvoya son salut. Les deux guerriers avaient déjà combattus ensemble dans un des vaisseaux protégeant la faille de Perdros. Le choix tactique de Von’Ra qui privilégia la vie du personnel à bord des vaisseaux Tau en perdition au lieu de poursuivre pour achever ses ennemis en fuite fut remarqué de tous.
Depuis ce jour, Kalan éprouvait un immense respect pour ce vaillant guerrier au futur très prometteur.
- J’étais justement entrain d’expliquer à nos amis Fio que nous n’abandonnons pas le camp définitivement et qu’ils se rassurent, ils retrouveront leurs objets, qui semblent si précieux à leurs yeux dès leur retour.
Les scientifiques se contentèrent d’hausser les épaules et continuèrent de regrouper leur matériel.

La petite équipe partit en direction des sommets du rocher, les huit guerriers formaient un cercle protecteur autour des cinq scientifiques. Les membres de la Caste de la Terre étaient bien plus trapus que leur congénère de la caste du feu et leur mobilité s’en faisait grandement ressentir. Après deux heures de marche à pas soutenu, certains scientifiques regrettèrent amèrement la surcharge de leurs sacs. Fatigué par cette longue marche, les plaintes des chercheurs se faisaient de plus en plus entendre.
Lorsque soudain, une violente explosion magmatique suivit d’une puissante secousse fit glisser l’un des chercheurs vers le ravin.
Kalan vit la scène se dérouler au ralenti, complètement impuissant, luttant lui-même pour ne pas perdre l’équilibre, il aperçu Von’Ra se jeter dans le vide à l’aide de ses propulseurs pour le rattraper.
Lorsque Von’Ra remonta à hauteur du groupe Kalan fut soulagé de voir qu’il tenait dans ses bras le chercheur.
Mais le scientifique restait immobile, le visage en sang. Le malheureux s’était fracassé le crâne sur la paroi du versant lors de sa chute.
- Puisse sa vie être utile au Bien Suprême, murmura Von’Ra en posant la victime au sol.
Les secousses se calmèrent et le groupe reprit sa marche.
Tout autour d’eux, les gaz brulants expulsés des profondeurs de la planète virevoltaient dans les airs les fouettant de temps à autre. L’odeur acre du soufre agressait les sinus de toute l’équipe.
Plus ils avançaient, plus le chemin s’escarpait et devenait périlleux.
A plusieurs reprises, les ponts naturels traversant des fleuves de lave compliquèrent l’avancé du groupe et les secousses du sol ne facilitaient en rien la tache.
Seul l’éclaireur Tau en armure XV25 n’était pas pénalisé par le terrain.
Il sautait de rocher en rocher avec une facilité déconcertante grâce à son propulseur dorsal.
Von’Ra avait lui aussi un propulseur sur sa belle armure blanche expérimentale, que seuls les officiers de talent recevaient comme privilège. Ces cadeaux étaient un signe distinctif extérieur important pour les guerriers Tau. Malheureusement ces prototypes d’armures pouvaient aussi causer de nombreux ennuis à leurs porteurs. Il était déjà arrivé à plusieurs reprises qu’elles soient défectueuses ou pire encore qu’elles tombent en panne pendant une campagne militaire, même si cela restait extrêmement rare.
Il aurait donc pu partir devant en éclaireur, mais il voulait guider le groupe en imposant son rythme de marche et se refusait de perdre d’autres membres.


Enfin arrivé devant la grotte au pied du volcan Rhokoron, l’équipe marqua une pause, ébahie par la vue donnant sur toute la partie sud du minuscule continent.
Le paysage était en effet d’une violence effroyable, l’étendu qui se trouvaient devant eux était tout simplement à couper le souffle. Jamais ils n’avaient vu autant d’agressivité de la part d’une nature à la férocité impitoyable. Du haut de la montagne, ils apercevaient les chemins de laves serpentant dans l’ancien magma froid durci il y a bien longtemps de cela. Tel des veines, les petits ruisseaux rougeâtres cisaillaient la plaine rocheuse. Ça et là, des geysers de lave bouillonnante s’invitaient au terrible spectacle.

-Une vue spectaculaire je l’admets. commenta un scientifique qui reprenait son souffle. J’espère que notre bien aimé confrère y trouvera le repos.
Ses compagnons inclinèrent leur tête respectueusement.
- Regroupez-vous et formez vos groupes. ordonna Von’Ra. Nous aurons tout le temps d’honorer nos morts une fois cette mission terminée. Tenez-vous prêt à entrer dans cette grotte.

Aux premiers abords, les parois du couloir semblaient naturelles, mais lorsque l’équipe pénétra plus profondément dans les galeries l’éclaireur XV25 signala par communication vox la présence de mur lisse et travaillé recouvert d’étranges symboles.
Plus ils s’enfonçaient, plus il devenait évident que ces couloirs faisaient partie d’un ensemble architectural.
- Serait-il possible que la montagne ne soit que le camouflage d’une immense structure ? demanda un chercheur d’un ton hésitant.
- Peu probable, cette montagne est le seul continent de la planète, hors construire un tel édifice est tout simplement impossible, la planète est bien trop instable pour cela. De plus, seul un insensé voudrait construire sur un monde à ce point inhospitalier.
- Peut être que cette planète n’a pas toujours été ainsi ? Peut être qu’avant cette planète regorgeait de vie ?
- Peu importe, les interrompit Von’Ra, Assez spéculé, continuons d’avancer. S’il y a des réponses elles doivent surement se trouver ici.
Le groupe reprit sa marche, comme convenu, ils arrivèrent dans une salle étrange que l’éclaireur avait décrite une heure auparavant. Des inscriptions et autres dessins ornaient les murs. Ici et là reposaient des armes et statues à la taille démesurée. Il devenait évident que cette pièce avait été travaillé par une forme de vie intelligente. Le sol rocailleux, volcanique et plutôt irrégulier contrastait avec la pureté des murs noirs complètement lisse. Cette caverne donnait sur plusieurs couloirs et Von’Ra guida son équipe vers celui décrit par l’XV25.
La sensation étrange d’être suivit s’installa dans le groupe, et à de nombreuses reprises les chercheurs sursautèrent sans réelles raisons.
Von’Ra regarda discrètement Kalan par-dessus son épaule. Sans parler, celui-ci acquiesça de la tête. Lui aussi avait senti que quelque chose n’allait pas.
Qui plus est, cela faisait plus de trente minutes que l’éclaireur ne répondait plus aux communications vox.
- Je n'aime pas ça, Shas'Ui. Murmura le frère guerrier Uzan. Quelque chose nous surveille, mais elle ne semble pas décidée pas à se montrer.
- Souvenez-vous de vos leçons mon frère. Le rassura Kalan.
Plus loin, le couloir qui semblait ne jamais se finir s’ouvrit finalement sur un espace dantesque ou Kalan n’arrivait plus à discerner les perspectives.
Comme si le relief changeait en permanence, l’œil était tout simplement incapable dévaluer une quelconque distance. Les murs semblaient se mouvoir sans aucuns bruits, adoptant des formes inconcevables aux lois de la physique.
Dans tous les cas, cela lui donnait la nausée.
Après deux bonnes heures de marche sur l’unique passerelle au centre de l’immensité, Von’Ra estima qu’ils leurs restaient encore plus de la moitié du temps convenu pour leur mission. Tout à coup, le groupe s’arrêta.
Kalan qui fermait la marche rejoignit Von’Ra.
-Que se passe t’il vénéré Shas’El ?
Attendant une réponse, Kalan dirigea son regard dans la même direction que Von’Ra.
- Par tous les sept ! Comment est-ce possible que nous ne l’ayons pas vu avant ?
La passerelle se divisait en deux parties coupant perpendiculairement leur chemin.
- Le chemin vient de bouger juste devant moi, chuchota involontairement Von’Ra. Deux pas de plus et ma vie prenait fin dans cette abime.
En face d’eux se trouvait une sorte de grande statue métallique immobile debout regardant son terrible bâton.
Sa tête représentait un crâne blanchâtre aux yeux vides et sombres.
- Il devient évident que cette structure a abrité une vie intelligente. Constata un chercheur.
- Car vous en doutiez ?! Chuchota un autre.
Leur échange fut brutalement coupé par une lueur verdâtre qui apparue dans les yeux de l’œuvre. S’en suivit un léger vrombissement et la statue bougea lentement son crâne vers l’escouade.
Les yeux de la statue fraichement éclairé se posèrent sur le groupe d’un regard accusateur.
Kalan entendit un léger cliquetis et le vide sans fin sous leurs pieds s’éclaira niveau par niveau.
Au début, Kalan discerna avec peine les petites pointes lumineuses au fond du trou.
Cependant, plus les veilleuses vertes remontaient d’étages en étages, plus Kalan prit conscience de l’horreur qui se tramait ici.
Un terrible grincement sourd et puissant provenant de l’imposante statue résonna dans l’immense pièce.
- Nous devons partir d’ici et vite, à tous, repli tactique ! hurla Von’Ra
Les scientifiques paniquèrent, l’un d’entre eux bouscula son voisin et celui-ci tomba dans le vide en poussant un cri de terreur qui se perdit dans le néant.
Tout autour d’eux, des passerelles sortaient de nulle part, se déployant sans un son, reliant les couloirs remplies de squelettes de métal à la passerelle principale.
Le grincement se tut, et un bruit de pas métallique frappant le sol à l’unisson résonna.
*Nous sommes la mort… Soumettez vous, et mourrez.*
A cet instant précis, Kalan fut pris pendant quelques secondes d’une peur panique incontrôlable.
Comme si des millénaires d’une haine galactique s’abattaient sur son esprit.
La panique disparue aussi rapidement qu’elle le frappa, grâce aux leçons tirées des enseignements du Bien Suprême. Kalan en profita pour se remettre à courir à vive allure.
Un des scientifiques glissa et s’affala sur le sol. Un trait lumineux frôla le Tau et heurta de plein fouet l’un des guerriers qui s’était trouvé juste devant lui une seconde auparavant.
Le projectile avait atteint l’armure du Shas’La et celui-ci disparu dans des hurlements d’agoni atroces. Les couches de son corps s’épluchaient comme un vulgaire oignon.
Pratiquement de retour à l’entré de l’immense salle, Von’Ra se retourna et activa son canon à impulsion greffé sur son bras droit.
L’arme ronronna et cracha des salves meurtrières de très haute vélocité.
Les derniers scientifiques quittèrent enfin la passerelle et s’engouffrèrent dans le couloir.
Les guerriers de feu refermèrent la marche et engagèrent le combat.
Von’Ra continuait ses tirs de suppression tout en reculant. Levant leurs armes en direction des Tau les Nécrons ripostèrent.
D’autres tirs frappèrent les murs du couloir, les éclairs verdâtres zébraient l’air depuis l’immense salle.
Kalan remarqua que le noir métallique des couloirs insondables laissait apparaitre des teintes d’un vert sombre et qu’à certains endroits, les murs brillaient d’une lumière plus intense comme revigoré là ou les tirs des Nécrons s’étaient écrasés.
Dans la cacophonique du combat, la couleur changea passant d’un vert sombre à un bleu cyan lorsque les Tau répliquèrent avec plus d’acharnement.

Les impacts de l’arme lourde de Von’Ra frappèrent violement le marcheur le plus près.
Ebahi, il vit sa cible continuer sa terrible et lente marche ressortant complètement indemne de la pluie de projectile.
- Concentrez vos tirs sur la même cible !
Les tirs s’intensifièrent de part et d’autre.
A sa droite, Kalan vit le guerrier Manrul décocher un tir précis en plein dans le bras du marcheur.
Le guerrier de métal perdit son arme sans pour autant être ralentit dans sa progression. Un flash lumineux verdâtre traversa le couloir et Kalan aperçut Manrul s’effondrer sans bruit privé de sa tête.
Les liens sacrés noués entres des guerriers de confiance par le rite du Ta’lissera fit monter sa rage, risquant de l’emporter à tout moment.
- Ces couloirs ne nous offrent aucunes couvertures Shas’El ! Il faut battre en retraite !
Tout en parlant, Kalan tira avec sa carabine une grenade P.E.M sur le premier Nécron.
Après quelques secondes, celui-ci s’arrêta net, incapable de se mouvoir comme paralysé.
Avec seulement un pied en appui la machine bascula dans le vide lorsque Kalan ajusta un second tir dans sa poitrine.

Le frère guerrier Uzan appela Von’Ra. D’un coup d’œil rapide le Shas’El analysa la situation. Des portes qui étaient totalement invisibles à leur arrivée étaient entrain de refermer le passage. Sans hésiter il ordonna à toute l’escouade de rompre la formation et de sortir avant qu’il ne soit trop tard.
Tous s’exécutèrent et passèrent les portes. Dans leur course folle un autre Tau fut réduit en poussière touché à son tour par les terribles armes à énergies.
Plus loin que ses soldats Von’Ra vit le passage se refermer. Il activa son puissant fuseur ainsi que ses propulseurs et fila telle une fusée à travers le couloir. La puissante vague d’énergie libérée par l’arme encore brulante détruisit une infime partie de la porte lui permettant de s’extraire in extrémis de cet enfer.
Les portes se refermèrent en un claquement sourd comme étant frustré d’avoir laissé filer leur proie. Il s’en était fallu de peu…

A l’extérieur, la planète s’emballait. Les secousses qu’ils avaient totalement oubliés dans le terrible édifice se firent encore plus violentes que précédemment.
Kalan releva l’un de ses frère d’arme survivant et chercha des yeux le Shas’El. Leurs pertes avaient été lourdes. Kalan sentait encore en lui cette rage attisée par l’endoctrinement et les rites cérémoniels.
Il vit Von’Ra au loin dans un cratère se relever péniblement. Son armure rayée et endommagée avait subi d’importants dégâts et sa mobilité s’en retrouvait considérablement réduite.
- A toutes les forces en présence, extraction immédiate de la planète. La mission est annulée.


Les trois Orca s’arrachèrent de la pesanteur à toute vitesse.
Les Tau au camp de base avaient regroupé tout le matériel de première importance avant de finalement évacuer en précipitation.
Dans la soute, Kalan entendait hurler les moteurs de la navette de façon inquiétante. Repensant à sa mauvaise blague lors de leur arrivée, cette fois ci, il se passait vraiment quelque chose d’anormal.
A l’intérieur du cockpit, le Shas’El s’agrippait à la poignée tant bien que mal.
- Nous sommes trop lent et beaucoup trop bas ! clama le pilote d’une voix fortement inquiète.
Von’Ra quant à lui, crispé sur sa poignée, fixait d’un œil angoissé l’altimètre défiler à toute allure.
La raison de leur inquiétude était toute simple. La planète subissait une véritable réaction en chaine. Tout le continent s’effondrait sur lui-même, ensevelit par la mer de lave.
Soudain, L’Aven du Diable explosa et la terrible onde de choc heurta les navettes de plein fouet.
Le dernier transport encore beaucoup trop bas subit le gros de l’impact. L’un de ses quatre moteurs explosa, créant un trou béant sur son flanc gauche. La navette piqua à pleine vitesse vers la mer de lave et disparu noyée sous le magma.

Les boucliers sautèrent et de multiples alarmes hurlèrent diverses avaries.
Pendant une bonne minute qui parut des siècles pour Von’Ra le pilote lutta de toute ses forces pour stabiliser l’engin.
- Par tous les sept ! Hurla-t-il.
- Bon travail pilote, le félicita Von’Ra. Faites moi un rapport des avaries des autres navettes et ramenez nous sur le Custodian. Quittons cet endroit maudit. J’ai un rapport à faire aux Ethérés.
Les deux navettes restantes filèrent dans le vide sidéral laissant la planète et ses problèmes derrière eux…

…Les tourbillons de lave se déchainèrent, des tsunamis de magma frappèrent de plus belle les flancs brisés de la montagne en morceau. Au centre des restes de l’Aven du Diable, l’immense cratère nouvellement créé mit à nue l’énorme structure de métal poli totalement intacte.
La Nécropole se réveille, la moisson approche.












(A suivre : VI - Retour)

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Dernière édition par Herezy le Mar 11 Juin 2013 - 10:40, édité 6 fois
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Herezy
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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Mer 12 Déc 2012 - 16:29

Okey, voici la suite !


Allez place au chapitre 6 : Retour !


VI - LE RETOUR


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EDIT : 25/03/2013 chapitre VI modifié et amélioré.
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Arrivé sur le croiseur, Von’Ra et Kalan se dirigèrent vers la salle de débriefing.
L’Ethéré les attendait assit dans l’un des confortables sièges. Tous deux s’inclinèrent respectueusement et entrèrent.
A la fin de leur compte rendu, le noble conseiller accepta leurs excuses sans les réprimander.
- Il sera fait comme vous dites, Shas’El. La voix du vénérable Ethéré était puissante et amicale. Son ton charismatique et posé faisait reluire une véritable aura de bienveillance.
Il faut absolument que le conseil apprenne cette nouvelle. Continua-t-il.
Il parlait très lentement comme si chaque mot pesait et existait réellement, ce qui lui offrait encore plus d’attention de la part des guerriers.
Si ce que vous dites se révèle exact, la phase de colonisation dans ce secteur pourrait être compromise. L’Ethéré connut sous le nom de Aun’Riu fit une nouvelle pause puis enchaina en levant le doigt. Et par le Bien Suprême ceci est inenvisageable.
Sur ses sages mots, le conseiller se retira d’une allure nonchalante la tête haute.

De retour sur le pont de commandement du Shadow’Riu, Von’Ra et Kalan sentirent les moteurs principaux du croiseur démarrer dans un léger ronronnement. Ils rentraient chez eux, au calme, laissant derrière eux la planète maudite et ses terribles créatures. Ces pensées rassurèrent Kalan et détendu, il se tourna vers Von’Ra.
- Un repos bien mérité mon frère. Ou en sont les préparatifs ?
- Ils seront bientôt terminés, commença tristement le Shas’El. Je dois aller me préparer pour l’hommage aux vaillants guerriers tombés au champ d’honneur.
Un silence s’installa entre les deux officiers qui contemplaient le vide sidéral.
Mais oui. En effet vous avez raison mon frère. Je suis tout de même heureux de retourner sur notre lune. Finit-il par lâcher.

N’ayant aucune emprise sur le warp, la connaissance des Tau envers cette étrange réalité était extrêmement limitée. Par conséquent, ceux-ci ne disposaient pas des technologies nécessaires pour utiliser les couloirs warp.
Les Tau voyageaient donc avec des moteurs V.S.L améliorés qui ne faisaient qu’à peine frôler les couloirs warp. Bien évidement, cela allongeaient considérablement les temps de vol.


La salle spacieuse du mess était relativement calme. Les quelques groupes de Tau qui s’y trouvaient conversaient joyeusement profitant d’un des rares moments de détente qu’il leur était accordé.
Certains buvaient, d’autres participaient aux derniers jeux de comptoirs qui faisaient fureurs sur Ksi’m’yen. (Monde particulièrement connu pour tous les adeptes de la chance et des jeux de hasards).
A l’une des tables, l’escouade de Kalan discutait.
Comme à son habitude, la guerrière Mil’Ena écrasait tout le monde aux jeux « cartes des castes ».
- Je ne comprendrai jamais comment elle fait ! S’exclama Uzan, qui venait de perdre sa dernière mise.
Uzan portait encore le titre de Shas’La, mais la fin de ses premières années de baptême du feu approchait. Sans son casque, le guerrier était facilement reconnaissable grâce à une vilaine cicatrice qui lui courrait sur toute la partie droite de son visage. Ses traits creusés le vieillissaient plus que de raison. Il était méticuleux, réfléchit et gardait toujours son sang froid même dans les pires situations. Cependant, cela ne l’empêchait pas d’être bon vivant en dehors des missions. Mais par-dessus tout, il accordait une confiance sans faille à son frère sergent. Tout le monde s’accordait à dire qu’une grande carrière militaire attendait Uzan, tout le monde sauf lui-même qui rejetait en permanence les compliments de ses frères.
A son tour Kalan abattit ses cartes ne laissant paraitre aucunes émotions sur son visage. Mil’Ena le fixa pendant de longues secondes. Elle n’en tira finalement rien, et décida de suivre le jeu du vétéran.
- Vous êtes joueuse, j’aime ça. Mais vous ne pouvez pas tout le temps gagner Mil’Ena. Finit-il par lâcher en souriant amicalement.
- Très beau jeu. Répondit la guerrière. Mais toujours insuffisant…
Sur sa dernière phrase, Mil’Ena jeta volontairement ses cartes de façon négligente sur la table.
Le grand sourire de Kalan s’effaça aussi vite qu’il apparu.
- Il semblerait que votre revanche ne sera pas pour ce soir. Termina la Shas’La.
Kalan n’en revenait pas. Accusant le coup de la défaite, il se leva et s’inclina de manière théâtrale devant la guerrière.
-Mil’Ena, enchaina t-il. J’accepte ma défaite. Et comme toujours, le vainqueur a l’honneur de nous payer la prochaine tournée.
Le sourire espiègle de Kalan fit une nouvelle apparition.
La guerrière hocha de la tête, bonne joueuse.
- Soit, j’accomplirai la tache qui m’est due.
Contrairement à Uzan, Mil’Ena était plus réservée. Elle aimait garder en elle une part de mystère. Son caractère, plus difficile à cerner, avait rendu Kalan mal à l’aise lors de son arrivée dans l’escouade. Maintenant qu’il la connaissait, il admirait sa patience et sa détermination sans borne.
Mil’Ena disposait d’un physique avantageux, sans pour autant en abuser, l’habit cérémoniel de la Caste du Feu lui allait à merveille. Surtout du point de vue de Kalan.
La bonne entente au sein du groupe fit s’éterniser la soirée une bonne partie de la nuit…


L’entrainement intensif que lui et son escouade venaient de terminer l’avait revigoré et purifié. Les dernières toxines encore présentes dans son organisme suite à la soirée de la veille avaient complètement disparues, le rendant à nouveau apte au service. Kalan marchait dans les couloirs auto-éclairés du vaisseau. Le design intérieur des croiseurs étaient élégant, sobre et épuré.
Les angles courbés de la plus part des objets, portes et fenêtres calmaient son impatience.
Cela changeait de la surcharge étouffante des décors à bords des vaisseaux humains.
En de rares occasions, Kalan avait visité ces mastodontes spatiaux, et il se demandait à chaque fois comment ceux-ci faisaient pour ne pas être déprimé où pire démoralisé avant les combats.
Un technicien courut vers lui l’appelant à plusieurs reprises l’arrachant à ses pensées.
-Shas’Ui Kalan ! Shas’Ui Kalan ! S’égosilla le sous officier. Le vénérable Shas’El demande votre présence sur le pont de commandement. Nous allons bientôt sortir de Vitesse Supraluminique.
Kalan acquiesça de la tête et se dirigea d’un pas soutenu vers l’ascenseur le plus proche.

- Kalan, vous voila enfin ! s’exclama Von’Ra, visiblement bien rétabli de leurs péripéties. Venez donc ici et admirez notre sortie de V.S.L. Kalan s’inclina respectueusement et vint à ses cotés.
Le Shas’El se tenait au beau milieu d’une baie vitrée offrant une magnifique vue sur les constellations et le noir d’encre de l’espace.
Derrière eux, la passerelle de commandement fourmillait d’activité. Les techniciens concentrés sur leurs consoles murales transcrivaient les dernières données reçues de toute part dans le mastodonte de métal.
- Attention au décompte, grésilla une voix dans les hauts parleurs, 5…4…3…2…1… sortie de V.S.L.
Leur sortie fut bien plus violente qu’a l’accoutumé, tout le vaisseau trembla à plusieurs reprises, comme ayant subi l’impact d’astéroïdes.
A travers les épaisses vitres du croiseur, Kalan vit impuissant le terrible spectacle qu’offrait l’espace devant lui.
D’autres secousses plus violentes le firent chanceler. Des alarmes se mirent à hurler, les officiers de pont aboyèrent des informations dans tous les sens visiblement complètement paniqués.

Le croiseur venait de débarquer en plein milieu d’une bataille spatiale déjà bien engagée. Des tirs de turbo-lasers fusèrent de toutes parts, s’entre croisant dans ce balai lumineux. Les tirs meurtriers prélevaient des portions entières de vaisseaux, arrachant vies et machines qui s’y trouvaient.
Des explosions titanesques frappèrent les plus gros bâtiments de chaque camp. Sur le pont, la confusion était absolument totale.
Les boucliers avaient surchargés par les premiers tirs qu’ils avaient subis dès leur arrivée.
Pire encore, le croiseur allait beaucoup trop vite et fonçait tête baissée vers une épave d’un vaisseau de la flotte Tau.
- Redirigez toute la puissance sur nos réacteurs ! hurla Von’Ra qui tentait de s’appuyer sur une paroi pour garder son équilibre. Évitez-moi ces débris à tout prix !
Comme dans la navette six jours auparavant, les moteurs hurlèrent mais cette fois l’imposant croiseur n’était malheureusement pas aussi maniable.
- La collision est inévitable ! Cria un tau affolé.
- Continuez de virer de bords et concentrez-vous ! Le réprimanda sévèrement Von’Ra.
Kalan sortit de sa torpeur et se retourna brusquement vers Von’Ra.
- Il faut utiliser nos armes ! Commença t-il.
- Nous engagerons l’ennemi si nous sortons vivant de ce crash Kalan ! Répondit Von’Ra sur un ton sec.
-Non, je veux dire qu’il faut tirer sur l’épave ! Nous devons l’endommager sur les extrémités dans l’espoir que des parties s’en décrochent ! Noble guerrier, cela peux marcher, il faut essayer.
Le Shas’El hocha de la tête puis fit volte-face et ordonna les nouveaux ordres aux officiers de pont.

Les canons de proue ouvrirent le feu sans aucuns résultats apparent.
Une deuxième salve vint heurter l’épave de plus belle.
Se rapprochant de plus en plus, la troisième et dernière salve avant l’impact tant redouté fit plier la carcasse du vaisseau qui se brisa en plusieurs morceaux.
Kalan qui avait inconsciemment retenu son souffle et souffla de soulagement lorsque le croiseur traversa les débris tournoyant de l’épave dans l’apesanteur.
- Vénéré Shas’El, une communication pour vous provenant du Haut Commandeur Shas’O Miral sur la ligne huit.
Von’Ra prit un certain temps avant de répondre. Une fois à nouveau calme et maitre de ses esprits, il fit signe de la tête à l’officier.
- Activez les hauts parleurs. Je veux savoir ce que le commandeur souhaite me dire et quels sont ses explications.
- Content de vous revoir Von’Ra. Commença le commandeur. La vision était légèrement brouillée et sautait de temps à autre, mais les paroles du commandeur restaient parfaitement compréhensible.
Von’Ra lui retourna la politesse formelle qu’obligeait leur haut rang.
- J’ai eu peur que vous ratiez notre écrasante victoire sur ces idiots d’humains. Il semblerait que vous soyez finalement arrivé à temps… Lâcha le commandeur avec un léger ton de regret.
- Je ne m’attendais pas à revenir en plein conflit ouvert avec les humains Miral. Vous avez toujours le don de vous trouver dans des situations improbables.
- Je n’aime pas votre ton Shas’El. Répondit froidement Miral. Prenez les commandes de votre vaisseau, joignez vous à la flotte et attendez mes ordres…
Ah, parfait ! Continua-t-il, tendant l’oreille pour écouter le rapport d’un de ses sous-officiers de pont. Montrons à ces Gue’La prétentieux comment on écrase un insecte.
Le commandeur se retourna face à la console des communications, prit un ton plus solennel et s’adressa à toute sa flotte.
- A tous les navires, ici le Commandeur Shas’O Miral. Comme vous l’avez remarqué ces lâches d’Impériaux nous ont attaqués par surprise. Il est maintenant temps de renvoyer ces fanatiques chez eux. A tous les navires, écoutez-moi. Concentrez votre puissance de feu sur la frégate encerclée, puis déployez-vous. L’Objectif principal est le vaisseau amiral. Montrez-moi votre bravoure, écrasez les tous jusqu’aux derniers.
Sur ces derniers mots, il coupa les communications et s’assit à nouveau dans son fauteuil de commandement.
- Vous savez ce qu’il vous reste à faire Kor’O Anuk.
Le vieil amiral hocha de la tête sans dire un mot et prit le commandement du vaisseau mère.
Dans son siège, le visage de Miral changea doucement. Il inclina sa tête tel la mort prêt à frapper. Ses sourcils s’abaissèrent, ses yeux se plissèrent et un sourire apparut. Le sourire de la chasse.
*Voyons voir ce que vous valez, humains…* se dit-il pour lui-même.





La flotte de reconnaissance envoyée pour enquêter à propos la disparition de la base impériale sur l’astéroïde YEMETOR avait rencontrée une résistance ennemie imprévue.
Droit comme un i, l’amiral Tabayev caressait sa belle moustache dans le sens du poil.
La situation se dégradait visiblement à chaque minute.
Les frégates dont disposait l’amiral étaient de puissants vaisseaux proportionnellement à leur taille. Cependant ils ne pouvaient remplacer des vaisseaux capitaux capables de résister à un feu nourri. Alors que l’effet de surprise avait joué en leurs faveurs, sa flotte subissait maintenant un violent coup de revers.
- Amiral, nous venons de détecter des renforts ennemis sortant de V.S.L ! Aboya l’officier de pont.
- Comment ? Ces xénos disposent de plusieurs flottes dans le secteur ?! Gronda Tabayev d’un ton incrédule. Officier, faites moi un rapport de la situation, sur le champ.
L’homme s’exécuta immédiatement.
Comme le craignait Tabayev, la situation était devenue critique.
Les frégates Spiritum et Praticiae étaient détruites. La frégate Malastarr avait été lourdement endommagée et tentait de se replier. Le Purge Of Xenos tenait bon, alors que le Vindicator avait réussit à faire une percée.
Quant au vaisseau amiral, la propulsion restait opérationnelle mais l’armement fut endommagé et malheureusement inutilisable sur tout le flanc droit.
Du coté des Xenos, ceux-ci avaient perdu deux destroyers, trois vaisseaux de transports et l’un de leurs croiseurs lourd était en grande difficulté.
D’autres croiseurs lourds venant de la face cachée de la lune fonçaient, leurs moteurs à plein régime, dans leur direction.
Les cogitators fumant sous les calculs nécessaires annonçaient qu’ils seraient sur eux dans moins de neuf minutes.
Quels sont vos ordres Amiral ?

Le Vindicator avait profité de la brèche pour se faufiler derrière la ligne Tau tirant joyeusement des bordées meurtrières sur toutes les cibles à portée. Dans son élan meurtrier, le vaisseau avait lourdement endommagé un croiseur ennemi et comptait bien en finir définitivement avec lui.
Par orgueil ou par désir de gloire le commandant du vaisseau avait rompu la formation des vaisseaux Impériaux.
Alors que sa réaction impulsive s’était révélée très profitable à la flotte impériale au départ, le Vindicator venait de se faire couper sa retraite par un nouveau croiseur lourd qui, sortit de nulle part, l’enferma, pris au piège en plein milieu de la flotte ennemie.
Les armes Tau concentrèrent leurs tirs sur le navire impérial isolé.
A cet instant, le capitaine comprit qu’il ne lui restait qu’une dernière chance de s’en sortir vivant. Il savait que ça pouvait fonctionner, même s’il ne l’avait jamais effectué.
A ces ordres, la frégate entama une vrille d’esquive spectaculaire. Le vaisseau se cabra à la verticale. Ses moteurs hurlaient, aux bords de la rupture. La rapidité d’exécution de la manœuvre témoignait des compétences de l’officier de pont. La frégate évita de justesse le gros des tirs croisés Tau. Ses canons de flanc répliquèrent férocement. Le talent de l’équipage de ce navire devint indiscutable, lorsque dans sa vrille effrénée, les batteries du vaisseau réussirent malgré tout à trouver des fenêtres de tir. Pendant un bref moment, le commandant effleura l’espoir de sortir vivant de ce piège.
A leurs tours, deux vaisseaux Tau engagèrent la poursuite, pointant le nez de leurs mastodontes à la verticale.
Des salves courtes mais précises, frappèrent l’arrière du Vindicator. Le capitaine avait commit une seule et unique erreur. Et ces chiens l’exploitaient déjà. Ces réacteurs s’étaient retrouvés exposés au feu ennemi.
Toujours dans sa vrille inarrêtable, le vaisseau poursuivit sa course cherchant à s’extirper du guêpier.
Sur la passerelle les serviteurs et matelots vomissaient leurs tripes dues à la pression insoutenable. D’autres priaient leur Dieu-Cadavre.
Plusieurs explosions dantesques secouèrent le navire. Le capitaine lutta pour garder l’équilibre. Des torpilles avaient pénétrées leurs boucliers. Les propulseurs perdaient en puissance.
Les yeux écarquillés, bouche ouverte et le souffle coupé, le commandant du navire comprit alors que sa fin était inévitable. LE moment qu’il attendait depuis si longtemps se trouvait enfin devant lui. Toute sa vie, il avait servit l’Empereur sans douter. Toute sa vie, il avait rêvé de CE moment. Il était temps pour lui de Le servir une dernière fois.
- Sa volonté me guide ! hurla-t-il. Timonier, pleine puissance sur le navire Xenos.
Le regard perçant sur sa cible tel un aigle fondant sur sa proie, le navire piqua sur son nouvel objectif. Le commandant s’assit soigneusement dans son siège prenant l’une des postures des œuvres murales de grands amiraux qu’il avait vu dans sa jeunesse.
*Aucune cible ne Lui échappe, même dans la mort, Sa juste colère se déversera !*
Le vaisseau disparu sous une énorme explosion détruisant entièrement le croiseur lourd sévèrement endommagé.


Après de longues secondes d’hésitations, et de nouvelles secousses sous les impactes des tirs des navires ennemis, l’amiral vit le Vindicator dans un dernier acte héroïque se désintégrer sous ses yeux. Il se retourna face à son officier de pont d’un air dépité.
- Que tous les appareils se replient. Lâcha finalement Tabayev. Le regard noir de haine, il se retourna vers le poste d’observation.
Face à sa flagrante défaite, il murmura
Ceci ne restera pas impuni, par l’Empereur je le jure…

A l’opposé de la bataille rangée, le Shadow’Riu trembla violemment due à l’une des puissantes bordées du Purge Of Xenos.
- Ne les perdez pas ! Ordonna Von’Ra aux officiers de la navigation.
Malgré sa déroute, la frégate impériale offrait une résistance coriace. Les canons de poupe crachaient ses projectiles de mort sur le mastodonte de métal à sa poursuite. Les obus qui frappaient le croiseur Tau explosaient sur le blindage, arrachant de toutes parts des fragments entiers du vaisseau. De petits éclats lumineux apparaissaient l’espace d’un instant, avant disparaitre aussi vite.
- Shas’El ! Intervint un Tau sur le pont. Sans nos boucliers, nous risquons de lourds dégâts en poursuivant la frégate ennemie !
- Tenez-vous prêt à riposter. Ciblez les points sensibles de la frégate et attendez mon ordre.
Toutes les batteries avant se chargèrent dans un ronronnement qui sortit du plus profond des entrailles de la machine de métal.
- Feu ! Lâcha Von’Ra d’un haussement de la tête à son officier en second.

Déchirant le vide spatial, les lances d’un bleu ardent fondirent droit sur la frégate impériale.
Le Purge Of Xenos, entreprit une manœuvre osée et évita le plus gros de la riposte Tau.
Le vaisseau pivota suffisamment vite pour offrir un angle de tir satisfaisant aux batteries de flanc droit.
De nouvelles volées de lasers s’écrasèrent sur le blindage du Shadow’Riu. Les procédures d’urgences s’activèrent et le vaisseau coupa ses réacteurs.
La frégate impériale sauta sur l’occasion. Tous ses canons se turent et la lueur des réacteurs redoubla d’intensité. Peu à peu, le Purge Of Xenos creusait l’écart qui le séparait du Custodian, rejoignant dans sa fuite le vaisseau amiral.
Malgré la puissance des réacteurs Tau, le temps de les relancer à pleine capacité, Von’Ra vit la frégate impériale s’éloigner du champ de bataille. Accusant le coup, il s’assit dans son fauteuil et félicita son équipage.
- Notre sang a assez coulé, retournons en orbite autour de la lune.
Alors que le Shadow’Riu rebroussait chemin, Von’Ra vit au loin sur la droite du croiseur un regroupement de vaisseaux Tau.
Pris au piège, le Malastarr n’eut pas autant de chance que le Purge Of Xenos. Trop lourdement endommagé, le navire mourait à petit feu en silence. Le générateur à plasma laissait une trainée bleuâtre derrière lui. L’état instable du plasma provoqua une explosion au niveau de l’arrière du navire qui, par une réaction en chaine eu finalement raison du vaisseau. La terrible explosion d’un blanc brillant secoua tous les navires Tau à proximité tel un dernier défi lancé aux Xenos.



Malgré leur victoire, la flotte Tau pleurait ses nombreuses victimes. Les importants dommages de certains vaisseaux les immobiliseraient pour un bon moment.
Parmi tous les morts se trouvait l’un des Ethérés du conseil.
Lorsque le calme revint dans l’espace obscur, une réunion de crise eu lieu dans la salle du Haut Conseil.
- Oui, vous avez raison. Répondit un Ethéré. Si les informations rapportées par le Shadow’Riu se révèlent être exactes, toute la colonisation serait compromise. La question sur ces guerriers de métal doit être rapidement éclaircit, car si nous ne trouvons pas un moyen d’arrêter ces créatures…
- Ne vous inquiétez pas mon ami. L’interrompit un Haut Conseiller. Le Très Sage est informé de la situation, et il va rapidement résoudre ce problème.
Les deux Ethérés acquiescèrent, rassuré à la vision du plus illustre d’entre-deux, en méditation, le regard perdu dans l’immensité du vide sidéral.

Lorsque le commandeur entra dans la salle du conseil, ou sa présence avait été requise par les Ethérés, toutes les conversations cessèrent. Les sages se retournèrent vers lui sans lâcher un mot.
La pièce ne ressemblait à aucune des autres salles du complexe militaire. La luminosité était volontairement plus faible. Le gris métal, plus sombre que les autres murs de la forteresse, faisait ressortir des dictons gravés à hauteur d’yeux.
La salle en arc de cercle permettait à tous les conseillers d’avoir une vue globale sur leur paires.
Deux des sièges étaient vides là ou l’un des Ethérés mort pendant la bataille aurait du se trouver. Pour ce qui était de l’autre sage, Miral n’avait aucune idée de sa situation.
En son centre, une table intégrée d’un champ holographique transmettait les derniers rapports.
Les Ethérés connaissaient le moindre fait et geste de la flotte.
Le Haut conseiller se retourna lentement vers le commandeur.
- Commandeur Miral, vous voilà enfin face à nous.
- Très Sage. Le salua-t-il.
Miral ne comprit pas immédiatement les propos de l’Ethéré, mais celui-ci avait raison. C’était bien la première fois qu’il se retrouvait face au conseil qui l’avait nommé pour cette mission. Sans qu’il ne puisse se l’expliquer, une angoisse croissait lentement en lui.
En signe de respect, le Haut commandeur s’inclina face à l’illustre sage. En échange, le Haut conseiller Aun’Fe l’invita à prendre place. Une fois installé, celui-ci commença la réunion.
- Commandeur, les récents évènements m’attristent au plus haut point. Le ton lent et pesant de l’Ethéré accrut de plus bel l’inquiétude grandissante de Miral. La mort de notre vénérable confrère Aun’Tau’Val est une véritable tragédie. Sur cette phrase tous les Ethérés de la pièce inclinèrent la tête respectueusement.
- Sans parler du conflit ouvert que vous venez de déclencher avec l’Imperium. Ceci n’est en aucun cas favorable au bon déroulement de nos opérations. L’Humanité est certes simpliste, mais terriblement dangereuse lorsqu’elle se sent en danger. Autour de Aun’Fe toutes les têtes acquiescèrent.
- Un animal craintif se fermera sur lui même et risque de ne pas percevoir la clarté du Bien Suprême. Une âme inquiète est toujours plus difficile à convaincre Miral, vous le savez. Et c’est ce que nous voulons absolument éviter. Me comprenez-vous Commandeur ?
- Les humains sont faibles et facilement manipulable mes seigneurs. Je vous promets qu’ils s’inclineront tous, de gré ou de force devant le Bien Suprême. Promit-il, le point serré.
- Ah, si cela pouvait être ainsi… Souffla Aun’Fe, déçu.
Miral ne répondit rien et laissa le Haut Conseil continuer son sermon.
- Par vos actions, vous avez compromis les accords d’unions de Belvaronn à l’Empire. Ajouta le conseiller Aun’Riu près d’un des sièges vide. Pire, notre position sur la planète est maintenant ouvertement critiquée par une branche grandissante de la population.
- Aun’Riu a malheureusement raison. Confirma tristement Aun’Fe. Notre lourde tâche consiste à guider notre peuple, cela Miral, vous le savez. Ce que vous semblez ignorer, c’est comment nous les menons à bien. Continua le sage.
Et bien sachez Commandeur, que ceci est très simple. Nous réfléchissons à toutes les possibilités que nous offrent cette galaxie, à toutes les éventualités qu’engendreraient de telles actions et quels en seraient les risques.
Nous ne pouvons nous permettre la moindre erreur. Non Commandeur, nous ne le pouvons pas. Car contrairement à vous, c’est le destin de toute notre race qui repose sur nos choix.
Les chemins que nous traçons se réaliseront sur des durées que vous ne pouvez saisir, et ces fragiles projets qu’ils nous incombent à tous de suivre se doivent d’être parfais. Même si nous œuvrons tous ensemble pour les mener à bien, il y aura toujours des parties incertaines qui ne pourront être déterminées à l’avance.
Mais si nous voulons les voir aboutir, il est de votre devoir, à vous Commandeur, tout comme il a été du notre de guider notre peuple au nom de Tau’Va, de suivre nos instructions. Ce n’est que par l’unité que notre race réalisera ce qui a été décidé. Voilà notre fardeau Commandeur, voilà ce qu’un Ethéré endure pour son peuple. Tout ceci, pour le bien être et l’expansion de notre race.
Miral ne put se contenir d’avantage.
- Très Sage, je connais l’importance de votre tâche. Le rassura-t-il. J’accomplirai ma mission et donnerai ma vie si nécessaire. Si vous l’exigez mes seigneurs, j’irai personnellement prendre le contrôle de la planète Belvaronn par la force si ces chiens refusent de se soumettre.

Les Ethérés ne dirent pas un mot, ce qui était d’ailleurs totalement inutile car Miral comprit immédiatement l’idiotie de sa proposition. Seul Aun’Fe lâcha un léger soupir de déception.
- Hélas Commandeur, la situation est bien plus complexe que cela. Le conseiller Aun’Ralshi était en pourparler avec les derniers dirigeants hésitant à rejoindre notre cause. À cause de vos actions, les accords diplomatiques n’ont pas été signés. L’insécurité grandissante sur toute la planète a même atteint les plus hautes tours du commandement Impérial. Il semblerait même que notre vénérable confrère soit maintenant en danger. La perte de l’un des notre est déjà terrible pour nous tous. Miral, vous ramènerez Aun’Ralshi en vie parmi nous. Il est inutile de vous informer que votre échec n’est pas envisageable. Vous savez se qu’il vous reste à faire Commandeur. Maintenant, vous pouvez disposer, nous en avons fini.
Sa fierté blessé, lui hurlait de se défendre, mais il n’en fit rien. Miral se retourna, envahi par la colère et l’amertume. Comment les conseillers pouvaient-ils oser le menacer ainsi ? Lui, l’indomptable de Gorroka VII et maitre de la dix-huitième flotte. Sans la puissante caste du Feu, ils ne seraient rien et leurs belles paroles s’envoleraient dans l’oubli.
Miral se surprit à avoir de telles pensées. Il les écarta de son esprit, honteux de remettre en question les Ethérés et partit s’occuper des préparatifs de départ.


Fio’Ku se frotta les yeux. Ces deux derniers jours furent épuisant. Lui et ses collègues avaient lutés avec acharnement pendant deux jours et deux nuits pour garder l’humain brisé en vie…
Les questions que Fio’Ku se posait inondaient son cerveau, comment avait-il survécu sur cette lune ? Qu’y faisait-il ? Que protégeait-il ? Une chose était sûre, vu l’état de l’humain, s’il cachait des choses, il était évidant que le Grand Commandeur Miral lui avait déjà soutiré ses informations.
Il fit le tri dans ses pensées, et se concentra à nouveau sur sa tache.
- Son état est stable, annonça t’il, toutes ses fonctions vitales sont actives même s’il reste dans un état précaire, je pense qu’il est tiré d’affaire.

En parallèle aux soins prodigués par l’équipe médicale, les chercheurs étudiaient déjà le fonctionnement du cerveau-moteur et des connections entre les bras mécaniques et le corps du mutilé. Avançant par étapes, ils avaient réussi à établir un premier schéma basique du fonctionnement de cette technologie.
- C’est un peu grossier, se justifia Fio’Talrisanna, mais l’idée est là.
- Ne vous en faîtes pas mon ami, cela sera suffisant pour débuter, n’oubliez pas que nos recherches ne font que commencer. Répondit Fio’Ku.
- Maintenant que notre cobaye est sortit d’affaire, espérons qu’il sera plus coopératif.
- Être coopératif lorsque l’on est inconscient ? Vous lui en demander peut-être beaucoup non ? rétorqua le médecin, fâché par la remarque.
- Nous verrons bien, calma le chercheur en chef qui entrait dans la pièce à l’instant même. En attendant, allez tous vous reposer, demain une longue journée nous attend.

L’équipe se dispersa, la plupart des chercheurs retournèrent dans leurs appartements.
Fio’Ku lui, plongea à nouveau dans ses recherches. Plus tôt dans la journée, ils avaient réussit à extraire un objet métallique caché dans les entrailles de l’humain. Il produisait une intense lumière et un léger son ronronnant. Il le saisit de sa main droite dans le but de l’approcher.
Ses pensées s’évanouirent. Il resta immobile, assis en face de l’artéfact jusqu'à en perdre la notion du temps.
Quelques heures plus tard, il reprit conscience. La salle de recherche était vide et dans l’obscurité totale.
- Par le Bien Suprême, souffla t-il, il se fait sacrément tard ! Quel rêve étrange j’ai fait !
Il enfila sa blouse, rangea grossièrement ses documents et se dirigea vers la sortie, laissant l’objet au milieu de la table.
Alors qu’il n’était plus qu’a une dizaine de mètres de la porte, il entendit un léger murmure sur sa droite. Une voix monocorde balbutiait des paroles incompréhensibles.
Fio’Ku s’arrêta pour tenter d’identifier le son à peine audible.
Ne comprenant pas instantanément que les bruits provenaient de la salle du cobaye, il eu un léger temps d’hésitation.
Tiraillé entre sa conscience lui hurlant de continuer son chemin et sa curiosité insatiable toujours désireuse d’en apprendre plus.
Il décida finalement d’aller jeter juste un tout petit coup d’œil rapide à l’intérieur. Une minute pas plus. Se promit-il.

L’obscurité totale fit monter son sentiment d’insécurité, et au moment de pousser la porte coulissante, les murmures se turent.
Fio’Ku avançait à tâtons, pas à après pas il se dirigea vers ce qui semblait être un interrupteur. S’estimant se trouver au milieu de la pièce il le chercha du bout des doigts.
Puis, le silence mourut…
Un vrombissement de moteur tournait derrière Fio’Ku.
Il se retourna et vit l’homme machine debout à quelques centimètres de lui.
Son corps était encore sévèrement blessé, mais il semblait ne pas en avoir conscience.
Ses yeux brûlaient d’une lueur rouge sang et une haine infinie en sortait.
- Mais c’est Impo… bredouilla Fio’Ku en reculant.
L’un des bras métalliques le frappa violemment à la tête, et tout ne devint que brouillard.






VII - EVASION




Les alarmes hurlèrent. Des ordres criés à tout va s'échappaient des salles de repos. L'éclairage standard avait laissé place au gyrophare rougeâtre tournoyant sur lui même. Les gardes en alerte activaient leurs fusils avec précipitation.
Certains tentaient de contacter le quartier général dans l'espoir d'une réponse.
Kalan se raidit instantanément dans sa couchette lorsque les hauts parleurs annoncèrent les procédures d'alertes. Tous ses frères d'armes l'imitèrent. Certains même étaient déjà en tenu près à s'équiper de leurs armures de combat.

Son frère d'arme Qinra apparut dans l'encadrement de la porte déjà entièrement équipé.
- Guerriers, levez vous et regroupez vous tous dans la salle d'arme. Vous y recevrez vos ordres. Dépêchez vous !
Qinra fit demi-tour immédiatement avant même que Kalan ne puisse l'interpeller.
Kalan n’eut pas le temps de se ronger l’esprit par des questions qui auraient pu perturber les plus jeunes recrues. Plus par reflexe d’endoctrinement que par sa propre volonté, Kalan s’habilla tout en préparant spirituellement ses frères.
En moins de deux minutes toute l’escouade qui dormait paisiblement était maintenant prête à l’action.
Kalan sortit en premier de la salle de repos et se retourna vers ses guerriers.
-En colonne, direction l’armurerie !
Dans les couloirs de la base, le désordre et la précipitation régnaient en maitre.
Des soldats en arme courraient dans des directions opposées, des portes blindées étaient verrouillées afin de protéger les endroits stratégiques, des gardes installaient des postes de contrôles sur les croisements les plus empruntés.
Le groupe de Kalan resta en ordre serré, laissant passer les plus pressés aux plus inattentionés des chercheurs.
Par soucis d’optimisation tactique, la Caste de la Terre plaçait le plus souvent les armureries le plus près possible des dortoirs.
Une fois à l’intérieur de l’armurerie, Kalan retrouva le Shas’Ui Qinra qui vérifiait l’équipement de ses guerriers.
Au centre de la pièce Von’Ra donnait ses ordres aux chefs d’escouades déjà parés.
Kalan fit signe à ses soldats d’aller s’équiper et se dirigea vers le Shas’El.
- Vos ordres vénérable Shas’El ?
- J’ai besoin de vous et votre escouade dans les niveaux inférieurs de la forteresse.
- Nous sommes attaqués alors que cela fait moins de douze heures que la flotte humaine a fuit ?
- La situation est critique Kalan, deux gardes et un chercheur ont été retrouvés mort près des laboratoires et nous avons perdu contact avec d’autres guerriers. Nous ignorons encore tout de la menace ennemie.

Kalan enfila son casque et partit à la tête de son escouade vers les quartiers inférieurs de la structure.

Le choc de sa tête sur l’un des murs lui fit reprendre conscience. Un cliquetis régulier tel une horloge frappait le sol de métal.
Son pied droit….
Des sons étranges, des bruits déformés et inconnus lui parvenait. Son oreille mélangeait tous les bruits alentours créant une véritable cacophonie. Il ne discernait que des vagues formes floutées aux contours improbables.
Son pied droit… Se fut la première chose qu’il ressentit. Il tentait désespérément de voir mais ces yeux ne lui offraient que brouillard. Sa tête percuta à nouveau un angle de mur. Quelque chose le trainait…
Son pied droit… La douleur…
Malgré tout ses efforts, son pied ne bougeait pas. Il était compressé, étouffé, impossible de l’extirper de sa tenaille. Quelque chose le bloquait.
Lorsque ses yeux décidèrent finalement à renvoyer des images, il n’aperçut que du rouge.
La pression, elle le faisait terriblement souffrir. Oui, son pied droit, comprimé d’une telle force qu’il pensa en avoir perdu l’usage.
Le premier son qu’il discerna fut une alarme au son strident hurlant à répétition.
Il tenta de se redresser, en vain. Il glissait sur le dos. Quelque chose le trainait…
Il voulu se souvenir de ce qu’il s’était passé, en vain.
Peu à peu, il reprit ses esprits. Dans une nouvelle tentative pour se redresser il perçut une vague silhouette de dos.
Quelqu’un le trainait…
Il entendit un SAS s’ouvrir, des cris d’étonnements, puis rapidement ils se transformèrent en hurlements d’agonis. Un corps en armure de combat Tau tomba sur sa gauche.
Avant même qu’il ne puisse s’y accrocher, la douleur à son pied droit le relança. La personne qui le trainait reprit sa route.
Fio’Ku chercha désespérément un moyen de lutter. Il ne pouvait rien faire, l’humain continuait son chemin sans que personne ne puisse l’arrêter.


Il devait partir, c’était tout ce qui comptait pour lui à présent. Les sirènes de la forteresse hurlaient. Toute la base devait certainement être en alerte mais il n’y prêtait guère attention. Il se déplaçait à un bon rythme, même le parasite qu’il tenait par l’un de ses bras métallique ne pourrait le ralentir.
C’était sa seule et unique chance de partir. Il le savait, et ne la manquerait pas.
Pour l’instant, il devait le mettre à l’abri. L’Objet sacré ne devait tomber entre les mains de cette bande de xenos fouineurs.
Il le protégerait au péril de sa vie s’il le fallait. Depuis l’entré dans l’Adeptus Mechanicus, il avait servit la technologie. Toute sa vie de servitude avait désormais un but. Toujours à la recherche d’artefacts oubliés, il était finalement tombé sur le bien le plus précieux qu’il n’aurait jamais pu imaginer. Le puissant artefact lui avait tout dévoilé. La vérité était claire maintenant.
Il l’avait même soutenu lorsque la brute à peau grise l’avait torturé pendant des heures.
Sa voix à présent, il l’entendait clairement. Oui, l’artefact lui parlait et il était le seul à pouvoir en déchiffrer ses exigences.
Mais pour le moment, il devait quitter cet endroit de malheur.
L’artefact le guidait, il ne pouvait se perdre. Ces pitoyables xenos tentaient vainement de s’opposer à Sa puissance et il savait d’avance que leur entreprise était vouée à l’échec, l’artefact le lui avait chuchoté.
Au croisement suivant, il prit à droite, s’enfonçant profondément dans un autre couloir de la base. La sortie n’était pas loin, encore quelques pas et la liberté s’offrirait à lui. Ses idiots de peaux-grises iraient défendre les hangars, pensant qu’il voudrait certainement s’enfuir avec l’un de leurs appareils blasphématoire.
Mais non. Non ! En aucun cas il utiliserait ces engins. Le Magos était bien plus intelligent que ça. Dans un renfoncement caché de la lune, isolé au milieu de nulle part l’attendait son ticket vers la liberté. Une ancienne technologie datant du Moyen-âge technologique. Les téléporteurs…
Derrière lui des cris se rapprochaient. Il quitta les couloirs et s’engouffra dans une salle plus spacieuse que les autres. Du matériel de construction éparpillé un peu partout l’informait que l’artefact disait vrai, comme toujours. *La sortie est proche*
Il continua son chemin, traversa deux autres salles d’entrepôts et ressortit sur un nouveau couloir. Il perçut au loin des mouvements de plusieurs silhouettes. Finalement, peut-être que certains de ces xenos n’étaient pas si stupides. Peut importait, comme tous les autres, il les tuerait.
Plusieurs tirs fusèrent. Un des Tau dans le couloir hurla des mots en haut gothique.
- Si cet idiot pense vraiment qu’il peut m’arrêter en me criant dessus, alors il peut toujours courir. Lâcha le Magos, d’un ton moqueur.
De nouveaux tirs, plus précis cette fois frôlèrent sa tête. Sans s’arrêter, il se retourna, leva son bras gauche et lâcha un tir unique de couleur rouge.
Le laser percuta le plastron d’un des Tau. Celui-ci tituba et mit genou à terre.
Le Magos ne perdit pas plus temps, et continua sa route vers son objectif principal.
Il s’auto réprimanda, punissant ses actes qui avaient inutilement exposé son bien le plus précieux. Il accéléra le pas lorsqu’il aperçut la porte qui lui offrait enfin sa liberté.
Une fois devant le SAS, il s’arrêta net, tourna la tête vers le poids qu’il trainait depuis le début de son évasion.
Ce qui s’apparentait à un sourire apparu sur son visage décharné.
Quelque chose d’étrange se produisit en lui. Ses capteurs annonçaient une montée de plusieurs hormones en sommeil depuis des temps immémoriaux. Un sentiment de joie le traversa. Oui, il venait de gouter à une réaction de son corps biologique qu’il avait depuis longtemps oublié. Cela faisait si longtemps qu’il n’avait plus ressenti une telle chose…
Un impact bleuté explosa sur le mur. Le Magos reprit ses esprits, détourna la tête vers le tau qu’il trainait, l’attrapa à la gorge et le mit devant la console.
La D.E.L teinta d’un vert positif lorsque le scan facial fut terminé et le SAS s’ouvrit sur l’extérieur.
Des alarmes anti-dépressurisation s’activèrent et toute la zone fut scellée hermétiquement.
Les quelques Tau à sa poursuite se retrouvèrent bloquer de l’autre coté des portes. Battu par leur propre système de sécurité.
Il avait triomphé ! Comme le lui avait dit son si précieux artefact. Il était à nouveau libre !
Il réactiva son brouilleur, qui lui avait déjà sauvé la vie pendant le bombardement de ces lâches de Xenos, et partit en direction du téléporteur.





VIII - POURSUITE



Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent dans un léger sifflement.
Kalan sortit en tête suivit de près par ses guerriers. Les fumerolles du couloir qui s’ouvrait devant lui l’informaient que des échanges de tirs eurent lieu récemment. Sur sa droite, le Shas’La Uzan l’interpella.
- Shas’Ui, il y a des cadavres au sol ici. Uzan désignait la première salle du couloir. Encore ouverte, la porte crachait des étincelles spasmodiques. A l’intérieur, la pièce était dans un désordre innommable. D’autres trainées de sang continuaient vers une chambre annexe.
Les forces ennemies qui étaient passées par ici n’avaient laissées aucunes chances aux pauvres Tau.
Ils continuèrent leur progression, à chaque salle qu’ils traversaient Kalan découvrait le même spectacle d’horreur. Que quelque chose ne collait pas, quelque chose de flagrant, mais il était incapable de mettre le doigt dessus.
-Shas’Ui Kalan ! Un de nos frères est encore en vie !
Le Shas’Ui se précipita vers le guerrier suffoquant. Ses blessures étaient sérieuses, il allait probablement mourir, mais Kalan ne le lui montra pas.
- Il est… Bredouilla le blessé, Il est si fort…
-Que dis tu mon frère ? Qui t’as affligé de telles blessures ?
- Je… Le tau lâcha un dernier râle avant de quitter le monde des vivants.
Kalan fut peiné par la mort de ce jeune guerrier. Il était très jeune et sortait très probablement d’une des prestigieuses écoles militaires. Sa vie lui avait été volée si injustement. Ceux qui avaient fait ces horreurs devaient être punis. Et par le Bien Suprême, Il s’en chargerait.
Sur cette dernière pensée, Kalan percuta. C’était si voyant, ça lui hurlait dessus, mais pourtant il avait été incapable de trouver la réponse depuis tout ce temps. Maintenant, il comprenait. Il analysa des yeux tous les corps des guerriers. Tous ses frères gisaient au sol, morts, tués à l’arme blanche. Oui, c’était évident. Pas de cadavres ennemis, ni d’armes à feux, tout devint clair. Ses ennemis si dangereux n’étaient en réalité qu’une seule et unique personne. A cette pensée, un frisson d’angoisse traversa sa colonne vertébrale. Quelle créature pouvait infliger tant de dégâts à elle seule ?
- Nous devons faire attention. Commença Kalan. Je pense que nous avons à faire à une…
Sa sœur guerrière Mil’Ena, qui guettait l’entrée de l’entrepôt, perçut à l’extrémité de son champ de vision un léger mouvement suspect.
- Contact ! hurla la Shas’La. En mouvement dans le couloir, il s’enfuit !
Toute l’escouade de Kalan sortit précipitamment dans le couloir. Devant eux, Mil’Ena poursuivait l’un des attaquants qui tentait de s’enfuir.
- Plus vite mes frères ! cria le Shas’Ui
Au loin, la guerrière tourna violement sur la droite et continua sa course endiablée, bien décidée à rattraper le fuyard.
C’était maintenant un véritable sprint. Ils étaient tous à pleines capacités, se donnant cœur et âme pour remonter la distance qui les séparait de Mil’Ena.
Elle prit à gauche à l’une des intersections, Kalan la perdit de vue. Des échanges de coups de feu le forcèrent à redoubler de vigueur. A leurs tours, Kalan et ses frères pénétrèrent dans le nouveau couloir. L’Intrus qui venait d’assassiner l’un de leurs jeunes frères quelques minutes plus tôt, courrait droit dans un sans-issus.
- Ne bouge plus humain, tu es piégés ! Mil’Ena mit enjoue son fusil et décocha un tir qui le frôla.
En échange, il répliqua d’un unique coup de laser terriblement précis qui frappa de pleins fouets l’armure de la guerrière. Kalan vit Mil’Ena s’effondrer sous ses yeux, touchée en plein torse.
Il hurla de rage, et se retourna vers le reste de son escouade prête à faire feu.
- Tuez ce bâtard !
La puissante salve bleutée frappa le mur. Plusieurs tirs heurtèrent la paroi juste à coté de la tête de la créature. L’Humain se retourna et lâcha un regard noir à Kalan. A ce moment là, il le reconnu, ce salopard de prêtre des machines qu’il avait récupéré à moitié terrorisé dans les ruines de la base impériale. S’était-il joué de lui ? Était-il si apeuré que ça lors de leur première rencontre ?
Kalan Balaya ses questions d’un mouvement de tête et fixa plus précisément l’humain.
Il tenait par l’un de ses bras métalliques un scientifique tau apparemment sonné.
Il comprit ce qui allait se passer une demi-seconde trop tard. Les SAS se verrouillèrent immédiatement sous l’effet de dépressurisation de la zone.
Noir de rage, Kalan donna plusieurs coups de poing dans la porte blindée.
- Mon frère. Appela Uzan accroupi près de la Shas’La. Venez voir.
Il se retourna et vit Mil’Ena se redresser péniblement, son armure complètement noircie avec un énorme impact en plein centre du torse.
Lorsqu’il vit la guerrière se relever, Kalan sentit une partie de sa haine le quitter. Il s’en voulu sur le moment. Cela revenait à dire qu’il préférait voir un de ses jeunes frères inconnus mourir plutôt que l’une de ses proches. Et les dogmes qu’il avait apprit dans ses leçons lui enseignaient que la mort de tous guerriers se valait.
- Kalan. bredouilla Mil’Ena. Il y a scientifique de l’autre coté de cette porte.
Cette phrase eue sur lui l’effet d’un électrochoc.


Fio’Ku sentit la vie le quitter peu à peu.
Du bout des doigts il tenta à plusieurs reprises de refermer la porte extérieure. Sans succès. Une dernière bouchée d’oxygène, rien ne vint. Il en était finit de lui.
Sur le fil de l’eau, la plume se berce naïvement,
Vivacité des chutes, tombe l’eau.
Secouée, malmenée, la plume se meurt noyée.


Alors que la lumière disparaissait de ses yeux, Fio’Ku vit la silhouette du gardien des âmes s’abaisser à ses cotés. Son heure était venu pensa-t-il.


FIN DU PREMIER CYCLE


( A suivre CYCLE 2) (IX - DIPLOMATES)


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Dernière édition par Herezy le Mar 11 Juin 2013 - 10:43, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Mer 12 Déc 2012 - 18:53

Whaa, y a un peu beaucoup x) je me suis pour l'instant arrêté à l'explosion de l'astéroïde.
Par contre y a un truc qui me choque, tu as décrit une planète comme étant un paradis naturel sans usine. Il te manque un truc : la dîme Impérial qui s'exerce sur Tous les Mondes! En brut, argent, produit manufacturé, ou hommes et là je n'en voit pas x)

Ah et j'ai l'impression que l'astéroïde explose un peu vite... Un bastion impérial aurait ses boucliers toujours activés même s'ils n'auraient pas tenus longtemps.
Et ce n'est pas la Garde qui contrôle les Furys mais la Navy.

Bon je lis le reste avant de critiquer autre chose Very Happy

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Mer 12 Déc 2012 - 20:42

Citation :
Par contre y a un truc qui me choque, tu as décrit une planète comme étant un paradis naturel sans usine. Il te manque un truc : la dîme Impérial qui s'exerce sur Tous les Mondes! En brut, argent, produit manufacturé, ou hommes et là je n'en voit pas x)

Tu as mal lu la préface. :=) Ce n'est pas un monde Impérial mais un monde sous-civilisé de xenos qui acceptent la colonisation des Tau :
Citation :
Le jeune peuple indigène sous-civilisé avait accueillit avec enthousiasme « la magie des êtres du dessus » et en contre partie les villes Tau naquirent sur toute la surface de la planète.


Pour la base impériale, ce n'est qu'un pauvre caillou, une sorte de poste d'observation qui n'a pas les capacités de laisser tourner un générateur de bouclier en permanence.
Tu comprendras plus tard dans le chapitre II que la vrai base est sur la lune.
Je ne peux pas en dire trop sans spoiler. Il faut que tu entres un peu plus dans l'histoire (même si je l'avoue c'est un joli pavay)
Si tu souhaites lire la nouvelle en entier (j'en serais ravi) mais par petit bouts, je te conseil de te stopper à chaque fin de post.
Les chapitres ont été postés par logique de continuité. Si le chapitre suivant enchaine directement sur la suite de l'histoire, il sera dans le même post :=)
Allez bonne lecture ! Very Happy
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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Mer 12 Déc 2012 - 21:04

Mais je parle d'Eldoria et non de la planète Tau, tu as dis que le secteur était sous forte domination Impériale, j'avais donc compris que cette planète où les riches se reposent en faisait partie.

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Mer 12 Déc 2012 - 23:17

Bon j'ai terminé le premier post! J'aime bien le nom de Fio-Ku x), par contre je pense que les Tau connaissent les technoprêtres... il y en a sur tous les mondes Impériaux!

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Jeu 13 Déc 2012 - 23:55

Salut !

Citation :
Mais je parle d'Eldoria et non de la planète Tau, tu as dis que le secteur était sous forte domination Impériale, j'avais donc compris que cette planète où les riches se reposent en faisait partie.
Ah ! Pardon désolé. Comme tu n'avais lu que la préface, j'ai pensé que tu parlais du monde de départ.
Ben pour ce qui est de la dîme, je vais être franc. Je t'avoue que je n'y ai pas pensé. Par contre, quand je décrirai un peu plus le monde, j'y ferai référence. Smile
Mais je ne pense pas parler de la dîme impériale dans la présentation du secteur. (C'est une présentation rapide)

HS : J'ai relu ma présentation du secteur hier soir, et je me suis rendu compte qu'elle était de mauvaise qualité. Il n'y a pas d'ajouts de nouvelles informations, mais les tournures de phrases ont été retravaillées.


Citation :
par contre je pense que les Tau connaissent les technoprêtres... il y en a sur tous les mondes Impériaux!
J'ai modifié et amélioré le passage ou les scientifiques découvrent le technoprêtre. (dis moi si ça te parais plus sympa)

(Le passage se trouve à la fin du chapitre IV, il commence à : "Fio'Ku se leva de son lit")

Citation :
J'aime bien le nom de Fio-Ku x)
Il est membre de la caste de la Terre. Son nom commence donc par "Fio"
Notre petit chercheur s'appelle donc en réalité "Ku" Very Happy
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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Ven 14 Déc 2012 - 20:02

Citation :
En tant que premier partenaire, les Tau bénéficiaient d’avants postes mineures qui servaient officiellement à défendre les routes commerciales.

Je pense que tu devrais préciser : des avant postes de la caste de l'eau (enfin je crois que ce sont eux les diplomates) parce qu'une base militaire, même de petite taille serait rasée très vite, la planète comptant quand même des FDP et des Arbites.

Citation :
HS : J'ai relu ma présentation du secteur hier soir, et je me suis rendu compte qu'elle était de mauvaise qualité. Il n'y a pas d'ajouts de nouvelles informations, mais les tournures de phrases ont été retravaillées.

C'est d'ailleurs mieux comme ça.

Citation :
Il est membre de la caste de la Terre. Son nom commence donc par "Fio"

Comme quoi on en apprend tous les jours Laughing , c'était plus pour le mini jeux de mot : Fio-Ku/Faux-cul

J'ai terminé le chapitre cinq, Il n'y a qu'une seule chose qui choque :

Citation :
« Nous sommes la mort… Soumettez vous, et mourrez.»

Wink les Nécrons ne peuvent parler! Enfin seul les Parias qui sont mi-homme, mi-machine. Même si j'admet que cette phrase à de la gueule et annonce bien de la suite ^^.

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Sam 22 Déc 2012 - 1:12

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EDIT 20/03/2013 : (Nombreux ajouts chapitre IX - DIPLOMATES + division du chapitre en deux : Chapitre X : SAUVETAGE)
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Bonjour tout le monde. Voici le deuxième cycle de ma nouvelle. Ce chapitre pose les bases d'une partie de l'intrigue. (HS : Chapitre VI modifié et amélioré, je vous conseil vivement de le relire)

DEUXIÈME CYCLE



IX - DIPLOMATES




La planète Belvaronn ne se trouvait pas si loin d’Asclepto. Et pourtant, durant tout le trajet Miral resta terré dans ses quartiers avec sa garde d’honneur. Les longs voyages spatiaux rendaient le Grand Commandeur aigri. Et depuis sa réunion avec le Haut Conseil, il s’était refermé sur lui-même. Certains disaient qu’ils voulaient tellement plaire aux Ethérés qu’il s’était isolé, dans le but de se ressourcer spirituellement. D’autres pensaient que les Ethérés l’avaient informé de nouvelles moins rassurantes que Miral ne pouvait divulguer.
Dans tous les cas, son humeur en pâtissait et cela continuait d’alimenter les rumeurs.

- Pour qui se prennent-ils pour vous insulter de la sorte ?! S’insurgea le garde d’élite Palastau. Des milliers d’entre-nous se sacrifient dans des guerres inutiles pour protéger des populations humaines. Nous courbons l’échine sous leurs désires toujours plus incongrus, nous leur offrons victoires sur victoires sans rien réclamer, et que font-ils ? Ils osent nous critiquer ! Ils osent prétendre que nos actes sont barbares et irraisonnable ?! Pah ! Qu’ils viennent combattre nos ennemis avec leurs belles paroles, nous verrons si les bêtes qui se trouveront en face d’eux tomberont.
- Palastau ! Ragea Kori. Comment oses-tu proférer de telles paroles ?! Contrôle ta langue, ou je ferai en sorte qu’elle ne répande plus de tels propos !
- Tu prends leur défense ? Pesta Palastau. As-tu oublié ton serment envers notre Maitre ?
- Et toi, as-tu oublié qui nous a sauvés de l’extinction ? Aurais-tu oublié qui sont les maitres de notre Empire, qui éclairent par leur sagesse notre race tout entière ? Tes dires rappellent sérieusement des paroles prononcées par un traitre banni des nôtres.
- Je sais très bien ce que je dis, et Farsight n’a fait que réaliser l’évidence avant nous !
- Mensonges ! Vociféra Kori. Espèce de traitre retire immédiatement ce que tu viens de dire.
- Silence vous deux ! Hurla Miral d’une voix profonde tout en ce levant de son siège. Vos chamailleries insultent le prestige accordé à votre rang.
Les deux guerriers se figèrent, inclinant la tête face à leur maitre.
- Je n’ai pas besoin de vos querelles enfantines pour me dicter ma conduite. Je suis le Commandeur Shas’O Miral, l’indompté de Gorroka VII et vos misérables piaillements m’insultent.
- Maitre. Avança Palastau. Je voulais juste dire que vous méritez plus de respect de leurs p…
- Tais-toi. Le coupa Miral. Ce n’est pas à toi de me dire ce qui m’est dut. Ton indéfectible loyauté me vas droit au cœur Palastau, mais contrôles toi veux-tu ?! Quant à toi Kori, ta vision juste et éclairée m’a toujours été précieuse. Ne la fait pas s’obscurcir par un excès de ferveur.
Mes frères, effacez de vos esprits, ces querelles ridicules. Rappelez-vous ce que vous êtes, des éminents membres de la Garde d’Honneur de la dix-huitième flotte coloniale ! Et il est de notre devoir de rester unis, en toutes circonstances.
Les deux frères d’armes échangèrent un regard, leur colère disparue, laissant place à la fierté des valeurs qui les réunissaient.
- Bien parlé Ô Grand Commandeur Miral. Un discours digne du plus sage des Ethérés. Lâcha Malkesh sur un ton léger, toujours assit confortablement dans son canapé. Maintenant que nous avons bus ces honorables paroles, buvons ces coupes qui nous font de l’œil.
Miral se retourna vers Malkesh sans dire un mot, le visage fermé. Puis, d’un déclic imperceptible il se mit à rire à gorge déployée en venant chercher un verre. Palastau pouffa avant d’attraper à son tour sa boisson fétiche. Kori plus froid, finit par lâcher un sourire à la vue de ces compagnons joyeux, leurs différents déjà oubliés. L’atmosphère s’apaisa et les guerriers soudés plus que jamais racontèrent une énième fois leurs exploits...


Cette mission de la plus haute importance nécessitait la présence des deux plus hauts gradés de la Caste du Feu. Le Grand Commandeur Shas’O Miral devait ramener l’Ethéré sain et sauf, quelque en soit le prix à payer.
Pendant leur voyage, de nouveaux rapports de la Caste de l’Eau faisaient état de troubles toujours plus importants. Des fanatiques pro-humains cherchaient par tous les moyens à affaiblir la dominance Tau sur la planète. Il semblerait même qu’une aide extra-planétaire les soutenait de manière officieuse.
Mais la toile tissée pendant de longues années par les astucieux diplomates de la Caste de l’Eau était maintenant parfaitement en place.
Les plus hautes sphères ou se concentraient les dirigeants étaient maintenant officiellement impliquées dans les relations entretenues avec les Tau. Il était désormais impossible pour ces dignes représentants de l’Impérium de faire machine arrière.
Le Bien Suprême était leur unique voie de sortie à présent…
Le Custodian se positionna en orbite basse autour de Belvaronn. Trois navettes sortirent à toute allure.


Les navettes fusèrent droit vers la capitale planétaire. Ici et là, les pointes des plus hauts buildings de l’immense citée émergeaient de l’épaisse couche nuageuse. Les hautes tours blanches reluisaient tel des diamants sertis d’argents sous le soleil de la mi-journée. Malgré l’adaptation des vitres du cockpit, la luminosité était telle que les pilotes plissèrent les yeux.
Seul les puissants et les plus riches bénéficiaient des magnifiques propriétés privées aux couchés de soleils d’une beauté magistrale.
Il était monnaie courante de voir de nouvelles constructions défier les lois de l’apesanteur. Les dirigeants enchérissaient toujours plus que leurs homologues de la cour, ceci, dans l’unique but d’être le plus remarqué. Tous dépensaient des fortunes pour posséder le logement ayant la plus belle vue de la planète, et leur compétition semblait loin d’être terminée.
Les transports traversèrent la couche nuageuse de Belvaronn. La vue aérienne de la capitale Impériale était somptueuse, la ville s’englobait de son coussin nuageux.
L’immense citée regorgeait de vie. Les plus hautes tours disparaissaient sous les nuages laiteux, tandis qu’au sol, la grisaille et la pluie donnaient un air morose à la ville.

Deux chasseurs Impériaux vinrent escorter les Orca lors de la traversée de la ville à la taille disproportionnée.
Après plus d’une dizaine de minutes de vol, les trois Orca se posèrent sur l’une des titanesques pistes d’atterrissages du Palais Impérial.
Un comité d’accueil officiel les attendait en grande pompe. Tous luttaient pour garder leurs habits d’apparats intacts sous les violentes rafales de vents.
Les soutes s’ouvrirent dans sifflement familier pour tous les anciens guerriers Tau ayant déjà participé à plusieurs débarquements. Les bourrasques s’engouffrèrent instantanément à l’intérieur de la carlingue. A cette altitude, le vent soufflait extrêmement fort. La pluie battante rendait la visibilité quasi nulle. Kalan comprit finalement pourquoi les riches tenaient tant à leurs logements au dessus des nuages.
Le Grand Commandeur Shas’O Miral sortit en tête dans son impressionnante exo-armure Crisis, insensible aux intempéries, il traversa la piste d’atterrissage avec aisance, suivit de près par sa garde d’honneur. Plus loin, les escouades Von’Ra, Kalan et Qinra progressaient plus péniblement.
Les dignitaires présents écarquillèrent les yeux à l’approche des terribles machines.
Miral s’arrêta à hauteur des représentants et commença à parler d’une voix amplifiée par ses hauts parleurs pour que tous l’entendent.
- Humains, je viens chercher le haut conseiller Aun’Ralshi de la Caste des Ethérés. Mon temps est compté. Ou se trouve t-il ?
Aucun n’ouvrit la bouche.
- Au moins, ces humains ont l’originalité de nous accueillir avec des muets. Railla Malkesh sur le vox privé de l’escouade d’élite.
- Pitoyable… Déplora Kori d’un ton froid.
Après plus d’une minute d’attente dans la tempête, le reste des forces de secours arrivèrent à coté du Commandeur.
- Tiens regardez, il semblerait qu’un des muets souhaite parler. S’étonna Palastau.
Finalement, un page de la cour voulu marmonner quelques mots mais le tumulte du climat couvrit sa voix.
- Parle moins fort surtout, c’est pas comme si on était en pleine tempête… Se consterna Malkesh.
- Silence sur le vox. Les coupa Miral.
La porte derrière eux s’ouvrit et un Tau dans de longues robes à la démarche terriblement sérieuse s’approcha tant bien que mal du Commandeur.
- Bienvenue sur Belvaronn Shas’O Miral ! Cria t-il. Je me nomme Por’Lu, haut dignitaire et représentant de la Caste de l’Eau sur ce monde ! Je suis le responsable des relations entre les deux espèces !
- Diplomate, l’interrompit Miral. L’Ethéré Aun’Ralshi doit absolument retourner sur Asclepto. Le conseil le demande.
- Sachez que mon aide vous est acquise Commandeur ! Hurla le tau. Cependant, je suis attristé de vous informer que nous avons perdu tout contact avec le vénérable conseilleur depuis plus d’une semaine ! Mais ne restons pas dehors sous cette pluie battante. Le gouverneur sera ravi de vous rencontrer Grand Commandeur, suivez-moi !
Por’Lu désigna de sa main droite la porte d’où il était sortit et retourna se mettre à l’abri.
Une fois tout le monde à l’intérieur, il reprit la parole.
- Les troubles politiques fomentés par des groupes extrémistes ont touché toute la capitale. Nous sommes sous alerte permanente. Ces rebelles utilisent des tactiques de guérillas, et les forces du gouverneur se retrouvent incapables de défendre tous les points stratégiques.
Malheureusement, la tour du vénérable Ethéré Aun’Ralshi c’est retrouvée pris à partie par des fanatiques. Mais soyez sans crainte, ses quartiers sont hautement sécurisés. Il est impossible de prendre d’assaut sa tour. C’est une véritable forteresse. Je peux vous assurer qu’elle est tout bonnement imprenable.
- Ben voyons, si tout va bien dans le meilleur des mondes, nous on fait le taxi, c’est ça ? Se moqua Malkesh sur le canal privé.
- Malkesh… Arrête. Dit Miral plus par nécessité que désapprobation de ses dires.
- J’ai tout de même affecté mes équipes à des missions de reconnaissances pour tenter de rétablir le contact. Continua le diplomate. Mais aucune d’entres elles ne sont revenues. Les routes semblent ne plus être sur, et je n’ais plus aucune force d’intervention disponible. Par ici, les quartiers du gouverneur sont juste là.

L’intérieur du Palais Impérial était large et spacieux. Les murs, surchargés de trophées témoignaient de la passion du gouverneur envers les collections en tout genre.
L’architecture gothique du palais rappelait les origines et l’allégeance de ce monde.
Nous sommes en territoire ennemi. Pensa Miral. Comme pour confirmer son ressenti, Kori le contacta.
- Je n’aime pas cet endroit… Murmura Kori sur le vox. Il ne me dit rien qui vaille.
- Oui, je suis d’accord, quelque chose ne tourne pas rond. Ajouta Palastau.
- De toute façon Kori, tu n’aimes pas grand-chose. Plaisanta Malkesh.
Celui-ci n’eu que pour réponse un « pff » voulant tout dire.

Enfin, ils pénétrèrent dans une salle aux dimensions démesurées.
- Ah ! Voici nos invités ! s’exclama joyeusement le gouverneur devant toute sa cour.
L’immense salle des banquets s’étendait à perte de vue. Les colonnes de marbres, ajoutées aux majestueuses peintures murales ridiculisaient les tables alignées au centre de la pièce ou tous les nobles s’empiffraient joyeusement. Derrière chaque tablé les étendards des grandes maisonnées flottaient, chacune d’entres elles arborant fièrement différents animaux. Ici un félin local, de l’autre coté une serre d’aigle blanche agrippant une planète. Les hommes des terres du sud reconnaissable à leur teint de peau plus foncée siégeaient derrière leur bannière, un poulpe rouge déployant ses tentacules.
Au sein de cette profusion de drapeaux, Miral repéra immédiatement le gouverneur.
Celui-ci portait des habits cirés, rehaussés de fils d’or sur les jointures de sa veste.
Ses épaulières tissées du même précieux minerai soulignait son importance hiérarchique pour l’impérium. Ses luxueux vêtements aux couleurs vives ressortaient du maelström de parures de sa cour, toutes plus excentriques les unes des autres. Le gouverneur dirigeait les nobles de la planète d’une main de fer et tous s’inclinaient à ses pieds. Au départ cela avait été difficile. Pendant de longues années, son monde connu les troubles et les querelles des plus grandes maisonnées. L’arrivée des Tau et de leurs propositions commerciales lui permit de trouver un allié de taille pour installer un pouvoir fort et structuré. Maintenant, tous étaient à sa merci, totalement dépendant de son bon vouloir. Miral comprit pourquoi ces chiens galeux, ces lèches bottes de premier ordre, ces pitoyables nobles engraissés dans la luxure s’accrochaient à tous leurs avantages. En règle générale, il avait du mal à comprendre le comportement des autres races. Mais le spectacle qui s’offrait devant lui était flagrant et d’une grossièreté risible.
*Un bon nettoyage de toute cette pourriture ne serait pas de trop*

Les trois escouades en rang serré attendaient impassibles derrière la garde d’honneur de Crisis.
Kalan sentit la couardise des dirigeants impériaux. Leur peur était facilement perceptible. Tous tentaient de jouer leur rôle de noble courageux mais Kalan lisait en eux une peur primaire.
*Les humains sont des animaux méfiants* pensa t-il.
Après tout, ils étaient les hauts officiers des FDP, ils se devaient de garder une certaine dignité. Cependant, leurs coups d’œil inquiets vers le groupe de guerriers en disaient long sur leur soi-disant bravoure. Seul le gouverneur planétaire possédait un réel charisme. Son visage laissait paraitre des traits marqués par la guerre. Pourtant, ses traits patriciens reflétaient le charisme des anciens rois d’antan peint sur les murs.
- Voyons mes amis ! Le gouverneur montra du doigt le groupe de guerrier. Tout… ceci, est inutile ! Vous êtes ici les bienvenus. Votre attirail effraie les vaillants et éminents nobles de ma cour !
- Gouverneur, j’ai à vous parler - Et en privé. Insista Miral frôlant avec l’impolitesse.
Etonnement, le gouverneur accepta sa demande sans pour autant se laisser déstabiliser.
Miral ne sut dire si l’humain ne broncha pas grâce à son imposante armure ou à ses haut-parleurs intimidants. Peut-être même les deux ? Peu lui importait, le temps lui manquait.
Les deux dirigeants quittèrent la salle des banquets laissée dans un silence embarrassé saupoudré de chuchotements et de nouvelles rumeurs.

Trente et une minutes déjà qu’ils attendaient. Trente et une minutes que Miral et le gouverneur échangeaient dans ses bureaux. A l’abri de tous, ils discutaient d’affaires urgentes.
Avec le temps, les pantins rondouillards reprirent leurs repas. Leur méfiance s’étiolait peu à peu.
*Ne jamais relâcher sa garde.* C’était un fondement de l’apprentissage de tout bon Shas’La.
Et ces humains boudinés semblaient en n’avoir cure.
Kalan fut arraché de ses pensées par la sortie du commandeur.
Miral enfonça les portes du bureau et sortit à toute allure, furibond.
- Si vous ne voulez pas m’aider, vous ne m’êtes d’aucune utilité. J’irai moi-même dans le quartier nord - Avec ou sans votre permission !
Por’Lu se précipita vers le gouverneur, et jeta un regard noir à Miral.
*Cet idiot pourrait détruire des relations si difficilement nouées en moins d’une heure*
- Garde ! Gronda le gouverneur. Raccompagnez nos invités à leurs navettes. Ils n’ont que trop abuser de mon hospitalité.
- Je n’ais nullement besoin de vos chiens, gouverneur Tretios. Je connais la sortie. Miral se retourna face à ses guerriers. - Groupe de chasse, regroupement, aux navettes.
- Ce n’était pas une question Tau. Le gouverneur fit un signe de tête au capitaine de la garde et se retourna vers le diplomate. Por’Lu, j’ai à vous parler. Immédiatement.
Le tau inclina la tête et suivit Tretios dans son bureau.
Les gardes formèrent un cercle autour des escouades Tau et partirent en direction des pistes d’atterrissages.
- Shas’O ? Voxa Von’Ra.
- Parle.
- Votre échange avec le gouverneur était plutôt… tendu. Que vous a-t-il dit ?
- Rien qui ne puisse t’être utile. Nous en reparlerons plus tard.
Miral coupa la communication privée.
Les gardes du palais disposaient certes d’armes, mais celles-ci étaient de vieilles conception et peu maniable. En réalité, elles ne servaient que très rarement. En effet, avec le temps le palais était devenu entièrement sur. Les armes de parades étaient restées plus pour des raisons symboliques que défensives. Le vieil équipement branlant des hommes fit sourire Kalan. Les humains, tous pareils, le paraitre avant tout. Pensa-t-il.
Le SAS extérieur s’ouvrit à nouveau sur la piste d’atterrissage. Les bourrasques s’engouffrèrent dans le palais. La tempête ne s’était décidément pas calmée. La garde d’honneur verrouilla les portes une fois tous les Tau dehors et fit demi-tour vers leur maitre.
La pluie tombait à torrent. Le vent sifflait et Kalan remercia intérieurement les artificiers pour leurs armures complètes. La visibilité quasi-nulle n’inquiéta pas Miral qui traversa la piste à l’aveugle.
- Pilotes, ouvrez les soutes. Escouades, retournez à vos transports.
- Bien reçu commandeur. Quelle est notre destination ? Le Custodian ?
- Négatif. Direction le quartier nord, la tour de Aun’Ralshi.
- Euh, ce secteur est interdit et n’est plus sous contrôle impérial commandeur.
- En effet. *Tel est notre problème*
Les portes se pressurisèrent suivit par le grondement des réacteurs. Les trois Orca décollèrent en partance pour la mission de sauvetage précédemment interdit par les autorités impériales. L’Ethéré devait être sauvé, quel qu’en soit les conséquences.




X - SAUVETAGE



Les navettes volaient depuis un bon quart d’heure et la mer d’acier s’étendait toujours à perte de vue. Von’Ra saisit enfin les dimensions de la capitale planétaire. L’adjectif « immense » utilisé lors du briefing prit tout son sens. La mégalopole englobait un des huit continents de la planète à elle seule. Qu’une telle ville puisse être gouvernée prouvait l’efficacité de l’administration impériale. Cela expliquait également la démesure du palais impérial… pensa-t-il.
Cependant, la démographie planétaire restait peu commune. La quasi-totalité de la population habitait dans la ville-continent. Le reste de la planète vivait dans un cadre plutôt rural et paisible. Et c’est pourquoi ce monde n’était pas catalogué en tant que monde-ruche.

Les paroles du gouverneur lors de leur entretient inquiétait Miral. Ces précautions lui semblaient futiles pour une telle mission. Et puis, qu’est-ce-qui lui prouvait que le gouverneur disait vrai ?
Après tout, les humains étaient connus pour leur couardise doublée d’une traitrise sans limite. Le peu que savait Miral sur l’Histoire de l’Humanité prouvait à quel point cette race n’était pas fiable, prédisposée à l’autodestruction.
Il espérait vainement de se convaincre avec sa dernière pensée, mais rien n’y faisait. Ça restait louche. Bien qu’il n’appréciait pas le gouverneur, se qu’il lui avait révélé devait être prit en compte.
Une alerte clignotait sur le poste de pilotage depuis plusieurs minutes.
- Commandeur, arrivée dans le quartier Nord dans deux minutes.
- Compris. Tenez vous prêt au débarquement, et coupez moi cette maudite alarme.
Les procédures d’alertes se turent.
- Escouades, ici le Commandeur Miral. Vous débarquerez sur la place devant l’entrée de la tour de l’Ethéré et sécuriserez la zone. Ma garde et moi nous nous occuperont de retrouver le conseiller. Nous sommes en territoire hostile. Une seule sommation puis faites feu immédiatement.
- Escouade Kalan, bien comprit.
- Escouade Qinra, à vos ordres commandeur.
- Ici Von’Ra, bien reçu.
Miral changea de fréquence vox.
- Pilote, combien de temps ?
- Nous sommes en approche de la cible, encore environ une minu…
Le pilote s’interrompit et hurla à deux reprises.
- Missile ! Missile !
L’Orca vira brusquement, mais ce fut insuffisant. L’engin de mort s’encastra dans le poste de pilotage.
Les deux pilotes se regardèrent incrédules.
- Il…, il est… inactif ?
- Par tous les sept, on dirait bien.
Un instant plus tard, un léger son tilta de l’engin.
Miral sentit le choc de l’explosion le secouer. Son armure resta immobile, agrippée par les attaches de la navette. La roquette souffla tout le cockpit, tuant instantanément les deux pilotes.
Hors de contrôle, les réacteurs du vaisseau tressautèrent. Tel un animal à l’agoni, l’Orca zigzagua dans tous les sens, s’approchant dangereusement près des buildings.
- Malkesh, Palastau, la porte vite !
Les deux gardes d’élite s’exécutèrent.

Von’Ra qui se tenait derrière les pilotes de la deuxième navette aperçut par la vitre du cockpit une puissante explosion au niveau de la porte arrière. Le métal fondit sous la puissance des fuseurs. Un deuxième jet de lumière bleuté eu raison des verrous hydrauliques et la porte se détacha des restes de la navette en perdition. L’Orca de Von’Ra esquiva les restes de métal fondus.
- Nous sommes entrain d’être verrouillé Shas’El ! L’Interpella le copilote.
- Manœuvre d’esquive !
Avant de perdre de vue la première navette, Von’Ra aperçut quatre silhouettes sauter dans le vide, leur jet-pack à pleine capacité. Trois secondes plus tard, le vaisseau finit sa course folle dans l’un des buildings du quartier Nord, éventrant la majestueuse tour de verre de pleins fouets.
Derrière Von’Ra, la navette de Qinra décrocha de la formation. Deux missiles s’écrasèrent sur une tour déjà sacrément endommagée.
- Shas’El, ici Qinra. Je me désengage, nous nous retrouverons sur l’objectif dès que possible.
- Compris. Que le Bien Suprême vous guide mon frère.
Von’Ra s’abaissa pour regarder à travers les vitres du cockpit.
-Atterrissez sur le toit, juste ici. Nous continuerons à pied.
Le Shas’El pointait du doigt le haut d’une grosse structure, pas très haute, mais beaucoup plus large que les autres. De la fumée sortait des conduits d’aérations dispatchés ça et là. Le pilote acquiesça de la tête et entreprit la manœuvre.
- Shas’O, ici Von’Ra me recevez-vous ? Nous sommes à deux mille mettre à l’est de votre crash. Shas’O, me recevez-vous ? Insista-t-il.
- Ici Mir… …subissons… …nourris… …dep… …étages… …les…
Von’Ra coupa la transmission. D’un hochement de tête négatif, il fit signe au pilote d’ouvrir la soute.
- Attendez mes ordres pour l’extraction. Restez hors de portée de cet enfer.
- A vos ordres Shas’El.
A peine sortit, le groupe de Von’Ra prit position. Le toit fut sécurisé en une quinzaine de secondes. Tout autour d’eux, les tours s’élançaient vers les cieux grisâtres. Leur piste d’atterrissage de fortune était un véritable nid à embuscade. Cerné par des bâtiments d’une taille et d’une magnificence considérable, les cibles potentielles pouvaient frapper de toutes parts.
- Ne restons pas là. Kalan, toi et ton escouade, prenez l’escalier nord. Mon groupe prendra l’escalier ouest. Retrouvons-nous au rez-de-chaussée.
Alors qu’il finissait sa phrase, l’orca qui se dégageait avec précaution explosa au dessus de leurs têtes, transpercé de part en part. Une terrible déflagration s’abattit sur eux lorsque le vaisseau perdit tout élan, inexorablement attiré par la gravité.
Sans dire un mot le Shas’Ui s’enfonça à toute hâte suivit de ses guerriers dans les entrailles du mastodonte de pierre. Von’Ra et ses soldats firent de même. Plus rien ne pourraient les faire rebrousser chemin. Les restes du vaisseau retombèrent au milieu du toit, interdisant tout regroupement des guerriers. Les flammes de l’épave moururent peu à peu, noyées sous la pluie battante.
L’intérieur de la structure tombait en lambeaux. Ça et là, des fenêtres cassées laissaient passer un air frais et humide. Les courants d’airs sifflaient à tous les étages. De temps à autre, tel un serpent en chasse, le vent tournoyaient autour d’eux. Manifestement, le bâtiment devait déjà être abandonné bien avant la rébellion. La vétusté des salles et les quelques cabanes de fortunes les informaient que cet endroit était depuis longtemps devenu un refuge des égarés de la société Impériale.
-Shas’El, ici Kalan. Nous avons descendu huit étages, et pour le moment il n’y a aucunes traces d’activités suspectes. Qu’en est-il de votre coté ?
- Onze étages descendus. Nous sommes dans une sorte de hall de réception. Nous avons repéré deux cadavres en décompositions un peu plus haut, mais rien de bien récent. Je suppose que cet endroit servait de refuge aux malfrats. Kalan, je vois à l’opposé de notre pièce des escaliers qui donne sur la porte d’entrée.
- Reçu, nous sommes en route.
- Attendez, silence, j’entends des voix. L’équipe de Von’Ra s’immobilisa instantanément. Mouvements confirmés à l’extérieur, coté Ouest, douze humains en arme, celui tout devant porte une sorte de tronçonneuse.
- La destruction de notre navette va rameuter tous les rebelles alentours. Shas’El, j’aurai un visuel aérien de la menace dans une dizaine de secondes. Mes guerriers peuvent engager le combat avec un avantage tactique majeur.
- Attendez mon ordre.
Tout en donnant ses instructions par vox à son escouade, Von’Ra avança à pas de loup vers les grandes portes donnant sur la rue.
Quand tous trouvèrent un angle de tir adapté, il sortit dans la rue complètement à découvert.
- Humains, déposez vos armes et vous vivrez.
Le petit groupe de soldats se retourna, toutes leurs armes braquées sur lui. La seule réponse qu’il reçu fut une injure xénophobe. Von’Ra soupira sous son casque.
- Feu.
Une pluie de flashs bleutés s’abattit sur les humains. En une demi-seconde, quatre d’entre eux s’effondrèrent.
Deux autres réussirent à trouver un couvert acceptable, tandis que le prêcheur chargea Von’Ra tête baissée. L’humain en robe vociféra sans arrêter de frapper l’air alentour.
Deux impacts laser provoquèrent de légères marques sur l’épaulière du Shas’El. Le guerrier ne bougea pas. Son agresseur continuait de foncer sur lui, déblatérant des menaces et autres injures toutes d’une finesse indiscutable. Son arme hurlante, toute aussi raffiné que son porteur, tournait dans le vide, prête à broyer la chair. Il resta de marbre, fixe comme un roc.
- Approche pauvre fou.
*Plus près, plus près, plus près. Maintenant !*
Le fuseur dégurgita sa substance mortelle.
Le prêcheur disparu, réduit en un tas de bouillie organique tel une vulgaire soupe accompagnée de quelques restes métalliques.
Un des gardes tira avec un fusil à pompe sur Von’Ra. Les balles criblèrent l’armure blanche du Shas’El. Il chancela, déséquilibré sous la puissance de l’arme. Au dessus de lui, l’un des guerriers de Kalan s’écroula sur le dos, son casque fendu en deux. Reprenant son équilibre, le canon de Von’Ra se mit à tournoyer à son activation. Moins d’une seconde plus tard, les traits de lumière tranchèrent le corps de deux gardes à découvert. Déchiqueté en deux, le garde au fusil à pompe s’agrippa à son arme dans le but d’y trouver un dernier réconfort. Il mourut avant même de toucher le sol.
Trois humains de plus tombèrent, sous le feu nourrit des Tau.
L’un des deux derniers hommes farfouilla dans son sac. Il en sortit un objet ovale et le lança de toutes ses forces vers le premier étage. L’objet brisa la vitre avant de tomber sur le sol, au pied d’un guerrier. La grenade explosa et projeta une onde de choc dans toutes les directions. La détonation souffla toutes les fenêtres encore intactes. Kalan bascula par-dessus le balcon, soulevé par la puissance de l’arme. Moins chanceux, le guerrier tau au pied de l’engin fut éparpillé dans toute la pièce, ses bouts de chairs repeignant les murs de pierre abimés. La punition pour cet acte indigne fut immédiate. Mil’Ena ajusta un tir en pleine tête, supprimant le méprisable sourire de l’humain fier de lui. Le dernier soldat de l’escouade décimée jeta son fusil au sol. Von’Ra dut s’y reprendre à trois fois pour que tous ses guerriers enragés par la mort de leurs frères arrêtent de tirer.
Le Shas’El s’approcha, arme enjoue face au survivant. Il était recroquevillé sur lui-même.
- Redresses-toi. Ordonna-t-il. Ou se trouve la tour Zeta Six ?
L’humain s’esclaffa.
- Qui a-t-il de si drôle ? Répond à ma question, ma patience a des limites.
Il pouffa de plus belle. Von’Ra le frappa d’un coup de pied dans les cotes.
Le soldat tituba et continua de ricaner.
- Vous êtes venu pour l’ot’ cul-bleu qu’on a chopé hein ? Héhéhé. Vous ne l’retrouverez jamais, tu m’entends sale bâtard de xénos ? Jamais ! A l’heure qu’il est, il doit être crevé, tout comme vous très bientôt ! Hihihi. Oui oui oui, très bientôt… Car c’est moi qui vais vous CREEEVEERR !!
Le rebelle se redressa, bras en l’air, brandissant une télécommande reliée à sa veste remplie d’explosifs. Les flammes de la déflagration léchèrent l’armure de Von’Ra lorsque celui-ci s’extirpa du brasier, ses réacteurs dorsaux à pleine puissance. Malgré sa rapidité d’exécution, Le souffle l’envoya valser contre une colonne d’un aqueduc en ruine. Kalan qui venait de se relever fut à nouveau projeté quelques mètres en arrière. Sonné, il retira son casque, l’eau de pluie ruissela sur son visage.
- Je commence à en avoir marre de voler dans tous les sens… Grommela-t-il. Shas’El, vous allez bien ?
- Rien de grave. Répondit Von’Ra, le souffle court. Guerriers, en formation. Il nous faut quitter ce lieu.
Au loin, des cris et des bruits de moteurs se rapprochaient.


Miral s’écrasa sur le plastobéton. Un cratère se forma sous la violence de l’impact.
Ils étaient tombés dans un quartier ravagé par la guerre. Les murs des édifices étaient ouverts là ou des explosifs et autres obus avaient terminés leurs chutes, laissant entre-apercevoir l’intérieur des habitations. Là, une cuisine à moitié détruite donnant sur un salon, plus haut le mur éventré laissait voir une chambre avec un lit d’enfant. Toute une existence stoppée nette par la guerre.
Derrière lui, sur un tas de débris au beau milieu de la rue, Kori laissait déjà ses doubles canons à impulsion cracher la mort sans interruption. Leurs agresseurs utilisaient le terrain à leur avantage. Un déluge de feu s’écrasait sur eux. Des silhouettes insaisissables frappaient depuis les ombres avant de disparaitre à nouveau. D’une dextérité effrayante, Miral exécuta un demi-tour parfait, écrasant un humain trop prétentieux qui tentait de placer des explosifs sur sa noble armure.
- Mes frères, mouvements ! Cet endroit sera notre tombeau si nous restons ici !
- Maitre, des véhicules approchent par le nord. Nous allons nous retrouver encerclés.
Pendant leur chute infernale, Palastau eu plus de chance que ses frères d’armes. Il avait réussi à se déporter habilement jusqu'à un toit isolé, lui offrant une vue avantageuse de tout le quartier.
- Car pour le moment, tout va pour le mieux c’est ça ? Grogna Kori.
- Silence, et regroupement dans la rue principale. Palastau guide nous d’en haut.
Miral ne voyait toujours pas Malkesh, même si sa rune verte l’informait qu’il était toujours en vie, cela ne présageait rien de bon.
- D’autres Gue’La au troisième niveau coté sud. Confirmation d’armes lourdes.
A l’annonce de la nouvelle menace décrite par Palastau, Kori pivota sur la gauche, arrosant la façade sud de ses armes en surchauffe. Les modestes fusils de leurs adversaires causaient des dommages minimes aux Crisis. Cependant, la densité de projectiles rendaient évident que les points faibles de leurs armures finiraient par être touchées, tôt ou tard. Miral et Kori reculèrent en bon ordre vers un terrain vague qui avaient du être un magnifique parc avant d’être rasé et saccagé par les émeutes. Ils s’enfoncèrent plus profondément dans le jardin. La pluie incessante remplissait les cratères creusés par les explosions d’obus d’une eau boueuse.
Le combat avait dut être intense dans ce secteur. Pensa Miral.
Plusieurs balles s’écrasèrent dans le dos de sa somptueuse armure. Un groupe de soldat venait de les contourner, les prenants complètements au dépourvu.
- Kori, derrière !
Le garde d’élite se retourna et balaya de gauche à droite la première ligne d’humains qui sortait des bois.
Ses canons à impulsion déchiquetèrent les corps des hommes les plus proches. Malgré le nombre incalculable d’humains tués, Il en revenait toujours davantage. A chaque vie que leurs armes prélevaient, trois de plus arrivaient. Miral chancela lorsque un obus de l’autocanon retranché dans l’un des cratères le percuta en plein torse. Un deuxième impact le frappa à nouveau, le faisant poser un pied en arrière pour garder l’équilibre. En réponse, il lâcha un grognement bestial.
- Le chasseur ne recul pas face à sa proie !
Au même instant, Malkesh fondit depuis les cieux sur le groupe d’armes lourdes.
Sa lame dégainée était tout bonnement magnifique. Entièrement lisse et sertie de symboles inconnus, elle brillait de mille feux sous la pluie qui ruisselait dessus.
Il décapita d’un coup sec la tête du porteur d’arme, mettant fin aux hurlements de l’autocanon. Son voisin sortit un ridicule pistolet, décocha trois coups avant de se faire transpercer par le terrible coup d’estoc du Guerrier Crisis. Malkesh fit un pas de coté, esquiva la charge d’un humain armé d’une épée tronçonneuse et frappa l’officier en diagonal. Celui-ci para le coup à la dernière seconde, ses bottes s’enfonçant dans la gadoue sous la puissance de l’attaque. Il riposta avec une dextérité insoupçonnée, et trancha une des jointures de la jambe gauche de l’armure du garde d’honneur. Enragé, Malkesh coupa court au duel et l’extermina d’un coup de fuseur à courte portée. Sur sa droite, le dernier survivant du groupe d’armes se jeta sur lui dans une dernière tentative désespérée. Malkesh le trancha en deux à la verticale, telle une vulgaire pièce de viande.
- Toujours à point nommé mon frère. Salua Miral.
Tu aimes te faire désirer.
Miral crut entendre ce qui se rapprochait le plus d’un gloussement à travers son vox.
- J’avais des affaires plus urgentes à régler. Finit-il par dire.
Pour ce qui était de la mêlée, le Garde d’Honneur Malkesh était le meilleur d’entre eux. Il avait reçut un enseignement beaucoup plus approfondi sur l’art de combattre au corps à corps. Même si ses pratiques étaient considérées comme barbares, brutales et sous-civilisées par la plus-part des Tau. Malkesh avait souhaité maitriser toutes les facettes du combat. Pour lui, un véritable guerrier se devait de pouvoir parer à toutes les éventualités de la bataille. Chaque point obscur comblé par l’ignorance était une faiblesse exploitable par l’ennemi. Ce qui lui était intolérable. Miral s’était d’ailleurs rapproché de lui grâce à ses talents indéniables.
« Vous êtes dignes d’un mentor Kroot Malkesh. » Lui avait-il dit lors de leur première bataille côte à côte.
Dans sa garde d’honneur, seul Malkesh disposait comme lui d’armes de mêlées, les autres privilégiant la puissance de feu. Mais contrairement à Miral, l’arme de Malkesh n’était pas de conception Tau et il la portait en permanence, fixée à son bras droit…
Il l’avait trouvée au cours d’une des plus grandes batailles à laquelle il avait participé. Le groupe de chasse s’était regroupé dans un village en ruine, surplombant les infinies forêts de Gorroka VII qui vomissaient la marée verte d’un boss Ork connu sous le nom de « Grotad’planch »
L’arme gisait au sol, emprisonnée dans la main d’une étrange statue d’alien fracassée dans l’herbe. Malkesh l’avait ramassé, et elle s’était mise à briller de mille feux, une intense lueur s’en dégageait, éblouissant l’armure du guerrier d’une aura de puissance…
Un obus siffla à quelques pas du groupe de guerriers. Le sol trembla lorsqu’un vieil édifice en pierre s’écroula sous le tir d’un canon lourd.
- Maitre ! Blindé en approche !
- Palastau, trouve nous une sortie et vite. Kori, Malkesh avec moi.
Miral et Malkesh en tête, les deux Crisis ouvrirent la voie à coup de lance flamme et de leurs lames rituels.
- Ressortez du parc, à trois cent mètres à l’est, une ruelle semble dégagée. Je change de position. Terminé.
- Compris. Mes frères, suivez moi, et de près.
Les deux gardes acquiescèrent. Miral s’avança à découvert dans une petite clairière et activa ses réacteurs dorsaux immédiatement imité par Malkesh et Kori.
Derrière eux, les soldats se regroupaient rapidement. La confusion de leur arrivée par les airs s’envolait à chaque seconde qui passait. Même en vol, ils étaient exposés. Les tireurs embusqués des étages supérieurs se retrouvaient à hauteur d’yeux des Crisis.
- Mon atterrissage risque d’être délicat. Avança Malkesh.
- Explique-toi.
- Ma jambe gauche a été endommagée. Mes suspensions hydrauliques sont mortes.
- Atterri plus tôt, garde du carburant pour amortir ta chute.
- Compris Maitre.
Un autre coup de canon les rasa, éventrant un bâtiment d’habitation ou des hurlements de souffrance se firent entendre.
- Réservoir pratiquement à sec, j’atterri.
- Reçu, on entame notre descente.
Les guerriers d’élites venaient d’utiliser leur dernière carte. L’Erreur n’était plus permise. Miral entendit Malkesh grogner lors de son atterrissage. A son tour, il posa pied au sol. Ils se mirent tous à courir, leurs démarches prêtaient une dimension comique malvenue que Miral effaça de son esprit d’un hochement de tête. Il tira un coup de plasma sur l’arche à l’entrée de la ruelle. Les blocs de pierre s’effondrèrent, coupant l’accès à leurs poursuivants.
- Ne trainons pas maintenant.
La ruelle se rétrécissait à vue d’œil. Large de deux Crisis, leur fuite ralentissait sous les gravats et détritus entassés tout le long du chemin.
- Cet endroit est encore pire que le parc. Pesta Kori. On court tout droit dans un guet-apens. Derrière eux, la barricade improvisée s’effondrait rapidement sous les tirs des blindés.
- Pressons, ça ne va pas les retenir bien longtemps. Tous accélérèrent le pas. Miral fut rassuré lorsque qu’il crut apercevoir une sortie de leur étau.
Plus loin, le gouleau d’étranglement s’ouvrit sur un espace aéré et dégagé. En son centre, une majestueuse statue d’une dizaine de mètres trônait, célébrant un quelconque héro Impérial oublié de tous il y a de cela bien longtemps. Envahit de soldats sur le pied de guerre, la place se retrouvait dénaturé sous les barricades et autres fortifications de fortune installées grossièrement. Même l’imposante statue avait perdu de sa noblesse. Criblée d’impacts, la partie droite de son visage lui manquait, creusée sous les tirs d’armes à feu.
- Le lieu est envahit d’humains.
- Bien vu. Railla Malkesh, toujours aussi désinvolte.
Des tourelles surveillaient les angles de l’ancien carrefour Impérial. Malgré la pluie persistante, des bidons enflammés, encerclé par quelques hommes cherchant un peu de chaleur étaient installés aux quatre coins tintant d’une faible lueur.
Les véhicules à l’arrêt ronronnaient, leurs moteurs tournant au ralenti.
- Miral, regardez sur leur épaules. Ca ne va pas vous plaire…
Il observa plus attentivement les soldats regroupés autour des barricades. Tous portaient un emblème qu’il avait déjà vu auparavant, un emblème familier et qui ne lui faisait pas plaisir pour une seule raison : Le gouverneur n’avait pas menti.
- La serre d’aigle blanche. Cracha-t-il. Le Tretios disait donc vrai…
« La trahison a atteint les plus hautes sphères de mon pouvoir. Je soupçonne certaines des grandes familles d’agir en faveur de la rébellion. Tous n’ont pas accueillit avec ferveur mon arrivée au pouvoir et j’en connais plus d’un qui serait ravi de prendre ma place. Mais je ne peux annoncer de manière officielle que certaines maisonnées agissent contre moi. Cela accroîtrait les risques d’une guerre civile ouverte ou chacun devraient choisir son camp. Ce qui ne changerait pas spécialement de la situation actuelle, je vous l’accorde. Mais au moins les plus lâches de mes ennemis reviendront la queue entre les jambes, lorsque les principaux traitres seront annihilés. Et la prochaine fois, ils y réfléchiront à deux fois avant de me trahir. Ainsi, leur loyauté en sera revigoré et plus robuste que de nouvelles maisonnées fraichement promu. »
L’incarnation de tout ce que Miral détestait, complots, mensonges et trahisons, se retrouvaient dans la politique. Ce monde n’était pas pour lui. D’Après son expérience, rien ne pouvait remplacer l’éclatante vérité de la chasse, là ou l’erreur se payait de sa vie...
Le tas de débris bloquant la ruelle finit par s’effondrer sous les coups de canons. Une marée humaine se déversa dans la brèche.
- Maitre, ils arrivent.
Pris au piège, cerné de toutes parts, Miral se retourna vers ses guerriers.
- Bien, le temps est venu de prouver notre valeur. Qui est avec moi ?
Alors que Kori voulu l’interrompre de peur d’avoir mal compris, Malkesh le devança et parla.
- Présent comme toujours mon frère. Il se trouve que je n’ais plus aucunes affaires urgentes a régler. Se permit-il d’ajouter.
- jusqu'à la mort, Maitre. Lâcha Palastau en s’inclinant dans un ronronnement des moteurs de l’exo-armure.
Kori suivit la dance.
Sous son exo-armure, le visage de Miral changea. Ses yeux se plissèrent, il inclina sa tête en avant, ses lèvres se retroussèrent, et un sourire apparut. Le sourire de la chasse.
- Parfait, que la chasse commence.





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EDIT 20/03/2013 : (Nombreux ajouts chapitre IX - DIPLOMATES + division du chapitre en deux : Chapitre X : SAUVETAGE)
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Dernière édition par Herezy le Mar 11 Juin 2013 - 10:49, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Sam 22 Déc 2012 - 12:14

J'ai terminé le deuxième post, superbe bataille spatiale! Pauvre Fio-Ku!

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Sam 22 Déc 2012 - 13:42

Je viens de tout lire d'une traite et j'adore !

Je trouve particulièrement intéressant que la majeure partie des points de vue soient Tau, même si le passage d'un personnage à un autre, d'une race à une autre permet de varier le ton, le rythme et la compréhension de l'action.

On sent en plus que les différents éléments s'insèrent au autres dans un schéma complexe et opaque (un peu comme un puzzle dont on ne verrait pas encore à quoi ressemblera l'image finale).

Bref un vrai bon récit, structuré et mature.
Bravo.

Pour ce qui est du fluff, je ne peux pas vraiment aidé, mais je suis sûr que skaw t'offre déjà une aide précieuse.

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Sam 22 Déc 2012 - 14:21

D'ailleurs je voulais rajouter que si les Taus n'ont pas accès aux voyages warp ce n'est plus mal vu leur dangerosité!
Il me semble que leur méthode était aussi rapide mais sur ce point tu as surement raison Wink.

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Ven 28 Déc 2012 - 22:22

"Que la chasse commence..."

Et bien nous l'attendons!

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Dim 30 Déc 2012 - 3:25

Bonjour à tous!

Fêtes obligent, j'ai du m'absenter et donc j'ai beaucoup moins gribouillé Rolling Eyes
Mais ne vous en faites pas je m'y remet le plus rapidement possible Very Happy

Je peux deja vous donner le titre du prochain chapitre :

X - LA CHUTE
(on va laisser nos coupains les TAU de coté dans ce chapitre)
On va parler du monde Ruche d'Ellysion et de la fuite du pitit magos. Smile
J'en dis pas plus, mais je veux m'appliquer pour qu'il envoi à fond!
Il y aura peut être même un autre écrivain amateur pour m'assister afin que ça soit vraiment épique.
Tout cela pour vous dire que ça risque de prendre du temps :S

Citation :
les Nécrons ne peuvent parler! Enfin seul les Parias qui sont mi-homme, mi-machine. Même si j'admet que cette phrase à de la gueule et annonce bien de la suite ^^.

Pour en revenir la dessus, c'est une pensée qui traverse les esprits Tau. Il n'y a aucunes paroles. J'ai corrigé ça dans mon word. j'ai mis les *...* à la place des guillemets.

Si vous avez des conseils, critiques, questions, anecdotes que vous appréciez, bref, JE PREND TOUT !
Et j'aimerai savoir quel chapitre vous avez le plus aimé. (Histoire de m'en inspirer)

Amicalement
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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Dim 30 Déc 2012 - 9:37

J'ai bien aimé le chapitre VIII, Poursuite.

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Dim 13 Jan 2013 - 1:21

Hello tout le monde, et bonne année à vous tous!
Je viens vous dire que je ne vous abandonne pas et que la suite est en cour d'écriture.
Je travail dessus avec un autre écrivain amateur.
Nous allons vous pondre un (voir deux) chapitre(s) de toute beauté !
Soyez encore un peu patient, et je pense que vous serez agréablement surpris !

Je ne peux pas trop en dire, car nous n'avons pas encore tout fixé, mais ça sera vraiment épique ! Et l'un des deux chapitres s'intercalera plus tôt dans la nouvelle.
Il révélera d'importantes choses restées cachées !

L'autre chapitre (en toute logique) est la suite de l'histoire.

Nous allons accélérer le rythme, et tout cela devrait bientôt être prêt !
Amicalement

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Si vous aimez lire, voici ma nouvelle en cours d'écriture :

Cliquez ici pour lire ma nouvelle
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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Dim 13 Jan 2013 - 11:36

S'il s'intercale entre deux chapitres précédent, vas-tu le mettre en Edit ou bien ici à la suite mais en précisant?

Et ne t'inquiète pas, nous l'attendons, la suite Wink.

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Lun 14 Jan 2013 - 15:09

Tu devrais mettre ls prochains chapitres à la suite, sans éditer le premier poste : c'est plus facile pour le lecteur de savoir où il en est.

Quand tout sera fini, on pourra créer un poste avec juste le texte...

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Lun 18 Mar 2013 - 2:39

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EDIT 20/03/2013 : (Nombreux ajouts chapitre IX - DIPLOMATES + division du chapitre en deux : Chapitre X : SAUVETAGE)
EDIT 20/03/2013 : Léger ajout du point de vue du Magos dans la deuxième partie du chapitre XIII "Un monde en flammes"
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Bonjour tout le monde, ou plutôt Bonsoir. Après une longue attente, je vous offre une suite qui j'espère vous plaira.
La préface a également été modifiée, quelques ajouts et dialogues ont été intégré.

Voici donc la suite :
il n'y a aucun récapitulatif des chapitres précédant, je vous conseil vivement de relire le DEUXIÈME CYCLE ( chapitre IX : DIPLOMATES) pour bien tout comprendre.

Et comme toujours, je retravaille en permanence l'écriture des chapitres postés.
Les deux que je vous offre ce soir ont surement quelques mauvaises tournures qui seront corrigées dans un futur proche. (Si quelques éléments vous choquent informez-le moi)

Pour finir, je tenais à remercier Borlan-Arrivalt pour son aide et ses conseils.

Allez, Enjoy !



XI – SUSPICIONS



Por’Lu remontait l’allée principale du palais à vive allure. Il ne pouvait se permettre de courir. Attirer l’attention sur lui maintenant ne l’aiderait pas à accomplir la demande du gouverneur Tretios.
Leur dernier entretien ne lui avait apprit que peu de choses. Il semblait tout de même que certaines pièces d’un puzzle encore trop vague pour être limpide se réunissaient peu à peu. Des éléments alors sans liens devenaient parfaitement clair. Les agissements étranges de certains membre de la cours, les derniers assassinats et autres réunions interrompu sans raisons à son entrée, beaucoup de choses s’expliquaient maintenant…
Cependant, cela ne résolvait pas tout, et la demande du gouverneur restait pour le moins inattendue. Por’Lu s’engouffra dans la salle des expositions. Les gardes à l’entrée le saluèrent d’un signe de tête. Il leur rendit la politesse et entra dans la pièce. Ça et là, quelques agents d’entretiens notaient sur un carnet l’état des objets collectionnés.
Por’Lu continua son chemin, sous les projecteurs derrière leur vitre de protection, armes et armures brillaient de mille feux. Il se ressaisit et continua sa route. Il pénétra dans une pièce inoccupée ou plusieurs engins mécanisés d’un autre temps étaient exposés. Finalement, il arriva dans une antichambre plus exigüe, ou seulement quelques objets furent déposés dans un renfoncement de mur. Considéré comme étant d’intérêt moindre, ceux-ci avaient finit leur histoire dans un recoin de ce palais à la taille démesurée.
- Des œuvres mal considérées si vous voulez mon avis. Commença quelqu’un dans son dos.
Por’Lu se retourna, effrayé. Derrière lui, une silhouette imposante s’avançait.
- Oh, Seigneur Claudarion, veuillez m’excuser, je ne vous ais pas entendu approcher. Dit Por’Lu en s’inclinant respectueusement.
- Une qualité de mon peuple souvent jalousée par les autres maisonnées de cette planète. Lâcha l’homme en inclinant la tête en réponse à son salut.
De taille impressionnante, Claudarion Nemetus était en pleine force de l’âge. Sa peau d’un brun foncée le camouflait facilement dans la pénombre. Seuls ses yeux, tel deux pépites d’or brillaient d’un regard perçant, capable de débusquer tout mensonge. Il se déplaçait d’une façon gracieuse et terriblement habile. Ses vêtements en cuir moulant, de la même couleur que sa peau sculptaient sa musculature d’athlète. Chaque mouvement, chaque pas semblait être contrôlé.
Son crane rasé laissait apparaitre le tatouage d’un animal marin.
- La marque sur mon crâne semble vous intéresser conseiller ? Questionna Claudarion.
Por’Lu reprit ses esprits, et s’excusa, déstabilisé par la remarque.
- Ce n’est rien, ne vous en faites pas. La plupart de mes connaissances m’ont déjà questionné à son sujet. Et j’imagine que les autres n’ont fait preuve que d’un grand zèle de politesse surement par peur de me contrarier. Dit-il d’un ton amical.
Cette marque que vous regardez fait référence à mon peuple. C’est le même emblème que je porte sur mon épaule. Por’Lu suivit la main de l’homme désignant sa livrée suivit des lettres : « PRD »permettant d’identifier sa maisonnée.
- Le poulpe rouge aux tentacules déployés. C’est un très bel emblème.
- Le Poulpe Rouge de Darnost. C’est comme cela que nous le nommons. Comme vous le savez, nous vivons dans les contrées du sud de Belvaronn et Darnost en est la région mère. Avant l’unification, le Poulpe Rouge représentait l’emblème de notre puissant royaume régnant sur les terres du sud. Il y a de cela plusieurs siècles, lorsque l’Impérium est revenu pour installer son pouvoir notre royaume c’est transformé en simple maisonnée, et notre grandeur c’est envolée en même temps que les transports de troupes Impériaux...
Sur ces dernières paroles, Por’Lu vit le regard de Claudarion se perdre dans un passé pas si lointain.
- Que voulez-vous. Murmura t-il d’un air songeur. Les temps changent…. Il faut nous adapter ou alors nous creusons notre tombe et mourrons dans l’oubli. Qu’en pensez-vous Tau?
- Malheureusement, je ne connais que trop peu l’histoire de votre monde, mais cela me fascine réellement. Je viens souvent m’instruire dès que j’en ais le temps. Je vous promets de me renseigner sur votre peuple et votre culture seigneur Claudarion. Nous pourrons ainsi parler à nouveau ensemble sur ce sujet.
Claudarion sourit.
- Voilà une merveilleuse idée, espérons que cela sera encore possible.
À cette phrase, Por’Lu sentit un mal-être le gagner.
- Mais j’en perds ma politesse, parlez moi donc un peu de vous et de votre race. Vous vivez parmi nous depuis quelques années déjà, et je ne sais encore rien de vous.
- Cela serait avec grand plaisir, mais j’ai peur que cela prenne trop de votre temps seigneur.
Claudarion acquiesça de la tête et sourit de plus bel.
- Vous avez raison mon ami, je vous promets qu’à notre prochaine rencontre nous échangerons sur nos différences avec grand plaisirs !
Por’Lu découvrit un autre visage du Darnostien. L’homme souriait heureux et emballé par une prochaine conversation. D’un geste noble, Claudarion le salua et sortit de la pièce dans une démarche féline.
Décontenancé par son échange, Por’Lu se reconcentra sur sa mission. Il examina les étagères des yeux et tomba finalement sur ce qu’il devait récupérer.


La faible lueur de sa lampe éclaircissait faiblement le bureau du gouverneur. La pénombre ambiante aidait Tretios à réfléchir. En ces temps troublés, cela ne devenait pas du luxe. L’heure était grave.
Déclarer l’état d’urgence dans le palais ne ferait que repousser l’inévitable, et ses ennemis n’en deviendraient qu’encore plus prudents.
Non, cette fois, il ne pouvait pas reculer. Avec un peu de chance, tout se passerait comme prévu. Les mains posées sur son bureau, il continuait d’examiner sans relâche la carte étalée devant lui.
- Garn. Appela-t-il.
- Oui Maitre ?
- Approche, j’ai à te parler.
L’homme en tenue noir obéit sans poser de question et attendit les ordres du gouverneur.
- La situation est grave mon ami, es-tu avec moi ? J’ai besoin de savoir si tu me suivras.
- Vous avez toujours et serez toujours mon unique maitre et seigneur. Lui confirma l’homme. Je vous suivrez jusque dans la mort.
Tretios expira et sourit, soulagé par ces paroles réconfortantes.
- Tu as été un ami loyal Garn. Cela me fait chaud au cœur de pouvoir compter encore sur quelqu’un.
Les yeux de Tretios brillaient, humide.
- Dans notre dos, les chiens complotent et bientôt, ils passeront à l’acte. Je ne sais pas quand ni ou, ni même qui me restera loyal ou non, mais sache que je ne fuirai pas devant ces lâches.
- Je vous suivrais mon maitre.
- Merci mon ami. Bien allons voir qui dans cette traitrise me sera fidèle. Viens avec moi, nous allons parler à Iride Avernas. Leur maison devrait être loyale. Ils ne sont pas franchement liés d’amitié avec la Serre Blanche d’Elkos.
Les deux hommes sortirent du bureau d’un pas déterminé.
Tout se joue maintenant pensa Tretios. Seul l’avenir jugera mon action.



Maintenant qu’il détenait la clef, la nervosité de Por’Lu grimpa. Il était un membre de la caste de l’Eau, son point fort était les discours et accords commerciaux, pas le vol et l’infiltration. Et si quelqu’un l’interpellait, serait-il capable de cacher son acte ? Arriverait-il à s’enfuir ? Rien n’était moins sur, et cette pensée l’emplit d’une peur encore plus intense. Chaque seconde accentuait le poids qui pesait sur ses frêles épaules. Pourquoi par tous les Sept avait-il accepté la requête du gouverneur. S’il jetait la clef dans la première poubelle, son fardeau s’estomperait. Après-tout, sa vie à lui, elle n’était pas en danger ?
A cette question, Por’Lu réalisa à quel point il faisait gravement erreur. Bien au contraire, le gouverneur était sa seule assurance vie. Abandonner Tretios revenait à signer sa propre condamnation. Les ennemis du gouverneur, les « rebelles », ils se bâtaient pour la pureté de l’Humanité et l’extermination des autres races. Si Tretios tombait, tout ce qu’il avait construit avec le gouverneur s’effondrerait au même moment. Cette idée le scandalisa et le fit accélérer le pas. Ses appartements se rapprochaient à chaque enjambée, il allait réussir et sauver l’œuvre de sa vie. Au loin des bruits sourds et réguliers montaient en intensité. Son cœur s’enflamma lorsqu’un groupe de gardes le croisa. Por’Lu sentit le regard mauvais du capitaine de la garde se poser sur lui, les quelques secondes avant qu’ils ne se croisent lui parurent des heures entières, comme si toute notion de temps s’était estompée.
Enfin, il aperçut ses quartiers. Jamais il n’avait sentit un tel bonheur à l’idée de s’approcher d’une porte.
Lorsqu’il entra, il la verrouilla d’une pression rapide et traversa sa chambre. Un Shas’La sortit de la pièce voisine la mine sérieuse.
- Quelque chose ne va pas ?
- Le temps presse Elsha, je t’expliquerai plus tard. Reste sur tes gardes et ne laisse personne entrer compris ? Personne.
Le guerrier fit signe de la tête et alla chercher son fusil.
- Voulez-vous que je vous accompagne ?
- Non ! Surtout pas. S’affola Por’Lu.
Il sortit le vieux coffre impérial offert en cadeaux lors de son arrivée sur la planète de ses objets personnel, trifouilla dans sa poche, prit la clef et l’inséra dans la fente. Un léger cliquetis se fit entendre et le coffre s’ouvrit.
Un vieux livre avec un grand « i » majuscule en page de couverture se trouvait là, entourée d’une épaisse mousse synthétique, le protégeant de tous chocs potentiels.
Por’Lu décocha les accroches et saisit le bouquin. Il l’ouvrit, et comme convenu, à la première page se trouvait une feuille volante détachée et usée. Il reposa le livre délicatement dans la boite impériale, laissa la clef à coté et cacha la feuille dans sa poche.
- Je ne serai pas long. Si je ne suis pas de retour dans moins de vingt minutes, contact l’avant poste et informe les que la situation au palais n’est plus sure.
- Vous êtes sur que vous ne voulez pas que je vienne ? Insista le guerrier.
- Cela ne ferait qu’attirer l’attention, je me débrouillerai très bien tout seul. As-tu compris mes instructions ?
- Oui Por, je ferai selon vos ordres.
Por’Lu ressortit de ses appartements, inspira une bouffée d’air et partit terminer une fois pour toute la tâche qui l’incombait.





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XII – LA CHUTE



« J’étais là, le jour où Ellysion est tombée. »
Miranda Bett. Commandante en chef de la Résistance.

« Ce n'est pas une planète. Ce n'en est plus une. C'est un panier de serpents. Et ceux assez fou pour se jeter dedans ne sont que des souris à tendances suicidaires. »
Colonel Katarov. Compte rendu de l’opération "Libération d’Ellysion."

« Il est de la folie des hommes de se croire acteurs sur la scène de l'Histoire. Croire que nos actes puissent affecter cette grande procession qu'est le passage du temps n'est qu'une chimère que l'homme aime espérer. Et pourtant, Ellysion, autrefois joyaux étincelant du secteur Darynis, n'est maintenant plus que cendres et morts. Un changement causé par nous, l'Homme.»
Source anonyme. Flotte de l'Ordo Malleus. Mission Exterminatus. Année : non-spécifiée.



Cinq-heure trente-sept, heure locale. L’aube se levait paisiblement sur les niveaux supérieurs de la ruche. Au dessus des nuages de pollution, les premières lueurs baignaient la ruche d’une intense lumière. Comme toujours, la relève de la garde arrivait devant la majestueuse forteresse des quartiers Superioris. C’était une matinée calme et relativement bien ensoleillé pour un monde-ruche. À cette hauteur, les fumées des manufactorum étalés sur toute la surface ne les souciaient guère, les usines et autres centres de productions occupant les niveaux inférieurs.
Leur invité devait arriver dans moins d’une heure et Pélador n’avait pas fermé l’œil de la nuit. La nouvelle qu’un Astartes arrivait à bord d’une navette spatiale pour s’entretenir avec le gouverneur le perturbait.
Que peut bien nous vouloir l’Astartes ? Cette question venait l’inquiéter dès qu’il commençait à s’assoupir.
Finalement, il décida qu’il était maintenant trop tard pour tenter en vain de s’endormir.
Pélador se leva, prit une douche rapide avant de s’habiller. Il avala quelques friandises sucrées et sortit de chez lui.
Il se rendit compte que ses vêtements n’étaient pas repassés, et sur tout le chemin vers la salle de réunion, il fit tout son possible pour ne plus paraitre débraillé.
Arrivé devant les portes, il se recoiffa rapidement puis entra.
- Ah, ministre Pélador, vous voilà enfin. Lança à haute voix le commandant Rodes.
Pélador le fusilla du regard et referma la porte derrière lui.
Le rouge des murs recouverts de velours absorbaient les rayons de soleil entrant par l’immense baie vitrée, tandis que les bordures d’or reluisaient de mille-feux à son contact.
- Vous nous avez presque manqué cher Pélador. Dit Miranda d’un ton amical pour détendre l’atmosphère.
Il la salua d’un geste de la tête et celle-ci sourit. C’était une femme ravissante, au visage pâle et à la chevelure d’or tombant au creux de ses reins. Ses courbes parfaitement dessinées ressortaient majestueusement bien sur ses vêtements. Elle savait que Pélador avait un faible pour elle, mais très franchement, tous les hommes en avaient un. Cependant, cela n’importait peu. Elle en jouait plus qu’elle ne se prenait au sérieux.
Le gouverneur Tredaur se leva de son siège et salua Pélador qui arracha avec peine son regard de Miranda.
- Asseyez-vous, intima le gouverneur en s’écrasant de sa masse corpulente dans son confortable siège. Il cracha une toux grasse, s’éclaircit la gorge et reprit la parole.
Bien, maintenant que nous sommes au complet commençons. Le seigneur Alric membre du chapitre des Black Templar devrait arriver dans une vingtaine de minutes. Et pour être franc cette visite surprise ne me plait guère. Est-ce que quelqu’un autour de cette table a la moindre idée de ce que l’Astartes nous veut ? Demanda-t-il tout en se grattant son coup bedonnant.
Tous les ministres restèrent silencieux, incapable de répondre à cette question.
- Par l’Empereur, je n’aime pas ça. Jura Tredaur.
- Et vous avez raison de vous inquiéter gouverneur.
La voix inconnue d’un grave profond et métallisée provenait d’une porte isolée sur la gauche de la pièce. Toute l’assemblée tourna la tête, surprise par cette réponse audacieuse.
Les yeux de Tredaur s’écarquillèrent à la vue du guerrier en armure noir. Incapable d’ouvrir la bouche, Miranda prit la parole à sa place.
- Seigneur Alric, commença-t-elle en inclinant la tête. Nous sommes honorés de votre présence parmi nous. Même si je vous le concède, nous nous questionnons sur la raison qui vous amène ici.
Le Space Marine détourna ses yeux du gouverneur et les plongea au plus profond de son interlocutrice. La phrase de Miranda permit au gouverneur Tredaur de se reprendre et il se leva avec difficulté pour accueillir l’honorable invité.
- Monseigneur, comme le dit ma ministre, votre visite nous honore. Mais il est vrai que votre arrivée nous perturbe.
Alric ne lâcha pas des yeux la femme qui lui soutenait son regard, laissant la phrase du gouverneur s’envoler dans le néant.
Tous attendirent de longues secondes avant que finalement le surhomme ne reprenne la parole.
- Considérez-vous qu’il n’y est aucune préoccupation majeure sur votre planète qui vaille la peine de mon déplacement ?
- L’hérésie est finie. Se justifia Tredaur. Les armées impériales et les vôtres ont depuis longtemps tué les traitres pourrissants dans les bas quartiers.
- Vous ne m’apprenez rien. Le coupa froidement Alric. Je n’ai rien oublié de ce que mes frères et moi avons accompli sur cette planète, bien avant votre nomination au poste de gouverneur…
À nouveau, le gouverneur ne sut quoi répondre et bégaya quelques mots incompréhensibles.

- Maintenant je comprends pourquoi ce monde connait de telles difficultés. Lâcha le guerrier d’un ton accusateur. Trop de mes frères sont tombés pour sauver ce monde et vous le laisser retomber dans la ruine, ceci n’est pas acceptable.
- De nombreux gardes ont également perdu la vie avec honneur Monseigneur. Se risqua Miranda.
Alric fit une pause, de marbre, le regard dans le vide, tel une statue.
- Il est vrai. Finit-il par acquiescer d’un hochement de tête. Leur mémoire vous honore. Ne la salissez pas.
Miranda se contenta d’accepter la remarque tandis que le gouverneur Tredaur revint à la charge.
- Vous avez raison seigneur, nous allons honorer avec plus de ferveur les soldats tombés pour notre monde. Je vous remercie de vous être déplacer pour un tel conseil.
Alric ne broncha pas à l’insulte de Tredaur, ne lui décrochant même pas un regard.
- Je déclare l’état d’urgence. La loi martiale est installée et prend effet dès à présent. Gouverneur, vous êtes démis de vos fonctions de façon définitive. Gardes, emmenez-le dans ses quartiers et il devra y rester jusqu'à nouvel ordre.
- Quoi ?! S’emporta Tredaur. Mais vous êtes devenu fou ! JE dirige cette planète ! Par l’Empereur je ne vous laisserai pas m’éjecter de la sor…
Le gouverneur n’eut jamais la chance de finir sa phrase. Un bolt explosa sa cervelle, répandue au quatre coins de la pièce. Le corps massif du gouverneur s’écrasa dans un bruit sourd.
Miranda poussa un cri d’horreur, tandis que les autres ministres restèrent immobiles, terrorisés par ce qui venait d’avoir lieu sous leurs yeux.
Les gardes emmenèrent les restes du gouverneur hors de la pièce.
Alric rengaina son arme de poing et prit la parole.
- Vous. Pointa du doigt Alric. Vous remplacerez le gouverneur. Dorénavant, vous me suivrez et obéirez à tous mes ordres.
- Oui Monseigneur. Dit la jeune femme avant de venir se placer près du mastodonte.
- Bien. Qui s’occupe des affaires de sécurité militaire sur ce monde ?
Personne ne bougea.
- Vite, je n’ai pas de temps à perdre avec ça.
Le commandant Rodes fit un pas en avant.
- C’est moi Monseigneur.
Alric se retourna face à l’homme d’âge mur.
- Bien, quel est la situation militaire de la planète ?
- Je vous demande pardon ? S’enquit le soldat. Sommes-nous en guerre Monseigneur ?
- Considérez que oui. Maintenant, répondez à ma question.
Sans se décontenancé, le commandant prit une disquette dans son veston et la brancha dans le lecteur holographique central.
Alors qu’il commençait à parler, la fin débuta.

Une explosion dantesque pulvérisa plus d’une dizaine de niveau de l’immense tour, réduisant à néant tout le pan extérieur de la structure. Le métal fondu fut soulevé dans le ciel à plusieurs centaines de mètres, le sommet de la tour disparu sous une autre détonation supprimant plus d’un tiers de l’édifice.
En plein cœur du cauchemar, la grande salle de réunion se retrouva ouverte sur le vide. L’appel d’air aspira hommes et femmes à travers le trou béant. Un rideau de feu pénétra dans la brèche, carbonisant la plupart des conseillers et ministres survivant.
Miranda hurla de terreur lorsqu’elle senti le sol disparaitre sous ses pieds. Alric la rattrapa en vol in extremis. De son bras gauche, il ouvrit la porte derrière lui et d’un mouvement de bassin il y envoya sans ménagement la jeune femme avant de s’y jeter à son tour. L’instant d’après, les flammes léchèrent la porte derrière eux.
- Venez, dépêchez-vous. Cria Alric.
Encore choquée Miranda, blottit contre l’angle d’un mur ne bougea pas.
Il l’agrippa par la taille et couru en direction de la sortie opposée.
Tout en courant pour sauver sa vie, Alric risqua un coup d’œil furtif sur sa droite. Toutes les vitres s’étaient brisées sous le souffle du cataclysme et une vision d’horreur le frappa. Les tours des niveaux Superioris explosaient, l’une après l’autre, s’effondrant telles de vulgaire quilles heurtées de flanc.
Il entra dans une salle intérieure de la tour, fracassa une vitre du poing et prit un masque à oxygène qu’il posa délicatement sur la jeune femme.
Des alarmes hurlaient à tous les étages, leurs hululements couverts par le bruit de métal froissé se tordant sous la pression.
Se son fit comprendre à Alric quel sort leur était réservé s’ils restaient ici plus longtemps. Peu à peu, les plus hauts niveaux de la tour penchèrent à l’horizontal et il finit par courir sur les murs.
Dans cet environnement entièrement modifié, Alric manqua les escaliers sans s’en rendre compte. Arrivé dans un cul de sac, et jugeant qu’il n’avait plus assez de temps pour faire machine arrière, le croisé dégaina son pistolet bolter d’une main experte.
- Protégez-vous votre visage et tenez votre masque.
Miranda obéit sans réfléchir telle une jeune enfant face à son dieu.
Alric ouvrit le feu et la vitre blindée explosa, créant un appel d’air qui ne déstabilisa que légèrement le croisé.
- Tenez-vous à moi ! Hurla-t-il.
Il recula de trois pas et s’élança à pleine vitesse vers le trou.
Tel un bolide inarrêtable, Alric sortit de la tour en plein vol avant de poser ses lourdes bottes sur les parois horizontales du bâtiment se tordant dans un crissement au bruit insoutenable.
Les vitres blindées se fissuraient sous le choc de ses pas.
Le Templar mit de coté ce détail gênant et continua son sprint sur le flanc extérieur de l’édifice, remontant vers les niveaux inférieurs qui se retrouvaient maintenant plus haut que les restes de la pointe de la tour en flammes piquant toujours plus bas vers le sol.
À cette altitude, le vent soufflait sans interruption.
En état de choque, le panorama imprenable que lui offrait leur course folle au dessus des nuages coupa le souffle à Miranda lorsque ses yeux se posèrent sur sa planète en feu.

Tout autour d’elle, sur un fond orangé de levé de soleil, les hautes tours de la ruche Superioris disparaissaient sous des champignons lumineux. Les flèches érigées vers les cieux dépassant le tapis de nuages pollués gris-orange s’effondraient de toute part, happée par la gravité. A perte de vue son monde en flammes, se consumait dans une terrible et lente agonie. Miranda crut entendre les hurlements d’horreurs des milliards d’hommes et de femmes impuissants voyant les mastodontes de métal fondre sur les ruches inferioris. Malgré la fin des temps, son porteur continuait sa course, sans que rien ne semble l’arrêter.
Comme pour la contredire, la tour pliée en deux tel un angle de porte céda sous la pression dans un crissement terrible et le Templar perdit l’équilibre sur ce sol de fortune devenu instable. En quelques secondes la moitié supérieur de la tour qui se trouvait à l’horizontal chuta au ralenti toujours plus bas vers le sol et Alric devint incapable de courir sur une pente aussi raide. Il voulu s’accrocher à l’une des fenêtres mais manqua sa prise. Entièrement retournée, le haut de la tour fut à nouveau en position verticale et le Space Marine se résigna à ne plus continuer sa progression.
Il glissa et tomba une dizaine de mètres plus bas à pied joint sur les restes d’une terrasse à l’envers, amortissant avec soins le choc de sa chute.
- Il faudra nous contenter de ça. Cria le croisé. Tenez-vous bien, l’impact risque de nous secouer.
Miranda acquiesça et s’agrippa de toutes ses forces à un conduit d’évacuation.
Elle vit la surface se rapprocher inexorablement toujours plus près d’eux. Leur fin approchait, mais Miranda ne vit pas toute sa vie défiler comme le voulait la rumeur. Non, rien ne se passa, seul le titan d’acier s’écroulait au ralentit.
Tel un géant que l’on abat, le mastodonte s’écrasa dans une violence n’ayant que pour égal la colère d’un dieu. Un tsunami de poussière vint noyer les décombres de ce qui avait été autrefois une ville Impériale.
Secoué par le choc, Miranda resta las, immobile, assise sur les restes de la tour Superioris. Le regard hagard, elle vit son monde disparaitre dans un brasier infini. Des navettes et autres vaisseaux alors en vol à l’heure de la chute tentaient désespérément d’éviter les géants d’aciers qui s’effondraient dans un bruit assourdissant. Des rocs de la taille de maisons pleuvaient du ciel, écrasant tout, sans distinction.
Alric l’agrippa par l’épaule, la sortant de sa torpeur.
- Venez, entrez ici et restez-y. Si vous voulez vivre, marchez sans relâche, enfoncez vous au plus profond de ce qu’il vous sera possible. La surface n’est plus sure. Vous me comprenez ? Marchez, et ne vous retournez pas.
Miranda hocha la tête d’un signe affirmatif.
Elle entra dans les égouts et vit pour la dernière fois son sauveur, dégainant son arme d’un bleu océan.









XIII – UN MONDE EN FLAMMES





Ce que le frère d’épée Alric Von Gerhart voyait lui semblait irréel. Malgré plus d’un siècle passé au service de l’Empereur jamais il n’avait vu une telle d’ébauche de destruction et de massacre. Les rues s’étaient retrouvées envahie de cadavres. Des ombres se faufilaient à travers les flammes. Une femme dénudée, avec un bras arraché sortit en hurlant d’un bâtiment sur sa droite. Elle s’écroula à terre, le crâne tranché par une hache lancé depuis l’entrée. Un homme devenu bête se jeta sur le cadavre et commença son festin sanglant. L’homme redressa sa tête et remarqua Alric dans l’allée, immobile, l’arme enjoue. Le bolter aboya un unique coup et le serviteur du chaos s’écroula, le haut du torse déchiqueté. Tout autour de lui, des groupes vociférant des insultes profanes massacraient, torturaient et brulaient ce monde. Certains d’entre eux avaient eu l’audace de l’attaquer et l’avaient durement regretté. Lorsque son bolter fut vide, il le rengaina et agrippa sa lame de ses deux mains. À une embouchure, il vit au loin une dizaines de soldats en armes se faisant littéralement engloutir par plusieurs centaines d’hérétiques. Il changea de direction et s’engouffra dans une ruelle plus exigüe. Il continuait de marcher sans but, cherchant le coupable de ce massacre. Dans cette ville qui n’avait plus que son nom pour elle. Il passa devant un fortin de l’Adeptus Arbites entièrement éventré en son centre. Les gardes encore vivant lutaient à coup de matraques contre les prisonniers qui s’échappaient en masse de leur cellules ouvertes dans l’effondrement du bâtiment voisin. Rêvant de liberté, les détenus ne se firent pas prier pour venir ajouter leur contribution au chaos général.
Et c’est alors, qu’à l’angle d’un carrefour en ruine il reconnut l’ancienne chapelle, où il y a de ça plusieurs décennies il avait croisé le fer avec pour seule et unique fois un adversaire à son égal, un combattant sans communes mesures, identique en tout points. Presque tous.
Alric sentit son pouls s’accélérer et s’approcha du lieu de culte profané, prêt à libérer la justice de l’Empereur. Un cultiste se redressa apercevant le loyaliste approcher. L’esclave des puissances de la Ruine chargea en beuglant comme un dératé. Alric le trancha en deux sans s’arrêter, le sang de sa victime giclant sur le torse de son armure.
Immobiles dans l’ancienne chapelle tombant lentement en ruines, il aperçut le coupable.
Là où ils avaient croisé le fer la première fois les deux Némésis se faisaient face l’arme à la main et le regard brulant d’une haine millénaire derrière les lentilles impassibles de leur heaume. Son épée à la lame d’un bleu aussi profond que celui de l’océan de son monde natal brilla à l’approche du temple. Le ciel au dessus d’eux était en feu, les nuages d’une couleur rouge sang, une pluie acide crachée par les vestiges du climat, potentiellement mortelle pour des êtres humains normaux.
Ce qu’ils n’étaient pas.
Tenue devant lui, il jaugeait son mortel ennemi, ce dernier en faisant de même à quelques pas de là. Soudain, comme si un signal imperceptible avait retentit les deux adversaires se jetèrent l’un sur l’autre et c'est avec dix milles ans de sauvagerie que les deux mortels ennemis se percutèrent aussi violemment que deux astres entrant en collisions. Ce n'était pas un de ces nobles duels ou les deux protagonistes s'affrontaient dans la noblesse et l'honneur en échangeant des sourires et des sarcasmes, non bien au contraire. Chacun se vouait une haine viscérale, le visage tordu par un rictus mauvais, s'ils ouvraient la bouche ce n'était que pour cracher des obscénités et des cris de douleur. Il ne s'agissait pas d'un beau combat à l'épée ou le plus adroit vaincrai, ici, celui qui frapperai le plus fort gagnerai, ici on n'hésitait pas à s'empoigner et à utiliser le pire des coups en traître. Derrière eux, le toit de la vieille chapelle s’écroula, ses fondations considérablement endommagée par le terrible cataclysme.
Alric lança une attaque, pointe en avant dans l'espoir d’empaler Helhorn mais ce dernier dévia la lame vers le sol et la frappa d'un violent coup de marteau. Alric perdit son arme et esquiva un coup de genou à la dernière seconde. Il pivota à une vitesse insoupçonnée et frappa le traitre d’un coup de coude derrière le crâne. Le berserk perdit l’équilibre surpris par le subterfuge du loyaliste. Alric en profita pour se jeter sur sa lame. D’une roulade experte, il se redressa l’arme à nouveau dans ses mains. Les guerriers engagèrent à nouveau le combat, luttant avec un acharnement nourrit par leur haine mutuelle. Le sol trembla violement lorsque une nouvelle tour s’écrasa de toute sa puissance sur la surface de la planète. Imposant une pause indésirable entres les deux Némésis, chacun se foudroya du regard, près à se jeter sur l’autre des que la terre s’apaiserait.
Le combat reprit dans une violence accrue. Alric frappa à la taille le berserk qui para le coup dans un grognement bestial. D’un geste habile, le traitre abattit son marteau sur le flanc droit du croisé. Alric s’envola au sol tenant fermement la garde de son épée. Le berserk chargea à pleine vitesse sur lui, ne lui laissant pas le temps de se relever. Le Templar bloqua de sa lame le coup de marteau. Sous la force de l’impact, la lame se brisa net, produisant une gerbe d'étincelles. Alric ne la lâcha pas pour autant, mais de son autre main il dégaina sa dague et se propulsa contre le Berserk et lui planta sa dague dans la jointure du bras. Le tranchant acéré de l'arme sectionna les tendons et le Berserk laissa échapper son marteau qui tinta au sol.

Cela ne l'arrêta pas le moins du monde. Helhorn jeta sa hache pour ceinturer le frère d’épée et le renversa à nouveau à terre. Alric en perdit sa dague. Le berserk se mit à marteler son casque, littéralement pris de folie, plus aucun des mots quittant sa bouche n'avaient de sens. Son poing ganté fini par fendre le casque, brouillant la vue du frère d’épée. Ce dernier était aveugle tandis qu'il bataillait pour retirer le heaume déformé par les coups. Le Berserk en profita, il se détacha du croisé et reprit son marteau tonnerre. Le Black Templar réussit à se débarrasser de son heaume. Juste à temps pour voir le World Eater lui abattre le marteau sur son torse.

Alric hurla comme un damné, ses os avaient cédés et la souffrance était insoutenable. Mais son armure réagit promptement en lui injectant les antidouleurs appropriés et son organisme essaya de réparer un maximum des dégâts. Alric cracha du sang et roula sur lui même pour éviter un second coup fatal. Le Black Templar se releva en esquivant à nouveau un coup mortel. Alric fondit tout ses espoirs sur sa meilleur passe d'arme et riposta. Hélas la douleur dans sa poitrine le rattrapa et le ralentit. Helhorn l'attrapa par la gorge et le souleva à bout de bras pour le lancer quelques mètres plus loin. Alric se mit debout en endurant milles tourments.
Le renégat reprit sa fidèle hache lâchant le marteau et chargea avec la fureur animale coutumière des berserks. C'est là que le frère d’épée abattit son atout. Il se lança contre Helhorn et se baissa pour éviter la hache qui faillit l'éventrer. Il fit basculer le renégat par dessus son épaule en criant sous l'effort. Surpris, Helhorn se retrouva par terre. Il se remit d'aplomb aussi vite que possible. Alric se jeta sur la seule arme qu'il vit, le tronçon de son épée.

Ce fut à son tour de charger le guerrier dément qui continuait de vociférer en courant lui aussi sur son ennemi, la hache ramenée en arrière. Mais le croisé ne lui fonça pas stupidement dessus, il s'arrêta au dernier moment, laissant l’ennemi venir. Emporté par son élan il rata le croisé. Alric profita de cette fraction de secondes en souriant. Puis il poignarda Helhorn trois fois avec le tronçon de l'épée en l'enfonçant jusqu'à la garde, au quatrième coup il le laissa dans la poitrine du Berserk qui vacilla et tomba sur le dos, les bras en croix. Il s'écroula tel un Titan, dans un tremblement du ciel et de la terre le Black Templar poussa un soupir de soulagement, il avait vaincu, enfin, après tant d'années.
Le crissement de la pierre contre du métal l’alerta. Helhorn était entrain de se relever.

- Rhaaaa... je vais... te... crever... charogne... vociféra-t-il

Le Berserk se mit debout tandis qu’Alric se précipita d'un bond sur le manche du marteau mais Helhorn l'intercepta d'un coup de pied au creux des reins et l'envoya valdinguer plus loin. Le frère d’épée se redressa, il chercha du regard sa dague, trop loin il ne pourrait jamais l'atteindre. Mais Helhorn n'était pas resté immobile, il se lança sur son ennemi dans un rugissement de fauve et le saisit par le cou. Il arracha le bout d'épée qui dépassait de son torse et avec un long cri inhumain il la planta dans la gorge du Black Templar. La lame s'enfonça jusqu'à toucher la colonne vertébrale contre laquelle elle buta et racla dans une décharge de douleur qui se propagea dans le corps du Frère d’épée. La main droite de se dernier se mit à s'agiter, prise de spasmes violent. Le World Eater s'écarta de lui, comme pour contempler sa victoire. Alric tomba d'abord à genoux, lentement, comme un pantin dont on aurait coupé les fils, ses yeux s'écarquillèrent à mesure qu'il réalisait sa défaite puis il finit face contre terre. Et expira son ultime soupir de vie.

Helhorn s’approcha en marchant, retourna le corps du vaincu d’un coup de pied, et arracha les cœurs du frère pour les dévorer. Le berserk se mit à hurler, des cris bestiaux de douleur et de rage mêlée.
Le renégat, toujours agenouillé près du cadavre en armure noire comme la nuit, se recroquevilla sur lui- même, en proie à une intense souffrance. Il s'appliqua les paumes des mains contre ses yeux, d'où s'échappait des fumerolles noirâtres. Il semblait vouloir se les enfoncer dans les orbites. Sa peau se couvrit de cloques, le faisant hoqueter de douleur. Elle commença à prendre une teinte rouge sang.

Avec un sinistre craquement d'os, à peine étouffé par les plaintes du World Eater. Ses membres s'allongèrent. Les doigts, quant à eux, se courbèrent en des griffes aiguisées comme des épées, tandis que le visage se déformait pour ressembler au faciès haineux d'un loup. Son armure fut transpercée par des cals osseuses venues pour renforcer sa peau à présent couleur sang.

Helhorn se redressa en titubant. Il faisait maintenant presque deux fois la taille d'un Terminator et ses membres continuaient de se transformer dans des bruits ignobles. Le Berserk ne pouvait plus s'arrêter d'hurler, endurant le martyr. Puis, brusquement, il n'y eut plus rien. Personne ne put contempler l’horreur que l’Astartes était devenu, ce qui fut jadis 'Helhorn Iréos’ disparu à jamais.

Il y eut un flash de lumière aveuglant et une longue épée dentelée, forgée dans la pire des noirceurs du Warp apparut dans sa main. La pointe était fourchue, pareil à la langue d'un serpent. Il s'en dégageait une aura de sombre puissance et de terrible malédiction. L'arme venait compléter son armure constituée d'épaisses plaques de métal noir, soudées à même la peau. Le moindre point faible était protégé par des morceaux d'armures apparents. Le reste était bardé d'épines et de cornes. De haute stature, le monstre était aussi grand que massif, irradiant une force, une vie, maléfique et invincible.
Helhorn, Berserk des World Eaters avait disparu pour laisser place à Helhorn ! Prince-Démon de Khorne, et ce monde serait son domaine.







Le sol trembla de plus bel, une poussière millénaire se décrocha du mobilier vétuste et recouvert de toiles d’araignées. Ces lieux, depuis longtemps abandonné par l’homme servaient de refuge aux insectes perturbés par l’arrivée des intrus.
Un grondement résonna dans toutes les salles.
Les flaques d’eaux disséminées sur le sol ondulèrent, créant de minuscules raz-de-marée qui engloutissaient les insectes imprudents.
Une légère pellicule de mousse recouvrait la pierre froide et humide. D’autres tremblements lointains vinrent perturber ce lieu endormi. Au dessus, à plusieurs centaines de mètres de là, Ellysion connaissait un bouleversement sans précédent pour les tous pauvres mortels inconscients.
Un vieux bouquin s’échappa d’une bibliothèque et s’écrasa sur le sol pavé ravagé par les siècles d’abandons. Dans sa chute, il s’ouvrit sur une page illustrée d’antiques croquis.
Un flash blanc inonda la pièce, les murs vibrèrent cette fois-ci de l’intérieur, puis, tout redevint calme. Seules les secousses extérieures à la surface continuèrent.
Une main gantée attrapa le livre ouvert.
- Un bien vieux manuscrit que voilà.
Il examina le bouquin un bref instant puis se retourna et le tendit à l’un de ses suivants. Sans un mot l’intéressé le prit délicatement et le rangea dans l’imposant coffre qu’il portait sur son dos dénudé.
- Notre invité est arrivé. Ne le faisons pas attendre.
L’imposante silhouette s’avança dans un coin de la chambre.
De sa main libre il pressa un bouton caché dans le mur de pierre couvert de plantes sauvages. Avec sa main droite il percuta le sol à l’aide de son bâton.
Il murmura une courte incantation dans un langage inconnu et la porte de pierre laissa apparaitre ce qu’ils étaient venu chercher.
Dans la salle, en face de lui, se trouvait la dernière pièce manquante de son puzzle. Enfin présente, impatiente d’être subtilisée. Il entendait ses cris dans l’Immaterium. Des sons si pures, d’une beauté si noble que lui seul était apte à apprécier sa véritable puissance.
L’Artefact l’attendait, comme il l’avait apprit plusieurs siècles auparavant de la bouche de cet Eldar agonisant sous les innombrables tortures subies.
*Ce minable avait résisté aux pires supplices avant de finalement se briser sous la puissance des vrais Dieux*
Après la mort de l’Eldar, il avait dut attendre plus de quatre cents ans. Quatre cents ans de quêtes, de recherches, de colères et d’impatiences et de frustrations. Et enfin, oui enfin il accomplirait son œuvre aujourd’hui. Ce jour, il l’avait tant attendu, tant espéré, tant imaginé dans son esprit que toute excitation l’avait quittée depuis bien longtemps. Cependant, il restait conscient que cela serai un grand jour pour toutes les âmes de ce monde. Et ce jour, c’était aujourd’hui.
- Demain commence une nouvelle Ere, pleine de promesses et de changements si nécessaire sur ce monde dérivant et aveugle.
Grâce à son aide, les véritables forces qui dirigent dans l’ombre seront libres de sauver les âmes perdues de cette planète.
Et tout cela, grâce à lui. A cette pensée, un sourire ingrat se dessina sur son visage.


Le Magos tituba une demie seconde avant tomber, ses genoux frappant le sol pierreux.
Les effets de la téléportation s’estompaient déjà mais une désagréable sensation de décomposition persistait à s’accrocher à son esprit. Il s’éclaircit ses idées et analysa la pièce dans laquelle il venait d’atterrir. Il y faisait sombre et frais. La salle en pierre semblait être recouverte de lichen. Un peu partout, des plantes sauvages avaient poussé dans les restes de l’ancien édifice.
Il se redressa avec difficulté, ses sens encore troublés par le récent traumatisme. Prit de panique, il commença à tapoter frénétiquement ses robes déchirées. Il poussa un soupir de soulagement lorsqu’il sentit son précieux objet, bien attaché sous ses vêtements.
- Nous sommes enfin libre ! Cria-t-il de joie, sautillant faiblement sur lui même.
L’Artéfact avait dit vrai, comme toujours.
Le Magos prit conscience alors des tremblements réguliers au bruit sourd qu’il entendait dans le lointain. Que se passait-il sur ce monde ?
Il effaça cette pensée, pour le moment inutile de sa mémoire et se concentra sur les détails de la chambre de téléportation.
Alors qu’il n’eu fait à peine que deux pas, le mur sur sa droite trembla et glissa lentement, s’ouvrant sur d’autres salles. Le Magos se retourna et aperçu de vague silhouettes toutes frêles et chétifs. Toutes, sauf une.
Au milieu de la bande d’intrus, un véritable colosse à la carrure stupéfiante dominait la pièce. Deux points lumineux brillaient à hauteur de sa tête. La vue du monstre lui glaça le sang.
Il entendit un son de respiration artificielle suivit d’une voix sifflante et déformée, compteuse de cauchemars.


- Alors voici le fameux porteur… La prédiction ne s’étalait pas franchement sur le celui qui me l’amènerait. Mais je dois avouer, que je suis… surpris.
La silhouette en armure tendit sa main gauche et ouvrit la paume doucement en direction du nouvel arrivant.
- Donnez Le moi.
- Mais par l’Omnimessie, qui êtes-vous ?! S’étrangla le Magos.
Le mastodonte secoua sa tête casquée.
- Mauvaise réponse. Lâcha-t-il d’un ton sec. Donnez le moi.
Le Magos recula inconsciemment d’un pas et crut entendre un chuchotement sortant du casque du géant devant lui.
L’Immondice en armure expulsa un torrent de flammes violètes de sa main gauche.
La salle prit une teinte violet sombre, qui, combinée au vert des plantes accrochées sur les murs, donna un air maladif à la pièce délabrée. Les flammes magiques encerclèrent le Magos. Il s’immobilisa, piégé, incapable de s’enfuir. La déflagration referma son étreinte mortelle. A chaque seconde passée, le Magos perdait le peu d’espace vitale qui lui restait.
- Votre résistance est vaine. Donnez Le moi, maintenant. Répéta la silhouette au bâton.

Il était mortifié. La créature lui insufflait une peur jusque là inconnue, risquant de l’emporter à tout instant. La chose voulait se qu’il protégeait si chèrement. Et que pouvait-il faire face à une telle abomination ? Le désespoir s’empara du Magos. Finalement, dans son manteau de feu, il se contraignit à sortir son précieux bien.
Alors, qu’il suivait les exigences du géant, l’Artefact bourdonna, une puissante magie s’en dégageant. L’incontrôlable haine de l’antique objet qui l’avait tant soutenu lors de sa captivité reprit possession de son esprit.
- JAMAIS sorcier ! Jamais vous ne l’aurez ! Il est à MOI !
Un rire guttural sortit par les orifices du casque du mastodonte.
- Cela m’aurait étonné. Très bien, ça ne change rien. La prophétie ne précise pas ce qu’il advient du porteur, et ni comment celui-ci finit ses jours. Disons que je ferai preuve de… d’intuitivité… Il fallait bien que je laisse une petite touche personnelle à ce magnifique projet, vous ne pensez pas ? Ah, peut importe, je m’égare.
Le bâton percuta à deux reprises le sol pierreux et les flammes engloutirent la Magos dans un concert d’hurlements et de cris d’agonie interminable.
Il ramassa et enveloppa le précieux objet. Son esclave s’approcha comme à son habitude pour récupérer les biens de son maitre, mais cette fois-ci, il l’ignora.
- Maitre ?
- Laisse-moi, celui-ci, je le garde avec moi.
- Oui Maitre.
L’esclave ne bougea pas et hésita à parler.
- Que veux-tu ? Grogna le colosse.
- Maître, le seigneur Helhorn vous fait savoir qu’il a accomplit sa tache.
Sous son casque, le sorcier retroussa ses lèvres, satisfait de voir que tout se déroulait comme prévu.
Il plaqua l’Artefact avec soin sur son armure et tourna la tête vers le Magos.
- Votre mort est un spectacle bien charmant, mais veuillez m’excuser, je suis pressé. Le Changement m’appelle. Gloussa-t-il.
Sur ces mots il fit volte-face et laissa sa victime mourir seule dans les souterrains d’un vieux bâtiment du Moyen-âge Technologique, n’ayant que pour seul réconfort des grondements sourds provenant de la surface.




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EDIT 20/03/2013 : Nombreux ajouts chapitre IX - DIPLOMATES + division du chapitre en deux : Chapitre X créé : SAUVETAGE
EDIT 20/03/2013 : Léger ajout dans la deuxième partie du chapitre XIII - UN MONDE EN FLAMMES. (Point de vue du Magos ajouté)
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Dernière édition par Herezy le Mar 11 Juin 2013 - 10:51, édité 8 fois
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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Lun 18 Mar 2013 - 8:54

Très prenant comme d'habitude, bien qu'il y ai quelques passages que je ne comprends pas : c'est après la rébellion? Et le magos, est-ce celui de la lune?

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Lun 18 Mar 2013 - 16:10

Salut à toi Hayt.

Hmm quels passages ne comprends-tu pas?
Citation :
"C'est après la rébellion?"
Qu'est-ce qui est après la rébellion? De quel chapitre parles-tu?

Je ne sais pas si cela est assez clair ou pas, mais dans le poste que j'ai fait, il y a deux planètes.

La planète Belvaronn (cf préface pour description des mondes) ou les Tau sont présent. Officiellement, la planète connait des agitations anti-xenos.

Et il y a le monde-ruche Ellysion, qui connait des rébellion mineures dans les ruches inférieures.

Le chapitre XII - Un monde en flammes, les deux événements se déroulent en même temps. Le duel des deux Spaces Marines a lieu en même temps que l'arrivée du Magos et du sorcier.

Citation :
Et le magos, est-ce celui de la lune?
Oui en effet, c'est celui là même. Il est vrai que pour mieux comprendre le texte du soricer/magos, il vaut mieux relire les chapitres 7-8 (Evasion - Poursuite)

Voilou, si tu as d'autres questions ou remarques à faire, je prend avec plaisir^^
Tout commentaire argumenté est pour moi d'une grande aide pour améliorer ma nouvelle.

Amicalement

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Lun 18 Mar 2013 - 18:44

Donc si je comprends bien : c'est le bordel dans le système ^^? Entre les Taus, la rebellion, et le chaos qui vient de presque raser un monde pour chercher un artéfact?

[Edit] J'ai re regardé la carte du début et donc la planète où se trouvent les Taus n'est pas dans le même système solaire. Mais ils ont attaqué ledit système et ont conquit la vraie base située sur la Lune? Mais avec des Astartes dans le coin et qui plus est BT qui haïssent les Xenos, ça fait pas bon mélange non?

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Lun 18 Mar 2013 - 20:26

J'aime bien le récit, le rythme, l'histoire, mais il manque peut-être quelques passages de transition pour tout soit clair...

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MessageSujet: Re: [Nouvelle] La Croisée en Flammes   Lun 18 Mar 2013 - 21:01

Citation :
J'ai re regardé la carte du début et donc la planète où se trouvent les Tau n'est pas dans le même système solaire. Mais ils ont attaqué ledit système et ont conquit la vraie base située sur la Lune?
La planète D'Alkaria est hors carte., et donc dans un système solaire différent. Elle n'est présente que dans la préface.

Toutes les autres planètes tournent autour du même soleil.

La lune d'Asclepto est la base principale des Tau. C'était une lune vidée de sa bio-masse, et les Tau l'ont colonisé et ont construit leur citadelle.
(je crois que c'est dans le chapitre 4 que c'est expliqué.)


Citation :
Mais avec des Astartes dans le coin et qui plus est BT qui haïssent les Xenos, ça fait pas bon mélange non?

Oui, l'arrivée de L'Astartes n'est pas une bonne nouvelle pour les Tau et tous les Xenophiles du secteur.
Mais pour le moment qu'un seul BT est venu, et c'était pour Ellysion. Les Tau ne sont présent que sur Asclepto (lune morte) et Belvaronn (monde impérial).
Et vu le bordel d'Ellysion, je pense que les BT auront d'autres chats à fouetter que des colonisateurs envahissants.

Et cela m'étonnerai, (connaissant les habitudes du maitre du Changement) que son plan consistait seulement à détruire une planète pour un artéfact sans qu'il n'y est de suite à cela^^. Les deux dieux du chaos ont chacun leurs propres objectifs. L'objectif de Khorne est plutôt facile à comprendre, quant à Tzeentch ces dessins restent pour le moins flou.

Qui plus est, si tu lis bien le chapitre XII, on se rend compte qu'il n'y a que des hérétiques fanatisés et vouant un culte à Khorne qui répandent la mort à la surface du monde.
Les forces du sorcier ne sont donc, toujours pas entrées en action.


Si c'est toujours pas clair, dis le moi :=)
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